Réunion du Comité de l'IS pour l’Amérique Latine et les Caraïbes à Saint-Domingue, République dominicaine

Le Comité de l’Internationale Socialiste pour l’Amérique latine et les Caraïbes s’est réuni à Saint Domingue, en République dominicaine, les 1 et 2 avril 2016. L’ordre du jour était axé sur deux thèmes principaux : « Construire des alliances et coalitions pour faire progresser nos objectifs de développement durable, progrès équitable et opportunités pour tous » et « Perfectionner les systèmes et processus électoraux dans la région ». Le Parti Révolutionnaire Dominicaine (PRD) dont le leader, Miguel Vargas, est président du Comité, a accueilli la réunion.  La séance inaugurale incluait la participation de Danilo Medina, Président de la République Dominicaine et candidat à la réélection aux élections de mai prochain.

Dans son discours d’inauguration de la réunion, Miguel Vargas a remercié les partis de l’Internationale pour leur présence en République Dominicaine à un moment très spécial pour le pays, qui organise des élections générales le 15 mai. Pour ces élections, a-t-il expliqué, le PRD et le PLD ont signé un accord en septembre dernier pour un gouvernement d’unité nationale, une alliance qui s'inspire des idéaux et de la vision de leur leader historique, José Francisco Peña Gómez. Les deux plus grandes forces politiques progressistes dominicaines ont passé un accord pour donner au pays un gouvernement majoritaire qui lui permettra de développer une large réforme de l’État, avec des mesures garantissant l’inclusion sociale, une amélioration substantielle des services publics et s’attaquant aux réformes institutionnelles à réaliser.

Luis Ayala, le Secrétaire Général de l’Internationale Socialiste, a remercié le parti hôte de la réunion et rappelé sa participation, en tant que témoin, à la signature de l’accord pour le gouvernement en septembre dernier. Sa force vient de la cohérence des valeurs et principes partagés des deux partis, mais il s’agit également d'une alliance s’inscrivant dans la lignée de l’histoire politique dominicaine. Cet accord reflète aussi la volonté des acteurs politiques non limités par leurs propres références mais cherchant plutôt à répondre aux besoins de la nation et aux attentes des citoyens. Luis Ayala a exprimé sa confiance dans leur victoire le 15 mai et dans un gouvernement engagé à garantir le bien-être, la justice, l'inclusion et les opportunités pour tous les dominicains. Il a partagé avec les participants les préoccupations et le travail de l’Internationale à cette époque de « grands défis et définitions ». Réagir aux défis de la paix, de la démocratie, du développement durable, d’une plus grande égalité, de la solidarité avec le sort des réfugiés et des migrants, est aujourd’hui la tâche principale de l’Internationale dans le monde entier, comme c’est aussi le cas en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Le Président de la République et candidat présidentiel aux élections de mai prochain, Danilo Medina, dans son intervention, a chaleureusement accueilli la présence de l’Internationale Socialiste à Saint Domingue.  Il a remercié Miguel Vargas d’avoir signé avec lui un accord d'unité sans précédent dans l’histoire du pays, en faveur des gains sociaux, du bien-être et de la paix pour tous les Dominicains. Le Président Medina a déclaré que les principes de son parti comportent des éléments en commun avec ceux des partis membres de l’IS dans la région, une région qui se développe, qui innove, qui abaisse le niveau de pauvreté et qui progresse dans la garantie des droits sociaux au sein d’un cadre démocratique. À son avis, pour confronter les défis dans l’éducation, le logement, la santé, la protection sociale, il est nécessaire aujourd’hui de bâtir de grandes majorités politiques qui pourront répondre aux exigences sociales du pays. La réponse adéquate à ces exigences n’est pas de faire de l’antipolitique ou du populisme, dit-il, mais d’instaurer un processus de construction d’alliances entre des forces politiques ayant des principes et projets communs, comme celle qui existe désormais dans son pays.

À propos du premier grand thème à l’ordre du jour, « Construire des alliances et coalitions pour faire progresser nos objectifs de développement durable, progrès équitable et opportunités pour tous », le Comité a pu entendre la contribution de participants venus de Nicaragua, Uruguay, Venezuela, République dominicaine, Costa Rica, Guatemala et Argentine. Dans leurs interventions, ils ont rappelé qu’à différents moments dans l’histoire de leurs pays respectifs, les partis progressistes ont vécu l’expérience de la formation de coalitions gouvernantes. Souvent, ces alliances étaient inspirées par le souhait de retrouver une démocratie perdue ou de progresser par le biais d’accords politiques afin de surmonter des situations de violence et de conflit. Ce qui caractérise les alliances politiques actuelles de la région est le fait qu’en règle générale elles apparaissent dans un contexte de démocratie et de paix et que, plutôt que d’être des accords pour surmonter des situations de crise, elles représentent l’identification d’aspirations politiques communes en tant que base sur laquelle construire des accords entre partis pour garantir la réalisation de leurs objectifs, qui sont présentés aux citoyens comme des propositions programmatiques partagées. Cette réalité va au-delà du simple accord électoral et met en jeu la recherche d’objectifs communs. Dans leurs différentes contributions, les participants ont exprimé au parti hôte, le PRD, leur assurance comme quoi cette politique d’alliances sera totalement validée durant les prochaines élections, et leur souhait que le prochain gouvernement d’unité nationale réussisse à mener à bien ses grands projets en faveur d’une vie meilleure pour tous les dominicains.

Le Comité a écouté l’intervention de Mitzy Capriles de Ledezma, épouse du principal maire de Caracas, Antonio Ledezma, l’un des prisonniers politiques détenus au Venezuela depuis plus d'un an. Ses mots, a-t-elle dit, étaient prononcés au nom de toutes les femmes et familles de prisonniers détenus pour des motifs politiques dans son pays. Elle dénonce la mesure arbitraire de privation de liberté qui touche actuellement son mari et tant d’autres vénézuéliens. Elle a remercié les partis membres de l’Internationale Socialiste pour le soutien permanent accordé par l’organisation à son pays et a partagé avec le Comité son souhait et son espoir de voir bientôt Antonio Ledzema et tous les prisonniers politiques vénézuéliens être libérés de prison.

George Papandreou, le Président de l’IS, a déclaré que l’Amérique latine et les Caraïbes lui sont très chères car il a lui-même vécu l’expérience de la dictature et de l’exil. La démocratie qui a été obtenue dans le monde est un système qui doit être défendu et garanti chaque fois et partout où il est menacé, a-t-il affirmé. Dans cette perspective, les politiques d’alliance sont totalement justifiées lorsqu’elles souhaitent rétablir la démocratie. Mais la démocratie est également consolidée quand les partis politiques qui partagent des principes et projets communs décident d’agir ensemble contre l’inégalité et de réagir face aux défis mondiaux tels que le changement climatique, le développement durable ou le phénomène des réfugiés et des migrants, et de formuler des propositions communes, démocratiques et responsables, afin de réduire les menaces de l’autoritarisme, du populisme et du fondamentalisme. George Papandreou a parlé de la crise des réfugiés et des politiques d’austérité actuelles en Europe, ajoutant que le modèle démocratique et social sur ce continent, qui a autrefois servi d'inspiration aux forces progressistes dans cette région du monde, pourrait bénéficier de l’observation des expériences actuelles dans cette région.

Durant le débat sur le second thème principal, « Perfectionner les systèmes et processus électoraux dans la région », le Comité a pu entendre des interventions des pays suivants : Mexique, Costa Rica, Panama, Pérou, République dominicaine, Venezuela, Paraguay et Argentine, basées sur les expériences dans ces pays et sur les développements dans les domaines institutionnels et réglementaires. Tous les participants ont souligné l’importance de lois électorales et textes régissant les partis politiques à la fois modernes et adaptées à leurs propres réalités. Un facteur commun est la nécessité d’avoir un organe électoral autonome impartial, permanent, bien doté en fonds et dont les budgets ne sont pas subordonnés à des salariés et à la nomination d’autorités supérieures motivées par les changements de leur propre contingence électorale. En ce qui concerne l’utilisation de moyens électroniques et technologiques pour l’inscription des électeurs, leur identification et le vote lui-même, beaucoup ont exprimé l’opinion comme quoi les progrès dans ces questions pourraient représenter une contribution très importante à la légitimité et l’efficacité des processus, mais il a également été noté qu’il est insuffisant que la crédibilité des citoyens au cours du processus électoral dépende entièrement d’eux. Parmi les autres aspects examinés et qui doivent être pris en compte, citons le financement de la politique, qu’il soit public, privé ou mixte, les restrictions des dépenses de campagne et la responsabilité des candidats. Les participants vénézuéliens, quant à eux, ont souligné la pertinence du rôle des observateurs électoraux internationaux, de la réglementation des réélections et de la nature des sanctions administratives qui évitent l’inscription de candidats, après la récente expérience dans leur pays.

À propos du dernier point à l’ordre du jour, les participants se sont exprimés sur la situation politique dans leur pays respectif. Outre la situation en République Dominicaine, qui a été largement expliquée durant la réunion, le Comité a entendu les participants vénézuéliens décrire les derniers développements politiques dans leur pays suite à l’adoption récente de la loi d’amnistie et de réconciliation portée par les forces politiques de la Mesa de Unidad Democrática (MUD) à l’Assemblée nationale vénézuélienne ; le participant brésilien a exposé la situation à laquelle se trouve confronté le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff ; le participant péruvien a présenté un rapport au Comité sur les perspectives électorales aux prochaines élections qui se dérouleront dans ce pays ; le vice-président de l’IS et représentant de Haïti a donné des informations sur les défis du gouvernement et de la présidence provisoire de la République en vue de l’organisation d’élections ; le représentant du Chili a présenté la situation de la progression des réformes du programme du président Bachelet ; la délégation de Costa Rica a transmis des informations à propos du travail interne actuel de son parti, le PLN, et de ses projections pour l’avenir ; le représentant du Panama a fait référence au travail de son parti et à l’importance accordée aux modifications des lois électorales et des partis dans son pays ; enfin l’UCR d’Argentine a fait part au Comité de son expérience au cours des premiers mois du gouvernement de coalition. En ce qui concerne l’Europe, le représentant du PSOE a présenté au Comité les derniers progrès et perspectives du dirigeant du parti, Pedro Sánchez, dans ses efforts pour former un gouvernement de coalition dirigé par les socialistes en Espagne.

Avant la clôture de la réunion, Luis Ayala, le secrétaire général de l’IS, a communiqué au Comité les dernières activités de l’Internationale et les initiatives nouvelles et à venir. Il a fait référence, entre autres, au travail devant être fait au cours des prochains mois par la Commission établie par l’Internationale pour examiner les inégalités dans l’économie mondiale et proposer des politiques spécifiques pour la combattre dans les pays en développement, dans les économies émergentes et dans les pays développés. A la fin des débats, le Comité a approuvé une résolution sur l’accord de gouvernement partagé en République dominicaine, une autre sur la situation au Brésil et une dernière sur la crise politique et institutionnelle actuelle au Venezuela, en prenant note également de l’appréciation de tous les participants pour la chaleureuse hospitalité de son parti membre en République Dominicaine, le PRD.

 

 

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