Second bilan semestriel de l’Internationale Socialiste sur la Gouvernance démocratique pour le développement durable dans une société mondialisée

Tel Aviv et Ramallah - Pour un Moyen-Orient en paix, 23-24 mai 2005

Original: anglais

1. Réaction après le tsunami en Asie

1.1 Le premier semestre 2005 a été dominé par la catastrophe du tsunami en Asie. Environ 300 000 personnes y ont trouvé la mort et plus de 1,5 millions de personnes se retrouvent sans logement et sans emploi. L’Internationale Socialiste transmet ses condoléances et tient à exprimer toute sa compassion aux peuples et gouvernements des pays touchés, ainsi qu’aux familles des victimes en Asie du Sud-est, en Afrique occidentale, en Europe et ailleurs.

1.2 Même si cela semble paradoxal, la catastrophe du tsunami a laissé un message positif. La réaction du monde a montré ce qui peut être fait lorsque chacun décide simplement que la souffrance des autres est intolérable. Cette catastrophe a attiré l’attention du monde entier sur la nécessité d’aider les pauvres. La réaction extrêmement généreuse après cette tragédie a envoyé un message très fort : les citoyens ordinaires des sociétés et états riches soutiennent les aides s’ils en voient clairement la nécessité, et s’ils pensent que les fonds fournis parviennent effectivement aux personnes dans le besoin. L’envergure du soutien aux régions touchées est sans précédent.

 

2. 2005: une année charnière pour la lutte contre la pauvreté

2.1 Ce message est particulièrement important en 2005. Les catastrophes naturelles ne peuvent être évitées. Mais nous pouvons en tirer des leçons, pour minimiser les conséquences d’autres catastrophes. La pauvreté, par contre, n’est pas une catastrophe naturelle. La lutte contre la pauvreté est une question de volonté politique qui doit initier et renforcer les ressources écologiques et l'engagement de la société civile. Aujourd’hui, 1,2 milliards de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour et 28 000 enfants meurent chaque jour de maladies provoquées par la pauvreté. 2005 est une année charnière dans la lutte pour éradiquer la pauvreté extrême jusqu’en 2015, car les dirigeants du monde auront cette année trois grandes opportunités pour prendre des décisions qui pourraient avoir un impact considérable sur les pauvres dans le monde.

2.2 La première opportunité sera le sommet du G8, qui se déroulera en juillet en Ecosse. En 2005, le Royaume-Uni présidera à la fois le G8 et, au second semestre, l’Union européenne. Tony Blair a fait de l’Afrique une priorité dans les deux cas. L’Internationale Socialiste se réjouit de cette décision. Les difficultés auxquelles l’Afrique est confrontée sont complexes. Elle a besoin de plus d’aide et d’un meilleur accès aux marchés du monde, notamment aux marchés agricoles où les produits africains pourraient être concurrentiels si les subventions des pays riches étaient réduites. Si la communauté internationale n’agit pas, l’Afrique prendra de plus en plus de retard, des millions de personnes succomberont au Sida et à d’autres maladies évitables, et des centaines de millions d’Africains vivront dans la pauvreté la plus abjecte.

2.3 Dans ce contexte, l’Internationale Socialiste se réjouit du rapport de la Commission sur l’Afrique créée par le Premier ministre britannique Tony Blair et à son appel à l’action. Cette Commission a été créée pour réagir face aux changements positifs qui se manifestent sur le continent africain, comme le rôle de leader de l’AU et de NEPAD, et pour préparer des recommandations claires à faire au G8, à l’UE et à d’autres pays riches, ainsi qu’aux pays d’Afrique. Le rapport de la Commission est basé sur une analyse de l’origine des problèmes de l’Afrique, et des actions nécessaires pour apporter une évolution. Il propose une stratégie complète et des actions qui devront être mises en œuvre ensemble pour avoir du succès. La gouvernance et la sécurité sont des aspects majeurs des propositions, accompagnées de tout un ensemble de mesures d’investissement dans les personnes, pour créer la croissance et réduire la pauvreté. Pour cela, il faudra des ressources beaucoup plus importantes. Le rapport propose d’augmenter l’aide de 25 milliards de dollars par an d’ici 2010 et de 25 milliards supplémentaires d’ici 2015. Ensuite, la Commission souhaite que 25 milliards de dollars soient générés au sein de l’Afrique. Le rapport déclare que l’on devrait entamer des négociations sur un traité portant sur le commerce international des armes d’ici 2006 et qu’une aide devrait être fournie pour aider les sociétés et états africains à résoudre et prévenir les conflits. On devrait fournir un financement pour former un million de médecins et d’infirmières d’ici 2015, des fonds supplémentaires pour fournir une éducation de qualité à tous les enfants, et investir dans des projets d’infrastructure comme les routes et les aéroports. On devrait fournir 10 milliards de dollars supplémentaires par an pour contribuer à prévenir, traiter et soigner les personnes séropositives et atteintes du Sida. Le rapport contient également des propositions pour développer le commerce et annuler 100% de la dette de l’Afrique sub-saharienne. Si ces recommandations sont adoptées, d’après la Commission, l’Afrique deviendra un partenaire plus égal dans la communauté internationale. L’Internationale Socialiste demande au G8 de répondre à l’appel de la Commission sur l’Afrique.

2.4 En septembre, une assemblée spéciale des Nations Unies, MDG +5, sera convoquée pour parler des progrès vers la conformité aux objectifs de développement définis en l’an 2000. Ces objectifs, qui incluent la réduction de moitié du nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour et l’accès universel des enfants à l’éducation primaire, avaient été convenus il y a cinq ans par 189 pays. Des progrès ont été faits, mais la communauté internationale a pris du retard par rapport aux objectifs pour 2015. L’IS exprime son espoir comme quoi le sommet contribuera à catalyser le soutien de la communauté internationale à un grand accord entre la réduction de la pauvreté et la sécurité dans le monde. Elle demande aux pays riches comme aux pays pauvres de s’engager à réaliser des réformes et à faire de vrais efforts pour éradiquer la pauvreté dans les pays en développement par le biais de concessions commerciales et de réductions de la dette, ainsi que par le biais d’une assistance des pays développés - autant de mesures qui ont été promises. En parallèle avec le Panel de haut niveau du Secrétaire général sur les menaces pour la sécurité, ceci offre au monde entier un nouveau départ sur ce programme critique et interdépendant : la sécurité et le développement.

2.5 Dans ce contexte, l’Internationale Socialiste se réjouit et soutient l’annonce faite par le chancelier allemand Gerhard Schröder au Forum économique mondial de Davos, comme quoi l’Allemagne est prête à soutenir la proposition d’augmentation des fonds nécessaires pour respecter les objectifs de développement définis en l’an 2000 par l’intermédiaire d’une Structure internationale de financement pendant la présidence britannique du G8. Il soutient également la taxation sur les transactions financières spéculatives transfrontalières. L’Internationale Socialiste demande aux gouvernements des pays les plus riches du monde de prendre des mesures décisives pour augmenter de manière importante les ressources stables et prévisibles destinées au financement du développement, en mettant un accent particulier sur les programmes visant à aider les pays les plus pauvres à atteindre les Objectifs de développement définis en l’an 2000. L’IS leur demande également de coopérer pour développer des stratégies novatrices pour la mobilisation des ressources. A cet égard, l'IS souligne que l'aide militaire fiscale donnée par les pays hautement développés ne peut pas compter comme aide au développement.

2.6 L'IS insiste sur le rôle des multinationales, en particulier les compagnies pétrolières, dans les déséquilibres mondiaux, notamment en Afrique. Tout ce qui est possible doit être fait pour lutter contre ces déséquilibres en matière de ressources entre les pays concernés, et contre la corruption incitée par ces compagnies.

2.7 La Sixième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce se tiendra à Hongkong en décembre pour parler de la réglementation et des normes commerciales internationales. La libéralisation des échanges a le potentiel de tirer 300 millions de personnes de la pauvreté ; les décisions prises par l'OMC peuvent donc avoir un impact important sur les pauvres. L’Internationale Socialiste demande à toutes les parties de ne pas manquer à leurs engagements aux termes de l’accord cadre de OMC du 31 juillet 2004 et de trouver les compromis nécessaires pour conclure, avant Hongkong, la série de négociations de Doha sur le développement. D’autres concessions sont désormais nécessaires pour faire de la série de Doha une véritable ‘Série du développement’.

 

3. La réforme des Nations Unies - Pour un nouveau programme international

3.1 Peu après la dernière réunion du Conseil de l’IS à Johannesburg en novembre 2004, le Rapport du Panel de haut niveau de l’ONU sur les menaces, défis et changements (UN-HLPTCC) a été présenté au Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et au grand public. Il a formé les bases d’un rapport du Secrétaire-Général en mars 2005 et sera à l’ordre du jour du sommet des dirigeants mondiaux qui se déroulera à New York en septembre 2005. La réforme du système des Nations Unies redevient une priorité urgente. Comme indiqué dans son exposé de position " Réformer les Nations Unies - Pour un nouveau programme international ", l’Internationale Socialiste soutient les principales recommandations du rapport UN-HLPTCC et du rapport du Secrétaire-Général mais, reconnaissant ses limites, souhaite aller plus loin en définissant d’autres objectifs et grandes actions.

3.2 Le rapport du Groupe de personnalités de l'ONU sur les Menaces, les Défis et le Changement a servi de base à un rapport du Secrétaire-Général intitulé 'Dans une liberté plus grande: développement, sécurité et respect des droits de l'homme pour tous'. Le rapport du Secrétaire-Général propose un agenda qui sera discuté lors du sommet qui se déroulera à New York en septembre 2005 pour faire un bilan des progrès réalisés depuis l'adoption de la Déclaration du Millénaire. Selon le message principal contenu dans ce rapport, les objectifs de la déclaration peuvent être réalisés, mais seulement si les Etats membres expriment la volonté d'adopter un ensemble de décisions spécifiques et concrètes cette année. L'IS accueille favorablement ce rapport car il constitue avant tout un ferme appel contre l'unilatéralisme et un encouragement au multilatéralisme sous l'égide des Nations Unies. La citation suivante de ce rapport résume l'appel de Kofi Annan: "Dans un monde où les dangers et les problèmes sont liés entre eux, tous les pays ont intérêt à ce que des mesures efficaces soient prises face à tous les dangers et problèmes. Une liberté plus grande exige donc une coopération étendue, poussé et continue entre les États, possible si chaque État garde à l’esprit, dans ses politiques, non seulement les besoins de ses propres citoyens mais aussi ceux des citoyens des autres pays."

3.3 L'Internationale Socialiste soutient l'agenda proposé par Kofi Annan parce qu'il contient des décisions politiques et des réformes qui peuvent être mises en œuvre si la volonté politique peut être recueillie. Le rapport est divisé en quatre sections. Les trois premières établissent des actions prioritaires dans les domaines du développement, de la sécurité et des droits de la personne, tandis que la dernière traite des institutions mondiales - principalement des Nations Unies, qui doivent être, selon la Déclaration du Millénaire 'un instrument plus efficace' pour poursuivre ces priorités. La première partie, intitulée 'Vivre à l'abri du besoin', propose des décisions spécifiques pour la mise en œuvre du contrat établi il y a trois ans à Monterrey, entre les pays développés et les pays en développement.

Dans la deuxième partie du rapport, intitulée 'Vivre à l'abri de la peur' il est demandé à tous les Etats d'accepter un nouveau consensus en matière de sécurité, selon lequel ils s'engagent à traiter toute menace contre l'un d'entre eux comme une menace contre tous, et de travailler ensemble pour empêcher le terrorisme catastrophique, mettre un terme à la prolifération des armes mortelles, et aux guerres civiles, et construire une paix durable dans les pays déchirés par la guerre.

Dans la troisième partie, intitulée 'Vivre dans la dignité', il est fermement recommandé à tous les Etats d'accepter de renforcer la suprématie du droit, des droits de la personne et de la démocratie de manières concrètes. La partie finale du rapport sur le renforcement des Nations Unies, établit des propositions pou faire de l'ONU un instrument au travers duquel tous les Etats membres peuvent s'accorder sur des stratégies décrites dans les trois premières parties, et s'entre aider à les mettre en œuvre. Les recommandations faites par le rapport comprennent le remplacement de la Commission des droits de l'homme par un Conseil supérieur des droits de l'homme, la mise en place d'une commission de consolidation de la paix, le renforcement du Conseil économique et social, un engagement en faveur d'un calendrier pour augmenter l'aide officielle au développement à 0.7 pour cent du produit intérieur brut d'ici à 2015, ainsi que l'annulation de la dette des pays hautement endettés.

3.4 Les récents problèmes au niveau de la sécurité et de l’environnement rendent la réforme de l’ONU encore plus urgente, mais ils ne devraient pas éclipser les autres questions pertinentes : le développement durable, la justice sociale et la démocratie. De même, le débat sur cette réforme ne devrait pas se limiter à la réforme du Conseil de sécurité. Ce qui est en jeu est le lancement d’un processus de réforme du système général de l’ONU en vue d’encourager un nouveau programme international et de bâtir un nouvel ordre mondial basé sur le multilatéralisme, le respect de la loi, la paix et la justice sociale. Le rapport de Kofi Annan donne un poids et une attention égaux aux trois grands objectifs de l'ONU: le développement, la sécurité et les droits de la personne, qui doivent tous avoir pour base la suprématie du droit. L'IS accueille favorablement cette stratégie complète. Elle souligne que l'humanité ne jouira pas de la sécurité sans le développement, qu'elle ne jouira pas du développement sans la sécurité et qu'elle ne jouira pas de la sécurité sans le respect des droits de la personne.

3.5 Pendant son XXIIe Congrès à Sao Paulo en octobre 2003, l’Internationale Socialiste a souligné la nécessité de créer un nouveau Conseil de sécurité des Nations Unies pour les questions économiques, sociales et environnementales - un Conseil pour le développement durable. Ce Conseil doit pouvoir améliorer la coordination entre les politiques économiques, financières, sociales et environnementales internationales. Des catastrophes telles que le tsunami en Asie démontrent qu’un tel Conseil de sécurité est nécessaire. Des événements tragiques comme celui-ci doivent être considérés comme une opportunité et une raison de s’engager à mieux organiser et coordonner les actions en cas de catastrophe. La réaction face à de tels événements peut uniquement être internationale.

 

4. L’évolution du climat

4.1 L’Internationale Socialiste a plusieurs fois attiré l’attention sur la menace de l’effet de serre. Les signes des impacts et risques de l’évolution du climat sont inquiétants. Selon le Panel intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC), les études scientifiques les plus récentes suggèrent que les émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre feront augmenter les températures moyennes de 1,4 à 5,8 degrés centigrades d’ici la fin du siècle. Ces émissions modifieront également les phénomènes météorologiques, les ressources en eau, le cycle des saisons, les écosystèmes et les événements climatiques extrêmes. Les chercheurs ont déjà détecté de nombreux signes avant-coureurs de l’effet de serre, notamment la fonte des glaciers et de la glace de l’Arctique et de l’Antarctique, ainsi que l’amincissement de la couche de glace sur les lacs et les rivières. Le Panel intergouvernemental sur l’évolution du climat attire notre attention sur le fait que la fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes pourraient augmenter.

4.2 L’Internationale Socialiste se réjouit donc beaucoup de l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en février 2005. L’utilisation novatrice de mécanismes du marché dans ce protocole pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre permettra de rédiger un nouveau chapitre dans l’histoire des accords environnementaux. Le Protocole définit également un solide système de soutien pour le développement durable dans les pays en développement, par exemple par l’intermédiaire du Mécanisme de développement propre. L’Internationale Socialiste observera attentivement ces processus et demande aux gouvernements concernés d’assurer leur réussite. A plus long terme, le défi est d’encourager l’utilisation de sources d’énergie pauvres en carbone, de technologies émettant peu de gaz à effet de serre et de sources d’énergie renouvelables. Dans les pays développés comme dans les pays en développement, il faut adopter des stratégies de développement plus respectueuses du climat.

 

5. La décennie de l’ONU pour l’éducation sur le développement durable (2005-2014)

L’Internationale Socialiste se réjouit du lancement de la Décennie de l’ONU pour l’éducation sur le développement durable en mars 2005. L’éducation comme base du développement durable a été réaffirmée au Sommet de Johannesburg. Le Plan de mise en œuvre de Johannesburg établit les liens entre les Objectifs de développement définis en 2000 pour l’éducation primaire universelle des garçons et des filles, mais surtout des filles, et l’Accord cadre de Dakar sur l’éducation pour tous. La création d’un système d’éducation prenant en compte les deux sexes, à tous les niveaux et de tous les types (éducation formalisée, non formalisée et informelle) pour atteindre tous les enfants, est soulignée comme un élément crucial de l’éducation sur le développement durable. L’éducation est reconnue comme un outil pour résoudre des problèmes importants tels que la création d'emplois, le développement rural, la santé, la participation de la communauté, la séropositivité/le Sida, l’environnement et les questions éthiques/légales telles que les valeurs humaines et les droits de la personne humaine. Cette Décennie est axée sur l’éducation sur le développement durable dans toutes les parties du monde, dans les pays en développement et développés, en mesure égale. L’Internationale Socialiste souligne que les messages de développement durable, en tant que préoccupation internationale, sont tout aussi urgents dans les pays développés que dans les pays en développement. L'IS lance un appel à tous les pays afin qu'ils préparent leur propre plan d'action sur l'Education pour le développement durable. L’impact de la surconsommation et des modes de vie qui favorisent le gaspillage prouvent qu’il est nécessaire d’accorder une plus grande importance à l’éducation sur le développement durable.

 

6. La décennie de l’ONU pour l’eau et la vie

L’Internationale Socialiste se réjouit de la proclamation de la période entre 2005 et 2015 comme la Décennie internationale de l’action " L’eau et la vie ". Les objectifs de cette décennie devraient être d’accorder une plus grande priorité aux questions relatives à l’eau, à tous les niveaux, et à la mise en œuvre de programmes en rapport avec l’eau, tout en cherchant à garantir la participation des femmes aux efforts de développement au niveau de l’eau, et le développement de la coopération à tous les niveaux, afin d’aider à atteindre les objectifs convenus au plan international en relation avec l’eau, que l’on trouve dans:

• l’Agenda 21

• le Programme pour la seconde phase de mise en œuvre de l’Agenda 21

• la Déclaration de l’ONU en l’an 2000

• le Plan de mise en œuvre de Johannesburg

 

7. Beijing + 10

La recherche de l’égalité des sexes est cruciale pour le développement durable. Un consensus international s’est formé autour de l’idée que la responsabilisation des femmes est l’outil le plus efficace pour le développement et la réduction de la pauvreté, et comme quoi il est possible de surmonter les derniers obstacles pour atteindre l’égalité des sexes. Le droit fondamental des femmes à l’égalité a été affirmé et réaffirmé de nombreuses fois par les gouvernements dans des traités internationaux, des déclarations et conférences, ainsi que dans les constitutions nationales. Malheureusement, une réunion de deux semaines en mars 2005 pour évaluer les progrès réalisés depuis l’adoption de la Déclaration de Beijing et de la Plate-forme d’action il y a dix ans s’est conclue en soulignant qu’il était nécessaire que les gouvernements fassent plus pour atteindre l’égalité des sexes et faciliter la progression des femmes. Cette analyse attire l’attention sur les nombreux domaines où l’égalité des femmes n’est pas encore une réalité : la violence contre les femmes dans le monde n’a pas diminué, y compris dans les conflits armés ; les femmes sont plus nombreuses à souffrir de séropositivité et du Sida ; les femmes ne sont pas égales face à l’emploi ; elles manquent de droits à la santé sexuelle et reproductive et la loi ne leur donne pas de droits d’accès égaux aux terres et aux biens, pour n’en citer que quelques-uns. L’Internationale Socialiste demande aux gouvernements du monde entier de respecter les engagements pris il y a dix ans en matière d’égalité des sexes.

 

8. L'Alliance des civilisations

L'Internationale Socialiste a adopté la proposition de l'Alliance des civilisations entre le monde occidental et le monde arabe, avec la conviction que le dialogue, le respect des différences et l'application universelle des droits de la personne doivent être une caractéristique de toutes les relations humaines. Dans le cadre des Nations Unies, une série de mesures concrètes dans les domaines politique, culturel, économique et sécuritaire a été adoptée, qui contribue à rassembler les civilisations. En bref, nous soutenons le Plan d'action multilatéral qui améliore la compréhension d'une façon concrète et qui accepte les citoyens tels qu'ils sont, et non pas simplement comme membres d'une religion ou d'une culture déterminée.

 

9. Elections en Ukraine, en Palestine et en Irak

9.1 L’Internationale Socialiste envoie ses félicitations aux Ukrainiens, aux Palestiniens et aux Irakiens pour avoir mené un processus de réforme politique. L’Internationale Socialiste exprime son soutien pour la mise en œuvre progressive du programme démocratique des peuples de ces pays après les élections - il s’agit d’une condition préalable fondamentale pour bâtir des sociétés et Etats démocratiques. L'IS exprime également son soutien aux forces démocratiques au Liban dans leur volonté de réaffirmer la démocratie, la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité constitutionnelle de leur pays pour la tenue d'élections libres, justes et transparentes au mois de mai.

9.2 L'IS enregistre avec satisfaction l'évolution du processus démocratique dans certaines régions du monde. L'IS souhaite exprimer son soutien à tous les peuples, qui ont réalisé d'une manière indépendante et autonome un processus qui leur a permis d'organiser des élections libres et transparentes.

 

10, 5e Forum social mondial à Porto Alegre

10.1 Le 5e Forum social mondial (WSF) qui s’est déroulé à Porto Alegre en janvier 2005 a dépassé, une fois de plus, la considérable envergure de ses prédécesseurs. L’Internationale Socialiste a organisé une série d’événements dans le contexte du WSF. En vue de soutenir les efforts du Président " Lula ", le Président Lagos et le Premier Ministre Zapatero contre la faim et la pauvreté, une réunion spéciale a été organisée par l’IS sur " L’action de l’Internationale contre la faim et la pauvreté : Recherche de nouveaux mécanismes de financement du développement ". Le Président de l’IS, Antonio Guterres, a également présenté la première version d’un exposé de position rédigé par l’Internationale Socialiste sur la réforme des Nations Unies en vue d’en débattre. L’Internationale Socialiste se réjouit de l’existence du WSF, seul point de rencontre très en vue pour les groupes qui critiquent la mondialisation, et forum de débat et d’échange politique avec eux.

10.2 Le Forum progressiste mondial, initiative conjointe de l'IS, du PSE et de son groupe parlementaire, a organisé avec succès un séminaire sur la 'Dimension sociale de la mondialisation' avec la Confédération internationale des syndicats libres (ICFTU), la Confédération européenne des syndicats, la Confédération mondiale du travail, Solidar, Social Alert, ainsi que des membres de la commission mondiale de l'OIT sur les dimensions sociales de la mondialisation. Une multitude de participants et l'ONG ont participé au séminaire. Une déclaration (ouverte à signature) a été lancée par les initiateurs du séminaire. (www.Globalprogressiveforum.org)

Parmi les questions prioritaires dans l’ordre du jour politique à Porto Alegre, citons la réforme des Nations Unies, la lutte contre la pauvreté, la paix et surtout la question de l’eau. Pour augmenter la pression sur les politiciens avant différentes conférences internationales cette année, de nombreuses ONG se sont jointes à l’Appel international à l’action contre la pauvreté. Il entend encourager une coordination plus efficace et une meilleure visibilité de plusieurs activités, par exemple la campagne " échanges commerciaux ", la campagne " éducation " et la campagne contre la séropositivité/le Sida. Le Président Lula, qui s’est exprimé à Porto Alegre en tant qu’" invité " de cette initiative, a encouragé les ONG à utiliser l’Appel international pour lancer plus d’activités en vue d’atteindre les Objectifs de développement définis en l’an 2000. Un thème très important à Porto Alegre était la campagne contre la privatisation de l’eau. L’an prochain (2006), le Forum sera " régionalisé " et en 2007 le Forum sera organisé en Afrique.

 

 

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