Réunion du Comité de l'IS pour l’Amérique latine et les Caraïbes à Montevideo, Uruguay

17-18 Mai 2018

Le comité de l’Internationale Socialiste pour l’Amérique latine et les Caraïbes s’est réuni le jeudi 17 et vendredi 18 mai à Montevideo, accueilli par son parti membre en Uruguay, Nouvel Espace (NE).

À l’ouverture de la rencontre, le président de NE, vice-président de l’Internationale Socialiste et sénateur Rafael Michelini a souhaité la bienvenue aux plus de cinquante délégués (se référer à la liste des participants), représentant près de vingt partis politiques sociaux-démocrates de la région. M. Michelini a également salué la présence et la compagnie des autorités gouvernementales et politiques du Frente Amplio d’Uruguay, remerciant tout particulièrement la vice-présidente du pays, Lucía Topolanski, et l’ancien président José Pepe Mujica.

Prenant la parole à l’ouverture du Comité, le président de Nouvel Espace a déclaré estimer que certaines spécificités du pays expliquent le troisième mandat gouvernemental consécutif de la coalition de centre gauche, le Frente Amplio, alors que dans certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes, les forces politiques de la famille sociale-démocrate vivent des moments plus complexes. Le Frente Amplio, tant à ses débuts qu’ensuite, au gouvernement, a fonctionné en reconnaissant la diversité de ses membres tout en mettant l’accent sur l’unité nécessaire de ses actions grâce au processus de synthèse effectif au sein de la formation.

Le président du Comité, Miguel Vargas, a ensuite remercié le parti hôte puis a axé son intervention sur la violence en Amérique latine et dans les Caraïbes, les défis de sécurité publique, les inégalités et l’importance de l’éducation pour améliorer la situation actuelle. Le chancelier dominicain a rappelé que l’Amérique latine et les Caraïbes est la région la plus violente de la planète selon les dernières études de l’OMS. Le thème de la sécurité publique est complexe et les inégalités de notre continent sont l’un des éléments qui expliquent la violence. M. Vargas a souligné l’importance de l’éducation pour la combattre à moyen et à long terme. Une population plus instruite décroche de meilleurs emplois et améliore ses conditions de vie. Nos pays doivent donc miser sur la mise en place de systèmes d’éducation intégraux qui favorisent la créativité grâce à l’innovation et la recherche et préparent nos citoyens à relever les défis de ces prochaines années, conclut-il.

Le secrétaire général de l’Internationale Socialiste, Luis Ayala, a rappelé que l’IS est une famille qui partage des valeurs, des principes, mais également une mémoire collective, ce qui l’a amené à se souvenir, à Montevideo, d’un grand leader uruguayen tombé dans la lutte pour la démocratie, Zelmar Michelini, qu’il a eu la chance de connaître. Il s’est également souvenu d’un leader historique dominicain, José Francisco Peña Gómez, alors que l’on commémore les vingt ans de sa mort. M. Peña Gómez fut le premier président du Comité pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’IS, suivant la voie du projet qui voulait porter l’Internationale au-delà des portes de l’Europe pour en faire une organisation véritablement globale. En cheminant sur cette route, par ses actions d’envergure internationale, l’IS s’est solidarisé avec les luttes pour la libération en Afrique, plantant ainsi un nouveau pilier de notre Internationale dans cette région du monde où de nombreux partis de cette famille politique sont actuellement au gouvernement où existent désormais la démocratie, la paix, les droits et les libertés. Et de rappeler que l’IS est également présente en Asie, en Europe de l’Est et dans les anciennes républiques soviétiques, ce qui en fait la plus grande organisation de partis à l’échelle internationale. À l’heure actuelle, notre mouvement est confronté aux défis du populisme, des nationalismes émergents et du recul démocratique qui en découle, ainsi qu’à des niveaux d’insécurité grimpants du fait de conflits ouverts ou latents dans plusieurs régions du monde, aux effets des changements climatiques et à la recrudescence des inégalités, autant de facteurs qui nous imputent une responsabilité particulière au regard de notre identité et de nos objectifs de paix, de démocratie et d’égalité.

Suite à l’ouverture de la rencontre, les délégués ont débattu des thématiques principales inscrites à l’ordre du jour : « Travailler pour le changement auquel nous aspirons : renforcer les institutions de l’État démocratique, garantir les droits et les libertés et accroître le bien-être » et « l’Amérique latine et les Caraïbes face aux enjeux internationaux du renforcement de la paix et de la sécurité, de la construction d’une économie plus juste et de la réponse juste à apporter aux migrations et à l’urgence des réfugiés ».

Les participants venus de différents pays de la région ont abordé en profondeur les thèmes inscrits à l’ordre du jour, abordant également les enjeux de la thématique de l’égalité des sexes auxquels est confrontée aujourd’hui la région. Le Comité a pu compter sur la présence et les interventions des vice-présidents de l’IS d’Amérique latine et des Caraïbes, à savoir : Isabel Allende (PS, Chili), Elsa Espinosa (PRI, Mexique), Sandra Torres (UNE, Guatemala), Jesús Rodríguez (UCR, Argentine), Bernal Jiménez (PLN, Costa Rica), Víctor Benoit (Haïti), le vice-président de l’IS et hôte de la réunion, Rafael Michelini, ainsi que la vice-présidente du Comité, Eyra Ruiz (PRD, Panama).

Les participants ont également eu l’occasion de discuter avec Alejandro Guillier et Efraín Alegre, candidats des forces politiques sociales-démocrates aux dernières élections présidentielles au Chili et au Paraguay, respectivement, qui ont fait part de leur expérience électorale et de leur opinion à l’égard des grands enjeux des pays de la région.

Tout au long de la matinée du deuxième jour de la réunion, les délégués ont partagé et présenté les situations nationales de leur pays respectif. Suite aux débats, et découlant de ceux-ci, le Comité a adopté les déclarations faisant état de son point de vue sur la Bolivie, le Guatemala, Haïti, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Venezuela ainsi qu’une déclaration en hommage à José Francisco Peña Gómez.

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.