Déclaration de Cotonou.

Réunion au Bénin du Comité Afrique de l’Internationale Socialiste, 15-16 septembre 2003

Le Comité Afrique de l'Internationale Socialiste a tenu sa réunion à Cotonou, capitale économique du Bénin, les 15 et 16 septembre 2003, accueilli par le Parti Social-Démocrate, PSD.

Quatre allocutions ont marqué la cérémonie d'ouverture:

- l'allocution de bienvenue du secrétaire général du Parti Social-Démocrate, PSD, du Bénin, Emmanuel Golou;

- le discours de Luis Ayala; secrétaire général de l'Internationale Socialiste;

- l'intervention d'Ousmane Tanor Dieng, premier secrétaire du Parti Socialiste du Sénégal et président du Comité Afrique;

- et le discours de Bruno Amoussou, président du Parti Social-Démocrate, PSD, du Bénin.

Après la cérémonie d'ouverture, les délégués de l'Internationale Socialiste se sont réunis en séance plénière pour aborder les trois points inscrits à l'ordre du jour: La résolution des conflits: la contribution de l'Internationale Socialiste; Faire avancer et renforcer la démocratie en Afrique; et Mondialisation et gouvernance: la vision de l'Afrique. A l'issue des débats riches et fructueux, il a été convenu:

 

1. A propos de "La résolution des conflits: la contribution de l'Internationale Socialiste":

Les participants à la réunion ont reconnu que les conflits en Afrique sont de deux sortes: les conflits d'origine interne et les conflits d'origine externe:

- Les conflits internes résultent généralement de la mauvaise gouvernance, entendue comme absence de démocratie, inexistence d'Etat de droit, un mauvais fonctionnement de l'administration et une répartition inéquitable des richesses nationales. Ces conflits résultent aussi de raisons économiques, ethniques et même religieuses.

- Les conflits externes proviennent surtout des contestations frontalières d'ordre territorial, économique ou ethnique.

Pour prévenir ces conflits, le Comité Afrique est parvenu au consensus pour:

- Propager les valeurs et idées fondamentales de l'Internationale Socialiste qui sont: le dialogue, la recherche du compromis, la justice sociale, les droits de la personne, la correction des inégalités, la reconnaissance à l'Etat d'un rôle d'arbitrage et de réglementation pour la protection des minorités, des faibles, des menacés, et la promotion d'une répartition juste et équitable des richesses nationales dans un environnement de libertés.

- Mettre en place des mécanismes appropriés de prévention et de règlement des conflits.

- Œuvrer pour que la communauté internationale et les Nations Unies soient plus justes et équitables dans l'allocation des ressources affectées à la résolution des conflits, de manière à avoir une disponibilité majeure de moyens pour faire face aux crises des pays dans le Sud et en particulier en Afrique.

- Combattre le dépérissement du droit international et la marginalisation de l'organisation des Nations Unies.

- Faire de la protection des femmes et des enfants, en situation de guerre, une des préoccupations majeures de l'IS.

- Impliquer les organisations de la société civile dans le règlement des conflits.

- Impliquer le cas échéant, les organisations politiques régionales et trans-régionales comme l'Internationale Socialiste, dans les efforts consacrés à la résolution des conflits.

 

2. A propos de " Faire avancer et renforcer la démocratie en Afrique":

Les partis membres réunis à Cotonou ont souligné, pour achever ces objectifs, qu'il est nécessaire de:

- Assurer la mise en place en Afrique de constitutions modernes et démocratiques, l'adhésion totale des gouvernants aux idéaux des démocraties et d'Etat de droit, et le financement des partis politiques.

- Défendre les droits élémentaires du citoyen: le droit à l'éducation, le droit à la santé et à la sécurité sanitaire, le droit au travail pour tous, le droit à l'information, le droit à l'énergie et à l'eau.

- Défendre le principe d'égalité, d'équité et de justice distributive.

- Contribuer à la formation politique et civique des populations avec des fondations et autres institutions internationales pertinentes, en les aidant à identifier les enjeux et en les faisant acteurs de leur propre développement.

- Renforcer les mécanismes et les institutions de gestion des élections afin de les rendre transparentes et équitables.

- Assurer l'indépendance des médias et de la justice.

- Promouvoir le développement économique et social des pays de la région.

 

3. Concernant la " Mondialisation et gouvernance: la vision de l'Afrique":

et en relation avec le thème principal du prochain XXIIème Congrès de l'Internationale Socialiste, les participants ont retenu les points suivants:

- Lutter pour la démocratisation des institutions internationales.
Il est recommandé que l'Afrique devra s'associer à toute action de démocratisation des institutions internationales.

- S'engager pour le renforcement du rôle des Nations Unies. Une réforme de la composition et des mécanismes du Conseil de sécurité s'impose. L'Afrique mérite une place de plein droit au sein du Conseil de sécurité.

- Promouvoir la création d'un Conseil pour le développement durable, indépendant du Conseil de sécurité.
Ce Conseil pourra être un organe de Coordination en ce qui concerne les compromis entre les échanges; l'emploi et l'environnement. L'Afrique doit être représentée au sein de ce Conseil.

- Lutter pour la reforme du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le sens d'un changement de leur modèle économique et social.

- Encourager les regroupements régionaux et sous-régionaux.
Ces regroupements constituent des réponses à la mondialisation. Ce sont des niveaux intermédiaires de commerce international bénéfiques pour le développement économique de l'Afrique.

- Mettre un accent particulier sur l'accès aux nouvelles technologies de l'information afin de combler le gap actuel entre l'Afrique et les pays développés.

 

 

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