Réunion du Comité Méditerranée de l’IS au Liban

25-26 Avril 2008

Le Comité Méditerranée de l’Internationale Socialiste s’est réuni à Beyrouth les 25 et 26 avril, accueilli par le parti membre de l’IS, le Parti Socialiste Progressiste, PSP. Luis Ayala, secrétaire général de l’IS, Walid Jumblatt, leader du PSP et Fares Soueid, secrétaire général du Mouvement du 14 mars, se sont adressés au Comité lors de la session d’ouverture.

Les discussions du Comité se sont d’abord centrées sur la situation au Liban, l’Internationale continuant de concentrer son attention sur les développements dans ce pays, sous le thème ‘Travailler ensemble pour un Liban uni, démocratique et stable : la contribution de la communauté internationale’. Les représentants des partis participant à la réunion ont exprimé leur profonde préoccupation en ce qui concerne la crise institutionnelle actuelle touchant le Liban, suite à l’échec continu du Parlement durant les dix-huit derniers mois à s’accorder sur l’élection d’un nouveau président, et le fait que le Parlement dans les circonstances présentes ne soit pas en mesure de fonctionner. Les membres du Comité on noté le besoin pour toutes les forces politiques libanaises de respecter le processus constitutionnel et les règles démocratiques ; l’importance de conserver vivant le dialogue et donc d’aller de l’avant dans le processus politique ; d’obtenir la mise en œuvre des résolutions sur le dialogue national adoptées à l’unanimité, en particulier celles relatives au relations libano-syriennes, y compris l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, et la délinéation et la démarcation des frontières entre les deux pays. Tout en prenant note du troisième anniversaire du retrait des forces syriennes du Liban, les membres du Comité ont souligné qu’il était nécessaire pour la communauté internationale de voir un Liban en paix, uni, souverain et indépendant, comme un pré-requis pour la stabilité dans la région, qui ne devrait être basée ni sur la violence ni sur des intimidations externes ou la déstabilisation. Egalement, un appel a été lancé pour le respect des Accords de Taef, et en faveur de la mise en œuvre des recommandations de la Ligue arabe et des résolutions pertinentes des Nations Unies. Une mention spécifique a été faite en ce qui concerne la nécessité de commencer rapidement les activités du Tribunal international pour le Liban, établi par les Nations Unies pour traiter les cas non résolus d’assassinats politiques dans ce pays.

En ce qui concerne la paix et la stabilité dans la région dans son entier, les participants ont souligné que la résolution du conflit israélo-palestinien était cruciale, au sujet de laquelle le Comité a appelé à la mise en œuvre immédiate des Accords d’Annapolis. Les négociations pour une paix durable devraient être basées sur une solution avec deux Etats. Le Comité a lancé un appel pour que la critique situation humanitaire à Gaza soit abordée d’urgence, pour la restauration des institutions politiques légitimes de l’Autorité palestinienne, pour l’arrêt immédiat des attaques et bombardements israéliens sur Gaza qui ont causé des centaines de morts, et pour que les attaques rocket à partir de Gaza sur Israël cessent.

Faisant partie de l’ordre du jour du Comité, les participants ont également examiné les importantes questions de préoccupation pour la Méditerranée avec les thèmes ‘Quelle voie à suivre pour la région méditerranéenne ? Utiliser le Processus de Barcelone comme base pour une plus grande intégration et coopération’ et ‘Promouvoir la paix et la démocratie dans le Bassin méditerranéen : renforcer la compréhension interculturelle au sein et entre les nations’. Les participants ont exprimé l’espoir que l’Union pour la Méditerranée soit un renforcement du Processus de Barcelone, avec la participation des Etats membres de l’UE et des Etats de la côte méditerranéenne n’appartenant pas à l’UE, que la nouvelle Politique de Voisinage européenne maintiendrait l’approche multilatérale dans les relations entre les rivages nord et sud de la mer Méditerranée et que la démocratie et la paix seraient au centre de ce processus. Le Comité a également abordé des thèmes relatifs à la vulnérabilité particulière de la région vis-à-vis du changement climatique et les initiatives prises jusqu’à présent, telles que le Pro- gramme d’investissement ‘zones sensibles’ et l’initiative Horizon 2020, ainsi que des questions relatives aux migrations et à la lutte contre l’immigration illégale et les mafias apparentées. L’Alliance des Civilisation des Nations Unies a été considérée comme une initiative utile, en particulier dans le contexte méditerranéen.

Le Comité a également reçu des rapports de participants sur les situations nationales de pays de la région. En ce qui concerne les derniers développements dans la Méditerranée, le Comité a salué le renouvellement des discussions en Chypre entre les leaders chypriotes turcs et grecs, dans le cadre des Nations Unies et ses décisions, pour préparer de futures négociations pour la réunification de l’île, et déclaré qu’il continuerait de s’engager pour contribuer à ce processus.

Le Comité a adopté la Déclaration de Beyrouth, qui reflète les résultats des discussions.

La veille de la réunion, le 24 avril, les membres du Comité ont eu l’occasion de rencontrer le Patriarche maronite, Son Eminence Nasrallah Boutros Sfeir, le premier ministre Fouad Siniora, et le président du parlement libanais, Nabih Berri.

 


Le lendemain de la réunion, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Beyrouth avec Karim Pakzad, le délégué du Parti Socialiste français à la réunion de l’IS, Walid Jumblatt, au nom du parti hôte et Luis Ayala au nom de l’Internationale Socialiste, ont publiquement dénoncé et protesté contre l’enlèvement et la détention pendant cinq heures de Pakzad l'après-midi d'avant par les membres du Hezbollah. Ils ont à nouveau fait remarquer la nécessité d’assurer que la loi et l’ordre reignent au Liban, qui doit recevoir un plein soutien pour renforcer les institutions légitimes du pays, y compris le gouvernement national, les forces armées et les forces de police.

Participants

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