Déclaration de Tanger

Réunion du Comité de l'IS sur les Migrations, Tanger, Maroc, 2-3 mai 2014

 

Originale : espagnol

Le Comité sur les migrations de l’Internationale Socialiste, réuni à Tanger, Maroc, les 2 et 3 mai 2014, dans le cadre de la rencontre intitulée « Humaniser la migration » :

Exprime ses remerciements à l’organisation hôte, l’Union Socialiste des Forces Populaires, USFP, pour l’hospitalité manifestée lors de cet événement, et pour l’inestimable collaboration quant à l’organisation et la valeur symbolique de tenir une telle réunion dans cette ville emblématique qu’est Tanger.

Reconnait les souffrances des réfugiés qui se voient obligés de fuir les conflits armés qui prédominent aujourd’hui dans des pays tels que la Syrie ou la République Centrafricaine, et lance un appel aux parties prenantes pour instaurer la paix dans ces régions.

Exprime sa satisfaction suite à la résolution d’autres conflits comme ceux de l’Angola et du Kurdistan dont les populations pourront revenir à leurs lieux d’origine car les causes qui les ont fait fuir de leurs foyers ont disparues.

Réuni dans la région méditerranéenne qui subit le passage d’une migration Sud-Nord, le Comité déplore fortement le décès des personnes dans les eaux de la méditerranée et invite les Etats riverains à déployer tous les efforts, et mettre en œuvre tous les moyens pour éviter ces tragédies. Parallèlement, il reconnait que des efforts ont déjà été consentis par un grand nombre de pays concernés, ainsi que par l’Union Européenne à travers ses différents programmes.

Met en valeur l’effort réalisé par certains pays pour organiser l’immigration et dans ce sens, soutient l’effort du Maroc visant à régulariser la situation des migrants sur son territoire.

Dans les conclusions adoptées par les participants, le comité a convenu ce qui suit :

1. Revendiquer le phénomène migratoire comme un fait positif, aussi bien pour le développement économique que pour l’échange culturel, qui contribue à rééquilibrer les déficiences démographiques et en particulier les faibles taux de natalité des pays d’accueil des migrants, sachant que les analyses et les jugements doivent également tenir en compte les risques pour les pays d’origine de la perte d’un capital humain et de la fuite des cerveaux.

2. Reconnaitre le droit des personnes à émigrer en quête d’une vie meilleure et en même temps comme un ius migrandi universel, bien que limité ; le tout en harmonie avec le droit des Etats à développer des politiques migratoires qui canalisent les flux migratoires conformément à leurs besoins et leur capacité d’accueil.

3. Soutenir la lutte de tous les pays contre les mafias qui œuvrent dans le trafic des personnes humaines et la lutte contre l’immigration irrégulière, tout en respectant scrupuleusement les droits de l’homme et la dignité de tous les migrants, y compris ceux qui tentent d’entrer dans un autre pays ou encore ceux qui s’y installent de manière illégale, ainsi que la disponibilité des moyens pour la défense des frontière et la priorité de la défense de la vie et l’intégrité physique.

4. Manifester sa préoccupation quant à l’avancée des positions politiques d’inspiration xénophobes ou qui incriminent les migrants, telle celle remarquée lors du récent référendum en Suisse qui prétend restreindre indûment les mouvements des personnes ou leurs droits et stigmatiser les immigrés.

5. Promouvoir la pleine intégration des étrangers dans les sociétés d’accueil, au moyen de politiques visant l’ensemble des citoyens, mettant en œuvre des stratégies qui garantissent l’égalité des droits, des devoirs et des chances, en renforçant les bases de la cohabitation et de la cohésion sociale sur les principes d’égalité, de citoyenneté, d’inter culturalité, d’inclusion et de non-discrimination.

6. Envisager la reconnaissance du droit de vote des immigrés intégrés dans les pays d’accueil après un délai raisonnable, et faciliter par ailleurs l’accès à la nationalité pour résidence.

7. Garantir le droit d’asile et la protection internationale et promouvoir les accords pour le transfert vers un territoire sûr - en vertu du principe de solidarité – des personnes se trouvant dans une situation de nécessité imminente de refuge ; des personnes provenant directement de pays en situation de conflit ou de camps de réfugiés des pays limitrophes.

8. Intégrer la coopération internationale et la coopération au développement qui touchent à la gestion migratoire, en s’inspirant des principes de coresponsabilité et de solidarité, de manière à aboutir à une approche intégrée des différents aspects qui affectent le traitement approprié du phénomène.

9. Prendre en considération que la migration spécifiquement féminine constitue, selon les données récentes, plus de la moitié du nombre total des migrants, ainsi que le traitement des risques de la soumission des femmes aux réseaux de traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle, et de la nécessité de déployer des mesures spécifiques.

10. Reconnaitre le rôle des organisations de migrants et de la société civile en tant que facilitateurs des processus d’intégration et de sensibilisation de l’opinion publique face au phénomène migratoire.

11. Considérer que le domaine de la migration doit être traité au niveau mondial, et par conséquent au cœur des discussions et réunions de l’internationale Socialiste, vu que ses prérogatives transcendent les politiques nationales -voire même pour beaucoup de questions- les organisations internationales à caractère régional.

12. Encourager toutes les instances de l’Internationale Socialiste à influencer les gouvernements et les partis socialistes et socio démocrates en vue d’assumer les idées et valeurs ici exprimées et les convertir en des lois puis de les intégrer dans l’élaboration de leurs politiques publiques.

13. Solliciter également de l’Internationale Socialiste de présenter au sein des Nations Unies la nécessité d’inclure le traitement des migrations dans les nouveaux objectifs du millénaire post 2015. À cette fin, un travail conjoint sera effectué, sollicitant des contributions de tous les membres pour mettre en place un projet de Charte des droits des migrantes, qui sera porté à la prochaine réunion du Conseil de l’Internationale Socialiste.

 

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