Résolution sur la Birmanie

CONSEIL DE ROME, 21-22 janvier 1997

Original anglais

Rappelant les résolutions sur la Birmanie du Conseil de l'Internationale Socialiste adoptées à Tokyo le 11 mai 1994 et au Cap le 11 juillet 1995, ainsi que la résolution du XXe Congrès de l'Internationale Socialiste au siège de l'ONU, New York, en septembre 1996, le Conseil de l'Internationale Socialiste:

Loue l'Union européenne pour avoir averti le Conseil d'Etat pour la restauration de l'ordre public de Birmanie (SLORC) qu'elle considérerait le régime pleinement responsable de la sécurité personnelle de la lauréate du Prix Nobel, Aung San Suu Kyi;

Loue le gouvernement du Danemark pour l'appui vigoureux donné au mouvement démocratique birman dirigé par Daw Aung San Suu Kyi et le gouvernement de coalition nationale de l'Union birmane en exil dirigé par M Sein Win;

Loue le gouvernement des Etats-Unis et l'Union européennee pour avoir imposé des restrictions de visa aux membres du SLORC et à leurs familles;

Loue les compagnies étrangères qui se sont retirées de Birmanie en raison des atrocités commises par les militaires;

Loue les leaders ethniques de Birmanie pour l'initiative prise en janvier de travailler à la reconstruction d'une nouvelle Birmanie fondée sur la démocratie et les chances égales pour tous ses citoyens, et pour leur intention de travailler avec Daw Aung San Suu Kyi;

Constate avec vive préoccupation la dégradation continue de la situation en Birmanie comme le démontre le harcèlement persistant de Daw Aung San Suu Kyi et des membres de la Ligue nationale pour la démocratie, la crise économique croissante, les récentes démonstrations des étudiants, les nouvelles allégations de la participation du régime militaire au trafic de la drogue, et son refus de collaborer avec les Nations unies et les autres instances internationales en vue de négocier une solution politique pacifique en Birmanie;

Condamne vigoureusement la junte au pouvoir pour avoir instigué les masses à attaquer le cortège d'automobiles de Daw Aung San Suu Kyi le 9 novembre, et pour avoir limité sa liberté de mouvement et celle de ses collègues;

Condamne la fermeture par la junte des universités et des écoles supérieures en tant que moyen de contrôler la foule au lieu d'affronter sérieusement les questions relatives à la brutalité de la police et la demande de justice des étudiants;
Condamne l'emploi persistant par la junte de l'intimidation et de la force au lieu du dialogue et de la négociation politique pour résoudre les problèmes politiques;

Condamne les coups et les mauvais traitements infligés aux journalistes et les déportations de touristes pris dans les démonstrations des étudiants;

Invite le secrétaire général des Nations unies de poser avec urgence la question de la Birmanie et de faire un effort concerté pour mettre en oeuvre les résolutions de l'Assemblée générale qui ont été ignorées par le régime birman;

Invite le président des Etats-Unis d'Amérique d'imposer de nouvelles sanctions contres les nouveaux investissements, étant donné la dégradation de la situation politique en Birmanie;

Invite l'Union européenne de suspendre les privilèges commerciaux octroyés à la Birmanie au titre du Système de préférences commerciales et de réduire ultérieurement ses investissements en Birmanie jusqu'à ce que les généraux fournissent une réponse positive à la communauté internationale;

Invite l'Association des nations d'Asie du Sud-Est pour qu'elle révise sa décision d'admettre la Birmanie en qualité de membre de plein droit en 1997;

Invite la gouvernement du Japon à suspendre son aide et à diminuer ses investissements tout en cherchant activement de promouvoir le revirement en Birmanie;

Invite TOTAL S.A. de France, INOCAL et TEXACO des Etas-Unis, NIPPON OIL du Japon et PREMIER du Royaume-Uni de se retirer ou de suspendre leurs opérations en Birmanie jusquà ce que les atrocités commises à l'endroit des droits de la personne humaine par les militaires birmans, notamment en zones ethniques, prennent fin;

Exhorte le SLORC de libérer tous les prisonniers politiques, y compris Win Htein, Aye Win, et les chefs des étudiants arrêtés récemment;

Exhorte le SLORC à abolir toutes les lois qui restreignent les libertés fondamentales, y compris la liberté d'expression, d'assemblée, d'association, de presse et le droit d'élaborer une constitution, et

Exhorte le SLORC à entamer un dialogue politique avec Aung San Suu Kyi, tous les parties politiques et les populations ethniques.

 

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