Réunion du Comité Méditerranéen, St Julians, Malte

27 novembre 2025

Réunion du Comité Méditerranéen

Malte, 27 novembre 2025

Le Comité Méditerranéen de l’Internationale Socialiste (IS) a tenu sa première réunion en présentiel à La Valette, au siège du Partit Laburista, à la veille du deuxième Conseil annuel de l’organisation.

La Coordinatrice générale de l’IS, Chantal Kambiwa, a souhaité la bienvenue aux délégués des trois rives de la Méditerranée et a présenté les principaux thèmes du Conseil à venir. Ensuite, Paulina Lampsa, Vice-présidente exécutive de l’IS, a expliqué comment l’organisation cherche à rendre les Comités plus créatifs en intégrant le dialogue et la coopération avec des experts du monde universitaire et des organisations de la société civile.

John Grech, Président du Comité Méditerranéen de l’IS, a présenté sa vision et son plan de travail et a invité les participants à préciser les défis liés à leurs situations nationales afin de définir des priorités thématiques.

Un dialogue approfondi a suivi, et un nombre important de propositions ont émergé, permettant au Président de disposer de nombreux éléments orientant les étapes vers une prochaine réunion très productive. Comme de nombreux intervenants ont souligné que la migration est un enjeu clé pour la région, plusieurs points de leurs interventions ont été intégrés dans la Déclaration de l’IS sur la migration, adoptée par le Conseil :


Déclaration sur une politique migratoire progressiste en Méditerranée

À la suite de l’échange de vues qui a eu lieu dans le cadre du Comité Méditerranéen de l’Internationale Socialiste, nous déclarons que,
pour répondre au défi des mouvements de population dans la région, il nous faut :

  • Tracer une nouvelle voie pour une politique migratoire progressiste — fondée sur la solidarité, les données factuelles et la prospérité partagée.

  • Considérer la migration comme une opportunité et rejeter les politiques d’externalisation qui sapent les droits fondamentaux sans élargir les options légales pour les migrants et les réfugiés.

NOTRE VISION

Nous envisageons une région méditerranéenne où :

  • La migration sert le développement. Plutôt que de la considérer comme une menace sécuritaire, nous l’intégrons dans des cadres de développement globaux. Nous reconnaissons que les transferts de fonds constituent un capital de développement. Nous reconnaissons la complémentarité démographique : l’Europe fait face au vieillissement et à des pénuries de main-d’œuvre ; l’Afrique et le Moyen-Orient disposent de jeunesse et de talents. Cela peut être gagnant-gagnant si cela est géré par des voies légales et un partenariat authentique.

  • Les pays d’origine et de transit sont de véritables partenaires. Contrairement au modèle actuel d’externalisation axé sur l’application de l’UE, nous soutenons des cadres de partage des responsabilités qui s’attaquent aux causes profondes — conflits, autoritarisme, effondrement économique — plutôt que de simplement gérer les flux. Il est essentiel de coordonner le développement, la gouvernance démocratique et la résilience climatique.

  • Le genre et la vulnérabilité sont au centre. Les politiques migratoires ont systématiquement négligé les femmes, les enfants et les familles. Nous devons investir dans l’autonomisation économique des femmes et la reconnaissance des compétences, simplifier les procédures de regroupement familial et protéger les migrantes contre la traite et l’exploitation. Nous reconnaissons que l’intégration commence par l’éducation, la santé et la construction de communautés.

  • La coopération régionale remplace la mentalité de forteresse. La Méditerranée a historiquement été un pont. Il est important d’élargir les voies de mobilité légale du travail, de reconnaître les diplômes et compétences, et de promouvoir des partenariats Sud-Nord qui renforcent — sans exploiter — les pays de transit et d’origine.

  • L’intégration réussit au niveau local. Les communautés de notre région montrent que des investissements ciblés dans l’éducation, le logement, la santé et le dialogue interreligieux favorisent la coexistence. Nous soutiendrons ces réussites locales et les utiliserons pour contrer la xénophobie au niveau national.

LE DÉFI À VENIR

Nous faisons face à un moment décisif. L’extrême droite progresse sur plusieurs continents. Des dirigeants autoritaires instrumentalisent la migration pour faire avancer des agendas antidémocratiques. Et la crise climatique déplacera encore davantage de populations, intensifiant les pressions sur la région méditerranéenne.

Mais nous sommes aussi face à une opportunité sans précédent. Nous savons ce qui fonctionne : les voies légales réduisent la migration irrégulière ; l’investissement dans le développement s’attaque aux causes profondes ; l’intégration locale réussit lorsqu’elle est suffisamment financée ; et la coopération régionale renforce toutes les parties. Nous disposons du capital intellectuel, des réseaux institutionnels et du mandat démocratique pour diriger.

Nous nous engageons à faire preuve du courage politique nécessaire pour dépasser les positions défensives et offrir aux citoyens une vision convaincante de sociétés méditerranéennes inclusives, prospères et interconnectées.

Nous appelons les partis progressistes d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient à se joindre à cet effort. Ensemble, nous pouvons rétablir la Méditerranée comme un espace de solidarité, de responsabilité partagée et d’espoir.