La politique mondiale et l’économie – la vision d’Amérique latine et de la Caraïbe

26-27 Juillet 2013

Les 26 et 27 juillet, l’Internationale Socialiste a tenu une réunion de son Comité pour l’Amérique latine et la Caraïbe, SICLAC, a Ochos Rios, Jamaïque, accueillie par le Parti national du Peuple, PNP, avec la participation de la Première ministre de la Jamaïque, Portia Simpson Miller, leader du PNP et Vice-présidente de l’Internationale Socialiste.

La réunion fut convoquée suite à des consultations parmi des membres du Présidium de l’IS de la région, et a compris dans son ordre du jour l’élection des autorités du Comité pour la période inter-congrès actuelle. L’ordre du jour s’est concentré sur deux thèmes principaux: « Stratégies et politiques régionales pour renforcer le rôle de l’Amérique latine dans le nouveau cadre politique et économique mondial » et « La vision social-démocrate et des propositions pour surmonter l’inégalité et les déficits démocratiques dans la région en construisant des sociétés plus inclusives et justes ».

La Première ministre Portia Simpson Miller, a souhaité la bienvenue à tous les participants lors de l’ouverture de la réunion, et a souligné que son parti allait célébrer les 75 ans de sa fondation sous peu. Elle a rappelé que Norman Washington Manley, le premier leader du PNP avait scellé l’identité du PNP en tant que parti social-démocratique, dédié à obtenir l’indépendance, une plus grande égalité et le développement social pour le peuple jamaïcain. Elle a souligné que cette inspiration première continuait aujourd’hui, surtout dans ces temps économiques difficiles avec des fortes pressions sociales, revendications des citoyens et des inquiétudes environnementales. La Jamaïque avait relevé ses propres défis de décolonisation, puis l’indépendance, et enfin actuellement celui de créer une société plus égalitaire et inclusive. En relation avec les engagements économiques que le pays avait assumés avec des organisations financières internationales, la Première ministre a conclu qu’il était important d’équilibrer les comptes mais qu’il était tout aussi important d’équilibrer la vie des gens. A cet égard, le programme politique du PNP au gouvernement était d’être économiquement responsable, tout en stimulant l’emploi, l’éducation, la santé, l’énergie et le respect de l’environnement.

Le secrétaire général de l’IS, Luis Ayala, a rappelé les riches relations entre l’organisation et le PNP, datant du temps de Michael Manley, Premier Ministre et leader du PNP. Portia Simpson, aujourd’hui, à la tête du parti et du gouvernement, est un bon exemple de la famille social-démocratique des femmes d’Etat, d’origine modeste qui est montée à la direction de son pays, créant des liens avec les gens, et répondant à leurs inquiétudes. Il a souligné les programmes pour l’emploi et la protection sociale mis en œuvre par son gouvernement malgré la situation économique difficile qu’elle avait hérité en prenant le pouvoir en 2011, suivant les conséquences des mauvaises politiques du gouvernement précédent et la crise financière de 2008. Les partis sociaux-démocrates et les partis membres de l’IS en Amérique latine et la Caraïbe étaient en effet la force politique qui, tout en renforçant les libertés démocratiques et les droits des citoyens, avait réussi de faire avancer des politiques économiques se concentrant sur les gens, résultant dans une croissance économique menant à des emplois et une plus grande protection sociale, avec un accent sur l’éducation, la santé et des retraites décentes. Il restait toujours beaucoup à faire pour briser le cycle d’inégalité qui existait dans la région, mais toute avancée faite à cet égard provenait de ces politiques.

Suivant la session d’ouverture, le Comité a continué avec le prochain point de l’ordre du jour, l’élection des Président(e) et Vice-président(e) du Comité. S'étant réuni avant l’ouverture de la réunion, les membres du Présidium de l’IS de la région présents en Jamaïque sont convenus de proposer que le processus de l’élection suive la procédure appliquée au dernier Congrès de l’IS, avec la nomination d’une Commission électorale composée dans ce cas des Vice-présidents de la région, et présidée par Bernal Jimenez, Président du PLN, Costa Rica. Cette proposition a été acceptée à l’unanimité par la réunion. L’élection du Président du Comité était ouverte à toutes les candidatures présentées jusqu’au moment du vote et a été exécuté par scrutin secret. Bernal Jimenez, après avoir demandé s’il y avait d’autres propositions, a informé la réunion qu’une nomination avait été reçue, celle du leader du PRD, République dominicaine, et Vice-président de l’IS, Miguel Vargas. Suite à un vote secret, Miguel Vargas a été dûment élu.

Pour la position de Vice-président, le Comité a tenu un échange de points de vue en ce qui concerne le maintien de l’équilibre d’un tiers de chaque genre dans les postes à élire. Il a été décidé que deux Vice-présidents allaient être élus à cette fin. Bernal Jimenez a rapporté que la candidature de Márcio Bins Ely, du PDT, Brésil avait été reçue. Le président de la Commission électorale a demandé à la réunion de prendre une décision si l’élection de l'autre vice-président allait avoir lieu à cette ou à la prochaine réunion, puisque sur l’ordre du jour l’élection d’un seul vice-président avait été prévue initialement. Il a été convenu par vote de tenir l’élection de l’autre vice-président lors de la prochaine réunion du comité. Un vote par scrutin secret a eu lieu sur la candidature de Márcio Bins Ely et il a ensuite été élu.

Miguel Vargas, suivant son élection en tant que Président du Comité, a remercié les participants de leur confiance et dit qu’il allait assumer avec humilité cette responsabilité, qui, lors de la création du Comité en 1980, avait été occupé par un homme qui avait laissé une empreinte indélébile sur l’histoire politique de son pays et notre mouvement en Amérique latine et la Caraïbe, José Francisco Peña Gómez. A son tour, Márcio Bins Ely a exprimé sa gratitude et celui de son parti, pour son élection en tant que Vice-président et se réjouissait de travailler avec tous les partis dans ce Comité.

Le premier thème principal de la discussion «Stratégies et politiques régionales pour renforcer le rôle de l’Amérique latine dans le nouveau cadre politique et économique mondial», a été introduit par deux intervenants, le Vice-présidents de l’IS Bernal Jimenez du PLN, Costa Rica et Victor Benoit, du Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens. Ceci a été suivi par de nombreuses contributions intéressantes. Pendant les discussions, les membres du comité ont souligné que la mondialisation apportait de grands défis et sont convenus que la région en général était ressortie de la crise économique qui avait commencé en 2008 dans un meilleur état qu’à d’autres occasions auparavant. Il a été rappelé que les prévisions de croissance par la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes, CEPALC, reflétait que les pays de la région avaient réussi à maintenir des chiffres de croissance positifs et les prévisions pour les prochaines années étaient estimés à environ 3%. Toutefois, ils ont souligné qu’il était important de rester vigilant et d’agir rapidement en vue de tout ralentissement éventuel de croissance et de promouvoir et renforcer l’innovation, la compétitivité et des politiques pour stimuler l’emploi et la protection sociale dans les pays d’Amérique latine et de la Caraïbe avec une action décisive par les gouvernement progressistes dans la mise en œuvre de politiques qui ne permettent non seulement une croissance économiquement et écologiquement durable, mais qui permet également aux gens de la région de progresser avec plus d’égalité et des meilleures conditions de vie pour tous. D’autres questions soulignées sous ce thème étaient la réforme des institutions internationales, surtout le système des Nations unies, et le besoin d’un multilatéralisme respectueux du droit international et de l’égalité entre les nations.

Le deuxième thème principal «La vision social-démocrate et des propositions pour surmonter l’inégalité et les déficits démocratiques dans la région en construisant des sociétés plus inclusives et justes» a été introduit par Marcelo Ebrard, Vice-président de l’IS, du PRD, Mexique, et a également inclus de nombreuses interventions productives. Les participants ont souligné que l’Amérique latine et la Caraïbe continuait d’être une région avec de sérieux niveaux d’inégalité et ont fait valoir que les partis sociaux-démocrates devaient poursuivre avec vigueur leurs efforts pour combattre la pauvreté, parvenir à une plus grande inclusion et des meilleures conditions de vie pour tous les citoyens. Ils étaient d’accord sur le besoin d’institutions et de lois qui reconnaissent, respectent et garantissent les droits des gens, pour lequel des économies saines sont nécessaires, promouvant la croissance et le développement national. Hors, il a été souligné en même temps que, dans des pays de la région où il y a une croissance soutenue et un dynamisme économique, tel que c’est le cas au Brésil ou au Chili, l’émergence de mouvements sociaux avec des nouvelles exigences envers les gouvernements et les politiques publiques pouvait être observée ces derniers temps. Les membres du comité ont estimé que ces manifestations populaires exprimaient souvent le désir du peuple de politiques publiques, institutions et lois qui, au sein d’une économie de marché fonctionnante, combinent la création de richesses avec sa distribution adéquate et un réseau de protection sociale pour les générations actuelles et futures. Ceci devrait se matérialiser dans la mise en œuvre des programmes, allant d’une éducation de qualité du premier âge aux retraites en vieillesse et le respect de l’environnement, alors que les gens appellent à plus de solidarité dans la société et un engagement de leurs gouvernements pour la protection de l’environnement naturel et culturel pour les générations futures.

Les participants sont convenus que les nouvelles technologies offraient un bon instrument pour nos partis pour devenir plus efficaces dans l’écoute des citoyens, rapprochant les gens de la politique et renforçant leur légitimité. En conclusion sur ce point, les membres du comité sont convenus d’entreprendre un processus pour identifier les questions clés dans le travail actuel des partis de l’IS à travers la région et de partager des idées et expériences sur comment les aborder. Dans cet effort, des sujets de préoccupation pour les gens de la région devraient être inclues, comme par exemple l’opinion de partis de l’IS sur les propositions de décriminaliser certaines drogues pour réduire la violence, ou rendre l’éducation secondaire et supérieure plus accessible à la population, ou assurer une plus grande augmentation dans le transfert de ressources de pays émetteurs de carbone qui génèrent le réchauffement climatique, à ceux qui souffrent de ses effets.

Suivant les discussions sur les thèmes principaux, le Comité a écouté des rapports sur la situation nationale dans différents pays de la région. Là où les partis progressistes sont actuellement au gouvernement et où des élections auront lieu l’année prochaine, comme c’est le cas au Costa Rica, en El Salvador, en Uruguay ou au Brésil, la réunion a été informé des efforts effectués par les forces social-démocratiques et leurs chances d’être réélues. De l’autre côté, dans des pays comme le Chili, où des partis membres de l’IS étaient en opposition, après avoir été dans un gouvernement de coalition pendant vingt ans, entre 1990 et 2010, il a été observé qu’il y avait de fortes chances d’un retour au pouvoir lors des prochaines élections en novembre de cette année. Il a été noté qu’au Panama, où des élections sont prévues pour 2014, le candidat du parti membres de l’IS était actuellement en tête dans les sondages d’opinion. La situation en Haïti était une source d’inquiétude particulière, où des élections parlementaires et municipales avaient été déférées depuis 2011, ayant un impact défavorable sur le fonctionnement démocratique normal de cette nation caraïbe. Le Comité a adopté une Déclaration sur l’Haïti, appelant à la normalisation du processus politique et à la tenue d’élections avant la fin de l’année.

La réunion s’est conclue par des paroles finales de la Première ministre Portia Simpson Miller, qui a remercié tous les participants de leur présence en Jamaïque, appréciant leur solidarité et les invitant à revenir pour la conférence du PNP en septembre pour célébrer ses 75 ans d’existence.

Participants

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