L'Internationale Socialiste dans le Monde

INTRODUCTION

L’Internationale Socialiste est composée de partis membres et organisations, ainsi que des Comités de l’IS travaillant et coopérant sur chaque continent et dans pratiquement tous les coins du monde. Chaque jour, ils observent et analysent les conditions, les situations et les tendances au sein du cadre de nos valeurs et objectifs sociaux-démocrates. Avec l’approche du XXIIème Congrès, ils ont mené des activités et préparé des évaluations qui augmentent les efforts de l’Internationale dans le monde et sont reflétées dans les perspectives sociales-démocrates qui sont présentées dans cette résolution du Congrès.

 

L’AMERIQUE LATINE

L'histoire de l’Amérique latine a été une longue suite de lutte pour la démocratie. De brèves périodes démocratiques ont été interrompues par de longues et atroces dictatures dans la majorité des pays de la région. Pendant la seconde moitié du 20ème siècle, des gouvernements militaires ont surgi sous le prétexte de la menace communiste. Les aspirations de justice sociale des peuples représentaient un danger pour les puissantes oligarchies qui avaient toujours les militaires à leur disposition. La fin de la guerre froide a entraîné l'affaiblissement des mouvements révolutionnaires d'extrême gauche mais aussi aidé à créer les conditions d'une période prolongée de gouvernements démocratiques dans toute la région.

Cependant, les protestations sociales et l'instabilité de certains pays joints à l’émergence compréhensible de mouvements ethniques montrent que les formalités institutionnelles du concept démocratique, même si elles sont indispensables, ne suffisent pas à légitimer un système social complexe dans lequel se mêlent l'économie, la culture, la politique et l'écologie. La solution pacifique et institutionnelle de la récente crise argentine, ainsi que le triomphe d'une force engagée dans la justice sociale au Brésil, représentent pour leur part, des affirmations pleines d'espoir pour avancer vers de meilleurs horizons. Ceci renforcera la recherche de sécurité sur le continent, en s'attaquant aux causes sociales et en combattant les asymétries mais sans partir d'un agenda unilatéral.

L'Amérique latine n'est pas la région la plus pauvre du monde, mais c'est celle qui a les plus fortes inégalités. La grotesque concentration de richesse en peu de mains, à côté de la faim très répandue, de l'exclusion sociale et de la misère en général, est la cause de tempêtes politiques capables d'entraîner la paradoxale rencontre d'une ascension démocratique sérieuse et d'un questionnement sans précédent des partis politiques, des dirigeants politiques et des syndicats, une tendance qui est patronnée par des campagnes publicitaires articulées. Les oligarchies et autres élites économiques ont réalisé que leur contrôle des moyens de communication et leur influence sur les finances internationales leur donnaient de puissants instruments de maintien du status quo et, simultanément, de contrôle et de domination de la scène politique, en marge des propres instruments de la démocratie.

Cependant, les contradictions sociales aiguës n'ont pas permis de stopper l'anarchie, la violence et les protestations de la rue, dont les effets ont déjà réussi à renverser plusieurs gouvernements.

La lutte contre l'inégalité est devenue une exigence, une condition indispensable, pour légitimer la démocratie face aux millions d'affamés dont les besoins urgents dépassent les valeurs politiques. L'égalité doit être une voie et pas seulement un destin, et sa recherche doit être la principale priorité des latino-américains. Seuls les pays ayant au départ un minimum d'homogénéité ont pu réussir à atteindre un développement économique et social réussi.

Dans ce cadre d'instabilité politique et de violence, on insiste à tort que certains aspects du Consensus de Washington qui sont laissés de côté, soient imposés par l'intermédiaire de la Zone de libre échange des Amériques, ZLEA, et autres initiatives de libre commerce, dont la finalité doit être centrée sur l'obtention d'avantages répartis qui permettront d'arriver ainsi à un développement économique harmonieux et équitable parmi toutes les parties de la société. Les preuves évidentes du fracas du néolibéralisme dans la région permettent aujourd'hui de renforcer l'engagement des sociaux-démocrates latino-américains en faveur du développement d'une pensée politique appropriée aux valeurs qui ont toujours inspiré nos actions. Les inégalités sociales, liées à une mosaïque ethnique très complexe, demandent une approche réellement latino-américaine.

Seule l'Amérique latine peut vaincre ses faiblesses si elle arrive à dépasser l’étroit réductionnisme présent dans la stratégie économiste des derniers temps. Son cheminement vers la démocratie totale, la paix et la jouissance de la liberté, passe par une ouverture dans le domaine de l'égalité, de l'éducation et de l'écologie.

Pour l'Amérique latine, il est également essentiel de démonter le système des subventions agricoles établies par les gouvernements des Etats-Unis, de l'Union européenne et du Japon afin de promouvoir un commerce, juste et équilibré permettant le développement de la région. Il faut aussi donner une impulsion à une profonde et radicale réforme du système financier de Bretton Woods afin de réglementer les flux de capitaux internationaux et éviter les manœuvres spéculatives du passé. Nous estimons également que la restructuration de la dette de l’Amérique latine, est une priorité pour la stabilité des économies de la région.

 

Venezuela

L’Internationale soutient l'accord d'application de l'article 72 de la Constitution Nationale du Venezuela, qui ouvrira la voie à la réalisation d'un Référendum Révocatoire pour résoudre d'une façon pacifique et participative la crise de ce pays ami, et nous nous déclarons ici prêts à surveiller et à envoyer des observateurs impartiaux et objectifs.

 

Bolivie

L’Internationale Socialiste est choquée par la répression des indigènes, des démonstrations de travailleurs et de la mort de plus de 80 personnes en septembre et en octobre. L’Internationale se félicite de la solution constitutionnelle apportée à la crise politique et institutionnelle, qui a provoqué la démission du président Gonzalo Sánchez de Lozada et son remplacement par le vice-président Carlos Mesa, après quatre semaines d'intense mobilisation populaire et indigène. Ceci permettra le débat sur de nouvelles bases, de la difficile problématique à laquelle la société bolivienne doit faire face dans le respect total des droits de la personne.

 

Colombie

L'Internationale reste préoccupée par les conflits politiques, économiques et sociaux qui affectent le peuple de Colombie et qui ont entraîné une ambiance de grave instabilité dans la société. Elle réitère son soutien en faveur de l’établissement d'un dialogue pour chercher à régler le différend et prie instamment les parties de dialoguer pour parvenir à un accord permettant de retrouver la stabilité perdue et de normaliser la vie du pays. L'Internationale Socialiste manifeste également sa volonté, si les parties le demandent, d'agir en tant que médiateur de la solution du conflit. L’Internationale Socialiste soutient l’Accord humanitaire comme moyen de libérer les personnes kidnappées par des organisations armées et illégales.

 

Haïti

L'Internationale Socialiste exprime ses profondes préoccupations quant à la situation critique qui prévaut à Haïti, notamment la violation constante des droits de la personne. L’IS apporte son soutien à tous les démocrates, organisations de la société civile, partis politiques qui militent de manière pacifique pour mettre fin à la situation qui affecte le peuple haïtien. De plus, l’IS exhorte toutes les forces politiques du pays, gouvernement et opposition, à travailler pour construire la démocratie et la paix à Haïti, dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de son indépendance politique. Par ailleurs, l’IS encourage ses partis membres et alliés qui s’identifient au mouvement social-démocrate à renforcer leurs stratégies unitaires pour mieux servir la cause de la démocratie et du progrès socio-économique.

 

Cuba

L’Internationale rejette les récentes tentatives de déstabilisation de Cuba de la part de l’administration des Etats-Unis, qui mettent en danger la paix dans la région, une paix que nous sommes pleinement engagés à préserver, et exhorte avec vigueur les Etats-Unis à mettre un terme à l’embargo économique sur Cuba. L’Internationale Socialiste demande la libération des opposants politiques dans le cadre de la législation nationale en vigueur et des traités internationaux sur les droits de la personne, et la continuation du dialogue, entre les secteurs du pays, en faveur du processus démocratique sur l’île, sans l’intervention d’aucun pays étranger.

 

Puerto Rico

L'Internationale Socialiste réitère son appui à la libre détermination et à l'indépendance de Puerto Rico et soutient les efforts du Parti Indépendantiste Portoricain accompagnés aujourd'hui par un Comité latino-américain du SICLAC, de Solidarité avec la libre détermination pour Puerto Rico, destiné à promouvoir la décolonisation de Puerto Rico et la convocation d'une assemblée constitutionnelle statutaire, par l'intermédiaire de laquelle ce peuple pourrait dépasser sa condition de subordination politique qui prévaut. Nous reconnaissons et nous félicitons également le Parti Indépendantiste Portoricain et son leader Rubén Berríos Martínez, pour leur rôle fondamental dans le succès historique de la fin des exercices militaires dans l'Ile de Vieques et la fermeture annoncée de la base navale Roosevelt à Ceiba, Puerto Rico.

 

Pérou

L’Internationale Socialiste salue le rapport de la "Commission de la vérité du Pérou" qui dénonce la violence terroriste et la violation des droits de la personne, et reconnaît l’effort réalisé par la direction du Parti Aprista péruvien pour s’opposer à ces dernières au moyen de politiques sociales, et de la détermination et la solidarité de ses militants, afin de préserver dans de telles circonstances le système démocratique.

 

Le Salvador

L’Internationale Socialiste exprime son soutien en faveur de la contribution du FMNL á la démocratisation dans le pays et lance un appel pour le respect total du processus démocratique et la volonté du peuple dans les élections présidentielles prévue le 21 mars 2004.

 

LE MOYEN-ORIENT

Le Congrès de l’Internationale Socialiste, réuni à São Paulo du 27 au 29 octobre 2003, pour réexaminer l’état général du processus de paix au Moyen-Orient;

Confirme sa détermination à œuvrer pour un accord de paix entre les Israéliens et les Palestiniens fondé sur les principes des Résolutions 242 et 338 de l’ONU ; pour l’établissement d’un Etat palestinien existant côte à côte avec Israël sous des garanties de sécurité irréversibles pour les deux parties ; pour des frontières faisant en sorte que la Cisjordanie et la Bande de Gaza se trouvent dans l’Etat palestinien mais ouvrant la possibilité d’un échange de terrains ; pour que les deux Etats aient leur capitale à Jérusalem et pour une solution juste au problème des réfugiés. La mise en place d’un Etat palestinien démocratique est la meilleure garantie de la stabilité dans la région.

Lance un appel à la communauté internationale, aux États-Unis et au reste du Quartet en particulier, pour renforcer les initiatives de négociation basées sur la Feuille de route. Une véritable surveillance internationale doit être renforcée.

Lance un appel aux deux parties pour qu’elles respectent leurs obligations aux termes de la Feuille de route soutenue par le Quartet.

Soutient le projet de Genève de la coalition pour la paix. Nous encourageons de telles initiatives qui aident à clarifier les positions et créent des opportunités de paix, comme envisagé dans la troisième partie de la Feuille de route.

Lance un appel aux partis de la gauche israélienne pour s’unir et établir une alternative au gouvernement israélien actuel. Il est également impératif que la direction palestinienne fasse cent pour cent d’efforts pour mettre un terme au terrorisme, ce qui augmenterait le sentiment de sécurité et de confiance, et donnerait crédibilité aux forces de paix en Israël.

Demande aux deux camps de cesser leurs pratiques unilatérales telles que les punitions collectives, les déportations et les assassinats extrajudiciaires. Toutes activités de peuplement doivent cesser immédiatement.

Condamne avec véhémence le terrorisme et condamne également les assassinats des deux côtés.

S’oppose à la construction d’un mur dans les territoires palestiniens occupés partant de la frontière de 1967, qui est illégale selon le droit international et demande sa cessation et sa réversion. La route projetée par le gouvernement israélien actuel pourrait porter préjudice aux futures négociations et rendre une solution basée sur deux Etats impossible à mettre en œuvre.

Réaffirme qu’il est important de fournir un soutien économique à l’Autorité Palestinienne, et tout type d’assistance au peuple palestinien qui accorderait la paix et la sécurité.

 

Iraq

Réitère sa position convenue par le Conseil à Rome contre les interventions militaires préventives en dehors du cadre du Conseil de sécurité de l’ONU.

Soutient le peuple iraquien et le Conseil de gouvernement iraquien dans leurs efforts pour développer un Iraq démocratique et fédéral qui soit en paix avec ses citoyens, ses voisins et la communauté internationale.

Prend acte de la récente résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Iraq et exprime la nécessité de transférer le pouvoir et la souveraineté pour qu’une administration iraquienne puisse être en charge de la gouvernance du pays dès que possible et organiser des élections parlementaires.

Souligne l’importance d’une nouvelle constitution pour l’Iraq, qui garantisse les droits et la protection de toutes les parties de la population iraquienne.

Lance un appel à tous les pays possibles pour qu’ils contribuent au processus de reconstruction de l’Iraq afin d’assurer une large participation internationale sous le soutien coordonné des Nations Unies. Un Iraq démocratique et développé pourrait avoir un effet positif pour plus de démocratisation et de stabilité dans la région et accroîtrait les droits kurdes, et les droits de toutes les minorités dans la région.

Demande au Présidium, en collaboration avec le Comité Moyen-Orient de l’IS (SIMEC) de poursuivre le dialogue avec les forces démocratiques en Iraq, afin qu’une véritable évaluation des besoins et de la coopération puisse avoir lieu.

Lance un appel aux Etats-Unis et à tous les autres acteurs internationaux afin qu’ils perçoivent les efforts en Iraq en relation avec les efforts pour résoudre le conflit israélo-palestinien, afin d’améliorer la stabilité et la démocratisation du Moyen-Orient tout entier.

 

Iran

Encourage toutes les forces en faveur de la démocratie et des droits de la personne à poursuivre leurs efforts pour le changement et les réformes en Iran,

Condamne les violations importantes des droits de la personne et des libertés démocratiques commises par les ennemies de la démocratie et des réformes en Iran, y compris la fermeture des journaux, l’arrestation de journalistes, intellectuels et étudiants en faveur du changement, et également les peines de mort et exécutions d’activistes kurdes,

Dénonce la répression contre les Kurdes en Iran et souligne le besoin de trouver une solution pacifique au problème kurde en Iran,

Lance un appel pour la libération de tous les prisonniers politiques de conscience, l’arrêt des discriminations contre les femmes en Iran et le respect de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dans tous les domaines.

 

Yémen

Le XXIIème Congrès de l’Internationale Socialiste condamne l’assassinat de Jarallah Omar, assistant secrétaire général du Parti Socialiste du Yémen et lance un appel au gouvernement du Yémen pour qu’une enquête complète et indépendante sur l’assassinat soit ouverte et pour que les résultats de cette enquête soient rendus publics.

 

L’AFRIQUE

  1. Concernant la résolution des conflits et la contribution de l'Internationale, nous reconnaissons que les conflits en Afrique sont de deux sortes: les conflits d'origine interne et les conflits d'origine externe.

· Les conflits internes résultent généralement de la mauvaise gouvernance, entendue comme absence de démocratie, inexistence d'Etat de droit, un mauvais fonctionnement de l'administration et une répartition inéquitable des richesses nationales. Ces conflits résultent aussi de raisons économiques, ethniques et même religieuses.

· Les conflits externes proviennent surtout des contestations frontalières d'ordre territorial, économique ou ethnique.

Pour prévenir ces conflits, l’Internationale Socialiste souligne le besoin de:

· Propager les valeurs et idées fondamentales de l'Internationale Socialiste y compris le dialogue, la recherche du compromis, la justice sociale, les droits de la personne, la correction des inégalités, la reconnaissance à l'Etat d'un rôle d'arbitrage et de réglementation pour la protection des minorités, des faibles, des menacés, et la promotion d'une répartition juste et équitable des richesses nationales dans un environnement de libertés et de droits de la personne garantis.

· Mettre en place des mécanismes, institutions et canaux appropriés de prévention et de règlement des conflits.

· Œuvrer pour que la communauté internationale et les Nations Unies soient plus justes et équitables dans l'allocation des ressources affectées à la résolution des conflits, de manière à avoir une disponibilité majeure de moyens pour faire face aux crises des pays dans le Sud et en particulier en Afrique.

· Combattre le dépérissement du droit international et la marginalisation de l'organisation des Nations Unies.

· Faire de la protection des femmes et des enfants, en situation de guerre, une des préoccupations majeures de l’Internationale.

· Impliquer les organisations de la société civile dans le règlement des conflits.

· Reconnaître et soutenir les analyses, décisions et interventions faites et initiées par l’Union africaine et les structures régionales pour la résolution des conflits.

· Impliquer le cas échéant, les organisations politiques régionales et trans-régionales comme l'Internationale Socialiste, dans les efforts consacrés à la résolution des conflits.

 

2. Concernant la progression et le renforcement de la démocratie en Afrique, l’Internationale souligne qu’afin d’atteindre ces objectifs, il est nécessaire de:

· Assurer la mise en place en Afrique de constitutions modernes et démocratiques, l'adhésion totale des gouvernants aux idéaux des démocraties et d'Etat de droit, et le financement des partis politiques.

· Défendre les droits élémentaires du citoyen: le droit à l'éducation, le droit à la santé et à la sécurité sanitaire, le droit au travail pour tous, le droit à l'information, le droit à l'énergie et à l'eau.

· Défendre le principe d'égalité, d'équité et de justice distributive.

  • Contribuer à la formation politique et civique des populations avec des fondations et autres institutions internationales pertinentes, en les aidant à identifier les enjeux et en les faisant acteurs de leur propre développement.
  • Aider à la mobilisation des ressources techniques et financières, ainsi que de toutes autres ressources pertinentes.

· Renforcer les mécanismes et les institutions de gestion des élections afin de les rendre transparentes et équitables.

· Assurer l'indépendance des médias et de la justice.

· Promouvoir le développement économique et social des pays de la région.

  1. Concernant la vision de l'Afrique sur la mondialisation et la gouvernance, l’Internationale souligne ce qui suit:

· L’Afrique devrait prendre part à tous les efforts pour la démocratisation des institutions internationales.

· En ce qui concerne le renforcement du rôle des Nations Unies, une réforme de la composition et des mécanismes du Conseil de sécurité s'impose, y compris l’octroi à l'Afrique d´une place de plein droit.

· Etablir un Conseil pour le développement durable, indépendant du Conseil de sécurité. L'Afrique doit y être représentée, pour jouer un rôle de Coordination en équilibrant les priorités en matière de commerce, d’emploi et d’environnement.

· Le Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) doivent être réformés, en particulier en ce qui concerne le modèle économique et social sur lequel leurs opérations sont basées.

· Les regroupements régionaux et sous-régionaux doivent être encouragés car ils constituent des niveaux intermédiaires de commerce international bénéfiques pour le développement économique de l'Afrique dans le contexte d’une économie globalisée.

· Mettre un accent particulier sur l'accès aux nouvelles technologies de l'information afin de combler le gap actuel entre l'Afrique et les pays développés.

 

Guinée équatoriale

Le Congrès exprime sa profonde inquiétude en ce qui concerne la situation de stagnation du processus démocratique et les violations persistantes des droits de la personne dans ce pays. Le Congrès déplore le fait que les énormes ressources qui proviennent de l’exploitation du pétrole ne soient pas investies pour améliorer les conditions de vie de la population mais génèrent au contraire une inégalité croissante et la misère sociale. L’Internationale insiste pour que les autorités de ce pays mettent fin à cette situation et amorcent un véritable processus de transition vers la démocratie, qui permette que les élections législatives se déroulent dans la transparence et avec la présence d’observateurs de la communauté internationale.

 

Côte d’Ivoire

L’Internationale Socialiste soutient les efforts entrepris par les autorités ivoiriennes de la communauté internationale pour restaurer la paix, la stabilité et l’unité de la Côte d’Ivoire. Elle souligne la nécessité de la mise en œuvre urgente de l’opération de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR) en vue du retour rapide de l’administration publique et de la reprise de la vie administrative, économique dans les zones occupées par la rébellion. Elle invite en conséquence les différentes parties signataires des accords de Marcoussis à tout mettre en œuvre pour préserver l’unité et l’intégrité du territoire de la Côte d’Ivoire

 

Soudan

L’Internationale Socialiste apprécie et soutient les mesures internes et externes qui ont été prises en vue de trouver une acception acceptable pour toutes les factions soudanaises avec pour objectif la préservation de l’unité du pays et la restauration de la paix et de la démocratie.

 

L’ASIE ET LE PACIFIQUE

L’Internationale Socialiste réaffirme que les aspirations des peuples d’Asie et du Pacifique en matière de bien-être économique et de justice sociale peuvent uniquement être réalisées par l’établissement et le renforcement de la démocratie et par la défense concertée des droits et libertés de la personne.

L’Internationale souligne également sa détermination à apporter paix et sécurité à tous les peuples de cette région énorme et vitale, tout en reconnaissant que les conflits peuvent être résolus uniquement par le dialogue et la coopération, à la fois au sein des nations et entre elles. Parallèlement, la paix est une exigence fondamentale pour le développement économique, et la démocratie et le respect des droits de la personne sont essentiels pour assurer une résolution pacifique et durable des conflits.

  • En ce qui concerne la Corée du Nord et la Corée du Sudl’Internationale soutient tous les efforts diplomatiques pour réduire les tensions entre la Corée du Nord, ses voisins et la communauté internationale par une reprise des négociations afin d’établir des garanties pour la sécurité mutuelle de toutes les nations de la région. Rappelant le rassemblement de représentants des partis au pouvoir en Corée du Nord et en Corée du Sud lors de la réunion du Comité Asie-Pacifique de l’IS à Tokyo en 2001, l’Internationale réaffirme son soutien pour une reprise du processus de réconciliation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.
  • L’Internationale réaffirme l’appel lancé à l’Inde et au Pakistan pour que ces deux pays déploient tous les efforts possibles pour trouver le terrain d’entente nécessaire afin de faire démarrer un processus de paix pour le Cachemire tout en améliorant les relations difficiles entre les deux pays grâce à des mesures de développement de la confiance telles que les récentes propositions pour une reprise des liens sportifs et le développement des liens de transport.
  • L’Internationale Socialiste continue d’être inquiète face à l’absence de démocratie au Pakistan. Seul l’Etat de droit démocratique, basé sur le respect total des droits de la personne et sur des élections libres et justes, peut garantir la paix et la sécurité des habitants du Pakistan et entre le Pakistan et ses voisins. L’Internationale lance un appel pour que les mesures antidémocratiques soient renversées afin que les habitants du Pakistan puissent bénéficier de toutes les libertés politiques et civiles, et réaffirme sa solidarité avec le Parti du Peuple du Pakistan et avec tous les habitants du Pakistan qui continuent à œuvrer et à lutter pour restaurer la démocratie.
  • En ce qui concerne le Népal, l’Internationale est très inquiète face à un nouvel échec d’un cessez-le-feu après que les insurgés maoïstes eurent quitté les pourparlers de paix en août, et face au manquement continu par la monarchie au pouvoir, qui a dissout le parlement en octobre l’année dernière, à ramener les principaux partis politiques du pays, y compris le parti membre de l’IS, le Parti du Congrès Népalais, au sein du système politique et à restaurer un gouvernement démocratique. l’Internationale soutient le récent effort des Nations Unies pour envoyer un officiel haut placé afin d’évaluer la crise dans ce pays.
  • L’Internationale soutient les efforts aux Philippines pour trouver, au travers de négociations, une solution pacifique aux conflits internes et pour inclure tous les segments de la société dans le système démocratique et, tout en luttant contre les problèmes de sécurité, pour approfondir la démocratie et renforcer et rendre plus efficaces les institutions démocratiques.
  • Aux Fidji, où l’Internationale a toujours maintenu son soutien pour le retour total à la démocratie après le coup d’Etat de 2000, l’Internationale réaffirme sa solidarité avec le parti membre de l’IS, le Parti travailliste des Fidji, dans ses efforts continuels pour obtenir, par l’intermédiaire du scrutin et devant les tribunaux des Fidji, l’établissement d’un gouvernement pluraliste et multiethnique en conformité avec la Constitution du pays.
  • En ce qui concerne la Birmanie, l’Internationale condamne la détention continue d’Aung San Suu Kyi par le régime militaire et répète son appel lancé pour sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que pour la libération de dizaines de membres de la Ligue Nationale pour la Démocratie qui ont été détenus, en même temps que Suu Kyi, pendant les attaques contre l’opposition démocratique faites par l’armée et la police en mai dernier. L’Internationale lance également un appel pour que la communauté internationale fasse de plus grands efforts, y compris ASEAN, pour exiger que Suu Kyi et tous les autres prisonniers politiques soient libérés et que l’on prenne des mesures concrètes pour introduire un véritable changement politique.
  • En Malaisie l’Internationale continue à s’inquiéter que les efforts de lutte contre le terrorisme, y compris les abus de la législation sur la sécurité interne, soient toujours tournés contre l’opposition politique légitime et les activistes des droits de la personne, malgré la libération de certains prisonniers politiques. L’Internationale demande la réforme ou l’abrogation de la législation afin qu’elle soit conforme aux normes internationales sur les droits de la personne, et réaffirme son soutien en faveur du Parti d’Action Démocratique, membre de l’IS, alors qu’il poursuit ses efforts pour renforcer le mouvement pour la démocratie et pour l’instauration de l’Etat de droit.
  • En Afghanistan, l’Internationale s’inquiète de constater des signes d’affaiblissement du gouvernement d’après-guerre et s’inquiète du fait que l’insécurité continue à retarder la reconstruction du pays. L’Internationale considère comme positif le récent accord par l’OTAN et le Conseil de Sécurité de l’ONU pour élargir le mandat de la force multinationale de maintien de la paix hors de Kaboul et lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle redouble ses efforts au niveau du processus de reconstruction.
  • L’Internationale, qui a longtemps participé aux efforts pour la paix et la démocratie qui ont permis au Timor-Oriental de devenir une nation indépendante, reconnaît que d’énormes défis continuent d’exister, notamment pour créer les institutions démocratiques et garantir la sécurité des personnes, et réaffirme son soutien aux efforts internationaux qui continuent d’être faits pour aider les habitants du Timor-Oriental à accomplir ces tâches.
  • L’Internationale reste très inquiète face à l’échec des Etats dans la région du Pacifique, y compris aux îles Salomon, où des conflits sur les terres et les emplois entre milices ethniques rivales ont jeté le pays dans un chaos total ; et en Papouasie Nouvelle Guinée où l’effondrement des institutions a amené le pays au bord de l’anarchie. L’Internationale reconnaît qu’une force d’intervention régionale dirigée par l’Australie a ramené un semblant d’ordre aux îles Salomon et qu’un contingent de policiers australiens opère actuellement en Papouasie Nouvelle Guinée, mais souligne que toute solution durable exigera une assistance internationale au niveau du développement économique et de la construction d’infrastructures sociales.
  • Au Sri Lanka, l’Internationale se réjouit que le processus de paix, lancé sous le parrainage de la Norvège en 2003, se soit poursuivi, et lance un appel au gouvernement et aux séparatistes Tamil pour qu’ils continuent à travailler pour surmonter les obstacles, et lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte son aide de toutes les manières possibles afin que le processus se poursuive
  • Soucieuse de ramener la paix en Asie et dans le Pacifique de manière générale, l’Internationale, dont la famille comporte des peuples de toutes les religions, continuera à rechercher un meilleur dialogue et un plus grand terrain d’entente entre nos partis sociaux-démocrates et les groupes musulmans modérés de la région, y compris en Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, qui continue à traverser une période de transition difficile.
  • L’Internationale reconnaît que la Chine est aujourd’hui un centre important dans un monde de plus en plus multi-polarisé, et que son influence s’étend maintenant dans le monde entier au niveau de l’économie et de la sécurité. A l’échelle nationale, la Chine a lancé des réformes économiques d’une envergure sans précédent, a sorti des millions de personnes de la pauvreté et, en tant que grand pays en développement qui désire atteindre le statut de pays industrialisé, a stimulé l’économie mondiale de manière positive en forçant ses partenaires commerciaux à se focaliser sur l’industrie, les réformes structurelles et des politiques sociales équitables. La croissance économique doit être combinée aux réformes politiques et culturelles pour répondre aux attentes des gens en matière de liberté, de démocratie et de protection de l’environnement. Nous nous attendons à ce que d’importantes mesures soient prises en faveur du respect des droits humains, politiques et civils, et de la démocratie, y compris les droits des minorités ethniques et religieuses. L’Internationale se déclare heureuse de l’initiative du Parti Communiste Chinois pour entamer un dialogue avec les partis membres de l’IS, et l’IS devrait examiner les moyens pour développer un dialogue plus avancé.

 

LA MEDITERRANEE

L’Internationale Socialiste:

· Note que la Méditerranée est devenue le centre des crises mondiales, car deux des conflits internationaux les plus graves s’y déroulent actuellement. Parallèlement, la Méditerranée est confrontée à de grands défis dans les domaines de la sécurité, de la résolution des conflits, du développement durable et de la relation entre la démocratie et le développement.

· Reconnaît que la Méditerranée est une région de grand potentiel où coexistent une pluralité de cultures, langues, religions et traditions qui pourraient bâtir une meilleure coopération et une meilleure intégration dans un univers toujours plus mondialisé.

· Reconnaît l’importance du processus d’intégration dans la résolution des conflits économiques, sociaux et politiques influencés par la mondialisation, qui offre des avantages et des inconvénients.

· Note que le processus Euro-Méditerranée, qui entrera bientôt dans sa dixième année, est le cadre idéal et unique pour faire évoluer la coopération économique, socioculturelle et surtout politique entre les pays de la région. Il faut mettre en œuvre de plus grands efforts, et faire preuve d’une plus grande volonté pour faire avancer de manière décisive l’application des Accords, en se souciant tout particulièrement de la participation des représentants de la société civile et de l’intégration des femmes dans le processus d’établissement de la paix, de la démocratie et de la promotion du développement.

· Considère que cette méthode de coopération est non seulement possible et nécessaire, mais qu’elle doit aussi être basée sur la confiance mutuelle et le dialogue. Il est donc nécessaire d’encourager l’intégration régionale entre les pays de la zone sud de la Méditerranée, qui participent au processus de Barcelone, en leur permettant de choisir leur propre modèle d’intégration.

· Comprend que pour apporter équilibre et stabilité à la région, il faut mettre en œuvre d’intenses efforts pour obtenir la paix et la sécurité. Les deux rives de la Méditerranée peuvent et doivent contribuer à cet équilibre et doivent être en harmonie, dans leur intérêt mutuel. De nombreux facteurs montrent que l’avenir sera incertain si les situations structurellement injustes qui touchent la rive Sud perdurent.

· Est convaincue qu’il faut davantage promouvoir l’intégration humaine et sociale afin de renforcer les valeurs communes, le respect et la compréhension, et assurer ainsi un meilleur équilibre au sein du partenariat économique et socioculturel.

· Considère que la crise qui existe depuis le début de la guerre en Iraq soulève une fois de plus la question de la réforme des institutions multilatérales pour les rendre plus démocratiques et efficaces, en les adaptant aux nouvelles réalités et aux nouveaux défis du XXIème siècle. La lutte contre les nouvelles menaces qui planent sur la liberté, la démocratie et les droits de la personne, telles que le terrorisme, les mafias de l’immigration illégale, le crime organisé, la faim ou le SIDA, doit être basée sur un concept démocratique de sécurité mondiale.

· L’Internationale Socialiste exprime son inquiétude se voir s’enliser le conflit en Algérie, réitère l’urgence d’une solution politique et réaffirme sa solidarité avec le peuple algérien. L’instauration de la paix passe par une transition démocratique garante de la restitution aux Algériennes et aux Algériens de leurs libertés publiques et de leurs droits civils et politiques. Autant de conditions nécessaires à la ré-appropriation et à l’exercice de leurs droits à l’autodétermination.

· Se réjouit des développements positifs du processus politique à Chypre, et réaffirme que la résolution de la question chypriote doit être basée sur les traités internationaux qui établissent l’Etat de Chypre, les accords bilatéraux obtenus jusqu’à présent entre les deux parties et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, et en accord avec les principes de la Charte de l’ONU, le droit international et ‘l’acquis communautaire’.

· L’Internationale Socialiste exprime son soutien en faveur du processus de l’ONU et de la résolution 1495 afin d’obtenir l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et lance un appel à toutes les parties afin qu’elles co-opèrent avec l’ONU, et en particulier avec les efforts du Secrétaire-Général des Nations Unies, comme reflétés dans le dernier rapport de son plan.

 

L’EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE

Quinze années ont passé depuis la chute du mur de Berlin. L’Europe centrale et orientale a connu une transformation extraordinaire, laquelle a ouvert pour ces pays une nouvelle époque de liberté, de démocratie et de croissance économique.

Avec l’adhésion à l’Union Européenne — dès 2004 des Pays Baltes et de l’Europe centrale et, en 2007, de la Bulgarie et la Roumanie — est en train de se produire une intégration politique et économique irréversible.

La perspective de l’adhésion des Balkans à l’UE permet à cette région de laisser à l’arrière des années de guerres, de souffrances et de massacres ethniques.

Et même les nations comme l'Ukraine, la Moldavie, et les trois Etats du Caucase: la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, peuvent regarder l’avenir avec plus de confiance, en renforçant leurs liens de coopération avec l’Union européenne. Le Bélarus, qui souffre toujours de la dictature, nécessite une attention particulière et le soutien de l’IS pour l’aider dans son développement et sa progression vers une démocratie.

De gigantesques transformations ont touché la Russie, en changeant le visage et l’identité d’une société qui a souffert, pendant quasiment un siècle, de l’oppression politique, de la pénurie économique et de la grisaille existentielle. Et aujourd'hui la Russie se montre à nouveau sur la scène internationale en tant que puissance.

Tout cela n’a pas été sans souffrances.

Au lendemain de la chute du mur de Berlin, dans beaucoup de pays on s’est penché naïvement devant le marché sans règles, qui s’est souvent traduit en coûts sociaux et difficultés de la vie quotidienne pour beaucoup de citoyens.

Ainsi la naissance de nouveaux Etats et la conquête d’une pleine souveraineté ont souvent donné lieu à des guerres, des conflits ethniques, des violences, des violations des droits civiques et humains.

Malgré tout cela, l’économie de marché et la démocratie politique se sont renforcées dans l’Europe centrale et orientale toute entière, en offrant à des millions de femmes et d’hommes la possibilité d’une croissance sociale et civile.

Aujourd’hui — au moment où, par l’intégration européenne, une époque nouvelle va s’ouvrir dans la vie du continent européen — une action politique avec pour objectif de favoriser une économie sociale de marché qui puisse garantir, en même temps, la modernisation de la société, la protection sociale, les droits du citoyen, un développement durable du point de vue environnemental et humain, la reconnaissance des droits pour chaque communauté nationale, ethnique, culturelle et religieuse, des systèmes judiciaires indépendants, une information libre et pluraliste, des conditions d'opportunités égales qui permettent aux femmes l’accès à de plus vastes possibilités de vie et de travail, est encore plus nécessaire.

Il existe toujours des conflits non résolus dans quelques pays et régions, tels la Tchétchénie et le Caucase. Nous devons assurer la primauté de la négociation, des solutions politiques et du respect des droits et de la démocratie dans ces pays où ces droits fondamentaux n’ont pas encore été obtenus.

Tout ceci demande des valeurs du socialisme démocratique et des politiques capables d'affirmer la démocratie, l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

Dans beaucoup de pays d'Europe centrale et orientale, le succès de partis socialistes et sociaux-démocrates, qui ont, ou ont eu des responsabilités gouvernementales, montre clairement que, même dans cette région, nos valeurs peuvent satisfaire les exigences, les besoins et les aspirations des citoyens.

 

L'UNION EUROPEENE

La lutte des socialistes européens organisés au sein du Parti des Socialistes Européens, (PSE) et de son Groupe parlementaire au Parlement européen, après la consolidation de la paix et de la coopération entre Etats et citoyens, se concentre sur trois priorités qui sont les principales questions de la future Union européenne (UE) : la Constitution, l’élargissement et le Modèle économique et social européen.

 

La Constitution

Le projet de Constitution pour l’Europe est une étape importante dans l’intégration européenne et du développement démocratique, et un motif d’espérance de voir l’Union se doter des instruments légaux et politiques qui la rendront forte au 21ème siècle. Son élaboration est le fruit de dialogue et de réflexion commune des 105 membres de la Convention (parlementaires européens et nationaux, gouvernements et commission européenne) qui, pendant plus de seize mois, se sont attaqués dans un débat public à la tâche ardue de transformer les complexes traités en vigueur dans l’UE, en une Constitution simplifiée et adaptée aux nécessités actuelles et futures de la nouvelle Europe.

La nouvelle Magna Charta constitue une avancée qualitative de la construction européenne et pose les ciments juridiques et politiques adaptés aux objectifs ambitieux d’une Europe élargie qui redonne au continent l’unité perdue avec la 2nde Guerre mondiale et établit les bases d’un destin partagé dans une Union politique, économique et monétaire, dont la participation à la communauté internationale sera basée sur la paix et la solidarité. Dans la Convention, nous avons cherché à proclamer nos valeurs et nos objectifs communs et assurer l’intégration de la Charte des droits fondamentaux, y compris le chapitre des droits sociaux. Les valeurs de l’Union comprennent l’égalité, la solidarité et la non-discrimination. Parmi les objectifs de l’Union figurent le développement durable basé sur une croissance économique équilibrée et l’économie sociale de marché, sur le plein emploi, le progrès social, l’amélioration de l’environnement, la lutte contre l’exclusion sociale, la promotion de la justice et de la protection sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes, la cohésion économique, sociale, territoriale et environnementale, ainsi que sur la coordination des politiques des Etats membres dans les domaines de l’économie, l’emploi et le secteur social, mais nous devons aller plus loin en ce qui concerne la fiscalité et l’harmonisation sociale.

Actuellement, la tâche est d’assurer que le texte soit le résultat de la Conférence intergouvernementale et puisse être ratifié par les Etats et les citoyens européens pour affirmer la volonté de partager un futur commun aux 25 pays et aux 480 millions de citoyens, un futur ouvert à d’autres Etats européens qui partagent leurs valeurs et leurs objectifs.

 

L’élargissement

Avec l’élargissement à dix nouveaux pays supplémentaires, l’Europe va devenir une unité géographique, de l’Atlantique à la Baltique, et de la Mer du Nord à la Méditerranée. Le défi à relever par l’Europe des années 80 était la construction du marché unique. Dans les années 90, il s’agissait de dépasser la guerre froide et de créer la monnaie unique. Au début du nouveau millénaire, le défi est l’élargissement de l’Europe pour amener la stabilité, la paix et la prospérité pour tous. Les socialistes ont toujours fermement soutenu le processus d’élargissement de l’UE. Notre Manifeste électoral de 1999 demandait l’accélération du processus d’adhésion, pour permettre à de nouveaux Etats membres de participer aux élections européennes de 2004. Après de longues et difficiles négociations, 10 pays - Chypre, la République Tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie — deviendront des Etats membres de l’UE le 1er mai 2004.

L’Europe est en train de renaître avec une unité géographique et politique qui va enterrer l’absurde bipolarité Est-Ouest, expression d’une idéologie géopolitique de division. Willy Brandt l’a définie avec justesse, en affirmant que maintenant on pourra faire progresser ensemble ce qui est commun ( jetzt wächst zusammen was zusammen gehört ). C’est précisément le ´ Programme Willy Brandt ª qui a été mis au point pour intensifier la coopération avec nos partis frères pendant le processus de transition, afin que l’élargissement soit un authentique succès pour les Etats membres, actuels et futurs. Parmi les activités figurent un service d’information sur les politiques et les structures de l’Union et des futurs Etats membres, des notices révisées régulièrement et un bulletin hebdomadaire sur les Questions européennes, ainsi que sur l’organisation des réunions  et des sessions de formation pour les partis frères et l’assistance à la préparation des référendums d’adhésion et des élections au Parlement européen.

 

L’Europe sociale

La stratégie de Lisbonne, élaborée lors du premier Sommet sur l’emploi, la réforme économique et la cohésion sociale, qui a eu lieu sous la présidence du Gouvernement portugais dirigé par António Guterres, s’est fixé un nouvel objectif ambitieux : faire de l’Europe l’économie basée sur les connaissances la plus compétitive du monde, caractérisée par le plein emploi et des emplois de haute qualité, ainsi qu’une meilleure cohésion sociale. Cela signifie que les progrès tant dans le cadre économique que dans le cadre social doivent aller de pair. Le nouvel Agenda Social Européen 2001-2006 prévoit une pensée générale et cohérente permettant à l’UE de relever les nouveaux défis de la politique sociale qui résultent de la transformation radicale de l’économie et de la société. Dans ce domaine, le point important est la promotion de la qualité, le plein emploi et la qualité de travail, la qualité de la protection sociale et la qualité des relations dans le travail.

Le modèle économique et social à appliquer par l’Union, tout en sauvegardant le progrès, la stabilité et le bien-être dans nos sociétés, a besoin d’une impulsion pour garantir la prise en compte des défis qui résultent des nouveaux paramètres démographiques et technologiques sur le marché du travail, avec une combinaison de politiques orientées vers le plein emploi basé sur la connaissance et la formation permanente. Il faut également faire un effort important pour assurer que l’Europe soit compétitive en termes de qualité, d’éducation, de recherche et de développement, et surtout de création d’un modèle social juste face au modèle ultra-libéral basé sur des politiques régressives et non-solidaires qui génèrent encore plus d’inégalité et d’exclusion sociale. La situation actuelle de l’Union requiert des politiques actives permettant d’atteindre les objectifs de Lisbonne. Il faut des politiques d’investissement dans des infrastructures de transport, d’énergie ou de communications qui fournissent au territoire européen une articulation structurelle ainsi que des politiques macro-économiques d’emploi soucieuses du social, qui se soutiennent mutuellement, avec une gestion très efficace de nos économies, surtout maintenant que nous avons la monnaie unique.

L’éducation et la formation doivent devenir les points clés d’un nouveau contrat social. Ce contrat social doit inclure le droit pour tous à l’apprentissage tout au long de la vie et de nouveaux droits pour les travailleurs atypiques qui favoriseront un concept positif de flexibilité, avec des mesures législatives prises par l’Union Européenne sur les nouveaux risques pour la santé et la sécurité dans le travail en luttant activement contre l’exclusion et le dumping social. La compétitivité ne se réduit pas simplement à la seule dimension de la réduction des frais — principalement les salaires — elle inclut les facteurs sociaux, en renforçant les droits individuels et collectifs des travailleurs. Un autre point clé de l’Europe sociale est l’accès juste à des services publics de qualité.

L’Europe sociale va de pair avec une activité économique solide et saine. Pour cela, les Etats membres doivent également s’engager encore plus pour donner une impulsion à la recherche et à l’investissement dans le capital humain. Il faut réorienter les dépenses publiques vers une amélioration de la production respectueuse de l’environnement. Il est primordial aussi d’investir substantiellement dans les travailleurs. Les réformes du marché du travail doivent être basées sur une étroite collaboration avec les partenaires sociaux qui n’entraîne pas une réduction des droits individuels et collectifs des travailleurs.

Les socialistes européens travaillent pour que l’UE, en plus d’être un symbole de convivialité et de destin partagé, devienne la première organisation politique régionale au niveau mondial, capable d’apporter une réponse démocratique aux défis de la mondialisation. Dans ses relations avec le reste du monde, l’UE en plus de défendre et d’affirmer ses valeurs et de promouvoir ses intérêts, contribuera à la paix, à la sécurité et au développement durable de la planète, ainsi qu’à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’éradication de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme, en particulier les droits de l’enfant ; et elle veillera à la stricte observance et au développement du droit International, en particulier en ce qui concerne les principes de la Charte de l’ONU.

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