Declaration

Au Mexique, l’Internationale Socialiste définit les priorités pour la COP16

26-27 Novembre 2010

Original: anglais

Le Comité pour une Société Mondiale Durable de l’Internationale Socialiste s’étant réuni à Mexico le 27 novembre à l’avance de l’ouverture de la 16ième édition de la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique :

Gardant à l’esprit les attentes non satisfaites de la COP15 tenue l’année dernière à Copenhague et conscients que la COP16 à Cancun offre une nouvelle opportunité à la communauté internationale de répondre aux conséquences du réchauffement de la planète et du changement climatique,

Considère qu’il est crucial que la conférence avance sur les points suivants :

  • Insister sur l’urgence d’avancer vers la conclusion d’un accord international sur le changement climatique ambitieux et réaliste en matière de changement climatique avec des compromis, objectifs et dates contraignantes.
  • Le besoin d’une réduction plus importante des émissions. Comme énoncé par le passé, les engagements pris par les nations individuelles devraient se baser sur les taux d’émissions du passé, présent et futur ainsi que sur la capacité économique du pays de les réduire, suivant le principe des responsabilités partagées mais différenciées et des capacités respectives. Les nations les plus riches avec le plus grand volume d’émissions doivent réduire leurs émissions les premiers et le plus. Dans ce contexte, nous reconnaissons les grandes ambitions de l'Union européenne pour réduire ses propres émissions.
  • Les promesses volontaires faites depuis Copenhague doivent être formalisées, ratifiées et respectées, sans oublier que le total de tous les engagements additionnés pris à ce jour est insuffisant pour produire la réduction en émissions nécessaire afin que la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère descende à 350 ppm, un chiffre que nous aurons toujours en vue pour limiter l'augmentation de température globale à un maximum de 2 degrés.
  • Dans ce contexte, il incombe aux pays en développement de prendre des mesures d'atténuation appropriées au niveau national (MAAN) pour limiter leurs émissions. Bien que le potentiel de développement économique de ces Etats ne doive pas être réduit, il est vital que ce développement soit durable. Tous les engagements pris pour réduire les émissions doivent pouvoir être mesurés, rapportés et vérifiés.
  • Etablir des systèmes pour mesurer, rapporter et vérifier (MRV) des engagements pris et des actions entreprises pour réduire les émissions tout en contemplant des mécanismes rendant ces obligations contraignantes et de décider sur des sanctions en cas de non-respect.
  • Avancer dans les systèmes de compensation, de coopération financière, de la formation et du financement de mesures pour l’adaptation et l’atténuation. Une augmentation urgente et importante doit être accordée aux mesures d'adaptation, principalement aux pays en voie de développement qui ont les plus faibles Indices de développement humain ou sont à risque plus élevé et sont les plus vulnérables au changement climatique.
  • Renforcer la coopération scientifique et technologique entre les pays développés et en développement sur les questions du changement climatique. Cet échange doit se concentrer sur la promotion de la recherche et de l’utilisation de technologies avancées.
  • Définir une ébauche d’une architecture internationale financière pour lutter contre le changement climatique, mettre en œuvre la proposition du fonds vert de Copenhague afin de mobiliser les 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement. A court terme, l'engagement de fournir 10 milliards de dollars en 2010, 2011, 2012 à cet effet doit être réalisé à travers un schéma multilatéral, et dans une grande transparence.
  • Soutenir les propositions faites par le Groupe consultatif de haut niveau sur le financement de la lutte contre le changement climatique de l’ONU y compris un prix de carbone de 20-25 USD par tonne de CO2 en 2020 en se référant à la possibilité de générer des revenus à travers une taxe sur le carbone, comme indiqué dans le rapport de la Commission, ainsi qu'une taxe mondiale sur les transactions financières, tel que proposée par notre Internationale.
  • Fixer des objectifs relatifs à la réduction des émissions provenant de la déforestation (REDD+), qui doivent être clairs, compréhensifs et strictement appliqués. Non seulement la déforestation contribue aux émissions lors de son exécution, mais elle réduit également la capacité mondiale de réduire le gaz à effet de serre par les forêts et détruit l’habitat naturel de beaucoup d'espèces menacées d'extinction. Il est inacceptable qu’une déforestation durable continue à avoir lieu, bien que les conséquences nuisibles soient largement connues et reconnues. Un accord sur le REDD+ devrait comprendre un flux de fonds pour récompenser une réduction significative des émissions de carbone, soutenant la conservation, la gestion durable des forêts, le renforcement des stocks de carbone forestier et le reboisement.


L’accord de Copenhague, une déclaration d’intention, contient des engagements volontaires, qui doivent maintenant être transformés en des accords contraignants. Afin que ceci soit réalisé, une convention cadre doit être trouvée sur une base équitable, dans laquelle tous les pays ont confiance afin qu’ils prennent les engagements nécessaires.

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