La tyrannie de Loukachenko intensifie la persécution des sociaux-démocrates et des dirigeants pro-démocratie

24 mai 2021

Mikalai Statkevich

 

Malgré presque un an de manifestations pro-démocratie sans précédent en Biélorussie, la situation dans le pays empire et exige l’attention urgente de la communauté internationale. Le régime dictatorial continue à persécuter violemment les manifestants et les membres de l’opposition, confronté à des manifestations massives et soutenues contre la victoire frauduleuse déclarée par Alexander Loukachenko après les élections présidentielles d’août 2020. Les Biélorusses ont été ciblés pour leur participation à des manifestations et pour leurs communications sur les médias sociaux, mais aussi pour des actions innocentes telles que le fait d'afficher ou même de porter des couleurs associées aux mouvements de protestation. Parallèlement, les auteurs des violences et brutalités échappent à la justice car les policiers qui ont tué des manifestants n’ont été ni sanctionnés ni réprimandés pour leurs actions, ce qui révèle la mesure dans laquelle l’État de droit a été affaibli en Biélorussie.

L’Internationale Socialiste est particulièrement préoccupée par la situation des membres de la direction de son parti membre en Biélorussie, Narodnaya Hramada. Nous pensons notamment à Mikalaï Statkiévitch, président du parti, et Syarhei Sparish, le secrétaire général. En outre, les trois-quarts des membres du présidium du parti ont été forcés à s’exiler du fait de la persécution du régime. Les membres de Narodnaya Hramada et d'autres politiciens d’opposition ont été arrêtés et incarcérés pour leurs opinions et convictions politiques, confrontés à de fausses accusations, à des conditions inhumaines et à des violations quotidiennes de leurs droits humains.

Syarhei Sparish

Mikalaï Statkiévitch a été persécuté pendant de nombreuses années pour son opposition au régime de Loukachenko. En tant que candidat à la présidentielle en 2010, il a été arrêté et emprisonné pendant cinq ans, et en mai 2020, avant les dernières élections présidentielles, il a de nouveau été arrêté et emprisonné dans des conditions dures, où il reste à ce jour. Il est faussement accusé d’avoir organisé des désordres de masse, interrompu les activités de la commission électorale et incité la haine, avec une absence totale de présomption d'innocence. On lui a refusé tout contact avec sa famille au cours de sa récente période d’incarcération, ce qui lui a infligé des souffrances supplémentaires. Il est probable que son procès sera gardé secret par les autorités et qu’il se déroulera à huis clos. Le 6 mai 2021, Syarhei Sparish a été condamné à six ans dans une colonie pénitentiaire pour avoir utilisé Telegram comme canal de messagerie, avec lequel il n'avait rien à voir. On l’a également faussement accusé d'avoir préparé des émeutes et d'avoir entravé le travail de la commission électorale.

L’Internationale Socialiste réitère sa demande de libération immédiate de Mikalaï Statkiévitch, de Syarhei Sparish et de tous les autres prisonniers politiques et prisonniers de conscience en Biélorussie, et exhorte la communauté internationale et ses partis membres à augmenter la pression sur les autorités biélorusses. La seule issue acceptable en Biélorussie est que la volonté du peuple soit entendue et que des élections libres et justes soient organisées, avec une surveillance indépendante du scrutin. Les personnes responsables de violences et violations des droits humains parrainées par l’État doivent être traduites en justice. Nous exprimons notre solidarité permanente avec Narodnaya Hramada, ses membres, l’opposition biélorusse et tous les citoyens de Biélorussie qui continuent à s’opposer courageusement au régime dictatorial et autoritaire.

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