Réuniondu Comité de l'IS pour l'Amérique latine et la Caraïbe, Buenos Aires

11-12 juin 2001

VERS L'APPROFONDISSEMENT DE LA DEMOCRATIE

Original: espagnol

Dans ses deux documents approuvés lors de la réunion de la Jamaïque, le Comité de l'Internationale Socialiste pour l'Amérique latine et la Caraïbe a traité de la nécessité de promouvoir la solidarité dans le cadre du changement global et de l'engagement social-démocratique pour la défense de la démocratie.

Lors de la présente réunion, on a voulu étudier le thème de l'approfondissement de la démocratie, à travers l'analyse de politiques et de stratégies communes afin d'arriver à une société qui offre des opportunités à tous et garantit la paix et la sécurité. Ces opportunités sont liées aux thèmes que nous allons examiner ci-dessous.

L'ETAT

Deux préalables définissent la possibilité d'être un Etat: l'autodétermination au sein de l'ordre international et son autonomie dans le domaine interne qui permet le plein exercice de la capacité de décider des priorités nationales, et des politiques et des stratégies pour leur réalisation. C'est le sens contemporain de la souveraineté nationale.

Ce n'est pas seulement un système de gouvernement: il englobe l'ensemble du domaine institutionnel, c'est-à-dire les institutions même qui le structurent et ont le pouvoir de décider en son nom, principalement ou secondairement, et au nom de la collectivité gouvernée car le pouvoir et la société sont indissociables.

Sur le plan historique, l'acceptation de l'Etat a rencontré un consensus très général: l'anarchie radicale a été repoussée, mais on a inclus des conceptions marxistes différentes qui admettaient les possibilités offertes par les revendications populaires, même si on rejetait la contradiction entre la proclamation de principes liés à la liberté et la justice et l'exploitation inhumaine des concepts économiques.

Bien entendu, il y a eu des alertes résultant de la domination de l'Etat par la bureaucratie, de la nécessité de renforcer le Parlement, le seul instrument capable de la contrôler et d'éviter que la classe bourgeoise n'absorbe toute la société, en l'assimilant à son niveau culturel et économique et en déformant ainsi la fonction étatique afin de justifier et maintenir sa domination par l'acceptation de ses thèses par les groupes subordonnés.

Actuellement, il semblerait que les "groupes subordonnés", se trouvent face à un nouveau processus dans lequel les "groupes dominants" ne se soucient pas d'obtenir certains équilibres qui rendraient son hégémonie tolérable, mais essaient, avec les thèses à la mode, d'affaiblir l'Etat pour arriver à en faire le gérant de leurs propres intérêts et d’obtenir qu'il abandonne l'accomplissement de ses missions essentielles.

A vingt ans du début du processus généralisé de restauration démocratique en Amérique latine, nous trouvons aujourd'hui la région en proie à des problèmes complexes qui, loin d'être résolus, augmentent d'une façon préoccupante. Le principal problème est celui de la marginalisation et de la pauvreté : des millions d'hommes, de femmes et d'enfants vivent dans un Etat de misère qui les pousse de plus en plus en dehors du système et les transforme en une masse humaine privée des droits les plus élémentaires que doit leur offrir la démocratie.

Les conquêtes sociales qui ont permis de rendre sa dignité au travail humain et de donner aux citoyens la possibilité de vivre de leur activité et, en même temps de se sentir les acteurs d'un projet national avec un futur prévisible, ont été détournées dans différents pays du continent par le mot d'ordre: "un Etat minimum". Ainsi, l'Etat - qui était effectivement inefficace - est devenu un Etat irresponsable. Irresponsable envers les pauvres, envers les malades, envers les ignorants, envers les marginaux, envers les vieux et envers les jeunes. Affaibli par le néo-libéralisme, l'Etat s'est trouvé à la merci de pouvoirs factices qui lui imposent leurs conditions sectorielles et qui finissent par le dévorer. Si c’était auparavant un Etat fort, c’est maintenant un Etat sans défense.

Le fondement idéologique du néo-libéralisme est que ceci est un passage nécessaire pour atteindre la croissance économique et finalement le bien-être général. Comme s'il s'agissait de lois économiques naturelles, inamovibles, impossibles à modifier.

Cependant, soumettre le présent ou le futur prévisible à des fins aussi éloignées qu'improbables, conduit inévitablement à des formes cruelles de sacrifice humain qui plus tard ou simultanément amènent la fin de la paix sociale. Une société est constituée de maillons de solidarité, d'intégration, de créativité, de pluralisme, de connaissance et d'autres valeurs auxquelles on ne peut pas porter atteinte sans courir le risque grave de la désintégration sociale, qui n'est rien d’autre que la perte d'appartenance à une société, à sa culture et à son propre temps.

Il existe également une conception éthique qui considère que l'Etat doit protéger l'individu contre l'action conjointe du pouvoir économique, la société contre l'action conjointe des masses si le fait de les actionner dépasse la légalité. C'est la protection contre les fondamentalismes, contre les extrémismes, contre les populismes.

L' "Etat minimum" a été présenté à la société comme un exemple d'efficacité, anti-bureaucratique qui aspire au progrès, le fondamentalisme économique a éliminé ces droits d’une rature et a laissé désarmées des millions de personnes qui n'aspiraient qu'à vivre dans la dignité, c'est-à-dire à s'alimenter, s'instruire, se loger et de posséder une garantie pour leur santé. Le bien commun, en tant que valeur intrinsèque de la démocratie, a été abandonné pour un dieu païen du nom de marché sauvage qui ne fait rien pour résoudre les problèmes sociaux et ne prend des décisions correctes pour le développement que de façon hasardeuse.

Il faut reconstruire l'Etat afin qu'il soit en mesure de remplir ses objectifs et d'apporter des réponses aux problèmes les plus aigus auxquels doivent faire face nos sociétés. Une fois récupérée la garantie du respect des droits de la personne de la première génération, il faudra se concentrer sur les droits de la seconde: l’alimentation et la santé pour tous et l’éducation sans laquelle il est impossible de penser au futur car elle joue un rôle central dans la construction d'une société démocratique, solidaire et moderne. De l'éducation dépend d'abord le développement d'une culture démocratique, et ensuite la formation d'hommes et de femmes capables d'apporter des réponses aux défis croissants des changements et aux systèmes de production de plus en plus complexes. Il s'agit donc d'éduquer à la liberté et d'éduquer au changement. Aider à former des êtres libres et responsables, capables en plus de faire face aux nouvelles formes de travail et de coexistence imposées par notre époque.

Il faut aussi comprendre que ces deux objectifs sont liés et ne peuvent pas être abordés séparément. La démocratie comme culture et comme ordre institutionnel, a besoin d'assurer sa propre continuité en s'appuyant sur des bases de développement et de progrès. Ces bases ne peuvent se construire d'une façon authentique que dans un régime de liberté laissant une large place à l'innovation et à la créativité individuelle.

C'est pourquoi, les autoritarismes, bien qu'ils prétendent conduire à des processus de changement, finissent par empêcher le développement des aptitudes requises par l'évolution constante du monde.

Un autre thème qui nous préoccupe principalement est celui de la gouvernabilité. Il y a une façon restreinte et détournée de la comprendre, qui la limite au contrôle des revendications économiques et sociales face aux demandes considérées comme impossibles à satisfaire. Dans cette perspective, qui s'exprime dans la politique comme dans le domaine académique et culturel, le désaccord est une menace, quelque chose qui doit être supprimé. On impose ainsi une politique de confrontation.

Curieusement, cette conception étroite de l'Etat, prétendument gardien de la discipline et d'une fallacieuse harmonie sociale, basée sur de faux consensus qui détruisent les convictions et les idéaux a adopté et contribué à générer les déséquilibres les plus importants et les plus graves de nos structures sociales, productives, mais aussi de nos intégrités nationales.

Les citoyens sont les véritables protagonistes de la gouvernabilité. Sans citoyenneté et sans la plénitude des droits il n'y a pas de gouvernabilité durable. C'est ce que ne comprennent pas et n'acceptent pas les fondamentalistes des marchés, dont certains consultants ou technocrates. Les citoyens, en tant qu'utilisateurs, consommateurs, producteurs, travailleurs, entrepreneurs et professionnels, ne peuvent pas rester éloignés des décisions qui ont des conséquences significatives sur la qualité de leurs vies et sur le fonctionnement, les objectifs et les valeurs de la société.

La non-gouvernabilité éventuelle découle de l'intention de maintenir de larges couches de la population en marge de la prise de décision et de leurs conséquences pratiques et quotidiennes. Les citoyens deviennent "ingouvernables" lorsqu'ils réalisent qu'ils ne sont que des instruments passifs écartés des décisions prises par d'autres, tandis que les dirigeants d'une classe s'opposent à eux en formant des élites fermées, et qu’ils sont alors transformés en une "masse".

Pour la pensée néo-conservatiste, un système est ingouvernable lorsqu'il est soumis à une trop forte demande. Un exemple en est donné par la recherche de la participation et de l'égalité des chances, deux composantes claires de la démocratie selon notre concept. Pour les secteurs progressistes au contraire, la gouvernabilité est liée à la possibilité réelle de concrétiser leurs programmes en privilégiant l'éthique et la politique plutôt que l'économie, et de pouvoir concrétiser simultanément la liberté et l'égalité.

D'un autre point de vue, il existe deux problèmes de gouvernabilité qui sont généralement étroitement liés entre eux. Le premier est résolu si la politique est plus forte que les lobbys des entreprises et si nous sommes capables de contenir les demandes impossibles à réaliser à court terme bien qu'elles soient légitimement souhaitées.

Le droit aux libertés individuelles est relatif si nous cessons de nous préoccuper de l'égalité. Une égalité politique qui suppose la distribution économique et la distribution de la connaissance. Il est impossible de séparer la liberté de l'égalité. L'erreur des théories néo-libérales est de penser que c'est possible. Non seulement elles ne voient pas la nécessité de fournir les conditions permettant de faire du droit à la liberté un droit effectivement égal pour tous, mais elles pensent qu'il ne faut pas viser les deux idéaux simultanément car ils se détruisent mutuellement. Nous savons bien pourtant - et nous le savons parce que la réalité ne nous laisse pas l'oublier -, qu'il ne suffit pas de proclamer et d'assurer constitutionnellement avec des lois positives la liberté civile et politique des citoyens.

Il faut lancer des réformes institutionnelles facilitant l'obtention de consensus suffisants pour garantir la coexistence, en établissant surtout les limites de l'égalité qui peuvent être tolérées car elles ne portent pas atteinte à la dignité humaine et montrent le chemin vers l'égalité en matière de pouvoir politique. Elles constituent par elles-mêmes un programme, ou si l’on veut, elles déterminent un calendrier politique par la recherche permanente de leur juste réalisation.

En tant que garant du fonctionnement approprié des règles du jeu démocratique et en tant que canalisateur et promoteur de la participation des citoyens, le rôle de l'Etat est fondamental, particulièrement dans une étape de consolidation démocratique comme celle que vivent nos sociétés.

LES PARTIS POLITIQUES

Pendant des siècles, le grave problème que les démocrates ont eu à résoudre était celui de la dimension : trouver la façon d'appliquer la théorie à l'échelle d'une grande nation. De cette recherche est née la représentation politique.

Il faut ajouter que le système de représentation n'empêche pas l'existence de formes directes de participation, lorsque ce système ne peut pas résoudre certains problèmes qui, compte tenu de leur importance, nécessitent une déclaration générale.

On a une vision correcte du danger de la représentation, lorsqu'elle se transforme en un système de pactes avec les pouvoirs économiques. Il est vrai, aussi qu'actuellement certains prévoient, influencés par les idées néo-conservatrices, la nécessité de voter pour des personnes considérées en tant qu'individus et non pas pour des partis ni pour des programmes.

Le système des partis doit répondre de la façon la plus authentique et la plus féconde aux transformations culturelles et aux demandes sociales.

Il est essentiel de comprendre que les partis politiques doivent faire partie d'un tout et ne doivent pas être enfermés dans des compartiments étanches où le dialogue propre à l'action politique ne serait pas viable. Il faut enfin comprendre que la politique est dialogue. Autrement elle serait violence.

Le processus actuel de décadence s'est accompagné d'une détérioration des instruments de la représentation. Les sociétés ressentent aujourd'hui un malaise croissant face à la politique et aux partis politiques, qui ne sont pas vus comme des outils capables d'exprimer leurs intérêts et leurs demandes. Le manque de confiance envers les politiques résulte du désenchantement propre issues des crises prolongées mais aussi des scandales de la corruption.

La démocratie exige "une morale interne de droit". Elle a besoin de généralité, de publicité et de clarté, mais aussi de concordance entre l'action officielle et les contenus des règles. Cette concordance peut être affectée entre autres, par la corruption, le préjudice et la tendance au pouvoir personnel. Une organisation politique au sein de laquelle les agents du pouvoir, bien qu'élus par le peuple, exercent ce pouvoir pour s'enrichir et non pour servir, et où la corruption et le détournement de fonds règnent et dans laquelle ces agents agissent en fonction d'intérêts non institutionnels, n'est pas une démocratie dans le sens indiqué ci dessus et constitue donc un obstacle important pour le développement.

La démocratie doit être un système qui ne soit pas auto-destructeur et qui n'incite pas ou n'invite pas à sa destruction, en faisant apparaître en permanence des carences ou des vices qui augmentent ses faiblesses et érodent la crédibilité des dirigeants. Avant chaque faiblesse ou déformation grave dans la gestion et les procédures, doit intervenir le mécanisme correctif que seul l'Etat de droit peut assurer.

D'un autre côté, il y a de plus en plus de groupes ostensiblement anti-démocratiques qui affirment que les techniciens doivent abandonner leur rôle de simples conseillers des politiques, et de ce fait déterminer indépendamment le calendrier des résolutions de l'Etat, parce qu’il est inconcevable et insupportable de dépendre de ceux qui n’ont pas les connaissances suffisantes des aspects de plus en plus complexes de la réalité.

On a critiqué les accords entre les différents partis politiques qui, dit-on, peuvent diluer les principes de chacun d'eux et aboutir à des définitions ambiguës.

Le problème a différentes caractéristiques: les accords entre les partis commencent à devenir nécessaires, pour obtenir l'efficacité indispensable à la défense des composantes démocratiques de l'institutionnalisme qui sont dépassées par l'influence des secteurs économiques plus importants et par les moyens de diffusion à leur service.

Il doit être clair que le système de représentation n'exclut pas les formes de démocratie directe, et ne permet pas la recherche de consensus qui détruisent des projets politiques fondamentaux. Il n'y a pas de société démocratique sans désaccord.

L'exercice de la démocratie doit dépasser les niveaux très restreints de la décision gouvernemental, pour atteindre ceux de la vie quotidienne, par une recherche commune de solidarité, de rationalité, et de créativité, pour répondre aux différentes urgences auxquelles nous devons faire face. Les décisions doivent résulter de consultations articulées en partant des niveaux les plus élémentaires pour arriver aux plus complexes par l’intermédiaire d’une chaîne ininterrompue de discussions et de contrôle des citoyens.

De cette façon, la société démocratique ne sera pas une société anarchique ni chaotique. C'est au contraire la seule façon de préserver les valeurs de base qu'elle a instauré, et la seule qui évitera de se heurter à l'impossibilité de gouverner.

C'est la société qui rejette les points négatifs irréductibles, qui répudie les oppositions destructives, et dépasse les anciennes antinomies dans l'espace commun "du public". C'est de là que peut se développer l'activité privée avec confiance et avec des expectatives favorables et de là que les secteurs et les groupes sociaux mis à l'écart peuvent espérer une amélioration de leur situation et profiter des opportunités de progresser.

Un autre principe à affirmer par la politique est celui de l'intégration. La démocratie n'est pas possible sans le contrôle en toute liberté des acteurs sociaux sur le pouvoir politique.

L'exclusion qui résulte en général de problèmes liés à l'extrême pauvreté, est pire que l'ostracisme politique et détruit l'estime de soi.

Pour éviter l'exclusion, il faut élargir le concept de citoyenneté en modifiant d'une façon drastique les mesures relatives à l'action et en cherchant à concrétiser la justice sociale.

Mais il existe d'autres formes plus subtiles d'exclusion, qui ne résultent pas de la pauvreté, mais de la perte des marques de référence qui peuvent entraîner une désorientation extrême et une crise morale. Le rétrécissement du cadre politique ou la croyance en son inutilité, puisqu'on prétend que le marché résout tout, la croissance complexe de la société qui élimine le débat public puisque que les critères de décision deviennent techniques, dégradent les libertés démocratiques car elles seraient inutiles pour traiter les problèmes sociaux aigus.

Si la politique se limitait à l'administration, au lieu d'essayer de résoudre les problèmes du présent et de discuter du futur, la démocratie aurait tendance à disparaître à cause de l'absence de dialogue et de l'absence de contrôle sur le pouvoir, dans la mesure où les problèmes complexes seraient résolus par les techniciens sans en débattre, et que les citoyens s'occuperaient de leurs affaires personnelles sans aucune notion d'appartenance ni de responsabilité, et sans se sentir liés à une culture et à une histoire.

Nous savons qu'il n'y a pas d'entreprise nationale sans peuple, mais il n'y a pas non plus de peuple sans personnes conscientes du fait que leur vie quotidienne est liée à la vie de la communauté.

C'est là qu'il faut adopter l'idée de pluralisme compris, non seulement comme l'une des valeurs fondatrices de la démocratie, mais également comme un mécanisme de fonctionnement politique, voire plus précisément, comme une procédure de prise des décisions qui suppose que la contestation et le conflit sont légitimes. Revendiquer la contestation ne doit cependant, pas nous entraîner vers une sorte de néo-anarchisme ingénu qui réhabiliterait le conflit permanent et incontrôlé comme une vertu supposée démocratique.

L'exercice responsable des divergences et des oppositions suppose un consensus de base entre les acteurs sociaux, ce qui signifie l'acceptation d'un système de règles partagées du jeu. La condition nécessaire pour l'exercice de la contestation démocratique implique donc un ordre démocratique.

Mais cet ordre démocratique ne doit pas être conçu exclusivement pour limiter les initiatives des acteurs politiques individuels et collectifs. Au contraire, le dit ordre doit définir les modalités légitimes positives de la participation politique. Ou bien si l’on le veut promouvoir et instaurer une relation de réciprocité en vertu de laquelle les acteurs, au moment de partager un système normatif commun, ont le droit et le devoir d'intervenir activement dans la prise des décisions politiques.

La démocratie participative, l'éthique solidaire et la modernisation des structures sociales constituent une base solide d’un projet que peuvent adopter ensemble des secteurs politiques et sociaux différents.

C'est bien la voie et ce sont les principes qui nous permettront d'éviter les obstacles des rhétoriques réactionnaires et la polarisation sociale, et d'avancer vers la véritable modernisation de nos structures et vers l'apport de nos ressources au développement, à l'autonomie et à l'intégration.

La participation doit nécessairement être ancrée dans la vie quotidienne et prendre en compte les intérêts les plus vitaux de chaque personne. Elle doit être orientée vers leurs aspirations les plus importantes et les plus liées à la satisfaction des besoins concrets afin que chaque homme et chaque femme - et plus particulièrement les jeunes - prennent conscience du fait qu'il est l'acteur de sa propre vie et le constructeur de la nouvelle société.

Le concept de cette démocratie participative à promouvoir, est une extension et une intensification du concept de la démocratie, et ne s'oppose en aucune façon à celui de la démocratie formelle. Toute démocratie est formelle, dans la mesure où elle implique des normes et des règles pour contenir, délimiter et organiser l'activité politique et le fonctionnement des institutions de l'Etat et de la société. Et toute démocratie, par définition, implique également la participation des citoyens aux décisions politiques. Il faut donc élargir les structures de participation et laisser s'exprimer d'une façon appropriée les partis politiques, les organisations sociales, les municipalités, les institutions qui gèrent les routes et les chemins vicinaux. Nous sommes convaincus du fait que plus une personne participe conjointement avec d'autres à des actions collectives, plus elle prend conscience de ces buts et plus elle se sentira alors incitée à travailler en commun pour les atteindre.

En conséquence, il est nécessaire que les partis politiques fidèles à la démocratie, soient ceux qui gouvernent ou ceux qui se trouvent dans l'opposition. Ils doivent également pouvoir recourir aux conseils des techniciens spécialisés dans les différents domaines et leur demander de les étudier, mais sans jamais se laisser supplanter ni, comme on le dit plus vulgairement "se défiler" lorsque le problème est ardu, en délégant la décision. C'est de la lâcheté et non de la défense de la démocratie.

L'INTEGRATION RÉGIONALE

Nous devons assumer le fait que le processus de mondialisation est irréversible et qu'il doit être intégré intelligemment dans la politique de nos nations. La mondialisation deviendra un instrument positif et progressiste dans la mesure où elle se transforme en solidarité et cette internationalisation économique, politique, sociale, juridique et culturelle, vise principalement à assurer le bien-être des humbles. Parler de mondialisation sera alors parler sans mentir d'interdépendance entre les peuples, de responsabilité partagée de la fonction de gouverner en respectant l'équité sociale, en présentant un front commun à l'injustice, en revalorisant la politique et les partis politiques en tant qu'instruments de pouvoir du citoyen face à l'arrogance des marchés et des technocrates. Ce sera l'installation face à la mondialisation hégémonique d'une mondialisation équitable, au pouvoir d’intégrer, responsable, respectueuse des identités nationales, de leur culture et de leurs intérêts politiques et économiques.

Mais si les peuples constatent alors que les changements intervenus n'améliorent pas la liberté et la dignité, mais qu'ils amènent la cupidité et installent l'injustice, le monde se retrouvera alors encore une fois dans la douleur et le sang.

La logique du pouvoir dans le monde futur ne pardonnera pas à ceux qui renonceront à la volonté de l'autodétermination. La dépendance apportera avec elle les maux qui affectent les marginalisés de la Terre: la faim, l'ignorance, l'autoritarisme.

Le défi qui consiste à rendre compatible la croissance économique avec la recherche du bien-être social est le défi de tous les gouvernements de l'Amérique latine et des Caraïbes. Dans la mesure où cet objectif - qui peut être atteint malgré ce qu'en pensent les sceptiques - est mené à bien conjointement, aucun pouvoir financier ne pourra l'empêcher. La confiance en la démocratie, la revalorisation de la politique, l'alliance entre les nations pour renforcer notre identité latino-américaine, sont les principaux axes d'une stratégie commune.

Dans chacun de nos pays nous devons aboutir à une nouvelle situation de cohésion nationale authentique avec une forte volonté d'intégration de la région, en consolidant les blocs ayant des intérêts communs, qui peuvent promouvoir une intégration latino-américaine sub-régionale et régionale en matière de politique, de culture et d'économie, et en augmentant le potentiel de nos nations pour relever les défis de la mondialisation actuelle. Nous pourrons ainsi lancer une version solidaire de la mondialisation, diamétralement opposée à celle qui existe.

Il faut cependant reconnaître que cela dépendra dans une large mesure de l'évolution de l'avenir du monde. Les idées divergent considérablement à ce sujet. Nous allons faire référence à certaines d'entre elles. D'un côté, il y a l'unipolarisme, qui appartient à ce qu'on appelle l'école réaliste des relations internationales: "la paix, considérée comme l'absence de guerre ne peut être garantie que par un Etat hégémonique". Elle compare la "pax americana" avec l'impérialisme romain. D'un autre côté, il y a la thèse des institutionnalistes, la seule compatible avec la thèse de la mondialisation solidaire, qui soutient la viabilité des modèles de coopération, la nécessité de repenser les organismes internationaux, l'impossibilité pratique de l'isolationnisme et la garantie du caractère habitable de la planète, la promotion de la sécurité internationale, la contribution à la croissance de l'économie mondiale et enfin l'expansion de la démocratie dans le monde. Il y a d'autres thèses obscures, qui ne sont pas inconcevables: celles-ci pronostiquent l'évolution vers un monde sans centre, sans aucune autorité ni ordre, le monde des mafias et le temps des sociétés grises, véritable mélange d'officiel et de clandestin. Il y a aussi ceux qui voient un monde sans système ni structure, dont la caractéristique est le désordre, puisque le capitalisme n'a pas relevé le défi de sa propre réforme. D'autres critères apparaissent qui ne prétendent plus justifier l'inégalité, mais la défendre. Pour finir, la thèse conservatrice permanente selon laquelle toute action qui tend à rechercher l'égalité est une atteinte à la liberté.

LE CAPITAL SOCIAL

C'est dans la culture, entendue comme une croissance économique et une affirmation de la justice sociale, et qui donne un sens et un contenu aux institutions et au développement, qu'il faut ancrer la démocratie. C'est la culture qui définit l'orientation éthique de la société en fonction de ses jugements de valeur.

La culture et par conséquent l'éthique, se confondent avec ce qu'on a récemment dénommé le capital social d'une société et qui a commencé à être considéré comme un facteur du développement. L'éthique le définit, le détruit ou lui donne une impulsion en fonction de la nécessité de générer des attitudes de confiance et de compréhension du public, des comportements altruistes, du respect de la légalité, du refus du contraste entre les recettes et la richesse, de l'égalité des chances, de la cohésion sociale mise en évidence par des comportements privés ou publics, individuels ou collectifs. Elle stimule avec vigueur la solidarité composante parmi d’autres. Pour l'étendre, il faut l'activité conjointe de l'Etat et de la société.

C'est donc par l'intermédiaire de la culture, qui donne en plus un sens et un contenu aux institutions et au développement considéré comme une croissance économique et une affirmation de la justice sociale, qu'il faut cimenter la démocratie.

Je pense qu'à partir de cette évaluation éthique, on peut ajouter à la conception du capital social ce qu'on appelle le troisième secteur de l'économie, particulièrement lorsque la technologie se déplace du travail vers l'homme. Il faut mentionner le système des coopératives, les mutuelles, et par extension les organisations non gouvernementales qui permettent de concrétiser différents objectifs généralement exclusifs par une volonté décidée d'association qui s'accompagne d'une authentique vocation de service, en complétant et / ou en exigeant des actions déterminées de l'Etat ou des partis politiques.

Le capital et les richesses naturelles ont toujours été considérés comme des facteurs importants de développement. D'autres connotations éthiques profondes ne sont pas toujours prises en compte par ceux qui planifient la croissance de l'économie, sans autres considérations. Il s'agit de ce qu'on appelle le capital humain, c'est-à-dire, en termes non économiques, la nécessité de compter sur un peuple qui bénéficie d'une façon convenable de la dignité, garantie principalement par l'alimentation, la santé et l'éducation.

Il a été récemment incorporé dans le capital social, dont la construction est la tâche primordiale de la politique, qui a commencé à se mesurer sur le plan économique. Il est clair que cette idée est soutenue par ceux qui insistent pour limiter le champ de la politique en ne lui accordent qu'une compétence superficielle par le vote du peuple. En ce qui nous concerne nous pensons que l'objection semble absurde, tout au moins avant délibération. La société apolitique ne serait qu'une déformation résultant de l'extension d'attitudes anomiques et égoïstes, tout en étant un objectif intéressant à atteindre. Même la notion élémentaire d'ordre public pourrait disparaître. Si l'éducation ou la santé ou la communication, comme d'autres le prétendent, se démarquent de la politique quelqu'un d'intéressé remplira le vide. Il en est de même avec la planification, compte tenu du trouble qu'elle provoque chez ceux qui en réalité veulent absolument séparer l'Etat de l'économie dans le but d'utiliser la planification à leur bénéfice exclusif. Ainsi disparaît la société et se limite, ou disparaît également le consensus, ramené à des accords minimum et temporaires, dans une société satisfaite et enfin résignée, sans horizons, ni grandeur, ni projets.

Pour être ouverte, la démocratie tend à produire des résultats acceptables sur le plan éthique dans une société structurée, en partant d'une idée consensuelle de ce qui est juste et permet le contrôle du programme de gouvernement par le peuple, qui est le meilleur juge de ce qui lui convient le mieux et de ses propres limites. Affirmer le contraire équivaudrait à soutenir que de nombreux thèmes qui ne sont pas de sa compétence génèrent une délégation permanente. En dernier lieu, le développement serait la conséquence de l'ingérence.

Cela ne signifie pas que la diversité croissante n'augmente pas la contestation, une réalité qui ne s'oppose cependant pas à la présence de consensus importants et indispensables pour dépasser les antagonismes irréductibles et faire confiance aux solidarités pour la recherche du bien commun.

 

Bien qu'on n'exclue pas une certaine hiérarchie fonctionnelle, le fondement éthique de l'Etat doit toujours être dirigé vers le service de l'homme dans la lutte que lui impose sa propre nature: son perfectionnement constant au fil du temps et la recherche permanente de l'égalité au niveau universel, pour que chaque individu, là où il se trouve, dans la période dans laquelle il vit, puisse obtenir ce qu'il sent qu'il lui faut pour être reconnu dans sa dignité essentielle d'homme.

Etant donné que l'intérêt de chaque citoyen est lié, et en définitive, dépend de l'intérêt général, les citoyens doivent saisir l'opportunité de connaître d'une façon égalitaire les questions à discuter. Le principe d'égalité refuse toute pratique tendant à la désinformation et à la manipulation ayant une incidence trompeuse sur la prise de décisions.

Il est indispensable de se consacrer à la tâche d'assurer l'Etat de droit et de donner un contenu concret à l'égalité des chances, c'est-à-dire, mettre en marche une société de progrès dans laquelle la croissance de l'ensemble est considérée comme une condition pour le progrès de chacun.

Il est nécessaire de travailler à l'obtention d'une distribution équitable et juste de la capacité d’influencer sur les décisions publiques, opposée à la concentration du pouvoir économique, au caractère étranger de l'économie, à la dette extérieure, au déficit du compte courant, à une répartition inégale de l'éducation et de la formation, et à une vulnérabilité extérieure croissante et à tout type de corruption.

Il s'agit de relever ces défis d'une manière honnête, consistante et progressiste, en harmonie avec les objectifs d'une démocratie sans dommages ni restrictions fausses, et de le faire en s'occupant d'une économie qui a besoin d'être mise en ordre et de progresser pour consolider ses bases minimales de durée qui reposent sur l'harmonie, la justice et l'efficacité.

Nous savons que face à l'échec et à l'impasse nous devons suivre le chemin de la modernisation pour réussir à approfondir la démocratie. Mais nous ne pouvons pas y arriver en sacrifiant les valeurs immuables de l'éthique.

Combiner la dimension de la modernisation avec les exigences de l'éthique dans le processus de construction d'une démocratie stable, implique l'articulation d'une série de valeurs qui se redéfinissent par leur interaction, car la modernisation se qualifie par son contenu éthique, et l'éthique à son tour par le processus de modernisation.

NE PAS ACCEPTER LE PROBABLE COMME INELUCTABLE

Il y a de nombreuses années, qu’ Erich Fromm a dit que la confusion entre les concepts de "probable" et de "possible" entraînait chez l'individu une attitude paranoïaque et que cette anomalie constituait également une maladie politique qu'il qualifiait de la même manière.

Sans prétendre donner une définition, car nous savons qu'elles sont toutes dangereuses, la thèse que nous soutenons est que le politique progressiste doit s'en tenir à un concept fondamental et ne pas considérer le probable comme inévitable.

En d'autres termes, ne jamais supposer que le mal "qui semble arriver" est forcément inéluctable, et savoir que le combat que nous pouvons entreprendre pour l'éviter est nécessairement inexcusable car il faut obligatoirement nous écarter du pessimisme culpabilisant du pourquoi.

A l'époque où nous vivons, les problèmes qui nous mènent à une conception du "discours unique" sont de plus en plus probables.

Il est probable que l'anti-politique défait ou enferme, ou encore affaiblit la politique ainsi que le système démocratique représentatif en obtenant que des groupes concentrés de pouvoir économique imposent en permanence leurs critères aux gouvernements désarmés et dépourvus des instruments et des appuis nécessaires pour y faire face.

Il est probable que le monde souffre d'un recul de la démocratie et de ses libertés positives consacrées par les droits sociaux qui font la dignité de l'homme, ce qui profite aux libertés négatives de la République sur lesquelles elle se construit.

Il est probable que l'ancienne expression "société civile", dont l'utilisation est déformée par le néo-libéralisme, prétende aller au delà de la création de réseaux complétant l'activité de l'Etat et de la politique par des formes différentes d'économie sociale et d'associations - telles que les coopératives, les mutuelles et les organisations non gouvernementale - pour exprimer la nécessité de l'Etat minimum et l'expansion absurde de zones "préservées" de l'activité politique.

Il est probable que la bataille culturelle est perdue face à ceux qui, au nom de la liberté ou de la défense de la vie privée, soutiennent qu'ils sont menacés par la recherche de l'égalité et qui génèrent la société de l'égoïsme en entraînant l'apparition de démagogues et de messianiques.

Il est probable que face à des situations insurmontables, on constate des généralisations qui attribuent (avec un discrédit qui atteint généralement 80 pour cent) à la politique et aux politiques parfois coupables d'inconduites inadmissibles, tous les maux qui affligent une société dont ils sont cependant l'expression.

Il est probable que devant ces faits, l'exclusion de vastes secteurs sociaux et la manipulation médiatique, restreignent dangereusement les limites de la volonté de participation, indispensable au fonctionnement de la démocratie formelle et de la démocratie substantielle, en ouvrant la voie à ceux qui insistent pour la confondre avec le marché libre.

 

Il est probable que nous continuerons à subir les effets négatifs d'une mondialisation non solidaire qui neutralisent les points positifs et génèrent des processus d'intensification de la dépendance d'une part, et des nationalismes de campagne et des "localismes" anachroniques d'autre part.

Il est probable que nous continuerons sur la voie de la perte du capital social, caractérisée par la perte de la confiance mutuelle, de la solidarité, d'une conception correcte du public, de l'engagement, de l'équité, et de l'avancée du contraste social et des attitudes anomiques.

La politique progressiste peut-elle accepter comme inéluctables ces orientations probables, et plus encore comme inéluctables? Certainement pas. C'est précisément pour cela que, nous devons comprendre que nous ne devons pas nous contenter de réponses exactes face aux différents épisodes définis par un calendrier que nous n'avons pratiquement jamais déterminé. La nécessité est beaucoup plus forte et ne peut se limiter à l'adoption de positions correctes face à des faits isolés. Nous devons, s'il le faut, approfondir nos convictions, par un effort philosophique en définissant des lignes claires qui dépassent la conjoncture et nous différencient d'une droite "compatissante" qu'il faut mettre une fois pour toutes sur la défensive avec des arguments forts plutôt qu'avec des lamentations inappropriées, ou encore sans aucune expression de notre contestation.

Nous devons gagner la bataille culturelle, c'est à dire la bataille éthique. Il faut vaincre l'anti-politique chaque fois avec plus de force si nous ne voulons pas laisser croire que la politique n'est pas nécessaire voire inappropriée. Chacun, et sans aucune interférence de l'Etat, doit pouvoir obtenir sur le marché ce qu'il mérite par ses efforts. Il faut en finir avec ceux qui bénéficient des efforts de ceux qui réussissent au moyen de plans d'aide sociale distincts suppléant d'une façon générale à la négligence de ceux qui n'assument pas leur propre responsabilité dans la construction de leur futur. Il faut répondre avec indignation que de cette façon nous courons à la désintégration sociale et par conséquent irrémédiablement à l'injustice.

Mais il est également nécessaire de relever le défi par des arguments. A notre avis dans certaines occasions une aide sans discrimination peut amener à conspirer contre la nécessaire culture de l'effort. Il convient cependant de faire une distinction entre les circonstances que les gens n'ont pas choisies, telles que la race, le sexe, le lieu, le talent, la condition sociale, et celles qui résultent d'un choix, afin que leurs vies ne dépendant pas de conséquences dont ils ne sont évidemment pas responsables. Ici l'argument de la droite se retourne contre elle, car si on soutient que chacun doit assumer ses propres choix, on ne peut logiquement pas disqualifier les interventions qui prétendent corriger les inégalités qui ne résultent pas d'une détermination individuelle.

Si nous approfondissons ces thèmes, si nous sommes prêts à défendre nos principes avec beaucoup de confiance, les faiblesses de la pensée de la droite apparaîtrons et le progrès triomphera non seulement au niveau de l'éthique, mais aussi au niveau des arguments.

Pour cela, il est également nécessaire de soutenir l'avancée de ce qu'on appelle le "troisième secteur de l'économie", ou "économie sociale." C'est non seulement un instrument de coexistence et une nette manifestation éthique, mais il va, en outre, devenir indispensable pour lutter contre le chômage. Il faut lui donner une forte impulsion de façon enthousiaste. Il faut multiplier les coopératives et les mutuelles et soutenir les organisations non gouvernementales que les partis politiques ne doivent pas considérer avec une certaine méfiance de crainte qu'elles ne leur fassent concurrence. Il faut les encourager en comprenant que beaucoup de gens considèrent que l'adhésion à un parti nécessite un trop grand engagement, et préfèrent alors profiter du côté altruiste des associations qui proposent des solutions aux problèmes individuels, tels que les droits de la femme ou les questions écologiques. Il faut absolument soutenir le travail social qui, s'il est bien structuré, peut être sans doute plus efficace que l'assurance chômage, car il permet au chômeur de garder l'estime de soi.

Nous le répétons: nous n'avons pas le droit de considérer le probable comme inévitable.

En définitive, le futur dépend de notre disposition à lutter sur tous les fronts en rejetant clairement l'extrémisme, la violence et la démagogie.

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