Déclaration

La solution à deux États, Israël et Palestine, pour la paix et un avenir d'opportunités pour les peuples du Moyen-Orient, Ramallah 30 Juillet – Tel Aviv 31 Juillet 2019

Original : anglais

L’Internationale Socialiste a tenu une réunion à Ramallah, en Palestine, le 30 juillet à et à Tel Aviv, Israël, le 31 juillet 2019 pour débattre sur le thème de la solution à deux États, Israël et Palestine, pour la paix et un avenir d'opportunités pour les peuples du Moyen-Orient.

Après plus de 27 ans d’échecs pour trouver la paix dans le cadre du processus de paix bilatéral, l’IS est convaincue que le moment est venu pour la communauté internationale de prendre collectivement sa responsabilité selon le droit international pour mettre fin à l’occupation de l’État palestinien et à tous les obstacles à l’exercice par le peuple palestinien de son droit à l’auto-détermination.

Il est regrettable que ces bases fondamentales pour tout accord de paix futur dans la région aient été ouvertement contestées et sabotées par l’administration américaine sous la direction du président Donald Trump d’une manière qui crée une alliance entre l’administration Trump et les extrémistes au sein d’Israël, y compris les colons, qui œuvrent activement contre le droit inaliénable des Palestiniens à l’auto-détermination. Les réunions de l’IS à Ramallah et Tel Aviv ont été organisées dans le but d'analyser les conséquences de cette absence et de la ligne conduite que la communauté internationale doit adopter afin de protéger la mise en œuvre des droits inaliénables du peuple palestinien, qui lui sont refusés depuis longtemps, et de la solution à deux États, qui est dans l’intérêt des Israéliens, des Palestiniens et de la paix régionale et mondiale.

Concernant les Conseils tenus à Genève les 26 -27 juin 2018 et Saint Domingue les 28-29 janvier 2019, la réunion réitère son engagement envers les points suivants :

  1. Réaffirme le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination, y compris le droit à leur État indépendant de Palestine selon les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, et demande à tous les États de reconnaître immédiatement et inconditionnellement l’État de Palestine. L’IS réaffirme son engagement, conformément au droit international, à mettre un terme définitif à l'occupation israélienne de l’État palestinien qui a débuté en 1967 afin de réaliser la solution à deux États, en tant que deux États souverains et démocratiques pour tous leurs citoyens et solution juste au problème des réfugiés palestiniens selon la résolution 194 de l’ONU stipulée par l’initiative de paix arabe.
  2. Réaffirme les résolutions pertinentes concernant le conflit palestino-israélien y compris les résolutions 181(1947), 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003), 67/19 (2012), 2334 (2016) et 1850 (2008).
  3. L’IS s’oppose aux positions de l’administration américaine contre une paix équitable. L’IS condamne le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem et la reconnaissance de l’annexion illégale du plateau du Golan, deux actes qui enfreignent le droit international et la politique traditionnelle des administrations américaines antérieures et ont encouragé le programme extrémiste du gouvernement israélien. Toutes ces étapes représentent des précédents dangereux pour la communauté internationale dans son ensemble, alors que le gouvernement américain tente de légitimer l’acquisition de terres par la force, qui constitue une grave violation du droit international.
  4. L’IS considère le soi-disant « accord du siècle » de l’administration américaine pour Israël et la Palestine comme une intention de légitimer les actes israéliens illégaux dans les territoires palestiniens et arabes occupés, afin de formuler un accord qui viole les exigences les plus fondamentales pour une solution juste et durable et ne tient pas compte du droit international et des normes des droits humains. Il contredit également le consensus mondial sur la paix et détruit les droits légitimes des réfugiés palestiniens et toute possibilité d’une solution à deux États dans laquelle les Palestiniens auront leur État souverain dans le cadre d'un accord de paix.
  5. L’IS rejette tous les efforts tentant de remplacer la paix réelle et équitable par « l’illusion de la prospérité économique » qui soutient l'occupation de l’État palestinien et les politiques de discrimination raciale contre le peuple palestinien. Ces efforts ainsi que des événements comme l’atelier de Manama nient aux Palestiniens le droit inaliénable à l’auto-détermination et à la souveraineté, et fragilise la légitimité internationale et les véritables exigences de la paix et d’un vrai développement économique.
  6. L’IS condamne fortement les dernières mesures illégales prises par les autorités israéliennes contre les terres et le peuple de Palestine, y compris la récente démolition de dizaines de maisons dans les villages de Sur Baher près de Jérusalem Est.
  7. S’oppose à toutes les mesures cherchant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut des territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem Est, et entre autres la construction et l’expansion des colonies, la construction du mur de séparation, le transfert des colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons, le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit humanitaire international et des résolutions pertinentes.
  8. Encourage une approche non-violente à tous les niveaux et par toutes les parties et exige la cessation immédiate de toutes les formes de violence par le pouvoir et les colons israéliens occupants contre la résistance palestinienne non-violente.
  9. Demande à la communauté internationale, tout particulièrement les gouvernements et parlements où les partis de l’IS sont représentés, de prendre des mesures concrètes contre les colonies israéliennes, y compris l’interdiction des produits des colonies israéliennes, l’émission de directives pour empêcher le soutien étranger des colonies israéliennes et la réalisation d'une analyse complète de tous les accords avec Israël afin d’interdire aux colonies israéliennes de bénéficier de ces accords. Ces actions tendraient à la mise en œuvre de la Résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU qui demande une différenciation entre Israël et les territoires occupés, pour empêcher les colons israéliens de bénéficier des avantages offerts par les accords internationaux aux autres citoyens israéliens. Les colonies restent le principal obstacle à la réalisation du droit des Palestiniens à l’auto-détermination.
  10. S’oppose à toute résolution qui criminalise la liberté d’expression et les actions, y compris l’équation entre les campagnes anti-occupations et l’antisémitisme ; l’IS appelle plutôt tous les pays à prendre des mesures pour tenir Israël responsable de ses violations bien documentées du droit international et de la négation systématique des droits des Palestiniens.
  11. Exige la libération immédiate de tous les prisonniers palestiniens, surtout les membres élus du Conseil législatif palestinien, les mineurs et les détenus administratifs. L’IS demande la libération des dirigeants de Fatah Marwan Barghouti, Karim Younesm, Fuad al Shobaky ainsi que du dirigeant du PFLP Ahmad Saadat et des autres dirigeants politiques.
  12. Depuis la dernière déclaration de l’IS, le nombre de civils palestiniens attaqués par les forces d'occupation israéliennes a beaucoup augmenté, avec le meurtre de plus de 200 Palestiniens non armés et la blessure de plus de 9000 dont des enfants, journalistes, ambulanciers, femmes et hommes. Le Conseil condamne fortement le blocus illégal de la bande de Gaza par Israël, ainsi que le recours à des armes à feu contre des civils innocents dans les deux camps, et demande au gouvernement israélien de lever immédiatement le siège de la bande de Gaza et d'autoriser la libre circulation des personnes. L’IS affirme son soutien à la résolution de l’Assemblée générale des Nations-Unies (A/ES-10/L.23) qui demande « la garantie de la sécurité et de la protection de la population civile palestinienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. »
  13. L’IS se félicite de l’initiative du président Mahmoud Abbas présentée au Conseil de sécurité de l’ONU le 20 février 2018, dans laquelle il demande l’organisation d'une conférence multilatérale pour la paix pour le Processus de paix au Moyen-Orient sur la base du droit international, des résolutions pertinentes de l’ONU et des accords signés entre les parties concernées, dans le but de concevoir des mécanismes pour mettre en œuvre les résolutions pertinentes pour tous les aspects du conflit.
  14. L’IS demande aux Nations-Unies de prendre des mesures concrètes pour protéger la population civile de Palestine et ses biens touchés par de graves violations du droit humanitaire international et de la Quatrième convention de Genève, que ce soit par le gouvernement israélien ou par les colons israéliens. Elle demande également au Secrétaire général de l’ONU et à la Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Mme Michelle Bachelet de publier la base de données des sociétés qui retirent des bénéfices de leurs liens avec les colonies israélienne dans les territoires palestiniens occupés conformément à la résolution 36/31 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU datée de mars 2016. L’IS regrette la décision américaine de se retirer du Conseil des droits de l’homme, comme elle l’avait déjà fait de l’Accord de Paris sur le changement climatique et de l’UNESCO.
  15. L’IS exprime sa solidarité avec les citoyens palestiniens en Israël, qui continuent à vivre dans un système de discrimination. Elle condamne également fortement l’approbation de lois anti-arabes de nature raciste, notamment la loi de l’État-Nation. La réunion de l’IS demande à l’État d’Israël d'abolir cette loi ainsi que les autres lois discriminatoires afin d'assurer une complète égalité à tous les citoyens israéliens, quelle que soit leur race, leur couleur ou leur religion. L’IS réaffirme sa solidarité avec les forces progressistes en Israël et Palestine, y compris les défendeurs des droits de l’homme et les organisations de la société civile dont Btselem, Al Haq et Human Rights Watch qui ont été victimes d’une campagne vicieuse de la part du gouvernement israélien.

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