Réunion du Comité de l’IS sur les Migrations à Rhodes et Marmaris

24-25 octobre 2006

RESOLUTION

 

Les membres du Comité Migrations de l’Internationale Socialiste, réuni les 24 et 25 octobre 2006 respectivement à Rhodes et à Marmaris, ont considéré et échangé des expériences sur les thèmes suivants (a) Des pays d’émigration aux pays d’immigration : passer les expériences à la nouvelle génération ; (b) Frontières maritimes et la migration irrégulière ; (c) Migrants en transit et l’expérience de la Grèce et de la Turquie.

L’Europe montre que la majorité des pays qui sont actuellement receveurs d’immigration, ont été jusqu’à récemment des pays d’émigration. Cette expérience doit être utilisée pour comprendre les processus migratoires que nous vivons actuellement dans tout le monde. Nous sommes conscients que la faim, les guerres, les dictatures et le manque d’opportunités sont les causes principales des mouvements migratoires.

En tant que socialistes, nous réitérons la nécessité d’offrir une réponse valable, responsable et imaginative à la migration, fondée sur la raison et les valeurs démocratiques ainsi que sur le respect des droits de la personne.

Face aux politiques conservatrices qui voient les processus migratoires comme un conflit ou un problème, nous les socialistes nous les reconnaissons comme un phénomène qui peut être un grand défi rempli d’opportunités s’il est géré avec des politiques progressistes adéquates. Nous sommes conscients du fait que l’immigration est aujourd’hui plus nécessaire que jamais pour les pays développés, comme le soulignent les données qui montrent la contribution des personnes immigrées à l’ensemble du PIB de ces pays et dont la croissance économique et la compétitivité seraient impensables sans la contribution de ces personnes.

Le Comité note qu’une gestion correcte des flux migratoires requiert des instruments qui prennent en compte la capacité d’accueil et les besoins du marché du travail dans les pays d’accueil. A cet égard, il faut signaler la nécessité de redoubler d’effort en ce qui concerne la migration irrégulière qui encourage le trafic des êtres humains à des fins d’exploitation, dont les victimes sont principalement les femmes et les enfants. Le Comité met en garde contre ces nouvelles formes d’esclavagisme.

Nous soulignons qu’une politique cohérente de co-développement est nécessaire. La coopération internationale peut devenir une voie indispensable pour contribuer à la stabilité économique, sociale et culturelle des pays d’origines. A cet égard, le Comité soutient la tenue en Belgique du Forum sur la Migration et le Développement les 9 et 10 juillet 2007.

Le Comité note la nécessité de renforcer les systèmes et les services publics dans les pays d’accueil pour garantir leur niveau et qualité, car permettre la détérioration des services publics jouerait en faveur du point de vue erroné des secteurs conservateurs comme quoi les immigrants sont responsables de la diminution de qualité de ces services. Notre objectif est d’obtenir une société d’accueil plus intégrée et avec plus de cohésion, en renforçant les services publics et en promouvant les conditions indispensables d’égalité en ce qui concerne l’accès aux services de santé, d’éducation ainsi que les services sociaux.

Le Comité signale la nécessité d’un dialogue, d’un engagement et d’une coresponsabilité entre les pays d’origine, de transit et d’accueil. La migration internationale actuelle ne peut pas être abordée à partir d’une perspective unilatérale ou locale. Au contraire, nous appuyons les stratégies bilatérales et multilatérales qui permettent de combiner d’un côté les besoins qui existent dans le système économique et social des pays d’accueil, et d’autre part éviter l’épuisement des ressources humaines tout en favorisant le développement politique, économique et social des pays d’origine.

Nous déclarons notre engagement à échanger des informations et des expériences qu’à partir des différents partis de l’Internationale Socialiste nous avons développées en matière de politiques migratoires.

Si nous sommes capables de construire des stratégies qui évitent la marginalisation et promeuvent la présence, la participation et l’expression des personnes immigrantes dans tous les aspects de la vie collective de nos pays, nous avancerons vers un futur dans lequel l’extension de la citoyenneté se convertirait en un pilier sur lequel se baserait la coexistence, comme meilleur moyen de garantir la sécurité. Pour cela, nous devons considérer la nécessité de trouver les moyens de mettre en œuvre des instruments de participation dans les affaires publiques. C’est au travers du droit de vote que la population immigrante manifeste peut-être mieux qu’ailleurs l’idée d’une société de citoyens ayant des droits égaux, idée que nous les socialistes proposons et défendons, de même qu’il est nécessaire de garantir et promouvoir le droit de vote des citoyens migrants dans leurs pays d’origine.

Le Comité réitère que la solution aux flux migratoires ne repose pas dans la construction de barrières physiques entre les pays. Nous condamnons la construction du mur sur la frontière entre les Etats-Unis et l’Amérique latine et à cet égard, nous lançons un appel au Congrès des Etats-Unis afin de faire progresser une réforme migratoire intégrale qui ordonne et donne certitude à la migration dans ce pays.

Finalement, le Comité remercie le PASOK et le CHP pour leur hospitalité ainsi que leurs efforts pour la réussite de cette réunion.

 

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