L’Afrique et le Changement Climatique en haut de l’ordre du jour de la Commission SMD

2 Mars 2009

Des dirigeants et ministres de différents gouvernements dirigés par des partis membres de l’Internationale Socialiste en Afrique ont été unis dans leur message à la réunion de la Commission de l’IS pour Une Société Mondiale Durable qui s’est tenue au Cap, Afrique du Sud, le lundi 2 mars. Bien qu’étant le moins responsable du Changement Climatique et du réchauffement global, le continent africain souffre le plus de ses effets, ont-ils déclaré, et le chemin pour avancer vers des négociations sur le Changement Climatique global demande une solidarité accrue du Nord vers le Sud afin de l’aider à s’adapter à affronter les nouveaux défis.

 

Une priorité pour l’adaptation pour affronter les exigences du Changement Climatique

S.E. le Président de la République d’Afrique du Sud, Kgalema Motlanthe, a ouvert la réunion, soulignant le fait que l’Afrique a été la plus affectée par les changements climatiques et aussi la moins capable de s’offrir les coûts d’adaptation exigés pour transformer les comportements et arrêter les dégâts. Il a souligné que seulement lorsque l’adaptation aura la faveur d’une plus haute priorité dans les délibérations de la communauté internationale, il pourra y avoir un accord sur le renforcement de l’Architecture du Climat International qui sera considéré comme équilibré. Il faut une véritable direction, a-t-il dit, pour traduire la volonté publique en action politique, et la volonté politique en action et mise en œuvre.

 

La justice environnementale, sociale et économique est interconnectée

Le Président du Congrès National Africain (ANC) et un des Vice-Présidents de l’Internationale Socialiste, Jacob Zuma, a accueilli l’opportunité de réunir ensemble les démocrates sociaux progressistes ayant les mêmes idées pour poursuivre un ordre du jour commun en examinant l’impact du Changement Climatique sur le continent. La vision de l’ANC, a-t-il déclaré, était d’embrasser un environnementalisme transformatif, en mettant l’accent sur l’interconnexion entre la justice environnementale, sociale et économique. Les vulnérables sont les plus touchés et le Changement Climatique est en fin de compte une question de pauvreté pour l’Afrique. Toutes les nations du monde doivent jouer leur rôle pour préparer un futur durable, et cela inclut maîtriser les conflits fratricides qui sont si dommageables au continent, ainsi que développer des infrastructures, ce qui signifie que l’Afrique est mal équipée pour y faire face.

 

Ecouter et apprendre de l’expérience africaine

Le Co-Président de la Commission Ricardo Lagos, ancien Président du Chili et envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies sur le Changement Climatique, a déclaré que la Commission a atteint un moment particulier de son travail, un moment où l’ordre du jour international était assez différent de celui duquel elle a commencé ses activités. Toutefois, mettre de côté les questions du Changement Climatique dues aux pressions économiques globales serait une recette du désastre et un choix qu’aucun de nous ne devrait faire. Il était certain que les valeurs communes et les idées exprimées à la réunion feront avancer et informeront les travaux de la Commission en présentant un chemin vers un nouveau modèle de société basé sur la solidarité.

 

La responsabilité de la direction

 

Le Co-Président de la Commission Göran Persson, ancien Premier Ministre de la Suède, a souligné qu’il y a une période formatrice devant la Commission, caractérisée par l’incertitude. La Conférence des Nations Unies à Copenhague en décembre de cette année et le besoin d’y atteindre un accord global viendront à un moment de récession économique profonde, où des politiciens qui voudront être audacieux seront peu nombreux. Les propositions nécessiteront un soutien populaire mondial mais il était clair que les décisionnaires ont besoin de prendre cette opportunité pour présenter des nouvelles initiatives politiques et prendre des responsabilités pour effectuer des changements dans leur propre époque et pour les générations futures.

 

LA PERSPECTIVE AFRICAINE

A la réunion, des ministres de différents gouvernements dirigés par des partis membres de l’Internationale Socialiste en Afrique ont partagé les expériences de leurs pays pour maîtriser le réchauffement global et le Changement Climatique et les perspectives du continent sur les négociations actuelles globales.

 

Angola : un transfert de technologies à moindre coût est nécessaire

Maria Fatima Jardim, Ministre de l’Environnement, MPLA, Angola, a dessiné les contours du programme de son gouvernement, qui a gagné les élections démocratiques cinq mois auparavant. La stratégie angolaise était basée sur un développement durable au travers de construction d’une société ouverte avec des pleins droits citoyens. La chute de l’économie mondiale veut dire que l’accès à la modernisation technologique est encore plus difficile. Elle a déclaré que la communauté internationale a besoin de développer une économie plus durable, avec des transferts de technologie à moindre coût, et faire du Changement Climatique et des économies sur l’environnement, un engagement global.

 

Maurice: un front international commun

Arvin Boolell, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et du Commerce International, MLP, Maurice, a mis l’accent sur la situation de détresse de ce pays, une île de basse altitude, vulnérable à la destruction côtière avec une petite économie. Il a déclaré que la communauté internationale ne pourra rester indifférente à la situation en Afrique avec ses demandes urgentes, et ne pourra la voir gaspillant ses ressources vitales. De façon tragique, a-t-il ajouté, le continent a tout à sa portée, mais maîtriser la pauvreté et résoudre les conflits demeurent hors d’atteinte. Un front international commun est nécessaire pour écarter les menaces du réchauffement global.

 

Afrique du Sud : Changement Climatique et développement ne s’excluent pas mutuellement

Nkosazana Dlamini Zuma, Ministre des Affaires Etrangères d’Afrique du Sud et membre de la Commission SMD, a décrit les difficultés dont la pointe du continent doit faire face, et a détaillé les politiques environnementales nationales qui sont mises en œuvre par son gouvernement. La croissance économique et les impératifs de la protection sociale sont compris par son gouvernement pour être complètement compatibles avec la maîtrise du réchauffement global : le Changement Climatique et le développement ne s’excluent pas mutuellement. Les besoins d’adaptation du continent demeurent accablants, a-t-elle déclaré, alors qu’elle pressait les pays développés à faire plus pour aider et assister les nations africaines pour renforcer leur capacité technologique. La dépendance de son pays en charbon était une question majeure mais il l’affronte en ayant comme obligation que les futures centrales électriques soient déjà prêtes pour capturer le carbone.

 

Maroc : volonté politique et éducation, clés pour avancer

Mohamed Elyazghi, Ministre d’Etat du Maroc et membre de la Commission SMD, a donné ses impressions de l’autre extrémité du continent. Des pays dans plusieurs parties de l’Afrique partagent la même vulnérabilité face aux inondations, sécheresses, destruction côtières, montées des eaux, mais partagent également une volonté politique, comme le démontre le gouvernement Sud Africain, pour résoudre les questions eux-mêmes. L’éducation sur ces questions s’est améliorée et les personnes deviennent plus sensibilisées aux exigences pour gérer le Changement Climatique et les ressources qu’il faut pour les financer.

 

Namibie : assistance pour exploiter les ressources énergétiques naturelles

Hage Geingob, Ministre du Commerce et de l’Industrie, SWAPO, Namibie, a décrit sa nation comme une terre de contrastes et y a souligné la dimension du Changement Climatique. Allant de sécheresses aux inondations dans une courte période de temps, cela y a mis dramatiquement en danger la sécurité alimentaire et constitue une part majeure de l’impact du réchauffement global en Namibie. C’est une nation riche en ressources naturelles et qui a besoin d’assistance pour exploiter l’énergie solaire et éolienne, et il a appelé les nations développées à partager les fonds, les compétences et le savoir-faire.

 

Mozambique : renforcer la coordination régionale, continentale et internationale

Venant d’un pays sujet aux catastrophes naturelles, Oldemiro Baloi, Ministre des Affaires Etrangères, Frelimo, Mozambique, a mis l’accent sur l’impact dévastateur du Changement Climatique qui non seulement aggrave la situation de pauvreté absolue dans son pays, mais aussi forme une menace et un obstacle au développement harmonieux du pays. Les programmes entrepris par son gouvernement couvrent les questions environnementales, ainsi que les plans d’urgence de gestion des catastrophes. Il a insisté sur le fait que la réduction et l’adaptation au Changement Climatique et la prévention et la réduction des catastrophes naturelles demandent un engagement de toute la communauté internationale, et que l’importance de renforcer la coordination régionale, continentale et internationale ne peut pas être trop accentuée.

 

Faire évoluer la crise financière vers des emplois écologiques

Sergei Mironov, Président du Conseil de la Fédération Russe, et Président du Parti Une Russie Juste et membre de la Commission SMD, a déclaré qu’alors que la crise financière peut aller et venir – les problèmes de la protection environnementale resteront. La crise économique transformera inévitablement l’emploi et les marchés du travail, mais peut-être que la création d’emplois écologiques pourrait procurer une solution à ces deux problèmes. Les 1.3 Milliards de travailleurs pauvres dans le monde pourraient utiliser avec succès les technologies qui ne nuisent pas à l’environnement et travailler pour des programmes environnementaux, par exemple, et l’aide alimentaire pour l’Afrique pourrait être complétée par de l’assistance technologique pour permettre l’autosuffisance locale.

 

Contribuer constructivement

Zhijun Zhang, Vice-Ministre, Département Internationale, CPC, a déclaré que son pays a instauré des cibles d’efficacité énergétique et a introduit des réformes audacieuses en terme de prix et de taxation, pour promouvoir une culture de conservation d’énergie dans la société chinoise. Ces initiatives et d’autres ont été entreprises par le gouvernement lui-même, pas comme une part des négociations et accords avec d’autres pays, mais parce que cela est vital pour le développement futur du pays. Avec de telles mesures, il a ressenti que des pays tels que le sien sont dans une période d’industrialisation rapide et l’urbanisation pourrait contribuer constructivement à réconcilier les questions du développement et la protection environnementale.

 

Améliorer la conscience sur le Changement Climatique

Aleksandr Kwasniewski, Ancien Président de la République de Pologne et membre de la Commission SMD, a souligné que « crise financière contre Changement Climatique » était une fausse alternative et a applaudi les efforts et les résultats déjà soulignés par les représentants d’Afrique. Des politiques pragmatiques sont requises, a-t-il déclaré, et une compréhension environnementale des questions économiques doit être développée. Il a espéré que le Rapport de la Commission contribuerait en fin de compte à mieux préparer des sociétés pour le futur. Le problème du Changement Climatique n’est pas seulement technique, a-t-il conclu, mais aussi une question de culture et d’éducation.

 

Convergence de la science, principes et politiques

Luis Ayala, Secrétaire Général de l’Internationale Socialiste a présenté le premier projet du Rapport de la Commission. Les activités de la Commission ont été, et continuent d’être, en lien avec ceux de la communauté internationale, et dans ce sens le rapport a rassemblé les résultats des réunions de la Commission et ceux des Nations Unies. Ce document reflète les idéaux de l’IS et ses valeurs concernant le Changement Climatique et a cherché à donner une plateforme où des faits scientifiques, principes et politiques ont trouvé une place commune. Il y a déjà eu plusieurs propositions concrètes dans le projet de Rapport auxquelles seront ajoutées des réponses à un nombre de questions en suspens qui doivent être traitées par la Commission dans les prochains mois.

Les résultats de cette réunion en Afrique et des futures réunions seront aussi intégrés au Rapport et les membres de la Commission se rencontreront à Beijing en mai pour avancer sur le travail de son Rapport qui sera présenté à la réunion spéciale en septembre à l'ouverture de l'Assemblée Générale des Nations Unies avec des leaders de l'Internationale, des membres de la Commission, et des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la famille politique social-démocrate.

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