Réunion du Conseil de l'IS aux Nations Unies à New York

6-7 juillet 2015

Le Conseil de l'Internationale Socialiste s'est réuni les 6 et 7 juillet au siège des Nations Unies à New York alors que les délégués des partis membres de l'IS et des invités (liste des participants) se sont rassemblés pour débattre des questions clé pour notre mouvement figurant dans l'agenda mondial. Au cours de cette réunion de deux jours, les participants ont examiné les thèmes de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, notre engagement envers les objectifs de développement durable, le changement climatique et COP21.

Le Secrétaire général de l'Internationale Socialiste, Luis Ayala, a ouvert la réunion et a accueilli tous les délégués. Il a présenté les thèmes à l'ordre du jour, soulignant qu'il s'agissait de domaines dans lesquels une forte influence social démocrate est nécessaire. Pour chaque thème, les participants pourront entendre des interventions des personnes directement affectées et d'autres responsables de l’orientation des débats au plan international. L'un des points forts de l'Internationale Socialiste a été sa capacité à contribuer à ces discussions depuis de nombreuses perspectives différentes et de s'engager au niveau institutionnel, aujourd'hui en démontrant son soutien aux idéaux et au travail des Nations Unies par la tenue de cette reunion au siège de l’ONU.

George Papandreou, Président de l'IS, a entamé son discours d'ouverture en revenant sur le résultat du référendum organisé le jour précédent en Grèce et en donnant son analyse de la situation qui avait amené à ce résultat, faisant référence à de nouveaux clivages dans la société suite à des politiques régressives et au plan mondial pour ceux qui ont le sentiment d'avoir profité de la mondialisation et ceux qui pensent le contraire. Il a fait référence à la déclaration du Présidium de l'IS à propos de la Grèce, publiée à la veille de cette assemblée du Conseil, qui lançait un appel aux dirigeants européens. Il a également souligné que les thèmes de cette réunion reflétaient les priorités du mouvement progressif mondial. Il a ajouté que le monde avait besoin d'une action coordonnée contre le terrorisme et devait placer les droits de l'homme au centre des questions du développement et de la coopération mondiale sur le changement climatique.

Sur le thème de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, les représentants des pays directement touchés par des actes terroristes ont présenté la situation telle qu'ils l'ont vécue. Des rapports sur la lutte continue contre le groupe terroriste appelé ISIS ou Daech ont été présentés par l'Irak et la Syrie, demandant le soutien renforcé de la communauté internationale au front de leur lutte. De nombreux intervenants ont souligné la nécessité de respecter et de défendre les valeurs de notre Internationale face au terrorisme et à la violence, et de ne pas abandonner la démocratie et les libertés à la recherche de la sécurité. Un État démocratique efficace est un contre-exemple aux partisans de la peur et de la terreur, et doit être protégé. Un autre message fort s'étant dégagé des participations était qu'une coopération internationale bien plus efficace sera nécessaire pour lutter contre les nouvelles menaces pour la sécurité qui émergent dans le monde. Au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, au Sahel et dans d'autres régions du monde où sévissent des groupes terroristes, ceux-ci ne tiennent pas compte des frontières nationales. La réaction doit donc être internationale et multilatérale. Une déclaration présentant la position de l'Internationale face au terrorisme et à l'insécurité dans le monde, faisant référence à plusieurs situations spécifiques mentionnées pendant les débats, a été adoptée par le Conseil. Des interventions ont également été entendues de la part des représentants des partis membres de l'IS en Israël et en Palestine, et une déclaration du Conseil sur la question palestinienne a été adoptée.

Au sujet des objectifs de développement durable (ODD), une allocution a été faite par Helen Clark, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement, PNUD, qui soulignait que 2015 était une année offrant une opportunité pour le développement unique pour notre génération. Elle a exprimé sa conviction comme quoi des objectifs mondiaux ambitieux pourraient motiver les personnes à œuvrer pour une cause commune, et comme quoi les ODD cibleraient des activités inachevées depuis la période des objectifs du Millénaire pour le développement, en incorporant les aspects économiques,  sociaux et environnementaux du développement au sein d'un programme à trois piliers. Les interventions diversifiées des participants sur ce thème ont souligné le rôle important que le développement durable peut jouer pour la paix et la prospérité, en s'attaquant aux inégalités et aux droits des femmes et des minorités. Le consensus était que les ODD étaient extrêmement représentatifs de nombreux objectifs fondamentaux de la social démocratie, ce qui se reflète dans une déclaration à ce sujet.

L'Internationale Socialiste continue à accorder une grande priorité à la lutte contre le changement climatique catastrophique, notamment au vu du prochain sommet COP21, au cours duquel on espère vivement qu'un accord complet longtemps attendu sur la lutte contre le changement climatique sera signé.  Dans un discours d'introduction sur ce thème, Elio Di Rupo (Belgique PS), Vice-président de l'IS, a appelé à l'adoption d'un modèle économique différent en relation avec le changement climatique, afin d'encourager la justice mondiale sur le climat. Il a ajouté qu'il fallait adopter une manière différente de partager la planète, qui combinerait la lutte environnementale, une meilleure justice sociale et une lutte plus efficace contre la pauvreté. Mohamed Waheed, ancien Président des Maldives, a également fait un discours d'introduction dans lequel il présentait les défis spécifiques des petits états insulaires confrontés au changement climatique. Ces pays sont souvent de basse altitude, reculés et sous-développés, et ont besoin d'un accord progressif à Paris, allant au-delà de l'atténuation pour contribuer au processus d'adaptation. Le Conseil a adopté une déclaration sur le changement climatique et la COP21, soulignant les points de vue de l'IS alors que nous nous approchons de ce moment extrêmement important pour l'avenir de la planète.

Jan Eliasson, Secrétaire général adjoint des Nations Unies, était invité à présenter une intervention spéciale dans laquelle il a souligné les tâches de l'ONU dans une situation internationale toujours plus complexe marquée par une plus grande incertitude et de nombreux bouleversements et conflits. Les facteurs ethniques et religieux des crises actuelles signifient que les outils diplomatiques classiques ne fonctionnent plus aussi bien qu'autrefois. Les nations se fracturent et posent de graves dangers pour la sécurité régionale et internationales. Il a souligné que toutes les solutions internationales exigeront une formule basée sur la paix, le développement et les droits de l'homme. Après son intervention, Eliasson a répondu à des questions des participants portant sur le mandat de l'ONU, les conflits au Sahel et au Yémen et le respect du droit international, soulignant sa conviction comme quoi l'ONU est une force pour le bien, mais qu'il reste des occasions dans lesquelles des efforts supplémentaires des membres sont nécessaires pour que l'organisation puisse respecter sa charte et ses obligations envers tous les peuples du monde.

Conformément à une décision prise par la précédente réunion du Conseil, l'ordre du jour comportait un point portant sur les perspectives de l'Internationale Socialiste sur le problème du génocide arménien, au vu de sa reconnaissance par plusieurs parlements nationaux et institutions supranationales. Suite à un accord avec les Vice-présidents de l'IS en Arménie et en Turquie, il était annoncé et accepté par le Conseil que l'Internationale Socialiste organiserait une audience spéciale ou une table ronde sur ce thème plus tard dans l'année, intitulée « La reconnaissance du génocide arménien par la Turquie permettrait-elle une véritable réconciliation entre la Turquie et l'Arménie ? » Cette réunion inclurait la participation de représentants des partis membres de l'IS en Turquie et en Arménie ainsi que ceux d'autres partis membres intéressés, surtout des intellectuels, dirigeants d'organisations sociales et autres personnes invitées.

Suite à un travail intensif de la part du Comité de l'IS sur les Migrations, l'ébauche finale de la Charte de l'IS sur les Droits des Migrants a été présentée au Conseil par Habib el-Malki (Maroc, USFP), Président du Comité. Cette Charte met la question des migrations au cœur du programme de l'IS en se focalisant sur les droits de chaque migrant, qui sont si souvent ignorés dans les débats nationaux sur cette question. Le Conseil a adopté la Charte à l'unanimité, soulignant l'engagement de l'Internationale envers les droits fondamentaux de toutes les personnes vivant sur la planète.

La récente mission de l'IS au Sahara occidental a été présentée par Carme Chacón (PSOE, Espagne), Présidente du Comité Méditerranée de l'IS, comme apportant une contribution active de l’IS au processus de paix. Conformément aux résolutions et décisions antérieures de l'Internationale Socialiste, la mission a mené des débats sur place avec les parties du conflit et un rapport a été préparé. Juan Antonio Yáñez-Barnuevo (PSOE, Espagne), qui a dirigé cette mission, a présenté les grandes lignes du rapport et de ses recommandations. Le Conseil, en acceptant le rapport par consensus, a exprimé son appréciation pour le travail du comité et de sa présidente, et sa reconnaissance aux membres de la mission. Le Conseil a convenu de rester activement engagé sur cette question dans l'objectif de contribuer à atteindre une solution politique à ce conflit et à une paix juste et durable dans cette région du monde.

Le Conseil a pu entendre une intervention sur les développements actuels au Venezuela avant le déroulement des élections législatives annoncées pour décembre prochain, et adopté une résolution demandant la libération de Leopoldo López, Daniel Ceballos, Antonio Ledezma et de tous les autres prisonniers politiques, et des garanties des droits et libertés fondamentaux ainsi que le retour des exilés politiques.  Une autre résolution demandant le respect des droits du détenu Marafa Hamidou Yaya au Cameroun a également été adoptée. 

Les rapports du co-Président du SIFAC et du Président du Comité d'Éthique ont également été approuvés. Le Conseil a noté, conformément aux statuts, la résiliation de l'adhésion de quatre partis en raison du non-paiement des frais d'adhésion.

La réunion du Conseil a élu Driss Lachgar, leader de l'USFP, Maroc, comme un Vice-président de l'IS et nouveau membre du Présidium de l'IS.

Enfin, le Conseil est convenu de tenir sa seconde réunion de 2015 à Luanda, en Angola, acceptant l'invitation fraternelle du MPLA, le parti membre de l'IS dans ce pays.

Rapport sur les Activités et déclarations depuis le dernier Conseil

Autres réunions du conseil

Saint Domingue, 28-29 janvier 2019
Genève, 26-27 juin 2018
Barcelone, Espagne, 24-25 novembre 2017
New York, 11-12 juillet 2017 
Carthagène*, 2-4 mars 2017
Genève, 1-2 Juillet 2016
Luanda, Angola, 27-28 novembre 2015
New York, 6-7 juillet 2015 
Genève, 12-13 décembre 2014
Mexico, 30 juin - 1 juillet 2014
Istanbul, 11-12 novembre 2013
Cascais, Portugal, 4-5 février 2013

Le Cap* 30 août - 1 septembre 2012
San José, Costa Rica, 23-24 janvier 2012
Athènes, 1-2 juillet 2011
Paris, 15-16 novembre 2010
New York 21-22 juin 2010 
Saint Domingue, 23-24 novembre 2009
Montenegro, 29-30 juin 2009
Vallarta, 17-18 novembre 2008
Athènes*, 30 juin - 2 juillet 2008
Genève, 29-30 juin 2007
Santiago, 6-7 novembre 2006
Athènes, 30-31 janvier 2006
Tel Aviv et Ramallah, 23-24 mai 2005
Johannesburg, 15-16 novembre 2004
Madrid, 7-8 février 2004
São Paulo*, 26 octobre 2003
Rome, 20-21 janvier 2003
Casablanca, 31 mai - 1 juin 2002
Saint-Domingue, 26-27 novembre 2001
Lisbonne, 29-30 juin 2001
Maputo, 10-11 novembre 2000
Bruxelles, 10-11 avril 2000 
Paris*, 7 novembre 1998
Buenos Aires, 25-26 juin 1999
Genève, 23-24 novembre 1998
Oslo, 18-19 mai 1998
New Delhi, 10-11 novembre 1997
Rome, 21-22 janvier 1997
New York*, 8 septembre 1996
Bruxelles, 7-8 décembre 1995
Le Cap, 10-11 juillet 1995
Budapest, 2-3 décembre 1994
Tokyo, 10-11 mai 1994
Lisbonne, 6-7 octobre 1993
Athènes, 9-10 février 1993
Berlin*, 15-17 septembre 1992
Santiago, 26-27 novembre 1991
Istanbul, 11-12 juin 1991
New York, 8-9 octobre 1990
Caire, 22-23 mai 1990
Genève, 23-24 novembre 1989
Stockholm* 2-0-22 juin 1989
Madrid, 11-12 mai 1988
Dakar, 15-16 octobre 1987
Rome, 8-9 avril 1987

*À la veille du Congrès

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