Déclaration de Dakar

La réunion du Comité Afrique de l’IS s’est tenue à Dakar, 12-13 juillet 2004

Le Comité Afrique de l’Internationale Socialiste, accueilli par le Parti Socialiste du Sénégal a tenu sa réunion à Dakar, les 12 et 13 Juillet 2004. Trois allocutions ont été prononcées lors de la cérémonie d’ouverture :

- L’allocution de bienvenue de Maître Jacques Baudin, chargé des relations extérieures du Parti Socialiste du Sénégal. - L’allocution de M. Luis Ayala, Secrétaire général de l’Internationale Socialiste. - Et l’allocution de M. Ousmane Tanor Dieng, Premier Secrétaire du Parti Socialiste du Sénégal et Président du Comité.

Après la cérémonie d’ouverture, les délégués se sont réunis à huis clos en séance plénière pour aborder les questions inscrites à l’ordre du jour.

LES THEMES SOUMIS À LA REFLEXION DES DELEGUES

Des débats riches et fructueux ont suivi l’introduction de chacun des thèmes suivants :

- Démocratie et processus électoraux

- Bonne gouvernance et développement économique

- Conflits en Afrique : le cas de la Côte d’Ivoire.

1. Les délégués ont d’abord noté la connexité et l’interdépendance des trois thèmes. Dans ce cadre, des observations diverses ont été soulevées à propos de la situation générale en Afrique et notamment:

- La faible contribution du continent africain à l’économie mondiale

- Les crises fréquentes intra ou inter étatiques

- Le déficit de démocratie et de bonne gouvernance

- La faiblesse de la culture politique des masses

- Les expressions variées et diverses des modalités et conditions à l’application de la démocratie

- La démocratie, le développement et la paix apparaissent comme des facteurs qui se conditionnent mutuellement

- Le rôle et la responsabilité des élites dans l’éradication de la manipulation des populations, ethnies, groupes divers et dans la lutte contre la corruption et pour l’avènement d’une bonne gouvernance

2. Plus spécifiquement sur chacun des trois thèmes

A - A propos de ''Démocratie et processus électoraux''

- Des élections libres et transparentes constituent une connexion nécessaire pour garantir la stabilité, la paix sociale et la participation consciente et volontaire de tous au développement. Si des progrès démocratiques considérables ont été réalisés dans certains pays africains, dans d’autres, par contre, la tenue d’élections qui ne sont ni libres, ni justes, ni transparentes, met en évidence l’existence d’un pouvoir électoral confisqué. A cet égard, la situation de blocage politique en Mauritanie, en République de Guinée, au Cameroun et en Guinée équatoriale est particulièrement préoccupante.

- Ces conditions nécessaires à la démocratie reposent sur d’autres exigences qui sont aussi absentes dans le cas de ces pays.

- Nécessité pour les Etats de la région de garantir un cadre légal minimum pour avoir un processus électoral fiable.

- L’existence d’une démarche participative consensuelle avant l’adoption de toutes lois électorales qui assurent une représentation équilibrée de toutes les composantes de la société que sont les hommes, les femmes et les jeunes.

- Mise sur pied d’organes nationaux impartiaux chargés d’assurer le bon déroulement des processus électoraux.

B - A propos de ''Bonne gouvernance et développement économique''

Les délégués conviennent de ce qui suit:

- La mal gouvernance et la pauvreté sont largement répandues en Afrique ; - La bonne gouvernance est une condition, un moyen et une finalité au développement ; - Il y a plusieurs compréhensions de la bonne gouvernance sur lesquelles il importe de s’entendre pour les mettre en œuvre par exemple la lutte contre la corruption, des politiques financières vertueuses, une justice indépendante, un parlement crédible, une allocation efficace des ressources, etc. - La bonne gouvernance est aussi une notion qu’il convient de continuer à interroger, à critiquer, et à redéfinir selon nos propres grilles ; - L’Afrique a été pour une longue période mise sous ajustement. Les résultats de ces politiques sont mitigés, notamment leur impact sur la vie des populations pauvres : le chômage s’est accentué et il y a insuffisance de prise en compte de l’éducation, de la santé et de l’emploi ; - L’intégration et la voie par excellence du développement ( voir les expériences à l’UEMOA, l’OMVS, la CEDEAO) ;

- L’Afrique est en retard mais elle n’est pas condamnée ;

- faire en sorte que la mondialisation soit une chance pour l’Afrique ;

- les projets de société des partis socialistes doivent accorder une grande place aux programmes économiques ;

- le développement c’est du qualitatif (c’est l’économique, le culturel et le social) ;

- l’Etat doit avoir un rôle régulateur plus accentué.

C - A propos des ''Conflits en Afrique : le cas de la Côte d’Ivoire''

- L’Afrique est un continent marqué par une instabilité due à la violence et aux conflits intra et inter étatiques;

- La compréhension de la nature des causes et des conséquences des conflits en Afrique conditionne en grande partie leur résolution et l’avenir du continent;

- L’Afrique est un continent fragilisé, agressé, dominé, convoité dont les conflits trouvent une origine dans des facteurs externes et internes;

- L’Etat de droit, le respect des institutions de la République, la bonne gouvernance, le pluralisme, le dialogue et la conscience citoyenne comptent parmi les facteurs les plus déterminants pour prévenir et résoudre les conflits en Afrique;

- L’inscription à l’ordre du jour de ce point et notamment le cas de la Côte d’Ivoire relève d’une volonté du Comité Afrique et des délégués, de mieux comprendre cette situation complexe, d''aider à la recherche d’une solution et marquer leur solidarité à la Côte d’Ivoire et au Front Populaire Ivoirien, FPI, du Président Laurent Gbagbo pour que tous les acteurs de la vie politique ivoirienne retrouvent le chemin du dialogue et de la réconciliation;

- En ce qui concerne le Burundi, il a été recommandé de respecter scrupuleusement l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation, signé le 28 août 2000, et d’arriver rapidement à un compromis sur l’organisation d’élections permettant à toutes les composantes de la nation d’être représentées dans les institutions post-transitoires.

3. Recommandations pour des Initiatives à entreprendre par l’Internationale Socialiste (et le Comité Afrique)

Les délégués ont formulé un certain nombre de recommandations destinées aux instances dirigeantes de l’Internationale Socialiste.

- Continuer à la sauvegarde des valeurs socialistes et démocratiques, à travers le travail des organes de l’Internationale Socialiste ; et dans ce cadre se félicite de la création du Comité éthique au sein de l’Internationale.

- Soutenir activement les forces socialistes et démocratiques dans tous les pays du continent comme antidote au libéralisme ambiant ;

- Exprimer davantage de solidarité aux partis membres de l’IS qui sont engagés dans des compétitions électorales, en contribuant à l’observation de ces élections ;

- Encourager et soutenir l’adoption de mécanismes de prévention et de résolution des crises

-Face à la mondialisation, entretenir la position et le rôle de l’Internationale Socialiste comme force de critique et de contre poids aux secousses économiques et libérales.

- Faire le choix pour un combat unitaire et solidaire pour l’intégration africaine.

- Travailler pour le renforcement et la solidarité entre les partis socialistes africains.

 

 

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