Réunion du Comité de l'IS pour la CEI, le Caucase et la Mer Noire à Erevan

8-9 Juin 2015

Le comité de l'IS pour la CEI, le Caucase et la mer Noire s'est réuni à Erevan, en Arménie, les 8 et 9 juin 2015, accueilli par le parti membre de l'IS dans ce pays, le FRA-Parti Socialiste. La réunion, qui était ouverte par le Secrétaire général de l’IS, Luis Ayala, était présidée par Armen Rustamyan (Arménie, FRA, co-président du comité), Alexandra Dobolyi (Hongrie, MSzP, co-présidente du comité) et Oleg Tulea (Moldavie, PDM, vice-président du comité). Les participants venus des différents pays de la région ont abordé les trois thèmes à l'ordre du jour, qui sont les priorités de la région : renforcement et élargissement de la démocratie ; obtention de la paix et résolution des conflits ; progression du programme social-démocrate.

La réunion était marquée par la présence d'une délégation du SDPA, le parti membre de l'IS en Azerbaïdjan, dont la pleine participation à la réunion et aux débats symbolisait l'esprit de coopération et de dialogue qui caractérise le mouvement social-démocrate mondial. En dépit des tensions permanentes entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les représentants de la FRA et du SDPA ont participé à des échanges fructueux au cours des deux journées.  À la fin de la réunion, les membres du comité ont adopté une déclaration qui couvrait les principaux points de consensus.

Lors de l'ouverture de la réunion, toutes les personnes présentes ont observé une minute de silence en mémoire de Vahan Hovanessian, ancien dirigeant de la FRA et co-président du comité, décédé en décembre 2014.

Dans le cadre du thème de la résolution des conflits, le comité a réitéré la conviction fondamentale de l'Internationale comme quoi la paix est nécessaire pour le développement et la prospérité. La déclaration reflétait la position établie de l'Internationale sur la nécessité du dialogue comme moyen de mettre un terme aux conflits non résolus. Le comité a également demandé un cessez-le-feu et le respect du droit international dans l'est de l'Ukraine, et le respect des dispositions de l'accord de Minsk II.

Les conflits sont également liés à la démocratie, car l'établissement d'une véritable démocratie peut contribuer à éliminer le déficit en droits et libertés qui est l'une des causes des conflits. Des échanges approfondis ont eu lieu à propos du renforcement et de l'élargissement de la démocratie, reconnaissant l'absence d'une démocratie efficace dans les pays représentés à la réunion. Les participants ont réfléchi à la nécessité de la libre expression de la volonté politique et ont discuté des possibilités pour une meilleure coopération entre les partis de l'Internationale socialiste dans la CEI, le Caucase et la mer Noire pour faire progresser les buts partagés.

La démocratie ne concerne pas seulement les élections. Elle se reflète aussi dans les opportunités dont disposent les partis de l'opposition pendant les périodes entre les élections. Dans une démocratie fonctionnelle, l'opposition joue un rôle important de contrepoids au gouvernement et permet de s'assurer qu'il ne gouverne pas sans surveillance. L'opposition sévèrement diminuée et réprimée dans de nombreux pays de la région ne peut ni demander de comptes au gouvernement ni se préparer à de futures élections.

Les participants ont également convenu d'accorder une grande importance à l'ordre du jour social démocrate comme moyen de mieux communiquer le message de la social démocratie. Il fut convenu que la social démocratie était grandement nécessaire dans la région afin de présenter une alternative viable au nationalisme et au néo-libéralisme. L'idéologie social démocrate, qui se focalise sur les besoins de tous plutôt que sur ceux de quelques privilégiés, devrait parler aux citoyens privés de leurs droits par des régimes autoritaires et anti-démocratiques.

Un domaine spécifique dans lequel les membres de l'IS prennent les devants concerne la lutte contre la corruption. La corruption doit être éliminée avec l'aide d'institutions renforcées, d'un pouvoir judiciaire fort et indépendant et d'une structure claire et transparente pour les poursuites et l'éradication des abus financiers.

Les rapports sur les situations nationales dans les pays présents ont été présentés dans le contexte des thèmes de la réunion.  Les participants ont pu entendre que de nouvelles élections présidentielles allaient se dérouler fin 2015 au Belarus malgré la poursuite de l'incarcération du candidat présidentiel Mykalau Statkevich depuis les précédentes élections. Un message de Statkevich a été lu, dans lequel il remerciait l'IS pour son soutien et réaffirmait son engagement envers la liberté, la justice et la solidarité.

La démocratie est également absente au Tadjikistan, où l'élite dirigeante possède un pouvoir et des ressources grandement supérieurs et ne respecte pas les droits fondamentaux. Une augmentation des tensions ethniques et religieuses a également contribué à la précarité de la situation. L'opposition s'est vue refuser son droit démocratique au Kazakhstan, où le parti membre de l'IS, l'OSDP, se préparait aux prochaines élections parlementaires et tentait de présenter une alternative à la domination du parti au pouvoir. L'Azerbaïdjan a également signalé des problèmes au niveau des élections et de l'administration publique.

En Arménie, le FRA-Parti socialiste faisait des efforts pour améliorer le système de gouvernance, en vue d'introduire un développement plus efficace et de renforcer le pluralisme démocratique. Il s'agit d'un grand défi vu le manque d'influence de l'opposition et le vide entre les élections. Des progrès ont été accomplis sur le plan de la démocratie en Géorgie aux élections de 2012, mais la coalition gouvernante n'a pas encore réussi à surmonter les obstacles économiques du pays et la tâche des social démocrates est d'obtenir l'engagement des étudiants, des syndicats et des ouvriers pour changer le consensus néolibéral. Le parti membre de l'IS en Moldavie a rencontré des difficultés d'une nature différente, car dans ce pays le retard mis à former une coalition, ainsi qu'un scandale bancaire, ont créé une situation instable.

Le comité a été informé des derniers développements en Ukraine et écouté les appels du représentant de ce pays pour le retrait des forces et le respect de l'intégrité des frontières de l'Ukraine. La démocratie en Ukraine connaît aussi de graves difficultés, car les autorités tentent de ne pas laisser d'espace permettant aux nouveaux partis politiques de fonctionner. La délégation russe a demandé une focalisation sur le programme social démocrate dans la région afin de contrer les pouvoirs néolibéraux et néonationalistes qui transforment la région post-soviétique en un champ de bataille.

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