Le Comité pour l'Amérique latine et la Caraïbe, SICLAC, s'est réuni à Santafé de Bogotá, accueilli par le Parti Libéral Colombien, PLC, les 4 et 5 octobre et auquel près de trente partis et organisations ont participé.
La réunion s'est concentrée sur le thème principal, "Le Chemin de la Paix et de la Solidarité" et le Comité a poursuivi ses débats sur les priorités du programme social démocrate dans la région.
Luis Guillermo Vélez Trujillo, leader du PLC, a accueilli les délégués et fait part de ses réflexions sur les défis des sociaux-démocrates dans son pays, historiquement. En ce qui concerne la situation actuelle en Colombie, il a exprimé l'inquiétude de son parti quant à la déstabilisation et la délégitimisation de l'Etat, affirmant que "la restauration de cet ordre fragmenté" exigeait le soutien de pays amis, notamment ceux dont le gouvernement était dirigé par des partis membres de l'IS.
Luis Ayala, Secrétaire Général de l'Internationale, se déclara très satisfait qu'une réunion de l'IS soit organisée en Colombie pour la première fois. Cela présente, a-t-il déclaré, une opportunité de réfléchir aux espoirs et attentes pour la paix et un meilleur avenir pour tous les Colombiens. Les partis membres en Amérique latine ont énormément contribué au développement de l'universalité de l'organisation et le rassemblement à Bogotá "enrichirait encore l'identité du socialisme démocratique".
Joaquín Almunia, secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, PSOE, a répété les inquiétudes de la communauté internationale face aux souffrances du peuple colombien. Chacun, a-t-il souligné, devait œuvrer pour trouver des solutions réelles et progressistes à un problème aussi complexe et douloureux, car c'est la solidarité qui distingue la recherche sociale démocratique de la paix.
Anselmo Sule, co-président du Comité, du Parti Radical Social Démocrate, PRSD, Chili, a réaffirmé l'engagement du Comité envers le peuple colombien et pour faire de la mondialisation un véritable instrument de développement, de paix et de progrès en Amérique latine.
María Emma Mejía, directrice de l'Institut de la Pensée Libérale, PLC, Colombie, a présenté une introduction du thème principal, du point de vue colombien, en mettant le conflit dans son contexte historique. Le chemin de la paix, a-t-elle proposé, devait compter sur le soutien entre partis pour la négociation et le dialogue et des progrès ont été faits dans cette direction. Elle a déclaré que la participation et la coopération internationale pourraient être une manière potentielle de rechercher de nouvelles solutions.
Hatuey de Camps, président du Parti Révolutionnaire Dominicain, PRD, République Dominicaine, a présenté un rapport sur des développements possibles vers une telle coopération internationale.
Horacio Serpa Uribe, ancien président du PLC, a souligné qu'il était également nécessaire d'ouvrir des espaces politiques au sein du processus démocratique et de permettre à toutes les forces de s'exprimer.
Piedad Córdoba, présidente du Comité du Sénat aux Droits de la personne, PLC, qui a été kidnappée en juin dernier par un groupe paramilitaire, a fait part de ses expériences et a lançé un avertissement quant aux rigueurs de la guerre contre les sections les plus vulnérables de la société.
Suite aux débats détaillés et aux contributions, le Comité a adopté une résolution sur la paix en Colombie, qui a mentionné les préoccupations urgentes du pays, en exprimant la solidarité du SICLAC avec le peuple colombien dans sa lutte démocratique à la recherche de la réconciliation. "Sans paix, aucun pays n'a d'avenir. Sans paix on ne peut atteindre les objectifs de la démocratie et de la justice que les peuples du monde demandent", a déclaré la résolution.
La résolution a également applaudi la proposition, lancée par différents secteurs de la communauté, d'œuvrer pour renforcer l'aspect humain du conflit armé dans le cadre du processus de paix. Le Comité a partagé le principe selon lequel le peuple de Colombie a un droit souverain, sans aucune intervention étrangère "de s'organiser et prendre des mesures qui meneraient à l'entente et à la concorde". Le SICLAC a accepté de proposer au XXIe Congrès de l'IS de fonder une Commission Permanente de l'Internationale pour suivre les développements en Colombie et pour développer la coopération dans la recherche d’une solution négociée.
Fernando Martín, vice-président du Parti Indépendantiste Portoricain, PIP, en l'absence de Rubén Berríos, président du PIP et co-président du Comité, a présenté la situation à Porto Rico. Berríos, a-t-il déclaré, poursuivait sa campagne de résistance passive sur l'île portoricaine de Vieques contre les bombardements et la formation militaire de la marine américaine sur cette île. Le Comité a adopté une résolution exprimant sa solidarité et son soutien à "ses actes et son rôle dirigeant dans cette cause, qui est celle de tout le peuple de Porto Rico". La résolution a réitéré sa demande de cessation immédiate de toutes les manœuvres militaires sur l'île.
Le Comité a exprimé également sa profonde inquiétude face à la situation de l'Etat de droit au Pérou après un rapport de l'ancien Président, Alan García. Il a apporté son soutien total au parti Aprista, membre de l'Internationale, dans sa lutte pour la défense de la démocratie et de la justice sociale, et a dénoncé la persécution systématique des leaders politiques, le harcèlement des candidats de l'opposition et à la présidence et la coercition des médias indépendants. Le SICLAC a lancé un appel au régime d'Alberto Fujimori de respecter la volonté populaire en organisant des élections libres et de cesser tous les actes hostiles vis-à-vis de l'opposition démocratique et l'application de lois anticonstitutionnelles visant à priver García de ses droits politiques et civils.
Dans une autre déclaration, le Comité a répudié la décision unilatérale du gouvernement Fujimori de retirer le Pérou de la juridiction du Tribunal interaméricain des droits de la personne.
A propos du Mexique, le Comité a émis une déclaration qui a reconnu que le conflit armé dans la région de Chiapas avait traversé de nombreuses phases et que le pays était maintenant arrivé à un point où le rétablissement d'un climat de dialogue et de négociation pour la recherche de solutions justes était indispensable. Le Comité a exhorté toutes les parties à respecter les accords passés et a exigé le respect total des droits de la personne dans la région, exigeant une enquête approfondie sur la violation de ces droits.
Suite à une présentation de Timoteo Zambrano, secrétaire général d'Action Démocratique, AD, le Comité a émis une déclaration sur le Venezuela. Cette déclaration s’est réjouie de la résolution des tensions entre le Congrès de la République du Venezuela, la Cour Suprême de Justice et l'Assemblée Nationale Constitutionnelle en ce qui concerne le respect de l'Etat de droit. Réaffirmant la nécessité d'un consensus politique et d'un accord pour maintenir la stabilité et renforcer la démocratie, le SICLAC a lançé un appel aux institutions politiques au Venezuela pour qu'elles évitent de telles crises de gouvernement dans le futur, car elles menacent la liberté dans ce pays et mettent le système démocratique en danger.
Participants
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