Rapport du Secrétaire Générale

CONSEIL DE ROME - Pour une société mondiale plus équitable, 20-21 janvier 2003

 

INTRODUCTION

C’est avec plaisir que je présente mon rapport au Conseil à Rome, où notre Internationale avait déjà organisé de nombreuses réunions et activités. C’est un hommage à la solidarité de longue date entre nos deux partis membres en Italie, les Démocrates de Gauche, DS, dirigés par Piero Fassino et les Socialistes Démocratiques Italiens, SDI, dirigés par Enrico Boselli, et j’aimerais donc les remercier, non seulement pour accueillir notre Conseil mais aussi pour toutes leurs contributions au travail de l’Internationale.

Nous nous rassemblons à Rome à un moment où le monde est confronté à des choix, des décisions sur la paix et la sécurité, l’économie mondiale et l’avenir de la démocratie, qui affecteront le paysage mondial des prochaines années. Notre Conseil abordera un grand nombre de ces thèmes à Rome. L’ordre du jour du Conseil est structuré autour de trois thèmes principaux dans lesquels nous avons inclus des panels, ainsi que des discours principaux, visant à stimuler des délibérations plus approfondies et plus globales. A cet égard, j’aimerais aussi remercier tous ceux qui ont répondu positivement à nos requêtes d’être ici et de participer aux débats.

Le premier thème principal est ‘Pour une société mondiale plus équitable : Gouvernance • Durabilité • Justice Sociale’. Nous avons organisé un panel sous ce thème, intitulé ‘Notre message pour Davos et Porto Alegre’, et nous émettrons une déclaration soulignant les positions de l’Internationale vis à vis des prochains Forum économique mondial et le Forum social mondial qui commencent à la fin de la semaine.

‘Pour un monde plus en paix et plus sûr : Moyen-Orient • Europe du Sud-est • Afrique • Asie centrale et méridionale • Colombie’ est le second thème principal, avec des intervenants clés sur l’Iraq et le Moyen-Orient et un deuxième panel sur ‘La paix et la stabilité dans les Balkans’. Le Présidium proposera au Conseil une position commune sur l’urgente question de l’Iraq, la réponse de la communauté internationale et les problèmes de paix mondiale.

Le troisième thème principal est ‘Notre engagement démocratique: Défendre la démocratie dans le monde entier’ et le panel sous ce thème est intitulé ‘Œuvrer pour la démocratie là où elle est le plus menacée’.

Nous sommes convaincus que Rome fournira à la social-démocratie l’occasion, une fois de plus, de laisser son empreinte et projeter un message à tous ceux qui partagent les valeurs et principes qui sont au cœur de notre famille et notre détermination pour assurer que la priorité soit donnée aux personnes dans cette époque caractérisée par de grands changements mondiaux.

 

NOS ACTIVITES DANS LE MONDE

Afrique

A la suite de notre dernier Conseil à Casablanca, l’Internationale Socialiste a mené un certain nombre d’activités en Afrique pour y soutenir la paix, la démocratie et le respect des droits de la personne. Des partis membres de l’IS sont actuellement au gouvernement dans onze pays de la région et sont les principales forces de l’opposition dans plusieurs autres. Comme il avait été noté durant nos récents rassemblements en Afrique, cela fournit aujourd’hui une solide base au renforcement des efforts de notre Internationale au nom des personnes dans tout le continent.

La première réunion du Comité Afrique de l’IS pendant cette période s’est tenu les 26 et 27 juillet à Luanda, Angola, où une fin négociée du conflit armé, longtemps soutenue par notre Internationale, a été finalement obtenue. Il était donc approprié que le thème principal de notre débat soit la résolution du conflit et la construction d’un avenir de paix commun. Les deux autres thèmes étaient la promotion et le renforcement de la gouvernance démocratique ainsi que la poursuite de la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement durable.

Des délégués en provenance de l’Afrique entière ont participé au rassemblement, qui était accueilli par notre parti membre le MPLA. Après des discussions détaillées, le Comité, dont le président est Ousmane Tanor Dieng, PS, Sénégal, a adopté une Déclaration qui a souligné le besoin d’un plus grand engagement des organisations non gouvernementales, de la société civile et d’une plus grande participation des femmes à tous les niveaux du processus de résolution des conflits. Le document a également détaillé les principaux éléments pour renforcer la gouvernance démocratique, telle que la réglementation des finances des partis politiques, et réaffirmé, prenant en considération le Sommet mondial à Johannesburg, qui allait alors se dérouler, les voies et moyens importants de promouvoir le développement durable et la lutte contre la pauvreté en Afrique.

L’Internationale a répondu rapidement aux assauts armés contre l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire. Le 19 septembre, le jour où les attaques ont commencé, l’Internationale a condamné la violence et les autres actes contre l’Etat de droit démocratique, et réitéré notre ferme soutien pour le président de la république, Laurent Gbagbo, et pour notre parti membre, le Front Populaire Ivoirien, FPI.

L’Internationale a ensuite organisé une réunion d’urgence de notre Comité Afrique le 18 octobre à Abidjan, une expression concrète de notre position en faveur du gouvernement constitutionnel en Côte d’Ivoire. Suite au discours d’ouverture du président Gbagbo et aux discussions approfondies des délégués des partis membres de l’IS, le Comité a approuvé une Déclaration réaffirmant que la démocratie est la seule garantie du progrès, de la paix et de la coopération entre les citoyens et les peuples, et condamnant les attaques contre l’ordre constitutionnel ainsi que les tentatives de prise de pouvoir. Depuis cette date, nous sommes restés en contact avec le président Gbagbo et le FPI, et avons continué de soutenir les efforts régionaux et internationaux pour mettre un terme au conflit en Côte d’Ivoire.

L’Internationale a également observé de près la situation en Guinée équatoriale, où le parti membre de l’IS, la Convergence pour la Démocratie Sociale, CPDS, continue de lutter pour la démocratie et les droits de la personne dans des conditions extrêmement difficiles et répressives. L’Internationale a dénoncé le procès contre les forces de l’opposition comme ‘simulacre de justice’, condamné l’emprisonnement de Plácido Micó, secrétaire général de la CPDS, et a exhorté la Commission des doits de la personne de l’ONU à renouveler le mandat de son rapporteur spécial sur la Guinée équatoriale. Micó et plusieurs des douzaines de personnes qui ont été condamnées l’année dernière sont toujours emprisonnés et nous avons continué de lancer un appel à toute la communauté internationale afin que les efforts pour leur libération redoublent.

 

Mission de l’IS au Nigeria

Une initiative très importante dont nous sommes très fiers était la mission de l’Internationale Socialiste que nous avons organisée au Nigeria du 16 au 20 octobre pour aborder les condamnations émises par les tribunaux de la charia. La mission reflétait les préoccupations sérieuses de chacun dans l’Internationale relatives à la condamnation à mort par lapidation de femmes ainsi que d’autres cas alarmant de l’application des nouveaux codes pénaux basés sur la charia dans les Etats du nord du Nigeria. Ceci était directement dans la ligne des campagnes de l’Internationale pour abolir la peine de mort et arrêter la violence contre les femmes.

La mission de l’IS au Nigeria était composée du Professeur Perry Wallace du Washington College of Law, Université américaine, Etats-Unis d’Amérique ; du Professeur Abdelouab Maalmi de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Hassan II, Casablanca, Maroc ; et du Dr. Gabriel Lansky, un avocat et expert en droit de la personne, d’Autriche.

Nous avons organisé un vaste programme de réunions pour la délégation, y compris avec des membres du gouvernement de la République fédérale du Nigeria, des membres de l’Assemblée nationale, de la Commission nigériane des droits de la personne, ainsi qu’avec des représentants d’organisations non gouvernementales, y compris des groupes d’avocates pour les femmes, et également organisé des rencontres dans l’Etat de Kaduna, dans le Nord du Niger où la loi charia est appliquée.

Parmi les principales impressions et conclusions de la mission il est ressorti que l’application des nouveaux codes pénaux de la charia au Nigeria a fortement touché, de façon disproportionnée, les droits des femmes ; que le thème est au centre des conflits politiques majeurs dans cette nation diverse sur le plan ethnique; que ceux au Nigeria qui luttent contre les aspects inhumains de la loi pénale charia doivent faire face à de grandes difficultés ; et que l’Internationale peut fournir un soutien efficace à de tels efforts grâce à son long engagement envers la diversité et les valeurs universelles.

 

Le Moyen-Orient

L’Internationale demeure une voix puissante et consistante en faveur d’une résolution pacifique du conflit au Moyen-Orient et, durant les périodes des plus difficiles, alors que d’autres désespèrent, l’Internationale Socialiste continue de réaffirmer son engagement et de faire pression dans toutes les directions possibles afin de poursuivre la paix.

En juin et juillet, l’Internationale a condamné les attaques à la voiture piégée dans le nord de l’Israël ainsi que les frappes de l’aviation israélienne dans la ville de Gaza. Le bombardement n’a eu lieu que quelques jours après que l’Internationale, lors de la réunion de notre Conseil à Casablanca les 31 mai et 1er juin, ait adopté à l’unanimité une résolution historique, basée sur un consensus entre nos partis membres israéliens, le Parti Travailliste d’Israël et le Meretz, et notre parti membre palestinien, Fatah, lançant un appel pour ‘la reconnaissance mutuelle de l’Etat d’Israël et l’Etat de la Palestine’ comme engagement initial vers la reprise des négociations de paix.

En septembre, nous avons renouvelé avec la plus grande fermeté notre condamnation du massacre d’innocents civils, dû cette fois à une attaque suicide à Tel Aviv. L’Internationale a vivement protesté contre la destruction injustifiée du siège civil de l’Autorité palestinienne par des troupes et des blindés.

Nous étions en contact direct avec le président Arafat lorsque les quartiers de l’Autorité palestinienne étaient sous siège et, dans une série de communications entre les partis de notre Internationale, nous avons œuvré pour ouvrir la voie afin qu’une délégation de l’IS se rende dans la région. Malheureusement, les circonstances sur le terrain, à ce moment là, ont empêché de parvenir à un accord sur l’étendue de cette mission.

Au cours de ces développements, nous avons également pris une position claire en faveur du soutien à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant pour une fin à tous actes de violence, de terreur et de destruction.

En décembre, Thorbjørn Jagland, président du Comité Moyen-Orient de l’IS, et moi-même, avons visité la région et organisé des discussions à Tel Aviv, Gaza et Ramallah avec les dirigeants de nos partis membres israéliens et palestinien, sur la situation actuelle. Nous avons également rencontré à Tel Aviv Amram Mitzna, leader du Parti Travailliste d’Israël et candidat au poste de premier ministre lors des prochaines élections du 28 janvier ; Shimon Peres ; Ophir Pines Paz, secrétaire général du parti ; et Colette Avital, secrétaire internationale. A Tel Aviv, nous avons également tenu des discussions avec Yossi Sarid, leader du Meretz et avec Yossi Beilin, ainsi qu’avec la secrétaire internationale, Monica Pollack, et Roy Yellin.

Le lendemain, nous avons organisé des discussions à Ramallah avec Yasser Arafat. Nous avons également rencontré, à Gaza, Hani Al-Hassan, ministre palestinien de l’Intérieur et responsable des affaires internationales du Fatah, ainsi que Yasser Abed Rabbo, ministre de l’Information.

Nos travaux continueront à Rome, où une fois encore nous pourrons fournir un forum dans lequel Israéliens et Palestiniens peuvent toujours venir pour faire entendre leurs inquiétudes, espoirs et visions d’un avenir de paix et de sécurité. Lors du Conseil, le Moyen-Orient sera abordé de manière spécifique sous le second thème principal ‘Pour un monde plus en paix et plus sûr’ et pendant le panel intitulé ‘Le Moyen-Orient : comment relancer le processus de paix israélo-palestinien ‘.

Comme je l’ai fait remarqué auparavant, le Présidium proposera au Conseil une position commune sur le thème urgent de l’Iraq, la réponse de la communauté internationale et les problèmes de paix mondiale. L’Internationale Socialiste, qui a été un mouvement, un grand parti pour la paix, a aujourd’hui la responsabilité de contribuer, à ce moment décisif pour le monde, à une perspective en faveur d’un résultat juste et équitable à la crise actuelle.

L’Internationale a également poursuivi ses travaux sur les thèmes touchant le peuple kurde, qui va peut-être endurer encore de plus grandes difficultés si la situation de l’Iraq se détériore davantage. Le Groupe de Travail du SIMEC sur la Question kurde a été actif durant cette période et a tenu une réunion en Suède en août 2002.

La veille du Conseil, le SIMEC se réunira pour considérer les récents développements au Moyen-Orient et recevra également un rapport du Groupe de Travail sur la Question Kurde.

 

L’Europe centrale et orientale

Les progrès de la démocratie, des droits de la personne et la stabilité dans les Balkans ont été notables. Ils reflètent l’influence, vaste et croissante, de la social-démocratie dans toute la région, et ici à Rome, nous écouterons de nombreuses personnes clé dans la famille de l’IS qui continuent de contribuer aux progrès dans chaque pays.

Avec la paix et la stabilité dans les Balkans comme principal centre d’intérêt, le Comité de l’IS pour l’Europe centrale et orientale s’est réuni à Ljubljana les 12 et 13 juillet 2002, première réunion de notre Internationale en Slovénie, accueillie par notre membre, la Liste Unifiée des Sociaux-démocrates, ZLSD, dont le leader, Borut Pahor, est le président de l’Assemblée nationale.

Piero Fassino, co-président du Comité, a souligné à l’occasion de cette réunion en Slovénie, en notre nom à tous, le défi historique que représente l’élargissement européen pour les sociaux-démocrates, et la tâche de rassembler les pays du continent autour de la paix et de la démocratie.

A cet égard, László Kovác, leader du Parti Socialiste Hongrois, MSzP, ministre des Affaires étrangères et co-président du Comité, a mis en avant le rôle clé des partis sociaux-démocrates aujourd’hui dans son propre pays, dans la République tchèque ainsi qu’en Pologne.

Le Comité a adopté une Déclaration réitérant l’engagement ferme et la volonté de l’Internationale de faire de la démocratie, de la justice et de la solidarité, les principes à partir desquels les défis de la mondialisation peuvent être remportés. Le document a rappelé que la paix et la stabilité requièrent que tous les citoyens — femmes et hommes, quelque soit leur ethnie, leur milieu culturel ou leurs croyance religieuses — soient égaux vis à vis des lois, et a lancé un appel à tous les partis membres de l’Internationale pour qu’ils renforcent leur soutien et leur coopération avec les forces sociales-démocrates dans la région.

Dans la Déclaration, le comité a réitéré notre alarme et condamnation de la persécution continuelle de l’opposition, des médias et des organisations non gouvernementales au Bélarus et réaffirmé, en accord avec la mission de l’IS à Minsk en avril dernier et la résolution sur le Bélarus adoptée par notre Conseil à Casablanca, la volonté de notre Internationale de continuer à œuvrer pour le soutien des libertés fondamentales et la démocratie dans ce pays.

En ce qui concerne les futures activité, j’étais en Bulgarie en novembre, où j’ai pu rencontrer ceux qui sont associés à notre Internationale, et nous avons planifié, avec les co-présidents du SICEE, la tenue de la prochaine réunion Comité à Sofia prochainement.

 

L’Amérique latine et la Caraïbe

Actuellement, le principal centre d’attention du travail de notre Internationale dans cette région est la promotion de la réponse sociale-démocrate face aux pressants défis politiques, économiques et sociaux, l’assurance que la démocratie soit puissante et durable et que les conflits soient pacifiquement résolus.

Le Comité de l’IS pour l’Amérique latine et la Caraïbe s’est rassemblé à Caracas les 19 et 20 janvier pour aborder le défi du renforcement et de la défense de la démocratie. La réunion, qui a inclus la participation de délégués de partis membres de l’IS de toute la région ainsi que de l’Europe, de même que des représentants et des invités d’organisations politiques et syndicales du Venezuela, a été une expression concrète du soutien de l’Internationale en faveur des efforts pour une solution pacifique et démocratique de la crise au Venezuela.

Parmi les Vénézuéliens qui ont contribué aux discussions se trouvaient Rafael Angel Marín, secrétaire général de notre parti membre, Action Démocratique, AD ; Felipe Mujica, président du Mouvement vers le Socialisme, MAS ; Antonio Ledzma, leader de l’Alliance ‘Bravo Pueblo’ ; Miguel Henrique Otero, président-éditeur du journal vénézuélien El Nacional ; et Manuel Cova, secrétaire général de la Confédération des Travailleurs du Venezuela, CTV.

Après des délibérations extensives, le Comité a adopté une ‘Déclaration sur le renforcement de la défense de la démocratie et de ses institutions ‘, qui a réaffirmé la démocratie politique comme une valeur fondamentale, et souligné l’importance d’avoir des affinités directes ‘avec le désir des peuples de vivre en liberté, d’être souverains à l’intérieur de leur propre pays’. Le document est également centré autour du renforcement des institutions démocratiques à travers le continent, en les adaptant aux ‘défis créés par la mondialisation’.

Le Comité a approuvé une résolution sur le Venezuela, exprimant l’inquiétude quant à ‘l’ambiance d’insécurité et d’instabilité sociale et démocratique dans le pays.’ Il a réaffirmé notre soutien à AD et à la Coordinatrice Démocratique, intégrée par des organisations non gouvernementales et partis politiques vénézuéliens, dans l’effort en faveur de la défense de la démocratie, et a souligné que l’Internationale était prête à offrir ses bons offices pour faciliter les négociations entre l’opposition et le gouvernement.

La situation au Venezuela continue d’être l’objet de grandes préoccupations dans toute la région ainsi que sur le plan international, et sera le centre d’intérêt de nos discussions ici à Rome, où nous écouterons des représentants de notre parti membre et d’autres au Venezuela qui sont impliqués de près dans la recherche d’une solution à la crise.

En accord avec nos priorités, le Comité à Caracas a réaffirmé le soutien de l’Internationale en faveur d’une fin négociée du conflit armé en Colombie. Il a également condamné les violations de l’Etat de droit en Haïti, protesté contre les actes de violence contre l’opposition, appelé pour un accord politique négocié en ligne avec les résolutions de l’Organisation des Etats américains, OAS, et réitéré notre soutien aux partis membres de l’IS, le KONAKOM, PANPRA et l’OPL. En ce qui concerne Panama, le Comité, partageant les préoccupations du parti membre de l’IS, le Parti Révolutionnaire Démocratique, PRD, du Panama, a exhorté le gouvernement et les partis politiques de maintenir l’indépendance des corps juridiques et électoraux.

Pendant la réunion, nous avons rendu hommage à la mémoire de Anselmo Sule, président du Parti Radical Social-Démocrate, PRSD, du Chili, et co-président du Comité, décédé au début du mois de juin. Son fils Claudio Sule et le sénateur Rafael Michelini, leader du Parti Nouvel Espace de l’Uruguay, ont parlé en notre nom à tous, en l’honneur du lègue de Anselmo, avocat dévoué du renforcement de la démocratie à travers une plus grande participation des citoyens.

Le Comité, se tournant vers les activités futures, a accepté à l’unanimité de tenir une réunion à Cuba, parmi le peuple cubain et avec la présence de leurs leaders et représentants, pour aborder les thèmes préoccupant le peuple cubain, thèmes partagés par notre Internationale.

Passant aux bonnes nouvelles dans la région, la victoire écrasante de Luiz Inácio ‘Lula’ da Silva et du Parti des Travailleurs, PT, lors du second tour des élections présidentielles au Brésil, caractérisé par une énorme participation électorale et la détermination des citoyens brésiliens, a représenté un moment significatif pour la politique, la démocratie et les forces et idées progressistes dans le monde entier.

Le 1er janvier de cette année, notre Président et moi-même avons eu l’honneur de participer à l’inauguration de Lula, durant laquelle nous avons été témoins du grand enthousiasme au Brésil pour son nouveau président et l’espoir pour un meilleur avenir qu’il représente. J’ai le plaisir de vous informer que notre relation avec le PT continue de se développer, notre coopération se renforce et un représentant du parti participera au premier panel sous le premier thème principal, ici, avec nous, à Rome.

En ce qui concerne d’autres nouvelles positives dans la région, les socialistes en Argentine ont complété avec succès leur unification et j’ai eu l’opportunité de me rendre dans ce pays et d’associer l’Internationale à ce processus. Cela m’a également permis de travailler avec Raúl Alfonsín, président du SICLAC, et de développer davantage nos activités communes dans l’Amérique latine et la Caraïbe.

Le rôle des partis politiques dans le renforcement de la démocratie est un thème clé dans la région et au mois d’août, j’ai participé au nom de l’Internationale à une table ronde de l’OAS à Santiago sur la gouvernance démocratique et plus tard, à un rassemblement hémisphérique de l’OAS à Vancouver en décembre.

En ce qui concerne nos relations avec d’autres organisations internationales, j’ai participé en juin, avec des représentants des Chrétiens démocratiques et les Internationales libérales, à une réunion sur le développement des partis politiques, accueillie par l’Institut National Démocratique à Washington, avec lequel nous maintenons une coopération étroite. J’ai aussi eu l’opportunité en septembre d’être l’un des invités à la cérémonie annuelle W. Averell Harriman, à laquelle beaucoup de monde a assisté.

 

LE TRAVAIL DE L’INTERNATIONALE SUR DES THEMES MONDIAUX

Le développement durable et la justice sociale

Une grande partie de nos travaux en 2002 s’est centrée tout d’abord sur la Conférence internationale sur le financement du développement qui s’est tenue à Monterrey, Mexique, en mars, et plus tard sur le Sommet mondial pour le développement durable, SMDD, qui s’est déroulé à Johannesburg du 26 août au 4 septembre 2002.

Suite aux discussions à Casablanca l’année dernière, en préparation du Sommet de Johannesburg, le Conseil a approuvé une plateforme - ‘Gouvernance mondiale et développement durable : les défis de la social-démocratie’ - incluant des propositions spécifiques approuvées par nos partis membres.

Lors du Sommet nous avons organisé une présence importante de notre Internationale et un nombre d’activités auxquelles j’ai eu l’opportunité de participer avec des délégués de nombreux partis membres, y compris l’ANC, Afrique du Sud ; SPD, Allemagne ; MPLA, Angola ; ALP, Australie ; FPI, Côte d’Ivoire ; SDP, Danemark ; PSOE, Espagne ; SDP, Finlande ; PS, France ; PASOK, Grèce ; MSzP, Hongrie ; DS, Italie ; SDP, Japon ; PRD, Mexique ; PS, Portugal ; PD, Roumanie ; SAP, Suède ; et l’Union Internationale de la Jeunesse Socialiste, IUSY. D’autres participants au sommet, en provenance de partis membres se sont également joints à nous dans des activités de la délégation à Johannesburg.

A l’occasion du Sommet lui-même, notre président a adressé une lettre aux leaders de notre Internationale, appelant à un nouvel effort des socialistes et des sociaux-démocrates à considérer intégralement les préoccupations économiques, sociales et environnementales, et déclarant le Sommet comme étant un moment crucial, jetant les bases d’un ‘Nouveau partenariat mondial’ pour le développement durable.

Nous avons rencontré à Johannesburg, lors d’un rassemblement organisé par l’ANC pour nous accueillir, un certain nombre de ministres du gouvernement sud-africain et des personnalités éminentes du Congrès National Africain, y compris le Ministre de la présidence, le président de l’Assemblée nationale, le maire de Johannesburg et le ministre adjoint des Affaires étrangères Aziz Pahad, qui sera avec nous à Rome.

Des représentants se sont joints aux activités de délégations nationales, étaient parmi les participants aux forums des ONG, ont pris part aux réunions de groupes parlementaires et autres, et ont suivi les réunions du Sommet. Des discussions se sont également tenues avec l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, Jan Pronk, pour évaluer les résultats du SMDD.

Afin d’évaluer ces résultats, le Comité de l’IS sur l’Economie, la Cohésion sociale et l’Environnement s’est réuni à Genève au siège de l’Organisation Internationale du Travail, les 13 et 14 décembre 2002. Le Comité, présidé par Christoph Zöpel, Allemagne, SPD, qui sera l’un des principaux intervenants ici à Rome, a approuvé une Déclaration sur les résultats du Sommet de Johannesburg, se félicitant de la nouvelle impulsion donnée à l’action mondiale pour la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement, mais a regretté les résultats, forts éloignés des espérances, en ce qui concerne la gouvernance mondiale et d’autres thèmes. La Déclaration sera introduite au Conseil ici à Rome. Un autre document, sur l’économie mondiale sera discuté par le Comité à Rome et considéré par le Conseil.

Suite aux discussions sur le premier thème principal, il est prévu que le Conseil prendra en considération l’adoption d’un projet de message pour Davos et Porto Alegre.

Je voudrais également mentionner que j’ai représenté l’Internationale à une conférence préparatoire de l’ONU sur le Sommet mondial sur la société de l’information. La première phase de ce sommet est prévue du 10 au 12 décembre 2003 à Genève, et la seconde phase à Tunis en 2005. La fracture numérique et les moyens de réduire l’écart mondial entre ceux qui ont accès aux technologies de communication et ceux qui ne l’ont pas, sont déjà haut placés sur notre ordre du jour, et le prochain sommet sera de plus en plus un de nos centres d’intérêts.

 

AUTRES ACTIVITES DE L’INTERNATIONALE - NOS PARTIS MEMBRES EN ACTION

Notre Internationale, construite à travers l’expérience et l’engagement de chacun de nos partis membres, tous répondant aux nouvelles réalités émergeant dans chaque région, aide à réunir le monde. Nos partis, venant de différentes régions du monde, enrichissent notre Internationale au travers de la diversité de leur histoire et de leurs perspectives.

Chaque jour, dans différents coins du monde, notre Internationale vit par l’intermédiaire des activités de nos partis et organisations membres à travers leurs campagnes électorales, conférences et autres activités. Beaucoup d’entre nous partagent les expériences de notre famille mondiale.

Pour ma part, durant la dernière période, j’ai eu l’opportunité de me joindre à d’autres et de participer aux conférences du Parti Social-Démocrate finlandais, du Parti Travailliste britannique, du Parti Travailliste norvégien et à la 51ème Conférence du Congrès National Africain.

Parallèlement, j’ai pu être présent à Berlin lors du succès électoral de nos camarades allemands en septembre dernier et suivre le résultat des élections au Maroc qui ont confirmé que l’USFP était la principale force politique dans le pays.

Je me suis également réjouis de pouvoir participer, en la compagnie de notre président, au dernier Conseil de l’IUSY à Lisbonne, et d’être avec nos camarades de nos deux partis membres en Albanie en novembre dernier.

 

SOUVENIR DE WILLY BRANDT

Le 8 octobre 2002, nous avons marqué le dixième anniversaire de la mort de Willy Brandt, dont la vision a inspiré l’expansion de l’Internationale Socialiste au monde entier, la plantation des graines du progrès politique qui ont crû et continuent de mûrir sur tous les continents. Ce jour là, notre président et moi-même, nous sommes restés, avec d’autres camarades du SPD, auprès de sa tombe dans la capitale allemande.

Les valeurs de la paix, de la démocratie et de la justice sociale sont aujourd’hui reconnues partout comme le cœur de notre identité. Elles sont la base sur laquelle nos continuons de faire face aux défis du 21ème siècle, agissant ensemble au sein des nations et entre les nations, sur la base de la solidarité qui unit les peuples de toutes les langues, de toutes les histoires et de toutes les cultures.

Willy savait que ces valeurs sont universelles, qu’elles dureront pendant les générations à venir. Car personne n’avait autant de perspectives d’avenir que Willy Brandt. Se souvenir de Willy Brandt signifie se tourner vers le futur. Il présageait ce que l’Internationale pouvait devenir et ce qu’elle pourrait être en contribuant davantage, comme il disait, au seul monde que nous avons.