Comité de l’IS sur le peuple kurde à Sulaimaniya

Le Comité sur le peuple kurde de l’IS, établi par le Conseil suite à une décision du Congrès, a tenu sa première réunion à Sulaimaniya le vendredi 12 avril 2013. Il a été accueilli par l’Union patriotique du Kurdistan, PUK, parti membre de l’IS, et a rassemblé des participants de plus de vingt partis et organisations politiques kurdes d’Iraq, d’Iran, de Turquie et de Syrie. (Liste des participants
 

A l’ouverture de la réunion, le Secrétaire général de l’IS, Luis Ayala, a rendu hommage à SE Jalal Talabani, Président d’Iraq, leader du PUK et un Vice-président de l’IS, avec qui il avait eu des entretiens sur la tenue de cette réunion. L’absence de Talabani se faisait vivement ressentir et pendant les discussions les participants se joignirent à Ayala pour souhaiter un prompt rétablissement au Président Talabani. 

Luis Ayala, a ensuite exprimé la satisfaction que ce Comité soit devenu une réalité à présent. Les politiques et l’agenda des différents partis kurdes variaient à travers la région, dit-il, mais la cause était la même: les droits, les libertés, la démocratie et la solidarité. Les droits de l’homme ne pouvaient pas être bafoués et ils devaient exister pour tous, et pas seulement pour quelques-uns. Il a souligné le ferme engagement de l’Internationale Socialiste dans cette question. Commentant sur la vague de changement qui balayait le Moyen-Orient, il dit qu’il était à présent temps pour la politique et le dialogue. Les Kurdes en Iraq avaient fait de grands progrès dans l’obtention des droits et libertés depuis la chute de Saddam Hossein il y a dix ans, mais des questions importantes restaient à résoudre. L’intimidation de Kirkuk par Bagdad était inacceptable, l’article 140 de la constitution devait être mis en œuvre et la démocratie devait être respectée. Il a fait référence à la grave situation en Syrie et se réjouissait de pouvoir entendre directement de la part de nos amis kurdes là-bas les développements récents, et de nos membres du BDP les dernières initiatives en Turquie, une question au centre des préoccupations pour le peuple kurde dans le monde. La situation en Iran concernant la population kurde ne pouvait pas être plus urgente aujourd’hui qu’elle ne l’avait été depuis des années, et il espérait que des progrès allaient bientôt être faits sur cette question. Il a réitéré qu’ils pouvaient compter sur la solidarité de l’Internationale Socialiste et de ses membres au monde entier. 

Mala Bakhtiar, chef du bureau politique du PUK, a chaleureusement souhaité la bienvenue à tous les participants au nom de son parti. Il a salué l’initiative de l’Internationale Socialiste et a exprimé ses remerciements au Secrétaire général. Jusqu’à présent, dit-il, les Kurdes au Moyen-Orient avaient été sans voix, divisés et sans amis. Avec ce nouveau Comité il espérait que cela allait rassembler les gens et offrir un sanctuaire à leur cause. Après une longue lutte, le PUK avait reçu l’adhésion comme membre de plein droit de l’IS et il souhaitait la même chose pour les autres partis kurdes. Il y avait de nombreux changements au Moyen-Orient, Bakhtiar dit-il, et de nombreux gens luttaient pour une meilleure vie. Le temps n’était plus aux gouvernements de dicter aux gens leur conduite et la démocratie faisait des avancées dans la région. Résoudre la cause du peuple kurde dans toutes les quatre parties du Kurdistan était la clé pour parvenir à la paix et la démocratie au Moyen-Orient, dit-il, et le rôle de l’Internationale Socialiste allait être crucial en apportant une plus grande compréhension de cette question dans tous les coins du monde. Il était content qu’avec ce nouveau Comité il y avait une plateforme pour élaborer une stratégie parmi les partis politiques kurdes. Il espéra qu’à l’avenir, d’autres partis du Kurdistan allaient également se retrouver dans la paix et liberté. 

Tous les partis présents ont pris part dans les débats avec des discussions franches et ouvertes, décrivant leurs positions et points de vue respectifs. Les participants se sont tous félicités avec enthousiasme de la convocation de cette réunion, la qualifiant de moment historique. La reconnaissance et la gratitude envers l’IS pour son long soutien de la cause kurde et la relance de son engagement pour parvenir à la justice pour le peuple kurde et faire avancer leur agenda de droits et libertés ont été fortement exprimés. Le Comité devait être un forum ouvert, rassemblant les partis kurdes engagés dans la réalisation de ces objectifs au sein d’un cadre démocratique. Il a été souligné que tous les partis kurdes devaient se soutenir les uns les autres et se réunir plus souvent. L’environnement changeant du Moyen-Orient et les nombreuses crises existantes faisaient que les Kurdes devaient être unis et avoir une stratégie commune. Ce Comité était perçu comme un premier pas bienvenu dans cette direction. 

En ce qui concerne l’Iraq, à l’occasion du 10ème anniversaire de la libération du peuple kurde du régime dictateur de Saddam Hossein il a été noté que bien que la démocratie, la paix et la stabilité existent dans la région kurde, des problèmes avec le gouvernement national persistaient. Il y avait le statut de la province de Kirkuk qui est sous le contrôle administratif de Bagdad, le problème persistant du manque d’application de l’article 140 de la constitution qui affecte Kirkuk et il y avait la violation des droits du peuple kurde. Il y avait des questions relatives au budget national, des questions concernant le parlement à Bagdad et le danger croissant de sectarisme et du terrorisme. La situation de Kirkuk était d’une préoccupation particulière, où le renforcement de la présence militaire par Bagdad le long des frontières était perçu comme des tentatives d’intimidation et de contrôle croissant. Il a été souligné que le conseil de gouvernement de Kirkuk était le même depuis 2005, du fait que Bagdad refusait systématiquement des nouvelles élections. Le Secrétaire général de l’IS a souligné dans une déclaration à la presse après la réunion que rien de moins que le retrait des troupes, la bonne mise en œuvre de l’article 140 de la constitution et la tenue d’élections libres et justes n’était acceptable. 

Les participants des partis kurdes d’Iran ont rapporté que la répression et la souffrance de la population kurde continuait dans ce pays. L’obligation de la communauté internationale de maintenir la pression pour la reconnaissance de leurs droits sans délai a été soulignée et il était à espérer qu’à travers ce Comité de l’IS l'opinion publique internationale allait être sensibilisée à leur sort. Les partis là-bas ont été encouragés d’intensifier leur coopération et de travailler ensemble dans l’unité, et dans ce sens un appel particulier a été fait envers le PDKI et le KDP qui participent dans les travaux de l’IS. 

Le Comité a entendu du BDP de Turquie que le nouveau processus en cours avec le gouvernement turc était perçu comme une chance de trouver une solution pacifique. Il en était toujours à ses débuts mais il y avait raison d’être optimiste et ils se réjouissaient d’élaborer un nouvel cadre juridique pour les Kurdes. Ils voulaient l’autonomie démocratique en maintenant des bonnes relations avec d’autres parties du Kurdistan. L’importance du soutien de la part de la communauté internationale pour le succès de ces pourparlers a été souligné puisqu’ils étaient perçus comme crucial pour toute la région. Un signal de la communauté internationale envers le gouvernement turc en soutien du processus de paix a été considéré comme utile. 

La situation des Kurdes en Syrie avait atteint une phase unique et ils luttaient aujourd’hui aux côtés des rebelles, contre le régime d’Assad. Les participants kurdes de Syrie ont rapporté qu’ils travaillaient ensemble et que pour la première fois ils avaient des domaines sécurisés sous leur contrôle. Ils étaient à la recherche d’un système fédéral au sein de la Syrie et ont demandé l’appui et de l’aide dans cet objectif. Une des préoccupations exprimées était la question de savoir quelle sorte de régime allait remplacer celui d’Assad, et surtout s’il allait s’agir d’un régime fondamentaliste. Les Etats-Unis et l’Europe étaient perçus comme n’agissant pas avec suffisamment de fermeté pour aider l’opposition de mettre une fin au régime d’Assad pour la même raison. Ils ont fait appel à l’IS pour un soutien mondial dans le maintien de la pression internationale sur l’opposition de reconnaître à présent les droits des Kurdes en Syrie. Il a été considéré comme important de ne pas répéter en Syrie ce qui s’était passé en Iraq, dans le sens où on fait d’abord tomber le régime et on laisse la question kurde à résoudre pour plus tard. 

Avec les changements balayant le Moyen-Orient dans le « printemps arabe », les populations kurdes ont également été mobilisées pour obtenir leurs droits et libertés. Plutôt qu’un conflit armé, leur lutte devrait être une lutte civile, et le dialogue pour la paix ne devra jamais cesser. Un autre domaine d’importance inclus dans les discussions était le rôle de la femme. Les partis politiques et les institutions du peuple kurde devaient augmenter la représentation des femmes, puisque notre famille politique s’engage pour l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes. 

Suite à la décision prise par le Conseil de l’IS que les comités allaient élire leurs propres présidents et vice-présidents, et après des consultations parmi les partis membres kurdes de l’IS, une proposition a été mise en avant. Mala Bakhtiar du PUK a été élu Président du Comité et Nazmi Gur du BDP Turquie et Loghman Ahemdi du PDKI Iran comme Vice-présidents, étant entendu qu’un processus est ouvert entre le PDKI et le KDP d’Iran pour une coopération et unité intensifiées. 

Il a été convenu que le Comité de l’IS sur le peuple kurde allait constituer une plateforme pour les membres kurdes de l’IS ainsi que d’autres partis invités, comme cela a été le cas à cette occasion, qui a inclus des partis invité représentés au parlement Kurdistan-Iraq et d’autres partis suite à des consultations, et en accord avec les hôtes. Le Comité va se réunir périodiquement et informer régulièrement le Conseil de l’IS, travaillant au sein des structures de l’Internationale Socialiste et en accord avec ses politiques. 

La réunion est également convenue que l’Internationale Socialiste allait organiser une conférence internationale sur le peuple kurde vers la fin de l’année, au siège d’une des institutions internationales avec lesquelles l’IS coopère et a un statut reconnu. 

Dans les jours précédant ces discussions à Sulaimaniya, le Secrétaire général de l’IS a tenu une série de réunions. Celles-ci ont inclus le chef du bureau politique du parti membre PUK, Mala Bakhtiar, le Président du parlement kurde iraquien, Arsalan Baiz; le gouverneur de Kirkuk, Najmadin Karim, et le secrétaire général du ministère de Peshmerga et porte-parole du commandement général du GRK, Jabar Yawar Manda. Le Secrétaire général de l’IS a également eu une réunion spéciale avec SE Massoud Barzani, Président du Gouvernement régional du Kurdistan et leader du KDP Iraq, sur la situation actuelle dans la région et les relations avec le gouvernement national à Bagdad.

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