La réunion à Casablanca du Comité de l’IS discute du rôle des migrations dans les relations Nord-Sud

27-28 mars 2006

Le Comité de l’Internationale Socialiste sur les Migrations s’est réuni à Casablanca les 27 et 28 mars 2006 sous le thème principal « Le rôle des migrations dans les relations Nord-Sud ».

La réunion, accueillie par l’Union Socialiste des Forces Populaire, USFP, parti membre de l’IS au Maroc, avec la participation d’une quarantaine de délégués de partis membres de l’IS en provenance de l’Afrique, de l’Europe et de l’Amérique latine, a été ouverte par Mohamed El Yazghi, premier secrétaire de l’USFP et vice-président de l’IS.

Mohamed El Yazghi a profité de l'opportunité pour saluer l’initiative de l’Internationale Socialiste d’avoir créé ce Comité et de tenir ses discussions au Maroc, vu l’ampleur du phénomène migratoire et de la nécessité pour le mouvement social-démocrate de répondre à ce défi global de façon adéquate et sur la base des principes de solidarité et de respect des droits de la personne défendus par l’Internationale Socialiste. Le premier secrétaire de l’USFP a rappelé la responsabilité du Maroc, de par sa position géostratégique, vis à vis des flux migratoires, et souligné la tenue, à Rabat, les 10 et 11 juillet prochain, de la Conférence ministérielle euro-africaine sur la Migration et le Développement, une initiative tripartite du Maroc, de l’Espagne et de la France, pour apporter une réponse intégrale à la question de la migration entre l’Afrique et l’Europe, et à laquelle il souhaitait que l'Internationale Socialiste apporte son soutien.

Amalia García (PRD, Mexique), gouverneur de l’Etat de Zacatecas et présidente du Comité a ensuite pris la parole, se référant au phénomène migratoire au niveau mondial, puis examinant le cas particulier du Mexique — pays récepteur de migrants, mais également pays de transit et pays d'origine, principalement à destination des Etats-Unis. La présidente du Comité a tout spécialement mentionné la construction d’un mur sur la frontière des Etats-Unis et du Mexique, proposée par la Chambre des Représentants des Etats-Unis en décembre dernier (H.R. 4437), qui cherche à criminaliser les sans papiers et à leur imposer des mesures punitives. Le Comité a postérieurement décidé de rester attentif au résultat du processus législatif dans ce domaine, afin que soient garantis les droits de la personne et les droits du travail des migrants et de leur famille (Déclaration spéciale du Comité sur la discussion législative au Sénat des Etats-Unis).

Nouzha Chekrouni, vice-présidente du Comité et ministre déléguée de la communauté marocaine résidant à l’étranger, a rappelé que la crise humanitaire provoquée par les afflux massifs de centaines d’immigrés irréguliers d’origine subsaharienne au Maroc en septembre et octobre 2005 et actuellement en Mauritanie, illustre de façon dramatique la nécessité d’aborder le phénomène de toute urgence. La ministre a affirmé que l’Internationale Socialiste, en vertu de ses principes de solidarité et de justice, avait pour devoir de sensibiliser toutes les parties intéressées à cette problématique, pour parvenir à un dialogue commun et s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière, tout en rejetant l’approche uniquement sécuritaire pour traiter ce sujet.

Luis Ayala, secrétaire général de l’IS, a souligné qu’il était nécessaire que l’Internationale présente une stratégie sociale-démocrate commune sur le thème des migrations. Car si le phénomène des migrations n’est pas nouveau, il apparaît de nos jours comme l’un des thèmes majeurs de préoccupation nationale et internationale. Les institutions mondiales se sont penchées sur la question, en particulier les Nations Unies, dont la commission globale sur la migration internationale a émis son rapport en 2005. Le Secrétaire général de l’IS a également mis en avant le rôle de l’IS, qui offre une plate-forme aux peuples de différente cultures et réalités, et qui est en mesure de contribuer efficacement au développement de partenariats entre le Nord et le Sud et de donner un visage plus humain à la mondialisation et plus particulièrement à la migration. C’est en effet un sujet qui requiert que tous les socialistes élaborent des réponses justes et équitables.

Les participants à la réunion ont ensuite, au cours du débat, attiré l’attention sur la complexité du phénomène migratoire, qui d’un côté ‘contribue au développement économique et social des pays et à l’ouverture et à l’enrichissement culturel des diverses communautés humaines’ mais dont les causes sont aussi liées à une inégalité croissante entre les pays industrialisés et les pays en développement, à la pauvreté, aux conflits armés et à la violation des droits humains dans les pays d'origine. Le Comité a également constaté que les migrants irréguliers vivaient souvent dans des conditions dramatiques, un grand nombre d’entre eux étant soumis à l’exploitation systématique des trafiquants d’être humains, en particulier des millions de femmes et d’enfants. A cet égard, les participants en ont profité pour rappeler le besoin, dans toutes conditions, de respecter les droits de la personne et les droits du travail des migrants, et ont en ce sens recommandé l'accélération du processus de ratification de la Convention sur les droits des travailleurs migrants et de leur famille, adoptée par les Nations Unies en 1990.

Le Comité a conclu ses travaux en adoptant une (Déclaration) qui a ‘réaffirmé sa volonté de poursuivre ses efforts pour aboutir à l’élaboration de la stratégie globale du mouvement social-démocrate sur la migration, en accord avec la vision socialiste d’un monde plus juste, plus solidaire et d’une société plus humaine’ et a approuvé la proposition du secrétaire général de l’Internationale de contribuer activement au Dialogue de haut niveau des Nations Unies sur la Migration internationale et le Développement les 14 et 15 Septembre à New York, et en rapport avec cette initiative de tenir une table ronde de l’IS la veille de cet évènement. Le Comité a également décidé d’organiser de futures réunions en Moldavie, en Grèce et en Turquie, puis aux Philippines et au Guatemala, pour analyser les phénomènes migratoires dans ces parties du monde.

 

Participants

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