La crise financière, les marchés et la démocratie, la justice climatique: Conseil de l’IS au Costa Rica

23-24 Janvier 2012

Le Conseil de l’Internationale Socialiste s’est réuni à San José, Costa Rica, le 23-24 janvier, accueilli par le Parti Libération Nationale (PLN) rassemblant des leaders et délégués de partis social-démocratiques, travaillistes et socialistes à travers le monde. (Liste des participants). Lors de l’ouverture de la réunion qui s’est concentrée sur la crise financière actuelle et sur le changement climatique, des questions clés parmi les inquiétudes du mouvement social-démocratique aujourd’hui, S. E. Laura Chinchilla, Présidente de la République du Costa Rica a tenu un discours liminaire. Le Conseil a également discuté le renforcement de l’Internationale alors que l’organisation approche son XXIV Congrès cette année.


Ouverture

Introduisant la première réunion du Conseil au Costa Rica, le Secrétaire général de l’IS Luis Ayala  a salué les nombreuses réalisations du PLN durant leurs différents mandats passés au gouvernement qui ont fait du pays un bon exemple du succès des politiques social-démocratiques. Les sociaux-démocrates, souligna-t-il, se trouvaient aujourd’hui mondialement aux premiers rangs dans l’exercice d’un leadership progressiste en proposant des solutions à la crise financière et climatique, et la réunion du Conseil était une opportunité pour définir ensemble nos priorités et objectifs actuels pour aller de l’avant. Il remercia le PLN d’accueillir cette réunion et invita le Président du parti à prendre la parole. 

Au nom du parti hôte, Bernal Jiménez a chaleureusement souhaité la bienvenue à tous ceux participant à cette réunion au Costa Rica (discours). Le président du parti a exprimé la satisfaction et la fierté que le PLN ressentait d’apporter cette organisation mondiale de sociaux-démocrates dans son pays, la démocratie la plus ancienne et la moins interrompue en Amérique latine et qui aspirait, dit-il, à être neutre en matière d’émissions en carbone d’ici 2021, et qui depuis 62 ans n’avait pas d’armée, préférant donner la priorité à l’Etat providence. Pendant de nombreuses années, ajouta-t-il, le PLN avait été au gouvernement, mettant en œuvre des politiques qui reflétaient les valeurs et principes de l’Internationale et de ses partis membres et le parti allait continuer de jouer un rôle actif dans la vie de cette organisation. Dans son discours d'ouverture, le Président de l’IS George Papandreou a remercié Bernal Jiménez et a loué le rôle de Présidente Chinchilla et du PLN en tant que force du progrès et de prospérité au Costa Rica et pour son peuple, faisant de leur pays un exemple de politiques environnementales de qualité et de protection des richesses naturelles dans le monde. Parlant de la nature très politique de la crise financière, il a souligné la nécessité urgente de faire travailler les marchés pour le bien commun et que les processus démocratiques gardent le dessus sur les spéculateurs et autres qui minent la stabilité financière et la croissance dans l’économie réelle. Le Président de l’IS a souligné l’engagement de l’Internationale de mettre en avant des politiques requises pour surmonter la crise actuelle et pour faire une différence dans le changement climatique.

La Présidente Chinchilla a exprimé dans son discours la satisfaction d’être parmi des représentants de partis de la famille social-démocratique de tous les coins du monde. Le Costa Rica, expliqua-t-elle, était un pays dans lequel l’importance du développement durable avait été pleinement comprise et où les ressources humaines étaient l’actif le plus précieux. La force d’un tel développement durable avec l’accent sur la qualité des ressources humaines avait permise au Costa Rica de diversifier sa production et de devenir plus compétitif, un point vital dans ces temps de turbulences économiques mondiales. La Présidente souligna que pendant soixante ans, le Costa Rica avait donné la priorité à l’amélioration des conditions de vie des gens, économisant les ressources qui auraient été dépensées pour des armes et soldats afin de les investir dans la santé et l’éducation, des priorités pour les sociaux-démocrates à travers le monde.


Redéfinir les marchés dans une démocratie

Les discussions sur l’ordre du jour du Conseil ont commencé par un discours liminaire par l’ancien Président du Guatemala, Álvaro Colom, rappelant les réalisations de son administration en luttant contre la pauvreté et le trafic de drogue dans ce pays pendant les quatre dernières années. Il souligna l’importance que l’Union Nationale de l’Espoir (UNE) avait accordée à la défense des libertés politiques et individuelles au Guatemala et qui étaient menacées d’être érodées par la nouvelle administration. A ce sujet, le Secrétaire général de l’IS a attiré l’attention du Conseil sur une déclaration récente de l’IS exprimant ses inquiétudes concernant le harcèlement politique et la restriction de déplacements dont a souffert Sandra Torres Casanova, faisant partie de la direction du parti, quelques jours avant le Conseil, l’empêchant de participer à cette réunion. 

Un autre orateur introductif d’Amérique centrale était Sigfrido Reyes, membre de la direction du FMLN et Président du parlement d’El Salvador. Pendant la première session, les délégués réunis ont également entendu le Président honoraire de l’IS Cuauhtémoc Cárdenas (PRD, Mexique) et Alfred Gusenbauer Vice-président de l’IS (SPÖ, Autriche), tous les deux membres de la Commission sur les Questions Financières Mondiales de l’IS, qui se réunit régulièrement depuis 2008 en tant que forum d’échanges de haut niveau sur la crise financière sous la présidence du Prix Nobel Joseph Stiglitz.  

Plus de trois ans après l’éclatement de la crise financière mondiale, il est clair que les problèmes économiques sont plus profonds que jamais. La croissance dans l’économie mondiale se ralentit, et les citoyens à travers le monde souffrent du chômage en hausse et de réductions des services publiques. Des actions auxquelles l’Internationale Socialiste a fait appel depuis longtemps, telles que reconcevoir de l’architecture financière mondiale, une meilleure réglementation, la promotion d’une croissance durable et le renforcement de la protection sociale, sont plus importantes que jamais. Toutes ces questions sont clairement ressorties des contributions faites par des membres du Présidium, leaders de partis et d’autres délégués sur le premier thème de l’ordre du jour « Redéfinir les marchés dans une démocratie et surmonter la crise par la croissance dans l’économie réelle » (Liste complète des intervenants).

Suivant la conclusion d’un débat constructif sur l’économie mondiale, une résolution du Conseil a été adoptée à l’unanimité, établissant les priorités de l’organisation à ce stade et sur le moyen à long terme pour redresser l’économie mondiale conformément aux objectifs de reprise de croissance réelle, faire augmenter l’emploi, parvenir à la stabilité et surmonter la crise de la dette souveraine et ses effets nocifs sur le reste de l’économie. Le document plaide en faveur de reconcevoir les institutions financières mondiales, une réglementation efficace du secteur financier, nouveaux instruments pour le développement et la croissance durable, remédier à la crise de la zone euro au-delà de l’austérité et augmenter la compétitivité tout en défendant la protection sociale et l’investissement dans la croissance verte.


Renforcer l’Internationale

Les délégués ont discuté et approuvé le rapport final du Groupe de travail de l’IS sur la réforme qui avait été établi lors de la dernière réunion du Conseil à Athènes pour préparer des propositions sur la réforme de l’IS et qui devaient être adoptées au Costa Rica. Le Groupe était co-présidé par les Vice-présidents de l’IS Eero Heinäluoma (Finlande, SDP), qui a présenté la rapport au Conseil, Beatriz Paredes (Mexique, PRI) et Nouzha Chekrouni (Maroc, USFP), et qui a tenu deux réunions l’année dernière, à Genève en septembre et à Marrakech en décembre.
Le rapport couvre différents aspects du fonctionnement de l’Internationale, y compris des questions concernant l’organisation, les structures de travail, la communication, les femmes et les jeunes, le financement et l’élection de la direction.


Intervention spéciale par un Prix Nobel
Le deuxième matin, une intervention spéciale a été donnée par le Prix Nobel et ancien Président du Costa Rica Oscar Arias, qui a souligné l’esprit pacifique du Costa Rica, illustré par l’abolition des forces armées en 1948. Les paroles et actes du mouvement social-démocratique seront essentiels pour mettre fin aux conflits à travers le monde, dit-il, renforçant son désir inébranlable de continuer à lutter pour la paix et l’arrivée du jour où les pays du monde seront remplis de démocratie, de développement et de liberté, peu importe le temps que cela prendra. Les paroles inspirantes de l’ancien président ont été acclamées par les délégués, qui ont reconnu dans son message d’espoir le véritable esprit de la social-démocratie mondiale.


Le changement climatique et d’autres décisions

Le Conseil a adopté une déclaration sur le changement climatique, un thème principal de la réunion que de nombreux intervenants ont souligné comme un domaine crucial dans lequel l’Internationale doit continuer son travail. Intitulée «Le changement climatique: la responsabilité de faire une différence », la déclaration fait appel à tous les partis membres de donner l’exemple, unis dans l’objectif commun des 162 partis membres et organisations de l’Internationale pour une société à faible teneur en carbone avec la justice climatique en son centre. La déclaration s’appuie sur les réunions récentes organisées par l’Internationale en Afrique du Sud, de sa Commission SMD à Johannesburg en octobre dernier et la réunion de ministres de l’environnement de partis membres de l’IS à Durban pendant la COP17 en décembre dernier. 

Ceux présents ont également adopté une résolution appelant à l’examen du cas du Puerto Rico par le Comité spécial de la décolonisation des Nations Unies et a approuvé une déclaration sur l’importante question de la liberté d’expression et de l’indépendance du judiciaire en Turquie, soutenant les membres de l’IS dans ce pays. Le Conseil a également validé un document sur l’Etat providence dans les Etats arabes produit lors de la réunion la plus récente du Comité sur la Politique Economique, le Travail et les Ressources Nationales de l’IS, présidé par Christoph Zöpel (SPD, Allemagne) qui dans son rapport au Conseil a présenté son document sur les défis de la sécurité humaine et du développement durable mondial.

Le Conseil a élu à l’unanimité Attila Mesterházy, le leader du Parti socialiste hongrois (MSzP), comme membre du Présidium, qui avait été proposé par son parti en remplacement de l’ancien Vice-président de ce pays. Reflétant le plein soutien et la solidarité de l’Internationale avec ceux luttant pour la démocratie au Yémen, le Conseil a approuvé la recommandation du Comité Ethique dans son rapport de promouvoir le Parti socialiste du Yémen au statut de membre de plein droit, dont les membres et la direction sont aux premiers rangs du mouvement démocratique. Le Conseil a également noté avec satisfaction l’annonce de l’abolition définitive de la peine de mort en Mongolie, ainsi que le rôle joué par le Parti du peuple mongol (MPP) et de l’Internationale dans l’atteinte de ce jalon important. Le Conseil a également approuvé le rapport du Comité d’Administration et des Finances, présidé par Pertti Paasio (SDP, Finlande), y compris le budget pour 2012. 

Donnant son rapport sur le travail de l’organisation depuis la dernière réunion de Conseil, le Secrétaire général Luis Ayala a également attiré l’attention sur les activités prévues dans les mois à venir, y compris les réunions de la Commission sur les Questions Financières Mondiales de l’IS et de la Commission pour une Société Mondiale Durable ainsi que des Comités régionaux et thématiques afin de préparer des motions, résolutions et documents qui seront discutés lors du prochain Congrès de l’IS. De même, un nombre d’élections et d’autres développements clés seront couverts par des délégations et des missions de l’Internationale. En ce qui concerne le prochain XXIV Congrès de l’Internationale, qui aura lieu en Afrique du Sud, le Secrétaire général a mentionné les bonnes discussions et contacts qu’il a eu à ce sujet avec la direction de l’ANC et que les dates du Congrès allaient être annoncées dans les prochaines semaines, suite à des consultations avec des membres du Présidium, organe qui approuvera également les thèmes principaux et son agenda.

Dans ses remarques finales, le Président de l’IS a exprimé au nom du Conseil la profonde gratitude envers le PLN pour leur accueil fraternel et leur hospitalité chaleureuse et a remercié à titre personnel tous ceux qui avaient exprimé leur soutien et leur solidarité avec le peuple grec, le PASOK et lui-même dans leurs interventions. L’Internationale, ajouta-t-il, avait prise des décisions importantes au Conseil, des décisions qui allaient renforcer sa capacité à être une voix pour les forces progressistes partout au monde.

 

Autres réunions du conseil

Saint Domingue, 28-29 janvier 2019
Genève, 26-27 juin 2018
Barcelone, Espagne, 24-25 novembre 2017
New York, 11-12 juillet 2017 
Carthagène*, 2-4 mars 2017
Genève, 1-2 Juillet 2016
Luanda, Angola, 27-28 novembre 2015
New York, 6-7 juillet 2015 
Genève, 12-13 décembre 2014
Mexico, 30 juin - 1 juillet 2014
Istanbul, 11-12 novembre 2013
Cascais, Portugal, 4-5 février 2013
Le Cap* 30 août - 1 septembre 2012
San José, Costa Rica, 23-24 janvier 2012

Athènes, 1-2 juillet 2011
Paris, 15-16 novembre 2010
New York 21-22 juin 2010 
Saint Domingue, 23-24 novembre 2009
Montenegro, 29-30 juin 2009
Vallarta, 17-18 novembre 2008
Athènes*, 30 juin - 2 juillet 2008
Genève, 29-30 juin 2007
Santiago, 6-7 novembre 2006
Athènes, 30-31 janvier 2006
Tel Aviv et Ramallah, 23-24 mai 2005
Johannesburg, 15-16 novembre 2004
Madrid, 7-8 février 2004
São Paulo*, 26 octobre 2003
Rome, 20-21 janvier 2003
Casablanca, 31 mai - 1 juin 2002
Saint-Domingue, 26-27 novembre 2001
Lisbonne, 29-30 juin 2001
Maputo, 10-11 novembre 2000
Bruxelles, 10-11 avril 2000 
Paris*, 7 novembre 1998
Buenos Aires, 25-26 juin 1999
Genève, 23-24 novembre 1998
Oslo, 18-19 mai 1998
New Delhi, 10-11 novembre 1997
Rome, 21-22 janvier 1997
New York*, 8 septembre 1996
Bruxelles, 7-8 décembre 1995
Le Cap, 10-11 juillet 1995
Budapest, 2-3 décembre 1994
Tokyo, 10-11 mai 1994
Lisbonne, 6-7 octobre 1993
Athènes, 9-10 février 1993
Berlin*, 15-17 septembre 1992
Santiago, 26-27 novembre 1991
Istanbul, 11-12 juin 1991
New York, 8-9 octobre 1990
Caire, 22-23 mai 1990
Genève, 23-24 novembre 1989
Stockholm* 2-0-22 juin 1989
Madrid, 11-12 mai 1988
Dakar, 15-16 octobre 1987
Rome, 8-9 avril 1987

*À la veille du Congrès

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.