Déclaration de Praia

Le Comité Afrique de l'IS se réunit à Praia, 30-31 juillet 2012

Le Comité Afrique de l'Internationale Socialiste  s'est réuni à Praia les 30 et 31 juillet 2012, accueilli par le Parti membre de l’IS, le PAICV.

Les thèmes choisis du débat ont été ainsi établis:

1. La crise financière: les perspectives pour la région et le contexte mondial;

2. Travailler pour la paix et le multilatéralisme: la résolution de conflits en Afrique;

 3. Faire avancer et renforcer la démocratie dans le continent et surmonter l’autoritarisme

Sur la crise financière: les perspectives pour la région et le contexte mondial

Le Comité Afrique a pris note avec préoccupation de la persistance de la crise financière et des conséquences profondes déjà constatées, avec le ralentissement de la croissance des économies africaines, ce qui représente des sombres perspectives pour le développement mondial et comporte des risques élevés pour la région, notamment en raison de la possibilité d'une contraction générale du marché global, la réduction du commerce, des flux financiers et de l'investissement. Ces effets ayant des répercussions sur le marché du travail ils peuvent provoquer l'augmentation de la pauvreté et généraliser  l'instabilité sociale et politique.

Le Comité souligne qu’il faut faire face à la crise financière en Afrique avec des politiques aidant à renforcer la croissance et l'investissement, - et par ce biais la création d’emplois, - et non pas seulement avec des mesures d'austérité budgétaire, surtout si elles ont comme principal objectif l’élimination des effets positifs des politiques de l'éducation, de la santé, de la protection sociale et du logement.

Le Comité a aussi examiné la crise financière du point de vue de la capacité de résistance des économies africaines, où de nombreux pays ont pu garder encore des niveaux significatifs de croissance. Cela démontre la possibilité réelle pour l’Afrique de faire de la crise une occasion pour transformer et valoriser les ressources naturelles de l’Afrique pour lutter contre la pauvreté, augmenter les revenus, promouvoir l’ expansion des marchés africains et créer de nouvelles marges dans l'économie mondiale.

Pour cela l'Afrique a besoin de démontrer des niveaux élevés de bonne gouvernance, d’avoir des institutions fortes, assurer la bonne gestion des ressources naturelles et, surtout, instaurer une politique qui fait de la réduction de la pauvreté non seulement un objectif de justice sociale, mais aussi une occasion pour la croissance économique, le renforcement de la position dans le marché mondial et l'amélioration de la qualité de vie des femmes et hommes africains.

Pour ce faire les États africains doivent pouvoir accélérer davantage le processus d’intégration régionale et œuvrer à la création d’infrastructures et de mécanismes de complémentarité des économies africaines, en mettant en avant l’exploitation durable des richesses minières du continent.

Le Comité Afrique a tenu à féliciter Nkosazana Dlamini-Zuma pour son élection à la présidence de la Commission de l’Union Africaine et souhaite entretenir des rapports de travail très étroits avec cet organe de la vie politique de l’Afrique.

Travailler pour la paix et le multilatéralisme: la résolution de conflits en Afrique

Le Comité a entendu un exposé sur la crise sécuritaire au Mali, un des conflits de l’actualité africaine. Le Comité Afrique invite tous les pays à travailler pour la paix en améliorant la gouvernance politique et économique, de manière à exercer un contrôle effectif des États sur leurs territoires, dans le principe de l’inviolabilité des frontières. Le Comité a recommandé la coopération multilatérale pour assurer l’unité nationale, l’indivisibilité du territoire et les enjeux géostratégiques et aussi une lutte sans merci contre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et les narcotrafiquants.

Le Comité Afrique s’est exprimé pour le retour à la paix et à la stabilité des conflits qui existent en Afrique de l’Est, notamment en Somalie et au Sud Soudan.

Le Comité Afrique de l’Internationale Socialiste appelle au rétablissement de la démocratie en Guinée-Bissau et exhorte la communauté internationale et les organisations régionales d’agir de manière décisive pour soutenir un retour rapide au fonctionnement normal des institutions démocratiques du pays. Le Comité exprime son entière solidarité avec le peuple de Guinée-Bissau et notre parti membre, le PAIGC, un acteur central dans la vie démocratique de la nation.

Le comité exhorte le Maroc et le Front Polisario de continuer les négociations pour une solution pacifique et durable du conflit au Sahara occidental sous les auspices de l’ONU et réitère son soutien pour les droits du peuple sahraoui à l’autodétermination tel qu’exprimé par le Conseil de l’IS à Athènes l’année dernière. L’Internationale Socialiste continuera à travailler avec tous les acteurs en faveur de la démocratie et des droits de l’homme.

Faire avancer et renforcer la démocratie dans le continent et surmonter l’autoritarisme

Le Comité Afrique de l’Internationale Socialiste appelle au dépassement de la démocratie de façade qui se limite au multipartisme et à la liberté de la presse pour instaurer une démocratie véritable basée sur l’alternance pacifique au pouvoir et la bonne gouvernance économique.

Le Comité appelle à l’approfondissement des libertés, et notamment la liberté religieuse et de culte, dont l’absence est souvent génératrice de pogroms et de conflits dans le continent.

Le Comité rappelle que la pratique de la prise de pouvoir par la force est totalement inacceptable et condamne les coups d’État qui se sont déroulés en Guinée-Bissau et au Mali. Il exige le retour immédiat de l’ordre constitutionnel dans ces deux pays.

Le Comité a écouté avec intérêt les interventions des différents partis membres sur la situation intérieure de leurs pays respectifs, qu’il continuera de suivre de prés. Le Comité exprime sa profonde préoccupation sur la manière dont les élections sont habituellement organisées en Guinée Équatoriale, par la façon dont les opposants politiques sont traités, et souhaite que les prochaines soient organisées et se déroulent dans des conditions de liberté et de transparence plus crédibles.

Finalement le Comité a remercié le parti hôte, le PAICV et son leader, José Maria Neves, pour l’accueil fraternel et les conditions de travail crées pour le rencontre de Praia.

 

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