CONSEIL DU MONTENEGRO – Travailler pour un nouveau cadre global pour l’économie mondiale, la paix et la sécurité, la démocratie et l’environnement

29-30 Juin 2009


Sous le thème principal ‘Travailler pour un nouveau cadre global pour l’économie mondiale, la paix et la sécurité, la démocratie et l’environnement’ le Conseil de l’IS s’est réuni à Budva, Monténégro, les 29 et 30 juin 2009, rassemblant des délégués de partis et organisations membres du monde entier.

La réunion a été ouverte par les leaders des partis hôtes, le Parti des Socialistes Démocratiques (DPS), et le Parti Social-démocrate (SDPM), ainsi que par le Président de l’Internationale Socialiste, George Papandreou. Le Premier Ministre Milo Djukanovic du DPS a souhaité la bienvenue aux délégués de l’Internationale au Monténégro. En commentant le succès de son parti et de la coalition lors des élections de 2009, il a affirmé leur engagement à construire cette nation nouvellement indépendante sur la base des principes démocratiques, de la stabilité, du développement économique, des bonnes relations avec les pays voisins et l’intégration avec d’autres nations et organisations internationales, en ajoutant qu’il était essentiel de coopérer avec ceux ayant des idées et convictions similaires. Lors d’une crise financière majeure telle que celle que nous vivons actuellement, a-t-il affirmé, les valeurs universelles sont plus nécessaires que jamais. Le Président du Parlement et leader du Parti Social-démocrate, Ranko Krivokapic, a déclaré qu'il était très honoré d’accueillir la plus grande organisation internationale de partis politiques dans le monde, soulignant qu'avoir une Internationale telle que la nôtre en ces temps où le monde doit faire face à de nouveaux dilemmes et défis, est plus nécessaire que jamais. Abordant les effets de la crise sur l’économie réelle, il a dit aux délégués que l’histoire sera juge de la manière dont les gouvernements et les partis vont gérer les crises globales actuelles. Georges Papandreou (discours en anglais) a remercié les hôtes pour leur hospitalité, affirmant que le mouvement entier a été encouragé par leur succès électoral. Se référant à la crise financière, il a souligné que les idéologies du marché libre considérent et mesurent la liberté en termes d’argent disponible aux consommateurs, ou en termes de crédits accordés par le système bancaire, tandis que les socialistes définissent la liberté comme le pouvoir réel du citoyen de décider la direction que prendra son voisinage, sa ville, son village, sa nation. Nous socialistes, a-t-il ajouté, ne considérions pas les personnes simplement comme des consommateurs. Il a souligné également que l’Internationale a reconnu qu’il n’y a qu’une seule manière de progresser : les sociétés doivent devenir plus égales, plus justes, plus humaines, et plus de pouvoirs doivent être accordés aux citoyens.

Après la séance d'ouverture, le Conseil a approuvé et adopté l'Ordre du jour. A la suite d’une proposition du Parti Socialiste français, le Conseil a élu Ségolène Royal en tant que vice-présidente de l’Internationale, en accord avec les statuts, qui à la suite a pris sa place à la table du Présidium.

Réagissant au coup d’état contre le gouvernement du Président José Manuel Zelaya Rosales au Honduras qui a eu lieu la veille du Conseil, ainsi que sa détention et son expulsion forcée du pays, les délégués ont exprimé à l’unanimité leur condamnation dans les termes les plus fermes et ont demandé le rétablissement immédiat de l’ordre démocratique et institutionnel dans cette nation de l’Amérique centrale. Ils ont appelé à la réinstallation immédiate du Président, joignant les déclarations de toutes les organisations démocratiques et les organismes internationaux tels que l’Organisation des Etats Américains (OEA) comme quoi la reconnaissance d’un gouvernement prétendant remplacer celui qui avait été légitimement constitué ne serait pas acceptée (Résolution sur le Honduras).

Le Conseil a ensuite discuté les thèmes de l'Ordre du jour, commençant par une discussion sur l’Economie mondiale. Le vice-président Eero Heinäluoma de Finlande et membre de la Commission de l’IS sur les Questions financières mondiales a prononcé un discours introducteur, dans lequel il a souligné que la politique doit récupérer le rôle qui lui appartient en contrôlant le développement, et qu'on ne peut pas construire une société plus juste sans aborder la question des vieux privilèges et structures se trouvant à l'origine des inégalités. Il a noté la nécessité de promouvoir à nouveau une économie orientée vers le développement durable, à travers des politiques de stimulation fortes, politiques se trouvant au cœur de la pensée sociale-démocrate depuis des décennies. Son intervention a été suivie d’une introduction sur le thème de la part du président du Comité de l’IS sur les Politiques économiques, le Travail et les Ressources nationales, Christoph Zopel, qui, en se prononcant sur la reconstruction de l’économie mondiale, a mis en avant les bénéfices de l’Etat providence mondial proposé par l’IS. Un modèle dans lequel toutes les personnes ont accès à l'emploi, tous les jeunes ont accès égal à l’éducation et les populations vieillissantes jouissent d’une sécurité sociale. Tout en précisant que des taxes élevées combinées avec la compétitivité économique existaient dans les Etats ayant mis en œuvre ce modèle, il a lancé un appel pour qu’il soit adopté étape par étape, avec le travail formel comme base du bien-être social. La présidente du Comité de l’IS sur la Pauvreté, la Cohésion sociale et le VIH/SIDA, Barbara Prammer, a ajouté à ceci, dans ses remarques introductrices, en argumentant que l’objectif de l’IS était la mise en pratique dans la société des valeurs de la démocratie sociale, soulignant la nécessité que les personnes du monde entier aient droit à des opportunités égales, à l'emploi et a un salaire décent, et que leur travail et carrière puissent leur apporter satisfaction. Ségolène Royal, vice-présidente de l’IS, a affirmé que face à la crise, les socialistes ont une responsabilité plus élevée et que les gens espèrent que nous produisions l’ordre à partir du chaos, et donc il nous incombe à tous de mettre en place de nouvelles règles pour réduire l’inégalité et assurer la sécurité. Elle a ajouté qu’étant donné que nous nous trouvons à un tournant, nous sommes obligés de faire face à de nombreux défis, décrivant la crise actuelle comme une crise de civilisations. La présidente de l’ISF, Pia Locatelli, a défini la crise comme un désastre créé par les hommes étant donné que les femmes n'ont pas encore de pouvoirs politiques significatifs, étant virtuellement exclues du pouvoir décisionnel dans le secteur financier, tout en étant les plus durement frappées par la crise. Elle a lancé un appel pour que les solutions et plans de reprise prennent en compte le facteur du genre, en investissant dans les soins infantiles, l’éducation, la santé et autres services sociaux qui génèrent des emplois pour les femmes. En adoptant une Résolution sur l’Economie mondiale, les délégués ont ajouté que la crise remettait en cause la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et que 100 millions de personnes supplémentaires pourraient demeurer pauvres ou tomber dans la pauvreté. Plus que jamais, les pays développés doivent s’engager à aider les économies du monde en développement, et sous aucune circonstance ils ne doivent utiliser la prolongation de la crise économique internationale pour diminuer leur aide.

En ce qui concerne le thème de la Paix et la Sécurité, les participants ont abordé l’importance de placer la sécurité commune, à travers le désarmement et la coopération, comme la pierre angulaire d’une politique sociale-démocrate de paix et de détente. Réitérant que c’étaient les Socialistes et les Sociaux-démocrates qui ont brisé les dogmes et mis en avant la question de la sécurité au moyen d’accords sur le désarmement et la coopération pendant la Guerre froide, et décrivant le rôle de l’Internationale durant les années 1990 à produire des avancées telles que l’option zéro, Achim Post du SPD, Allemagne, a introduit le débat, affirmant que l’heure est venue pour que l’Internationale rejoigne les forces œuvrant pour une nouvelle politique internationale en matière de désarmement. Se référant aux travaux du Comité de l’IS pour le Désarmement, nouvellement établi, qui s’était réuni à Berlin huit semaines auparavant, il a souligné le nouveau programme convenu sur cette question, décrivant ses objectifs, y compris le renforcement des traités de non-prolifération, l’introduction d’une solution zéro pour les armes nucléaires tactiques et stratégiques, et le soutien aux initiatives régionales et internationales pour le désarmement, en tant que base solide pour un rôle nouveau, plus puissant et plus efficace de l’Internationale Socialiste en ce domaine. Dans sa contribution introductive, Elena Valenciano, du PSOE, Espagne, a affirmé que tandis que les conservateurs parlaient de sécurité résultant de la force, nous, les socialistes, avons une approche large et compréhensive de la sécurité, comme le reflète l’Ordre du jour du Conseil. Ceci est le résultat de nos efforts en abordant des thèmes tels que la lutte contre la pauvreté, travaillant avec les pays les plus vulnérables, ou soutenant l’Alliance des civilisations pour isoler les idéologies extrémistes. Elle a souligné également le rôle croissant et la responsabilité de la politique pour faire face à la crise actuelle. Plus tard, en adoptant une Déclaration sur le Désarmement, le Conseil a offert son soutien à l’initiative pour un monde sans armes nucléaires et s’est réjoui des nouveaux engagements de la communauté internationale pour le désarmement et le contrôle des armes. Les délégués ont convenu que le contrôle des armes et le désarmement multilatéral, sur la base d’un traité, doit devenir la base – et liant les parties – des relations internationales, et a ajouté que les efforts en faveur du désarmement mondial étaient intimement liés à la possibilité de résoudre les conflits régionaux qui nourrissent et attisent la course aux armements et la compétition nucléaire entre les majeures forces régionales.

Abordant la Démocratie, un des thèmes principaux du Conseil, les participants se sont concentrés sur ce qui devrait être fait pour faire avancer sa cause là où l’autoritarisme demeure ; comment s’assurer que les progrès réalisés dans les nouvelles démocraties perdurent, et ce qui pourrait être fait pour améliorer et assurer la démocratie à l’échelle internationale. Les débats ont été ouverts par Adrian Severin, du Groupe socialiste au Parlement européen, qui a affirmé que la démocratie est en crise en raison du refus par certains régimes de reconnaître les droits démocratiques et le refus des personnes de les exercer. Il a souligné l’importance du contact direct avec les électeurs, un meilleur leadership et également l’éducation pour surmonter l’égoïsme en tant qu’instinct primaire. Il a été suivi par une contribution introductrice de Ousmane Tanor Dieng, vice-président de l’IS, du Parti Socialiste du Sénégal, qui a affirmé que la démocratie est en danger en Afrique où des tyrannies pseudo-démocratiques restent au pouvoir à cause des manipulations fréquentes des normes d’accession et de dévolution des pouvoirs ; où les héritiers désignés sont installés dans des domaines d’autorités politiques et publiques avec l’objectif de préparer ou d’organiser par des moyens électoraux une succession au pouvoir, et où existe une résurgence des coups militaires. Décrivant les grandes lignes du besoin de travailler à la promotion d’une culture véritablement démocratique, il a lancé un appel pour un cadre qui adopterait les valeurs partagées acceptées et respectées par les acteurs politiques, les citoyens, le pouvoir judiciaire et les médias. Plus tard, Jean-Christophe Cambadelis, du Parti Socialiste français a abordé la situation en Iran, faisant référence à la crise du régime iranien comme un moment critique pour la perspective future de la paix et de la démocratie. Les participants ont adopté une Déclaration sur la Démocratie, le définissant non seulement comme l’organisation d’élections régulières, libres et transparentes mais aussi comme l’organisation démocratique de la société, sur le plan politique et légal, avec le plein respect des libertés dans tous les domaines, y compris l’économie et la protection sociale et environnementale.

Le Conseil a également considéré une approche progressiste de l’Environnement et du Changement climatique, tenant une discussion basée sur les travaux de la Commission de l’IS pour une société mondiale durable. Prenant note des travaux de la Commission dans les différents continents, sous le leadership des co-présidents Ricardo Lagos et Goran Persson, Elio Di Rupo de la Belgique, vice-président de l’Internationale Socialiste et membre de la Commission, a introduit le débat. Soulignant la prise de conscience croissante en matière de problèmes écologiques, en particulier dans les pays émergents tels que la Chine, l’Inde et le Brésil, il a souligné la nécessité pour les socialistes dans le monde de se concentrer, ensemble, sur les questions environnementales et sociales, afin que l’Internationale et ses membres partagent une nouvelle mentalité et deviennent plus verts que les partis et mouvement verts. Abordant également la question du développement, il a argumenté que la première responsabilité des pays développés doit être de s’assurer que la quantité appropriée d’aide atteigne les nations en développement, et a exhorté l’Union européenne en particulier à s’assurer que la croissance durable ne nuise pas à l’environnement, un appel auquel a fait écho Ramon Alburquerque, vice-président de l’IS, de la République dominicaine, qui en discutant de l’importance des biens publics qui doivent prévaloir sur l’intérêt privé, a ajouté que l’absence de politiques environnementales durables rendrait non seulement le développement économique et social impossible mais menacerait la survie même de l’humanité. Adoptant une Déclaration sur le Changement climatique, le Conseil a convenu que les pays développés devaient montrer l’exemple et entreprendre des efforts significatifs pour montrer la voie à suivre en ce qui concerne cette question. Le Conseil a également maintenu que le principe de la responsabilité commune pour notre futur, sur la base d’une approche adaptée aux capacités respectives des pays, devrait guider les futurs protocoles internationaux. Les délégués ont soutenu l’inclusion dans le texte actuellement en négociation en vue de Copenhague, d’un paragraphe soulignant l’importance d’assurer une transition sociale juste pour les citoyens et souligné que les pays du Nord devront soutenir les pays du Sud pour financer les mesures nécessaires afin que ces derniers s’adaptent au changement climatique, tout en assurant les transferts technologiques et l’aide pour mettre en place des stratégies nationales pour un développement accompagné de faibles émissions de carbone dans les pays en développement. L’importance de réconcilier d’une façon équilibrée les aspects économiques, sociaux, environnementaux et culturels du développement ont également été mis en avant, tout en adhérant au concept de développement durable.

Remplissant leurs obligations statutaires, le Comité de l’IS sur l’Administration et les Finances ainsi que le Comité d’Ethique se sont réunis la veille du Conseil et ont élu Pertti Paasio du SDP Finlande et Maurice Braud du PS France en tant que leurs présidents respectifs, et chacun a présenté au Conseil un rapport sur les discussions et décisions de leur comité.

Concernant la question du pouvoir d’action de l’Internationale exposée dans l’Ordre du jour, le Secrétaire général de l’IS, Luis Ayala, a introduit une série de Règles de procédure pour le Conseil. Décrivant combien notre Internationale a évolué à partir d’un petit groupe de personnes ayant des ambitions, des valeurs et des principes communs, il a argumenté qu’il était maintenant nécessaire de développer le pouvoir d’action de l’organisation, qui s’est agrandie en incorporant 170 partis et organisations membres de chaque continent du globe. Ces règles de procédure s’appliquent à tous les aspects du travail du Conseil, que ce soit le processus de formulation des ordres du jour, la prise de décision concernant ses dates et lieux de réalisation, la conduite de ses réunions et débats, l’adoption de ses résolutions, les votes, les procès-verbaux, ou toute autre question procédurale gouvernant ses discussions. Suite au débat sur ce sujet, le Secrétaire général a présenté son Rapport détaillant les travaux de l’Internationale sur chacun des continents depuis le dernier Conseil au Mexique, ajoutant qu’en des temps comme ceux que nous vivons aujourd’hui, lorsque les gens sont concernés par les conséquences des différentes crises auxquelles nous devons faire face, dans un monde tous les jours de plus en plus interdépendant, et où les politiques globales sont réellement importantes, les valeurs que nous défendons et les politiques que nous représentons demeurent, pour beaucoup, un espoir.

 

 

Rapport du Secrétaire général

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