Résolution sur la Birmanie

CONSEIL DE NEW DELHI - La sociale démocratie et l'Asie aujourd'hui, 10-11 novembre 1997

Original : anglais

Rappelant les résolutions du Conseil de l'Internationale Socialiste sur la Birmanie adoptées en mai 1994 à Tokyo, en juillet 1995 au Cap, en janvier 1997 à Rome, et la résolution du XXe Congrès de l'Internationale Socialiste adoptée en septembre 1996 aux Nations unies à New York, l'Internationale Socialiste:

Félicite le président des Etats-Unis d'Amérique, Bill Clinton, d'avoir imposé des sanctions économiques contre le Conseil Reconstituant de l'Etat pour l'Ordre Public (SLORC) en Birmanie;

Félicite l'Union européenne d'avoir prolongé les restrictions sur les visas imposées sur les membres du SLORC et leurs familles, et d'avoir éliminé les privilèges commerciaux pour le SLORC, à cause de l'utilisation considérable qu'il fait du travail forcé;

Félicite le gouvernement travailliste de Tony Blair, au Royaume-Uni de sa prise de position vigoureuse sur les droits de la personne humaine et de son engagement à trouver des moyens d'imposer des sanctions contre le SLORC;

Félicite le gouvernement du Danemark de son soutien vigoureux et constant du mouvement démocratique birman et d'avoir accueilli à Copenhague, en juillet 1997, le gouvernement de coalition nationale de l'Union de Birmanie en exil;

Félicite le gouvernement du Canada d'avoir aussi imposé des sanctions contre SLORC;

Félicite les entreprises étrangères qui se sont retirées de Birmanie à cause des atrocités commises par l'armée;

Loue la décision de la Commission des Nations unies pour les droits de la personne humaine à Genève de continuer à enquêter sur les abus des droits de la personne humaine en Birmanie et les efforts du secrétaire général pour essayer de mettre en route un dialogue tripartite pour résourdre les problèmes de la Birmanie;

Félicite l'Organisation internationale du travail d'avoir ouvert une enquête sur l'utilisation faite par SLORC du travail forcé;

Félicite le gouvernement de la Norvège d'avoir aussi éliminé les privilèges commerciaux dont bénéficiait le SLORC à cause de l'utilisation considérable qu'il fait du travail forcé;

Loue les tentatives faites par l'Association des Nations du sud-est asiatique (ASEAN) pour qu'un dialogue politique soit instauré entre le SLORC et la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) menée par Daw Aung San Suu Kyi;

Félicite le gouvernement du Japon d'avoir cessé d'accorder une aide et de s'efforcer de promouvoir des changements en Birmanie; et

Félicite le Conseil Reconstituant de l'Etat pour l'Ordre public (SLORC) d'avoir rencontré l'exécutif du NLD et d'avoir permis à ce parti de tenir son congrès à Rangoon, en septembre 1997.

Cependant, tout en reconnaissant les progrès accomplis en Birmanie, l'Internationale Socialiste:

Regrette la décision prise en juillet 1997 par l'Association des Nations du sud-est asiatique d'accorder au SLORC le statut de membre à part entière, sans restrictions;

Regrette que le SLORC ne cherche pas sérieusement à entamer de dialogue politique avec le Ligue nationale pour le démocratie (NLD) menée par Daw Aung San Suu Kyi, d'autres partis politiques ethniques, ou les forces nationales ethniques;

Regrette que le SLORC n'ait pas profité sérieusement des opportunités de dialogue fournies par la communauté internationale, notamment les Nations unies, l'Union européenne, l'ASEAN, et le Japon;

Note avec grave inquiétude la détérioration constante de la situation politique en Birmanie, comme en témoigne l'emploi persistant de la force armée dans les zones ethniques en vue de les assujettir;

Note avec grave inquiétude le harcèlement constant auquel sont soumis Daw Aung San Suu Kyi et les membres de la Ligue nationale pour la démocratie comme en témoigne l'arrestation de certains de leurs aides;

Note avec grave inquiétude la crise économique croissante dont souffre la Birmanie et l'incapacité du SLORC à résoudre les problèmes politiques ou économiques autrement que par la force;

Note avec grave inquiétude les représailles contre les femmes et filles birmanes dont un grand nombre est amené en Thaïland à des fins de prostitution, vivant dans des conditions proches de l'esclavage et subissant des formes sévères d'abus;

Condamne vigoureusement l'emploi que continue de faire le SLORC de la violence, des viols collectifs, du travail forcé, de l'extorsion, du pillage, des arrestations arbitraires et des exécutions sommaires comme mécanisme de contrôle primaire en particulier dans les zones ethniques;

Condamne vigoureusement l'utilisation, par la junte au pouvoir, de gangs et d'organisations façades civiles pour diviser l'opposition, intimider le public et réprimer les dissidences;

Condamne vigoureusement la dépendance et l'implication croissantes du régime militaire à l'égard du trafic illégal de la drogue;

Condamne la fermeture des universités et des établissements d'enseignement supérieur comme moyen de contrôle de la foule au lieu de résoudre les questions de brutalité policière et de justice, comme le demandent les étudiants;

Condamne l'usage que la junte continue de faire de l'intimidation et de la force plutôt que du dialogue et des négociations politiques pour résoudre les problèmes politiques;

Condamne les arrestations récentes de militants syndicaux et d'aides et de proches de Daw Aung San Suu Kyi pour de fausses accusations de terrorisme;

Appelle le secrétaire général des Nations unies à s'occuper de toute urgence de la question birmane et de faire un effort concerté pour mettre en oeuvre les résolutions de l'Assemblée générale dont le régime birman n'a pas tenu compte;

En appelle au Comité sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes d'examiner d'un oeil critique, de s'interroger et d'agir sur le rapport de la Birmanie au Comité sur le statut des femmes;

Appelle les partis membres à établir des contacts de parti à parti avec la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) menée par Daw Aung San Suu Kyi afin de déterminer comment effectuer des changements en Birmanie;

Appelle les partis membres qui sont au pouvoir ou sont en mesure d'influencer la politique de leurs gouvernements à examiner les possibilités d'actions susceptibles d'amener des changements en Birmanie unilatéralement ou multilatéralement;

Exhorte vigoureusement TOTAL S.A. de France, UNOCAL des Etats-Unis, Nippon Oil du Japon et Premier de Grande-Bretagne à retirer ou à suspendre leurs opérations en Birmanie jusqu'à ce que les atrocités violant les droits de la personne commises par l'armée en Birmanie, surtout dans les zones ethniques, soient terminées;

Exhorte vigoureusement SLORC à libérer tous les prisonniers politiques et à abolir les lois qui limitent les libertés fondamentales, y compris la liberté de parole, d'assemblée, d'association et de presse, ainsi que le droit de rédiger une constitution; et

Exhorte vigoureusement le SLORC à entamer un dialogue politique véritable avec Daw Aung San Suu Kyi, les partis politiques, et les peuples ethniques de Birmanie.

 

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.