Rapport du Secrétaire Général

Conseil de l’IS, Costa Rica, 23-24 janvier 2012

 

 

original: anglais

I. INTRODUCTION

L’Internationale Socialiste est une organisation qui continuellement fait face à des nouveaux défis et qui étend ses activités à des nouveaux pays et régions. En tant que plus grande organisation mondiale de partis politiques, notre Internationale, fait avancer nos buts partagés et objectifs politiques à travers le monde, et continue d’élargir ses horizons. Ces derniers mois, parmi de nombreuses autres activités notre organisation a pour la première fois tenue des réunions à Almaty, Kazakhstan et à Windhoek, Namibie, ainsi que la réunion constitutive du nouveau Comité spécial sur le monde arabe établi lors du dernier Conseil et cette réunion de Conseil, ici, a lieu dans un pays qui n’avait pas accueilli d’événement de l’IS auparavant. Cette capacité continue de faire avancer la cause de la social-démocratie au niveau mondial, portant nos espoirs et aspirations dans le monde est une caractéristique de notre organisation que nous devons toujours chercher à préserver.

Aujourd’hui nous sommes fiers d’être à San José, accueillis par le Parti Libération Nationale (PLN), notre parti membre au gouvernement au Costa Rica travaillant dur pour faire avancer notre agenda social-démocratique et nos idéaux communs. Je voudrais saisir cette occasion pour remercier vivement le PLN, Présidente Laura Chinchilla et le Président du parti Bernal Jiménez pour leur accueil chaleureux et leur hospitalité fraternelle pendant ce Conseil et une coopération étroite pendant ces derniers mois sur son organisation. Avec notre dernier Conseil ayant eu lieu en Europe et notre prochain XXIV Congrès prenant place en Afrique, il est opportun que nous venons en Amérique centrale, capables de nous réunir sur différents continents mais chaque fois dans des lieux où un parti membre de l’IS est au gouvernement, mettant en place des politiques qui reflètent nos objectifs et buts communs.

Notre organisation continue d’aborder des questions qui se trouvent au cœur de l’agenda international. Pendant les deux jours de ce Conseil nous allons traiter deux des plus grands défis auxquels la communauté internationale doit faire face aujourd’hui: trouver des solutions à la crise dans l’économie mondiale et les efforts pour trouver des accords significatifs pour empêcher le changement climatique.


II. ACTIVITES RECENTES DE L’INTERNATIONALE

Changement climatique

Conformément à notre engagement pour lutter contre le changement climatique, qui sera discuté ici à San José, nous avons tenu une réunion de la Commission pour une Société Mondiale Durable de l’Internationale Socialiste et de ministres de l’environnement de partis membres de l’Internationale à Johannesburg, Afrique du Sud le 30-31 octobre 2011, pour discuter les priorités à l’avance de la conférence de la COP17 sur le changement climatique qui a eu lieu à Durban du 28 novembre au 9 décembre.

Le Président Jacob Zuma, qui a ouvert la réunion a fait référence à la contribution du travail de la Commission au résultat de la COP16 à Cancun, exprimant sa conviction que la réunion à Johannesburg pouvait remplir un rôle similaire concernant le sommet de Durban. Les priorités de l’Afrique du Sud, le Président continua, étaient basées sur un résultat équilibrée, juste et crédible de la COP17.

Au moment de la réunion à Johannesburg, notre organisation avait de grands espoirs concernant le progrès sur le Fonds vert pour le climat, sur la formalisation de promesses pour des réductions plus importantes et sur le financement adéquat pour les mesures d’atténuation et d’adaptation, même en temps de crise économique. De grande importance était la tenue des négociations en Afrique, un des continents les plus touchés pour le changement climatique, et le concept de justice climatique allait être central pour un résultat positif de Durban.

Pendant la discussion, une attention particulière a été portée à la situation des petits États insulaires en développement (PEID), qui sont menacés de disparation sous les niveaux de la mer argumentants, si l’augmentation des températures mondiales n’est pas limitée. Le fait que les pays qui sont le moins responsable du changement climatique souffrent de façon disproportionnée de ses conséquences a également été évoqué, avec une claire réalisation de tous ceux présents qu’il incombait aux économies développées de faire preuve de plus de leadership et de responsabilité. Comme à la réunion précédente de la Commission en novembre 2010 à Mexico, une déclaration a été adoptée qui définit les espoirs et attentes de l’organisation pour la conférence à venir.

Conformément à la ligne de conduite convenue lors de cette réunion, le Président de l’IS George Papandreou et moi-même ont assisté à la réunion de haut niveau commune du sommet de la COP17 à Durban, où nous avons organisé une réunion de ministres et de représentants de gouvernements de partis membres de l’IS présents, pour examiner la situation des négociations de la conférence, ainsi qu’une série de discussions avec d’autres délégations et représentants d’ONG mondiales et de la société civile. Après l’établissement du Groupe de travail ad-hoc sur la Plateforme de Durban pour une action renforcée, nous avons présenté nos conclusions dans une déclaration, soulignant que la communauté internationale doit persévérer dans le cadre de la CCNUCC pour se rassembler dans la recherche de solutions, alors que le multilatéralisme continue à être le seul moyen pour aller de l’avant.

La nécessité de prendre des mesures pour équilibrer la vulnérabilité de certains pays face au changement climatique, en particulier ceux avec des sources financières limitées, a également été soulevé par le Présidium lors de sa réunion annuelle aux Nations unies à New York. La difficulté une fois de plus de répondre aux besoins énergétiques croissants du monde par des sources propres a été souligné par l’incertitude concernant l’utilisation future de l’énergie nucléaire suite à la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, un sujet qui figurait parmi les points principaux de notre ordre du jour de notre dernière réunion de Conseil à Athènes.


La crise financière

La quatrième réunion annuelle du Présidium de l’IS lors de l’Assemblé générale des Nations unies a rassemblé une fois de plus des leaders et chefs d’Etat et de gouvernement de partis membres de l’IS le 23 septembre 2011, tenant des discussions sur l’impact et les conséquences actuels de la crise financière mondiale, la contribution de la social-démocratie à la lutte contre le racisme et l’intolérance et comment assurer le succès du sommet de la COP17 en Afrique du Sud.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement participant à la réunion étaient le Président d’Iraq Jalal Talabani, et Président Mahamadou Issoufou du Niger, tous les deux Vice-présidents de l’Internationale, President Hifikepunye Pohamba de Namibie, Président Boris Tadić de Serbie, Premier Ministre Carlos Gomes Júnior de Guinée-Bissau, Premier Ministre Navinchandra Ramgoolam de Maurice et Premier Ministre Igor Luksic du Monténégro. Tel que pendant les réunions précédentes du Présidium tenues à Athènes en mars et juillet dernier, la participation personnelle d’un nombre important de Vice-présidents de l’IS a assuré l’autorité et la continuité des discussions.

L’impact et les conséquences actuelles de la crise financière mondiale sur différents domaines de l’économie mondiale et dans différentes régions ont été discutés en détail, avec un sens aigu que le bien être économique des pays était en grande partie déterminée par l’état de l’économie mondiale, reflétant les difficultés auxquelles tous les gouvernements devaient faire face en traitant les résultats d’une crise dont personne n’avait prédit l’ampleur. La nécessité d’une reprise basée sur la croissance a été soulignée, ainsi que l’urgence que les progressistes reprennent possession des idées provenant de notre mouvement qui sont la bonne réponse à la situation actuelle, et en faisant ainsi récupérer ou augmenter la compétitivité électorale.

Lors des discussions un fort consensus s’est dégagé que les représentants élus devaient avoir plus de contrôle sur les marchés pour empêcher le genre de prise de risque excessif qui avait précipité et exacerbé la crise financière mondiale, mais que cela serait seulement efficace à condition que les actions entreprises par les gouvernements soient coordonnées au niveau international. La responsabilité des membres de la famille social-démocratique mondiale était d’assurer que cette réponse donne la priorité à la croissance dans l’économie réelle et la création d’emplois tout en trouvant des moyens pour mieux communiquer cette réponse aux électeurs, soulignant qu’il n’y a pas de solution à la crise actuelle qui pouvait simplement être appliqué à une seule région.

La période depuis le dernier Conseil a également été caractérisée par la réaction de citoyens ordinaires à des effets de la crise financière mondiale, personnifiés dans les mouvements « occupy » et « indignés» vus à travers le monde. Le soutien de l’IS de ces causes, qui partagent la vision de notre mouvement d’une humanité collective, a été souligné dans une déclaration faite en octobre avec le titre « nous sommes tous des indignés », portant le message que les changements si nécessaires dans l’architecture financière mondiale attendent toujours d’être mis en œuvre et restent vitaux pour une reprise basée sur une croissance durable.

A l’occasion du dixième anniversaire de la Déclaration de Durban, la nécessité de renforcer la contribution de la social-démocratie à la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance y liée a été souligné. Le Présidium a également été informé de la demande soumise d’adhésion en tant que membre de plein droit aux Nations unies par la Palestine plus tôt dans la journée, et a reçu la gratitude du Fatah pour le soutien de l’IS et de ses membres, souligné par la promotion du statut du parti au Conseil d’Athènes et une réitération de l’engagement de ce mouvement pour la non-violence alors qu’ils essaient d’avancer vers l’obtention d’une solution de deux Etats.


Démocratie

Avec une participation importante à la réunion de New York de hauts représentants de partis membres d’Afrique, le sujet de la démocratie en Afrique a été souligné, ainsi que l’importance de la solidarité de l’Internationale Socialiste et de ses membres avec les démocrates en opposition. L’importance des processus démocratiques à travers l’Afrique, et le rôle de la social-démocratie dans leur avancée a été souligné ainsi que l’engagement actif de l’IS dans la vie politique en Afrique, particulièrement important aujourd’hui compte tenu des nombreuses élections ayant lieu dans ce continent jusqu’à la fin de 2012, qui figuraient également parmi les thèmes principaux de la réunion récente du Comité Afrique de l’IS qui a été organisé à Windhoek le 29-30 juillet 2011.

Le Comité s’est réuni pour la première fois en Namibie, accueilli par la SWAPO, alors que les participants de tout le continent ont discuté « Œuvrer pour une bonne gouvernance en Afrique: l’agenda économique et politique », « Processus électoraux en Afrique en 2011-2012 » et «Garantir la paix par la résolution de conflits ». 

Il y avait un large consensus que le manque de bonne gouvernance était étroitement lié au déficit de démocratie connu dans des pays de la région et cela nécessitait d’urgence que la population entière soit écoutée et que ses aspirations soient prises en compte dans la sphère politique et économique. Afin d’avancer, de lutter contre la pauvreté et pour répondre aux besoins des citoyens, la démocratie doit être liée à la bonne gouvernance, permettant le changement économique et la stabilité politique.

Plusieurs situations nationales concernant les processus électoraux en Afrique ont été examinées et prises comme exemple pour souligner que les élections dans certains pays étaient toujours entachées d’irrégularités, où le vainqueur des élections était bien connu d’avance, ou où la Constitution et les lois électorales étaient violées. Les participants étaient unanimes sur le besoin que les électeurs puissent exercer leurs droits civiques dans des élections libres, justes, transparentes et démocratiques, afin d’empêcher les troubles dans la population ou la détérioration de la légitimité démocratiques de l’Etat.

Les discussions se sont également concentrées sur les raisons de conflits, allant de la propagation de guerres civiles de pays voisins, ou tensions provenant de diversités religieuses et ethniques, à des niveaux de pauvreté et de famine élevés causés par la distribution inégale des ressources naturelles, la corruption et l’effondrement d’instituions politiques. La protection et la promotion de la démocratie, des droits de l’homme, la bonne gouvernance et un développement économique et social étaient tous perçus comme des facteurs cruciaux pour la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent africain. Le Comité a également réaffirmé la position adoptée par le Conseil de l’IS lors de sa dernière réunion à Athènes pour une solution pacifique et durable au conflit du Sahara occidental.

La Déclaration de Windhoek, résultat de cette réunion, souligne certains points clé de ces discussions et appelle à ce que l’Afrique soit représentée parmi les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. La visite d’une délégation de l’Internationale au Cameroun a également été décidée, à l’avance des élections présidentielles d’octobre 2011. Des réunions ont eu lieu le 9-10 août à Yaoundé avec des autorités du gouvernement, la direction du Front Social-Démocratique (SDF), des autorités électorales et membres de la communauté diplomatique, et des appels publics ont été faits pour la tenue d’élections libres et justes. Malheureusement, un nombre de manquements et d’irrégularités ont été observées lors des élections le 9 octobre et rapportés par, le SDF, des candidats présidentiels de l’opposition, des ONG et organisations de la société civile y compris Transparency International Cameroon. J’ai représenté notre Internationale à ces élections, avec d’autres observateurs internationaux de l’Union Africaine, le Commonwealth et la Francophonie.

Le déficit démocratique vu au Cameroun est également manifeste dans un nombre de pays dans d’autres parties du monde tel qu’en Asie centrale. Ceci fut l’accent principal des discussions quand l’Internationale Socialiste a tenu une réunion de son Comité pour la CEI, le Caucase et la Mer noire à Almaty, Kazakhstan le 2-3 mai 2011, ouvrant de nouveaux horizons en tenant la première réunion de l’Internationale en Asie centrale. Certains pays continuent de souffrir d’une absence complète de démocratie et de processus politiques participatifs, tandis que d’autres ont développés des systèmes démocratiques naissants qui ont besoin de soutien et d’être perfectionnés. Dans ce contexte, le Comité a discuté en profondeur la situation du Kazakhstan, qui connaît des niveaux inacceptables d’inégalité et d’autoritarisme et où uniquement le parti au gouvernement était représenté au parlement. Le parti hôte Parti Social Démocrate National 'AZAT' a été soutenu à l’avance des élections qui ont eu lieu le 15 janvier 2012. Une fois de plus les pratiques anti-démocratiques du gouvernement étaient évidentes dans l’interdiction pour Co-président du NSDP AZAT Bulat Abilov de se présenter aux élections ce qui selon OSCE «ne répondait aux principes fondamentaux des élections démocratiques ».

De plus, la crise politique non résolue au Belarus qui est survenue suivant les élections de décembre 2010 et qui continue à ce jour, était en haut de l’agenda des participants. L’absence de Mikalai Statkevich, le candidat présidentiel du BSDP-NH qui est toujours incarcéré a été fortement ressentie, et l’Internationale doit assurer que le Belarus reste au centre de son travail sur la liberté politique et des valeurs démocratiques. Des membres des deux partis membres, le BSDP-NH et le BSDP-H, étaient présents à la réunion d’Almaty pour donner des rapports sur la crise et pour réitérer l’importance du soutien et de la solidarité internationale et l’influence que la pression de la communauté internationale pouvait avoir sur les autorités. En janvier 2011, j’ai visité Minsk pour voir de mes propres yeux les répercussions des élections et pour faire preuve de mon soutien personnel et celui de notre famille mondiale pour les démocrates au Belarus, y compris Statkevich, qui malheureusement a été jugé encore une fois et doit subir trois ans d’emprisonnement sous des conditions de détention plus strictes.

La large présence de systèmes politiques à travers la CEI qui ne permettent pas aux électeurs de réellement faire un choix a été noté dans des rapports sur les situations nationales, où des participants d’Arménie, de Géorgie, du Kirghizistan et d’Ukraine ont fait référence à leurs préoccupations spécifiques concernant les développements politiques internes. Tenir pour la première fois une réunion en Asie centrale a également permis d’inviter des partis sociaux-démocrates du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan, des pays qui font face à d’importants obstacles à la démocratie, souligné par l’empêchement de la délégation ouzbèke de participer dû à des restrictions imposées par les autorités. Nous avons tous bien sûr été rappelés des difficultés auxquelles les partis de l’opposition doivent faire face en Russie, où les élections parlementaires ont été entachées d’importantes fraudes.


Le printemps arabe

Le Comité spécial de l’IS sur le monde arabe, établi lors du dernier Conseil à Athènes, a tenu sa première réunion sur l’île de Crète le 28-29 Octobre 2011, accueille par le PASOK, s’appuyant sur les relations étroites que nous avons développés avec des acteurs de premier plan de la lutte démocratique dans le monde arabe. Participant à la réunion étaient des leaders et personnalités représentant les forces démocratiques progressistes en Egypte, Iraq, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie, Sahara occidental et Yémen. La solidarité et le soutien de tous les membres de l’Internationale Socialiste pour des activistes d’institutions démocratiques, de mouvements dans les rues et de communautés a été souligné par le Président de l’IS George Papandreou.

La réunion a eu lieu après la tenue des premières élections démocratiques en conséquence directe du printemps arabe, suite aux développements positifs en Tunisie, où les élections législatives avaient été louées comme libres et justes avec un taux de participation élevé. Depuis, l’Egypte a également tenu des élections, mais de nombreuses inquiétudes légitimes persistent concernant leur tenue et leur résultat. La gouvernance démocratique comme nous l’avons observée, est dans différents pays le résultat de processus très divers qui ont en commun le respect de la volonté de la majorité. Les révolutions arabes ont une signification particulière parce qu’elles continuent de représenter la volonté de la majorité du peuple arabe pour le changement.

Parmi les inquiétudes soulevées en Crète était que ceux avec des responsabilités pendant la période de transition remplissent leurs obligations envers les citoyens. Rendant hommage aux gens ordinaires qui avaient contribué à la fin des régimes despotiques, le Comité a souligné l’importance de garantir que les acteurs du changement continuent à être entendus dans les nouveaux systèmes politiques, avec la nécessité d’une représentation des femmes et des jeunes qui avaient joué un rôle fondamental dans les soulèvements.

Le but d’une fin des régimes oppressifs actuels qui continuent de commettre des actes criminels de répression et de violence contre leurs citoyens ont reçu le plein soutien des membres du Comité. Nous voyions maintenant que la situation en Syrie continue de se détériorer, et la présence d’observateurs de la ligue arabe est insuffisante pour mettre fin à la violence du régime exercée contre son peuple. Bien que Ali Abdullah Saleh soit à présent sensé quitter le pouvoir au Yémen, il est inacceptable et contraire à nos appels constants de justice que quelqu’un qui est responsable de sérieux crimes contre des manifestants pacifiques reçoive l’immunité.

La réunion s’est terminée par une déclaration représentant l’engagement de tous les participants pour une entreprise commune que nous avons appelé « L’esprit de Crète » pour la démocratie et la liberté dans le monde arabe. Depuis la réunion, la situation continue d’évoluer, et il est vital que nous sociaux-démocrates accompagnions ces processus en renforçant les partenariats avec les nouvelles forces démocratiques à travers la région et par une participation continue de nos membres dans les initiatives prévues que nous allons lancer.

Le Comité spécial a fait référence à la nécessité d’une solution de deux Etats du conflit israélo-palestinien, une question discutée en détail lors de la réunion plus tôt l’année dernière du Comité Moyen-Orient de l’IS le 9-10 juin à Tel Aviv et Ramallah. Là-bas, l’Internationale a une fois de plus réussi à rassembler les Palestiniens et Israéliens pour des échanges sur les perspectives d’une paix durable et d’une solution négociée de leur conflit.


Perspectives régionales sur des questions mondiales

Le travail de nos Comités régionaux s’est également concentré sur des questions clés auxquels les partis et gouvernements au monde entier doivent faire face. Des questions économiques mondiales et des questions d’intérêt régional étaient sur l’ordre du jour du Comité pour l’Amérique latine et les Caraïbes lors de sa dernière réunion à Porto Alegre le 24-25 octobre 2011, accueilli par le Parti travailliste démocratique (PDT). « Face à la crise financière mondiale: assurer la croissance économique par des politiques promouvant une plus grande égalité et plus d’opportunités », « Renforcer les institutions et la sécurité des citoyens face au crime organisé transnational, au trafic de drogue et la délinquance » et « La santé reproductive et le droit de la femme d’exercer un libre choix sur son corps, et des politiques qui ne violent pas le droit humains de la femme » étaient les thèmes principaux de discussion.

Réfléchissant sur la crise financière mondiale, les délégués participant à la réunion ont décrit les mesures mises en place dans leurs pays respectifs pour contrecarrer la situation actuelle. Le besoin de renforcer des politiques qui promeuvent un emploi stable et un investissement social pour favoriser une croissance persistante, juste, inclusive et durable dans la région a été identifié comme une priorité conformément aux objectifs clés de l’Internationale Socialiste. En faisant face à la crise financière internationale, il a été réitéré que seul à travers des politiques qui promeuvent une plus grande égalité et opportunité une croissance économique durable pouvait être assurée.

Dans les discussions et échanges sur le deuxième thème principal, le Comité a noté que comparé à d’autres régions, les niveaux de peur et de victimisation, le nombre élevé d’homicides, d’enlèvements et d’autres crimes violents, ainsi que le nombre élevé de prisonniers en Amérique latine et les Caraïbes, étaient une source de grand souci. Les participants ont également examiné l’impact du crime transnational organisé et le défi qu’il posait aux institutions démocratiques dans les pays de la région. Il y avait consensus sur le besoin de promouvoir des politiques qui traitent les causes profondes des problèmes, y compris la marginalisation, le manque d’opportunités, la ségrégation et l’exclusion, ainsi que l’importance d’une collaboration internationale coordonnée pour aborder le crime transnational organisé dans toute son ampleur.

Ceux présents étaient d’accord sur la signification d’ouvrir la discussion sur le sujet des droits reproductifs et sur l’importance de connaître la réalité qui existait dans différents pays de la région en ce qui concerne la santé reproductive de la femme et ses droits. Le Comité a appelé les partis membres de la région à continuer d’examiner ces sujets en vue de développer des politiques publiques qui garantiront les droits des femmes tout en apportant les soins de santé nécessaires, protégeant la vie des femmes et des jeunes en général.

Les délégués des partis de la région participant à cette réunion, ont partagé des informations sur le développement de la situation politique nationale dans leurs pays respectifs depuis la réunion de l’Internationale organisé à Bucaramanga en mai 2011. La réunion s’est conclue avec l’adoption de la déclaration de Porto Alegre et la publication d’une déclaration sur l’annonce de l’ETA quelques jours auparavant, déclarant la fin de son activité terroriste et la triomphe de la démocratie espagnole.

L’économie et le changement climatique étaient au premier plan des échanges à Oulan Bator sur « Combiner la croissance économique avec la responsabilité environnementale: le double défi du développement » et « Faire avancer la social-démocratie dans la région Asie-Pacifique », les thèmes principaux de l’ordre du jour de la réunion récente du Comité Asie-Pacifique de l’Internationale Socialiste qui a eu lieu le 7-8 octobre, accueilli par le Parti du peuple mongol.

Gardant la question déterminante du changement climatique au cœur de l’attention de l’Internationale, et l’approchant d’un point de vue régional, les discussions sur le premier thème se sont concentrées sur l’impact du réchauffement climatique sur la région et sur des façons pour garantir que les revenus de ressources naturelles bénéficient à toute la population. La nécessité de tenir les compagnies travaillant dans l’exploitation des ressources naturelles responsables en ce qui concerne la protection de l’environnement a été discutée en détail et différentes expériences ont été examinées. Le rôle régulateur de l’Etat a été souligné ainsi que l’implication de la société civile et d’autres ONG dans ce processus. Les inondations qui ont touchées des pays de la région ont soulignées un sentiment d’urgence sur ces questions, comme on pouvait le voire au Pakistan, au Cambodge ou en Thaïlande, où de nombreux gens souffraient. Notre Internationale a depuis longtemps reconnue que les Etats les plus touchés par le changement climatique sont pour la plupart ceux qui n’ont que peu à voir avec ses causes. Conformément à la position de notre Commission SMD, il a été souligné que lutter contre le changement climatique n’était pas seulement un défi mais aussi une opportunité pour établir de nouvelles approches à la crise économique actuelle pour générer des nouveaux domaines de croissance, des nouvelles industries et de nouveaux emplois. Finalement, dans cette région comme dans d’autres dans le monde, la question est de trouver le bon équilibre entre le développement et la responsabilité environnementale.

Un fort désir a été manifesté encore une fois par ceux présents de voir la social-démocratie devenir plus forte à travers le continent, où elle a une histoire relativement courte. Pendant les discussions il a été souligné que chaque pas en avant pour la démocratie dans la région était également une nouvelle opportunité pour la social-démocratie, alors qu’une nouvelle ère de changement est en train de prendre forme motivée dans de nombreux pays par des valeurs et principes de notre mouvement. La présence d’invités, y compris un représentant de la Ligue Nationale pour la Démocratie de Birmanie a permis au Comité d’exprimer son plein soutien à Aung San Suu Kyi et au parti dans leurs efforts pour une démocratisation pacifique de la Birmanie. Depuis la réunion, il y a eu des développements prometteurs que nous allons continuer de suivre avec grand intérêt, avec une délégation de l’Internationale devant aller en Birmanie bientôt.

Le renforcement d’idées social-démocratiques a également été discuté en détail ainsi que des approches pour résoudre des conflits régionaux lors de la réunion précédente du Comité à Manille le 20-21 mai 2011. Ayant eu lieu peu de temps après le tsunami et la catastrophe nucléaire au Japon, la réunion de Manille a également été l’occasion d’écouter le parti membre japonais de l’IS, le SDP, et de débattre l’utilisation de l’énergie nucléaire au niveau mondial, avec un appel à une régulation plus stricte et à la surveillance de centrales nucléaires et à une action coordonnée concernant la gestion des déchets nucléaires.

A Oulan Bator, le Comité a adopté une déclaration sur la Mongolie, reconnaissant la contribution substantielle du MPP à l’établissement d’une Mongolie moderne et au travail de l’Internationale Socialiste, et une deuxième déclaration abordant un nombre de situations nationales qui avaient fait partie des discussions.

Se concentrant sur les questions économiques et sociales dans le monde arabe, la réunion la plus récente d’un des nos Comités s’est tenue ces 9-10 janvier à Rabat, où notre parti membre l’USFP a accueilli une réunion du Comité de l’IS sur la Politique Economique, le Travail et les Ressources Nationales pour des discussions sur l’Etat providence dans les Etats arabes, avec la participation des représentants de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ceux présents ont analysé les conditions nécessaires pour la sécurité et la protection sociale et comment cela pouvait être atteint dans le monde arabe.


Renforcer notre travail

A travers son existence, l’IS a toujours cherché à devenir plus forte. Depuis le dernier Conseil, qui a établi un Groupe de travail sur la réforme avec la tâche de formuler des propositions sur cette question, un débat sain a eu lieu au sein de notre organisation sur sa direction future et ses structures. Ce Groupe de travail a tenu des réunions le 12 septembre 2011 à Genève et le 12 décembre à Marrakech, où nous avons invité les membres à soumettre leurs réponses à une série de questions proposées par les Co-présidents. Je suis optimiste que les discussions sur la réforme nous mèneront à renforcer notre organisation et lui permettre d’être mieux équipée pour faire avancer notre agenda ambitieux et nous aider à assurer que notre organisation peut continuer son important travail politique, à avoir une sécurité financière et être représentative des intérêts de tous ses membres de tous les continents et régions du monde.

L’Internationale a également continué son travail de renforcer la coopération entre les parlementaires de ses partis membres lors de l’Assemblée la plus récente à Berne par une réunion le 17 octobre, où des échanges ont eu lieu sur les thèmes principaux de l’Assemblée et sur comment faire avancer la coopération entre les parlementaires de la famille mondiale social-démocratique. Les participants ont pu se baser su les discussions tenues lors des Assemblées précédentes de l’UIP, y compris la réunion des parlementaires de partis membres de l’IS tenue le 16 avril 2011 à Panama. La réunion à Berne a également écouté Abdelouahed Radi, USFP (Maroc) premier secrétaire, qui a reçu le soutien unanime pour sa candidature pour la présidence de l’UIP et qui a été ensuite dûment élu.


Partis membres

En tant que Secrétaire général de cette organisation, j’ai le plaisir de participer à des Congrès de nos partis membres et d’exprimer le soutien de notre organisation du travail qu’ils font au niveau national, et je suis heureux d’avoir pu participer à de si nombreux Congrès et événements, qui incluaient plus récemment les festivités à l’occasion du 100ème anniversaire de l’ANC à Bloemfontein ce janvier, et j’ai eu l’honneur d’être présent pour les cérémonies marquant le 100ème anniversaire de la naissance d’un des plus grands internationalistes de notre mouvement, Bruno Kreisky.

Les derniers six mois ont vu des élections pour un nombre de partis membres. En 2012 des partis membres dans au moins 30 pays iront voter, et nous suivrons bien sûr ces processus avec grand intérêt, accompagnant nos partis avec des missions observatrices et délégations quand nécessaire. Comme déjà mentionné dans ce rapport, notre grand espoir est que tous nos partis seront capables de participer aux élections dans des conditions libres et justes.


III. POUR L’AVENIR

L’événement le plus important dans la vie de notre organisation cette année sera notre XXIV Congrès, le premier à avoir lieu en Afrique, et qui sera accueilli par notre parti membre le Congrès National Africain dans la République d’Afrique du Sud. Cet événement coïncide avec les célébrations du centième anniversaire du parti et sera une occasion pour notre famille politique mondiale de se réunir et de réaffirmer notre volonté de montrer la voie vers une société mondiale plus juste, meilleure et plus agréable. Je voudrais ici faire part de ma reconnaissance pour la coopération étroite et le soutien que j’ai reçu de la part de la direction de l’ANC, y compris Président Jacob Zuma, Vice Président Kgalema Motlanthe et le Secrétaire général Gwede Mantashe avec lesquels j’ai discuté les préparations pour la tenue de cet événement pendant ces derniers mois.

Avant le XXIV Congrès, nos Comités régionaux et thématiques continueront de se rencontrer pour débattre ces questions au cœur de notre agenda partagé et préparer des motions et résolutions qui formeront la base des discussions du Congrès. Des réunions de notre Commission pour une Société Mondiale Durable aura lieu à l’avance de Rio+20, et de la Commission sur les Questions financières mondiales, présidée par Joseph Stiglitz pour continuer les discussions que nous avons tenu ici à San José en se basant sur les décisions du Conseil.

Nous savons que nous nous trouvons dans des temps difficiles et de grands obstacles persistent à une forte reprise dans l’économie mondiale et à un accord contraignant sur la réduction des émissions dont notre planète a besoin. Notre mouvement a une vision, un engagement et des propositions positives pour surmonter les énormes obstacles auxquels nous faisons face. Elles donnent la priorité à la croissance réelle et à la justice sociale, et pourtant nous devons faire plus afin que nos voix soient entendues, parlant clairement et avec une seule voix pour faire en sorte que notre message puisse être traduit en un succès électoral qui a échappé à certains de nos partis ces derniers temps.

Peu importe où nos sommes au gouvernement, nos membres montrent une responsabilité envers leurs propres citoyens et d’autres citoyens ailleurs dans ce monde interdépendant que nous voulons voir être défini par la solidarité et une responsabilité commune. Nous savons que cela peut être atteint en garantissant que l’équité est au centre des politiques du gouvernement, en donnant la priorité aux inquiétudes et les besoins de nos citoyens, et en défendant fermement la démocratie chez nous et en utilisant les moyens à notre disposition pour l’encourager quand elle est menacée.


IV. CONCLUSION

L’étendue et la portée de nos activités ces derniers mois tel que décrit dans ce rapport sont les marques d’une véritable organisation internationale inspirée et engagée à être une force du bien. En tant que sociaux-démocrates, nous nous sommes distingués clairement des conservateurs et libéraux par notre foi en la justice, même si cela demande des décisions difficiles et des sacrifices. Notre vision de la justice économique envisage aujourd’hui que les responsables de cette crise doivent porter les charges de la reprise. Les pays développés ont la plus grande responsabilité d’avoir des politiques qui combattent le changement climatique puisque la justice sociale demande que les pays en développement puissent remplir leurs potentiel et que les PIED puissent continuer d’exister. Il y aura des moments où nos membres souffriront de revers électoraux et seront consignés à des périodes d’opposition, mais la justice démocratique nécessite que chaque parti, où qu’il soit dans le monde, devrait avoir la possibilité de participer dans des élections libres et justes.

Nous devons aborder ces défis qui nous attendent avec détermination et enthousiasme. Maintenant plus que jamais, notre mouvement a besoin d’avoir un sentiment de motivation et d’unité afin de pouvoir contrer ceux qui donnent la priorité aux intérêts des banques au lieu de ceux des gens, qui nient le changement climatique tout en causant des dégâts irréparables à l’environnement et qui privent leurs citoyens d’une voix démocratique. Je me réjouis de tous vous voir en Afrique du Sud plus tard dans l’année.

 

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