Déclaration de Beyrouth

Réunion du Comité Méditerranée de l’IS au Liban, 25-26 avril 2008

La tenue du Comité Méditerranée de l’Internationale Socialiste à Beyrouth reflète notre intérêt pour la stabilité non seulement dans le Bassin méditerranéen mais dans le Moyen-Orient dans son entier, pour lequel la résolution des conflits existants dans la région est essentielle.

Tandis que nous célébrons le troisième anniversaire du retrait syrien du Liban, nous exprimons notre profonde préoccupation en ce qui concerne la crise institutionnelle actuelle au Liban et lançons un appel pour l’élection rapide d’un nouveau Président et pour la restauration des fonctions du Parlement national. Cela ne peut être réalisé que par le plein respect du processus constitutionnel et des règles démocratiques. Le dialogue devrait également refléter une véritable volonté démocratique de la part de toutes les parties concernées, avec la mise en œuvre des résolutions du dialogue national qui ont été adoptées à l’unanimité, en particulier celles concernant les relations libano-syriennes. Un Liban stable, uni, souverain et indépendant est une nécessité et sa stabilité ne peut pas être construite sur la violence ni sur une influence externe, l’intimidation ou la déstabilisation. De plus, nous considérons qu’une politique de non-alignement peut protéger le Liban et empêcher qu’il soit déchiré par les conflits régionaux et internationaux.

Nous demandons la mise en oeuvre rapide des recommandations de la Ligue arabe et le respect des Accords de Taef, ainsi que de toutes les résolutions pertinentes des Nations Unies et la création rapide par l’ONU d’un tribunal international pour le Liban pour enfin résoudre les cas irrésolus d’assassinats politiques dans le pays.

Nous renouvelons notre soutien aux efforts cruciaux entrepris par les pays contribuant à la FINUL.

La résolution du conflit Israélo-palestinien est cruciale pour assurer la paix et la stabilité dans toute la région. Les Accords d’Annapolis doivent être respectés et mis en œuvre sans délai. Des négociations devraient mener à une paix durable et basées sur une solution avec deux Etats. La situation humanitaire critique à Gaza doit être abordée de toute urgence, les institutions politiques légitimes de l’Autorité palestinienne devraient être restaurées, les attaques et bombardements israéliens dans Gaza, qui ont provoqué des centaines de morts, devraient cesser immédiatement, et les attaques de rocket à partir de Gaza devraient stopper.

L’Alliance des Civilisations des Nations Unies est une initiative utile et un moyen d’aborder les relations entre nos sociétés, en particulier dans le contexte Méditerranéen.

Nous réitérons notre ferme condamnation du terrorisme et rappelons que la lutte contre le terrorisme doit être basée sur le strict respect des droits de la personne et l’Etat de droit.

Nous exprimons notre volonté de contribuer à l’amélioration de la sécurité en promouvant et en accroissant la coopération de la police et de la justice entre les nations, ainsi qu’en encourageant les échanges de la société civile et en créant un espace partagé pour l’éducation, la recherche et l’innovation.

La coopération entre le Nord et le Sud de la Mer Méditerranée doit être poursuivie pour renforcer le développement économique de la région, qui contribuera à la réduction de la pauvreté et du chômage, en fournissant aux jeunes des opportunités pour un avenir meilleur dans leurs pays. Il faut s’attaquer à crise alimentaire mondiale, qui représente l’un des principaux domaines de préoccupation pour la famille socialiste du monde entier.

En outre, les droits de réfugiés politiques et des personnes déplacées doivent être pleinement respectés et des efforts plus importants doivent être entrepris pour résoudre la situation précaire dans laquelle se trouvent ces personnes.

Nous espérons que l’Union pour la Méditerranée constituera un renforcement du Processus de Barcelone, avec la participation de tous les Etats membres de l’UE et des Etats côtiers n’appartenant pas à l’UE. La nouvelle Politique européenne de voisinage ne devrait pas oublier l’importance d’une approche multilatérale dans les relations entre les rivages nord et sud de la Mer Méditerranée. La démocratie et la paix devraient se trouver au centre de ce processus.

La région méditerranéenne est particulièrement vulnérable au changement climatique. Ce phénomène mondial requiert des stratégies mondiales. Nous saluons des initiatives telles que le Programme d’Investissement ‘zones sensibles’ pour la Méditerranée et l’initiative Horizon 2020, qui font tous deux partie de la coopération entre l’UE et les pays de la Méditerranée au Sud et à l’Est, et nous demandons que ces genres de programmes de collaboration soient accrus.

Nous lançons un appel à nos partis frères et aux gouvernements des pays de la Méditerranée pour qu’ils promeuvent les instruments nécessaires à la lutte contre l’immigration illégale et les mafias associées, et mettent en place des politiques d’intégration sociale pour la population immigrante, réels agents de dialogue et de connaissance mutuelle. Les flots d’immigration devraient être liés à la réalité des marchés du travail, avec des accords entre les pays d’origine et de destination, comme outil clé à cet effet.

Nous nous félicitons du renouvellement des discussions en Chypre en les leaders grec et chypriote turc dans le cadre de l’ONU et de ses décisions, pour la préparation de futures négociations pour une réunification de l’île, et nous nous engageons à contribuer à ce processus.

Le Comité Méditerranée de l’Internationale Socialiste renouvelle son appel pour la stabilité, la paix et la démocratie au Liban et dans toute la région. Ce n’est que par l’intermédiaire de la coopération politique et le dialogue que des solutions peuvent être trouvées pour aborder les véritables besoins des citoyens.

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