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Congrès

XXIIème Congrès de l’Internationale Socialiste, São Paulo

27-29 octobre 2003

AVANCER DANS UN MONDE D’INCERTITUDES

J’ai le plaisir de présenter mon rapport à notre Congrès à São Paulo, cette ville vibrante, située au cœur du Brésil, le plus grand pays de l’Amérique latine et l’un des plus dynamiques du monde en développement.

Je voudrais remercier le Partido dos Trabalhadores, PT, sa direction et tous ses membres, pour accueillir ce Congrès. Le PT participe aux activités de notre Internationale depuis un certain nombre d’années et nous nous sentons les bienvenus. Et je voudrais souligner que c’est la décision des citoyens brésiliens qui a rendu possible le déroulement de notre Congrès ici, en élisant il y a exactement un an Luiz Inácio ‘Lula’ da Silva comme président et en embrassant la nouvelle direction qu’il représente, non seulement pour le Brésil mais pour l’entière Amérique latine et le monde en développement. Alors que le Brésil progresse aujourd’hui sur son propre sol et que son influence augmente sur la scène mondiale, il est encore plus approprié que notre Congrès ouvre le jour du premier anniversaire de cet évènement politique marquant.

C’est le premier Congrès de l’Internationale Socialiste du nouveau millénaire, dans un monde qui en vient toujours au prise avec les attaques terroristes du 11 septembre il y a deux ans ; dans un monde perturbé par le conflit en Iraq au printemps dernier, et devant faire face à des problèmes mondiaux fondamentaux, exacerbés par des actions et des politiques unilatérales qui ont été la cause de préoccupations et de consternations sérieuses dans le monde entier et qui ont eu pour conséquence que les gens se sentent encore moins en sécurité.

Notre Internationale, une famille de partis politiques et d’organisations qui s’étend sur toute la planète et s’agrandira encore durant ce Congrès, est un mouvement politique qui est bien équipé pour surmonter les obstacles et les dangers, et pour être à la tête des efforts en faveur de la création d’une nouvelle architecture de la gouvernance mondiale. En tant que sociaux-démocrates nous sommes convaincus que nous pouvons prévaloir contre l’importance étriquée et sans pitié accordée par les néo-libéraux à l’intérêt personnel et au profit à court terme qui aggrave les divisions à l’intérieur et entre les nations. Car si nous embrassons un nouvel internationalisme basé sur des efforts multilatéraux et la solidarité humaine, nous pourrons bâtir les structures d’une coopération internationale efficace et réelle, rassemblant les personnes pour trouver des solutions communes pour un meilleur futur.

 

LE MOYEN-ORIENT

L’Internationale reste déterminée à conserver une approche active et positive vis à vis du Moyen-Orient, pour continuer à rechercher des mesures concrètes afin que les espoirs des gens de la région pour la fin de la violence et la co-existence pacifique restent vivants. L’Internationale se distingue de par le fait que sont inclus dans notre famille à la fois les voix des Israéliens et celles des Palestiniens. Quand des progrès ont été réalisés pour la résolution du conflit, l’Internationale Socialiste a pris part aux efforts. Quand les choses se sont empirées, nous étions parmi ceux qui voulaient aller de l’avant, et en contact étroit avec nos partis membres — le Parti Travailliste et le Meretz en Israël, et le Fatah, la plus grande organisation palestinienne — essayer de remettre en marche le processus de paix.

Depuis la résurgence du conflit en septembre 2000, le Moyen-Orient a vécu des moments particulièrement difficiles et notre Internationale a répondu de différentes façons pour faire avancer les choses dans une direction plus constructive. En octobre 2000, peu après le commencement du dernier cycle de violence, nous avons organisé une réunion d’une délégation de l’IS dans la région, dirigée par Thorbjørn Jagland, président du Comité Moyen-Orient de l’IS, SIMEC, et membre de la Commission Mitchell, pour rencontrer les leaders de nos partis membres, et des officiels du gouvernement israélien et de l’Autorité nationale palestinienne, afin d’exhorter qu’une voie pour la négociation et la reprise du processus de paix soient assurées. Quelques semaines plus tard, le 2 novembre 2000, le SIMEC s’est réuni à Oslo, accueilli par le Parti Travailliste Norvégien, DNA, et a convenu d’un certain nombre de points, y compris le besoin de mesures pour que la confiance du peuple israélien et palestinien dans le processus de paix soit restaurée.

Suite à une décision de l’Exécutif de l’IS, François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste français et l’un des vice-présidents de l’IS, et moi-même sommes allés à Tel Aviv et à Ramallah le 24 juin 2001 pour discuter avec les leaders des partis membres de l’IS. Ceci a ouvert la voie pour la participation de Yasser Arafat, président de l’Autorité palestinienne et président du Fatah, et Shimon Peres, du Parti Travailliste d’Israël et alors ministre des Affaires étrangères, au Conseil de l’IS à Lisbonne, accueilli par le Parti Socialiste portugais en juin 2001, choisissant l’Internationale comme cadre dans lequel rétablir les relations et contribuer à nos débats, et ayant comme résultat l’établissement d’un Group de contact permanent, comprenant Jagland, Hollande et moi-même, pour soutenir la reprise des négociations.

A la fin de 2001, l’Internationale a lancé un appel aux deux parties afin qu’elles mettent un terme immédiat à la violence et reprennent les pourparlers de paix. Nous avons condamné les attaques terroristes contre des civils innocents à Jérusalem et à Haïfa, réitéré notre appel à l’autorité palestinienne pour qu’elle contrôle les groupes armés et en parallèle avons affirmé que le gouvernement israélien devait comprendre que ses attaques contre l’autorité palestinienne ne servaient qu’à exacerber la situation.

Les 14 et 15 mars 2002, nous avons organisé dans la région une réunion du SIMEC sur deux jours, le premier jour à Ramallah avec la participation de Yasser Arafat, et le second jour à Tel Aviv, où les leaders du Parti Travailliste d’Israël et du Meretz se sont adressés aux délégués. Nous nous sommes félicités de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU lançant pour la première fois un appel pour un Etat palestinien, qui, avec la sécurité pour Israël sont les piliers que nous considérons cruciaux pour assurer une paix durable.

Le mois suivant, parmi une résurrection particulièrement horrible de la violence, l’Internationale a émis un Appel urgent aux deux camps pour qu’ils redoublent leurs efforts et trouvent un terrain d’entente pour un cessez-le-feu. Le 23 avril 2002, l’Exécutif de l’IS a tenu une réunion spéciale à Madrid, accueillie par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, PSOE, à laquelle ont participé, entre autres, Shimon Peres et Hanni Al-Hassan, représentant de Yasser Arafat. Cinq points principaux ont été convenus, ouvrant la voie à une résolution historique acceptée à l’unanimité par notre Conseil à Casablanca les 31 mai et 1er juin, lors duquel l’Internationale a annoncé que ses trois partis membres dans la région avaient accepté que ‘la reconnaissance mutuelle de l’Etat d’Israël et l’Etat de la Palestine, comme deux Etats destinés à vivre côte à côte, devrait être l’engagement initial avant que des négociations commencent entre les deux peuples’.

Tandis que notre Internationale a aidé à établir un cadre si positif pour la reprise du processus de négociations, les ennemies de la paix dans la région ont frappé peu de temps après en faisant exploser une voiture piégée dans le nord d’Israël tuant au moins seize personnes, seulement quelques jours après notre Conseil. L’Internationale a condamné cet acte terroriste, déclarant que nous étions plus déterminés que jamais à continuer nos efforts et à soutenir tous ceux de la communauté internationale pour promouvoir la paix. Un mois plus tard, nous avons aussi condamné l’attaque aérienne de l’armée israélienne dans la ville de Gaza qui a tué quinze Palestiniens, déclarant que rien ne pouvait justifier de telles actions et que seule une solution politique au conflit pouvait mener à une paix durable. Une fois encore en septembre 2002, l’Internationale a été obligée de se prononcer et condamner les attentats suicides qui ont tué des civils innocents à Tel Aviv, et a protesté avec vigueur contre la destruction injustifiée du siège civil de l’Autorité palestinienne par les troupes et l’armée israélienne.

En décembre 2002, Thorbjørn Jagland et moi-même avons organisé des discussions à Tel Aviv, Gaza et Ramallah avec la direction de nos partis membres dans la région, pour nous informer directement des derniers développements. Début mai, cette année là, l’Internationale s’est réjouie de la présentation de la feuille de route du Quartet pour une solution permanente du conflit, basée sur deux Etats, déclarant que nous nous engagions en faveur de sa mise en œuvre complète et effective.

Pour souligner le soutien de l’Internationale pour la feuille de route, Thorbjørn Jagland et moi-même sommes retournés à Tel Aviv et à Ramallah en mai pour rencontrer nos partis membres et encourager tout soutien international possible en faveur de l’initiative. Et à nouveau, parmi d’autres développements positifs, une résurgence de violence et un bombardement meurtrier par le Hamas se sont produits à Jérusalem, que nous avons condamnés tout en exprimant en même temps notre préoccupation en ce qui concerne les réponses au terrorisme qui ne servent qu’à perpétuer le cycle de violence. Déterminés à accentuer le positif, nous avons organisé une autre réunion du SIMEC à Ramallah et à Tel Aviv le 23 septembre et réaffirmé notre engagement à tirer parti des récents succès et à poursuivre les efforts pour une paix durable, quelques soient les actions de ceux qui refusent de l’accepter.

Construire la démocratie en Iraq

L’Internationale a constamment soutenu que le soutien des Nations Unies serait nécessaire pour toute action en Iraq, et qu’une solution durable à la crise ne pourrait être atteinte que par l’intermédiaire d’actions multilatérales de la part de la communauté internationale, en accord avec une résolution du Conseil de sécurité. A cet égard, le 14 mars de cette année, notre président António Guterres et moi-même avons rencontré le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, au siège de l’organisation à New York, et réaffirmé le plein soutien de l’Internationale aux Nations Unies, organisation indispensable pour la promotion de la coopération internationale, de la paix et de la sécurité dans le monde, et souligné l’engagement permanent de l’Internationale Socialiste en faveur du multilatéralisme pour aborder les défis mondiaux.

Aujourd’hui, plus de six mois après la déposition de Saddam Hussein, les évènements ont montré que la participation des Nations Unies et une approche concertée multilatérale restaient essentielles pour construire la démocratie et assurer la sécurité en Iraq. Tandis que l’invasion militaire était en cours, l’Exécutif de l’IS a émis une déclaration déplorant la soit disant guerre ‘préventive’ contre l’Iraq sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, et réaffirmé notre engagement pour le multilatéralisme et notre intention d’organiser une conférence internationale à Rome pour soutenir les démocrates iraquiens. En avril, l’Exécutif de l’IS a émis une seconde déclaration intitulée ‘Légitimer l’après-guerre en Iraq’, dans laquelle il a été déclaré que la participation de la communauté internationale toute entière serait cruciale pour la reconstruction de l’Iraq et pour assurer la paix dans tout le Moyen-Orient ; il a aussi été souligné que la Conférence à Rome se focaliserait sur le développement de la démocratie en Iraq et assurer la paix dans tout le Moyen-Orient.

Nous avons organisé une délégation de l’IS à Bagdad du 17 au 20 juin, la première visite d’une organisation politique internationale en Iraq après la chute du régime iraquien, pour dialoguer avec les principaux groupes et partis politiques dans le pays et exprimer le soutien de l’Internationale en faveur du développement de la démocratie, le respect des droits de la personne et des libertés, ainsi qu’un avenir de paix et d’inclusion pour tous les citoyens iraquiens. Les membres de la délégation étaient Massimo D’Alema, ancien premier ministre d’Italie, des Démocrates de Gauche, DS ; Abderrahman Youssoufi, ancien premier ministre du Maroc, de l’Union Socialiste des Forces Populaires, USFP ; Thorbjørn Jagland, ancien premier ministre de la Norvège, du Parti Travailliste Norvégien, DNA ; Zlatko Lagumdzija, ancien premier ministre de la Bosnie-Herzégovine, du Parti Social-Démocrate, SDP BiH ; et moi-même.

La délégation de l’IS a été accueillie à son arrivée par un large rassemblement de leaders et de représentants de près de cinquante différents partis et mouvements ethniques et religieux, et a tenu une série de réunions à Bagdad avec beaucoup d’entre eux. Des réunions ont eu lieu avec des représentants de l’Union Patriotique du Kurdistan, PUK, dirigée par son président Jalal Talabani ; des Démocrates Indépendants Iraquiens, dirigés par leur président Adnan Al Pachachi ; du Parti Démocratique National, dirigé par son président Nasir Chadirji ; du Parti Al Dawa, dirigé par son leader Ebrahim Al-Jafari ; avec le leadership du Parti Démocratique du Kurdistan, KDP, y compris Hoshyar Al-Zebari ; une délégation du Conseil suprême pour la Révolution islamique en Iraq, SCIRI, dirigée par Adil Abdul Mahdi ; Nori Al-Badran de l’Accord National Iraquien ; une délégation du Parti Communiste Iraquien dirigée par son secrétaire général Hamad Majid ; du Mouvement Socialiste Arabe, dirigé par son président Abdul Allah Al-Nasrawi ; du Mouvement Démocratique Assyrien dirigé par son secrétaire général Yonadam Y. Kanna ; et avec des membres du leadership du Congrès National Iraquien. Une réunion spéciale s’est également tenue avec les sept organisations membres du Conseil des leaders iraquiens.

Durant sa visite, la délégation a exprimé le soutien total de l’Internationale pour le peuple iraquien dans son effort pour construire des institutions démocratiques et pour l’établissement rapide d’une Autorité intérimaire iraquienne menant à la formation d’un gouvernement indépendant, internationalement reconnu.

Les membres de la délégation ont aussi rencontré Sergio Vieira de Mello, représentant spécial du Secrétaire-Général de l’ONU, Kofi Annan, pour discuter du travail de l’ONU en Iraq et réitérer le soutien total de l’Internationale.

Un grand nombre de leaders et représentants que nous avons rencontrés à Bagdad ont participé à la Conférence de l’Internationale Socialiste ‘Construire la démocratie en Iraq — Œuvrer pour la paix au Moyen-Orient’ qui s’est déroulée à Rome les 18 et 19 juillet. Un certain nombre d’entre eux étaient membres du Conseil de gouvernement iraquien, nouvellement formé, y compris Adnan Al-Pachachi, Naseer Al-Chadirji, Hamid Majid Mousa, Yonadam Y. Kanna, Ibrahim Al-Jafari, Samir Shakir Mahmoud Sumaiday et Jalal Talabani, qui est avec nous ici à São Paulo et qui en tant que l’un des neuf présidents tournants du Conseil gouvernant, entrera en fonction au mois de novembre. Les autres participants comprenaient des représentants et délégués du Parti Démocratique du Kurdistan, KDP ; du Mouvement Socialiste Arabe ; du Conseil Suprême pour la Révolution islamique en Iraq, SCIRI ; du Congrès National iraquien ; du Parti Démocratique Assyrien ; du Parti Démocratique National turkmène ; et du Parti de la Fraternité turkmène.

Des leaders politiques et délégués palestiniens et israéliens étaient également présents pour aborder les développement alors actuels et les perspectives pour faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient. La Conférence, accueillie par les Démocrates de Gauche, DS, dont la délégation était dirigée par le secrétaire général, Piero Fassino, et le président du parti Massimo D’Alema, et les Socialistes Démocratiques Italiens, SDI, dirigés par le président Enrico Boselli, consistait en une série de discussions sous forme de panels. Le premier jour des débats, le dialogue entrepris par la délégation de l’IS à Bagdad en juin, sur les éléments essentiels de la construction de la démocratie en Iraq, s’est poursuivi. Le premier panel s’est concentré sur ´ De la dictature à la démocratie : créer les nouvelles institutions ª, le second sur ´ Garantir les droits de la personne et les libertés fondamentales à tous les Iraquiens ª ; le troisième panel était intitulé ´ Participation de la société civile et des femmes dans le processus politique ª, le quatrième ´ Pour un avenir d’inclusion : reconnaître le pouvoir de décision des gens dans une société multiethnique, multireligieuse et multiculturelle ª et le cinquième ´  Perspectives régionales et internationales pour le nouvel Iraq ª.

Les conclusions de la réunion, ´ Une stratégie pour un Iraq durable, démocratique, libre et uni ª ont été présentées par Massimo D’Alema, soulignant la solidarité de notre Internationale avec toutes les forces démocratiques en Iraq, la volonté commune d’engager l’entière communauté internationale dans le soutien au processus démocratique en Iraq et la nécessité de renforcer le rôle des Nations Unies.

Le second jour, les discussions, centrées sur ‘Œuvrer pour la paix au Moyen-Orient’ ont été introduites par Piero Fassino et Thorbjørn Jagland, président du Comité Moyen-Orient de l’IS, et ont compté sur la participation de Shimon Peres, président du Parti Travailliste d’Israël, Yossi Sarid, leader du Meretz, et Nabil Shaat, ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, ainsi que des représentants d’autres partis membres de l’IS.

Les deux premiers panels ont abordé ´ La voie pour atteindre la paix : la feuille de route ª et ´ Mettre en œuvre la paix dans les sociétés israélienne et palestinienne ª. Le troisième portait sur ´ Faire progresser la paix et la coopération à travers la société civile et les communautés ª , avec la contribution de maires et de leaders des autorités locales, israéliens et palestiniens; et le quatrième panel a examiné ´ Promouvoir la paix : le rôle des acteurs régionaux et internationauxª.

Sergio Vieira de Mello a envoyé un message à la Conférence dans lequel il saluait les membres du Conseil de gouvernement, qui représentaient l’Iraq dans le domaine international pour la première fois dans la nouvelle histoire de la nation, et a noté que la formation du Conseil était le premier pas important pour réaliser la Résolution du Conseil de sécurité 1483 pour un rétablissement rapide de l’autonomie iraquienne.

Tragiquement, Vieira de Mello a été tué un mois plus tard dans l’horrible attentat à la bombe contre les bureaux de l’ONU à Bagdad. L’International a immédiatement condamné avec la plus grande véhémence cet acte terroriste atroce qui a également provoqué la mort de nombreuses personnes au service de la communauté internationale œuvrant pour la paix et la coopération. Avant de mourir, Vieira de Mello dit : ‘Ne les laissez pas retirer la mission’ expression de sa confiance durable dans le travail des Nations Unies, et une foi que notre Internationale partage.

La Question kurde

Le travail de l’Internationale sur les thèmes liés aux Kurdes s’est poursuivi pendant ce temps, et nos efforts et engagements se sont révélés opportuns et précieux étant donné les évènements de cette année en Iraq.

Le Groupe de Travail du SIMEC sur la Question kurde s’est rassemblé à Bruxelles le 16 mars 2001, accueilli par le Parti Socialiste, PS, de Belgique, pour examiner les derniers développements concernant la situation du peuple kurde, avec des représentants du Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, PDKI, membre de l’IS, le Parti Démocratique du Kurdistan, KDP, et l’Union Patriotique du Kurdistan, PUK, d’Iraq, et du Parti de la Démocratie du Peuple, Hadep, de Turquie. Il a été décidé d’envoyer une mission dans le nord de l’Iraq, que l’Internationale a organisée du 17 au 23 juin 2001. La mission était composée de : Conny Fredriksson, président du Groupe de travail du SIMEC sur la Question kurde ; Morgan Johansson, du Parti Social-Démocrate Suédois, SAP ; Karim Pakzad, du Parti Socialiste français, PS ; et Karl Schramek, du Parti Social-Démocrate d’Autriche, SPÖ. La mission a rencontré les leaders des deux partis kurdes : Jalal Talabani du PUK et Massoud Barzani du KDP, et a observé le niveau d’organisation politique et sociale de ces partis dans leurs régions d’Iraq.

Le Groupe de travail s’est réuni le 22 février à Bruxelles, accueilli à nouveau par le Parti Socialiste belge, PS, pour examiner un rapport de la délégation dans le nord de l’Iraq. Le Groupe s’est encore rassemblé le 27 août de cette année, dans le contexte d’un séminaire organisé par la Fondation Olof Palme sur ‘Les minorités nationales, l’auto-gouvernement régional et la démocratie en Iraq, en Iran et en Turquie’ les 26 et 27 août 2002 en Suède. Le Comité a souligné notre soutien au peuple iraquien dans son désir de changement et a souligné avec prescience que la future construction d’un Iraq démocratique devait inclure la participation de tous les secteurs de la population.

En ce qui concerne la situation en Iran, l’Internationale, lors de notre Conseil à Rome les 20 et 21 juin de cette année, a adopté une résolution sur les Kurdes iraniens, dans laquelle nous avons condamné les violations des droits de la personne commis par les opposants des réformes en Iran, y compris les condamnations à mort et les exécutions de militants kurdes. Nous avons également dénoncé la répression contre les Kurdes dans le pays en général et réaffirmé notre soutien en faveur des droits légitimes des Kurdes en Iran ainsi que notre solidarité avec le Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, PDKI, membre de l’IS.

 

L’AFRIQUE

L’Internationale Socialiste n’a jamais hésité ni ne s’est détournée de l’Afrique, aussi difficiles que soient les défis. Nous sommes demeurés fermes durant les moments les plus noirs de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud et nous refusons maintenant de nous soumettre au pessimisme avec lequel une bonne partie du monde considère le continent. Nous apercevons et nous reconnaissons plutôt que l’Afrique a le moins profité de la mondialisation et souffert le plus de l’injustice d’une économie mondiale de plus en plus inégale. Parallèlement, nous reconnaissons que les peuples africains, malgré les pires conditions, restent parmi les plus dynamiques et ingénieux de la planète, et s’ils en ont l’opportunité, peuvent, dans une atmosphère de solidarité internationale, avancer pour fournir un meilleur avenir à eux-mêmes et aux futures générations.

L’engagement de notre Internationale pour l’Afrique, et pour assurer que l’Afrique et les autres parties du monde établissent et renforcent des relations mutuellement bénéfiques, a été évident et ce d’un certain nombre de façons. Celles-ci incluent des missions spéciales de l’IS et des délégations sur le continent, pour rester en contact étroit avec nos partis membres alors qu’ils effectuent leur travail et luttent contre l’adversité dans les différentes régions d‘Afrique, et aussi pour organiser des réunions de l’Internationale qui étendent notre influence en Afrique et augmentent l’interaction et la coopération entre le nombre croissant des pays membres sur ce continent et partout ailleurs dans le monde.

Le Conseil de l’IS réuni à Maputo les 10 et 11 novembre 2000 a rassemblé des centaines de délégués pour une discussion approfondie sur ‘Le chemin à tracer pour l’Afrique : un engagement mondial pour le développement, la paix et la démocratie’. La réunion, faisant suite à notre Conseil à Cape Town en 1995, était accueillie par le Frelimo et son leader le président Joaquim Chissano. Les participants ont examiné les actions internationales nécessaires à la promotion du développement, de la paix et de la démocratie en Afrique, et ont souligné dans une déclaration de grande envergure que les trois objectifs devaient être poursuivis simultanément parce qu’aucun d’entre eux ne pouvait exister sans les deux autres.

Le Conseil de Maputo en vue, nous avons organisé des réunions du Comité Afrique à Yaoundé, au Cameroun, les 30 juin et 1er juillet, et à Praia, au Cap-Vert, les 30 et 31 octobre. Le rassemblement à Yaoundé était présidé par Ousmane Tanor Dieng, du Parti Socialiste du Sénégal et président du Comité, et était accueilli par le Front Social-Démocratique, SDF, du Cameroun, et son président national, John Fru Ndi. Les participants ont abordé la nécessité de renforcer les institutions démocratiques et les processus électoraux en Afrique ainsi que les moyens de promouvoir la campagne mondiale de l’Internationale de lutte contre la pauvreté en Afrique, et ont convenu, dans une déclaration, que la démocratie, la bonne gouvernance et la justice sociale étaient des conditions nécessaires pour la paix.

L’hôte de notre rassemblement à Praia était le Parti Africain de l’Indépendance du Cap-Vert, PAICV, et une grande partie de l’attention s’est portée sur la Côte d’Ivoire, où quelques jours plus tôt, le système électoral — par l’intermédiaire duquel Laurent Gbagbo, leader du Front Populaire Ivoirien, FPI, membre de l’IS, avait été élu président du pays — a été menacé. L’Internationale, en communication constante avec le président Gbagbo et des représentants du FPI, a émis le 24 octobre une déclaration condamnant l’interruption violente par les autorités militaires du processus de comptage des votes et la tentative du général Robert Guei de se maintenir illégalement au pouvoir. A Praia, nous avons salué avec joie le peuple de la Côte d’Ivoire qui s’était mobilisé avec succès pour défendre les élections et lancé un appel à la communauté internationale pour soutenir le processus de renforcement des institutions démocratiques dans le pays.

Les 1 et 2 juin, nous avons organisé pour la première fois une réunion de l’Internationale au Niger, avec le rassemblement du Comité Afrique à Niamey, accueilli par le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme, PNDS, membre de l’Internationale. Des délégués en provenance de tout le continent ont abordé un certain nombres de thèmes, y compris le défi de la résolution des conflits armés qui se poursuivaient dans certains pays et sous-régions, thème particulièrement pertinent car nous préparions une importante initiative de l’IS dans la Région des Grands Lacs.

La mission de l’Internationale Socialiste dans la Région des Grands Lacs s’est déroulée du 18 au 23 février et comprenait Ousmane Tanor Dieng, Nanié-Coulibaly Safiatou, un des membres de la direction du FPI, Steen Christensen, du Parti Social-Démocrate du Danemark, et moi-même. A un moment où la préoccupation concernant la violence croissante dans la Région des Grands Lacs s’intensifiait, la mission s’est rendue en Côte d’Ivoire, dans la République démocratique du Congo, au Burundi et en Angola, ceci s’inscrivant dans le contexte du soutien de l’Internationale en faveur des efforts dans toute l’Afrique et pour soutenir en particulier le dialogue inter-congolais.

Après des discussions préliminaires à Abidjan avec le président Gbagbo, les membres de la mission ont pris l’avion pour Kinshasa, où ils ont rencontré des personnalités clés du processus de paix au Congo, à la fois du gouvernement, de l’opposition et également de la société civile. Ils se sont ensuite rendus à Bujumbura, la capitale du Burundi, où ils ont exprimé aux leaders politiques du pays le soutien de l’Internationale en faveur du processus de paix faisant suite à l’accord d’août 2000. A Luanda, la mission a rencontré les leaders du parti au gouvernement, le Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola, MPLA, membre de l’IS, et a souligné notre soutien pour le dialogue et la réconciliation nationale suite à la fin de la guerre civile dans ce pays.

Au Conseil de l’IS à Casablanca, trois mois plus tard, nous avons exprimé notre satisfaction concernant les progrès significatifs réalisés en direction de la paix au Congo, et nous y avons en particulier pleinement soutenu les efforts des Nations Unies. Aujourd’hui, nous continuons à suivre de près la situation dans les Grands Lacs, en communication avec nos partis membres et avec d’autres contacts établis durant la mission de l’IS, et nous restons préoccupés par la violence récurrente et les revers, signe que nous devons continuer d’être tenaces dans notre soutien pour les efforts de paix dans la région.

L’Internationale continue d’intervenir de la part des prisonniers politiques en Afrique et d’autres régions. Le 10 juin 2002, nous avons dénoncé la condamnation à de longues peines de prison de Plácido Micó, secrétaire général de la Convergence pour la Démocratie Sociale, CPDS, membre de l’IS, et de douzaines d’autres en Guinée équatoriale sous inculpations discutables d’être impliqués dans un complot présumé de coup d’Etat, et avons exhorté la Commission des droits de l’homme de l’ONU de renouveler le mandat de son rapporteur spécial sur la Guinée équatoriale. De façon similaire nous avons dénoncé l’emprisonnement en 1998, en Guinée d’Alpha, Condé, leader du Rassemblement du Peuple de Guinée, RPG, membre de l’IS, et nous nous sommes réjouis de sa libération en mars 2001 et de sa participation quelques mois plus tard à notre Conseil à Lisbonne.

Lorsque le Comité Afrique s’est réuni à Luanda les 26 et 27 juin 2002, accueilli par le MPLA, c’était la première fois qu’une réunion de l’Internationale se tenait en Angola. La Poste de l’Angola a marqué l’occasion en émettant une série spéciale de timbres dépeignant les images des campagnes de l’Internationale dans la lutte contre la pauvreté en Afrique, l’abolition de la peine de mort, l’annulation de la dette des pays les plus pauvres et mettre un terme à la violence contre les femmes.

Dans le cadre d’une initiative particulièrement importante, l’Internationale a organisé une délégation d’experts légaux au Nigeria du 16 au 20 octobre 2002, en réponse à la condamnation à mort par lapidation de Amina Lawal, et auparavant de Safiya Hussaini, sur la base des codes pénaux de la Sharia récemment mis en application. L’effort, entrepris alors que le monde entier était préoccupé par la violation des droits de la femme au Nigeria et ailleurs, faisait partie de nos travaux sur deux des campagnes de l’Internationale — abolir la peine de mort et arrêter la violence contre les femmes. Les experts, ayant de l’expérience dans différents systèmes légaux du monde, comprenaient le professeur Perry Wallace du Washington College of Law, American University, États-Unis ; le Professeur Abdelouab Maalmi de la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales, de l’Université Hassan II, Casablanca, Maroc et le Dr. Gabriel Lansky, avocat et expert en droits de la personne, d’Autriche. La délégation a rencontré des officiels du gouvernement, des figures politiques et des représentants de groupe de défense des droits de la femme et d’autres organisations non gouvernementales à Lagos, a tenu d’autres réunions dans l’Etat de Kaduna dans le nord du Nigeria où la loi de la Sharia est en application et a souligné à tout le monde la profonde inquiétude de l’Internationale à ce sujet. Nous avons donc été très satisfaits lorsqu’une cour d’appel nigérienne a décidé en septembre dernier de casser la condamnation d’Amina Lawal et l’a libérée, et nous continuerons de surveiller de près les nouveaux développements sur cette question.

Le 19 septembre 2002, l’Internationale a de nouveau répondu à une attaque contre la démocratie en Côte d’Ivoire, en condamnant la tentative de coup d’Etat et la violence criminelle impliquant des membres des forces armées du pays ainsi que d’autres groupes. Nous avons ensuite organisé une urgente réunion du Comité Afrique à Abidjan le 18 octobre pour montrer notre solidarité avec le président Gbagbo et le FPI, et pour soutenir sa décision d’engager un dialogue inclusif durant le cessez-le-feu négocié par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO. Malheureusement la situation continue d’être l’objet d’une grande inquiétude. Lors de notre Conseil à Rome les 20 et 21 janvier 2003, nous avons déclaré que la tentative de coup d’Etat en Côte d’Ivoire risquait de freiner la démocratisation partout en Afrique et avons lancé un appel pour une solution politique durable basée sur les normes constitutionnelles et les principes légaux internationaux. Depuis lors, nous avons soutenu tous les efforts internationaux pour négocier un accord qui restaurerait l’Etat de droit démocratique pour tous les citoyens de la Côte d’Ivoire.

En préparation de notre Congrès, le Comité Afrique de l’IS s’est rassemblé à Cotonou, au Bénin, les 15 et 16 octobre, accueilli par le Parti Social-Démocrate, PSD, membre de l’IS. Des délégués de toute la région et au-delà ont discuté de la contribution de l’Afrique au Congrès, en mettant un accent particulier sur la gouvernance mondiale et le besoin d’impliquer pleinement l’Afrique dans la réforme des institutions internationales.

 

L’AMERIQUE LATINE ET LA CARAIBE

L’Internationale a toujours été au premier plan de la lutte pour la démocratie et les droits de la personne en Amérique latine et aux Caraïbes. Partout où les dictatures sont tombées dans la région, nous étions là, agissant en solidarité avec les forces démocratiques et utilisant et appliquant toute l’aide disponible de la part de la communauté internationale. Nous avons également facilité la tâche non moins difficile de renforcer les institutions démocratiques pour assurer la participation du peuple à la politique et empêcher un autre cycle gouvernement anti-démocratique. D’énormes défis restent présents en Amérique latine et aux Caraïbes, y compris la persistance de la violence politique dans un nombre de pays et les influences cruelles de la mondialisation, qui ont exacerbé les inégalités, augmenté la pauvreté et ébranlé les économies nationales pratiquement partout.

C’est la raison pour laquelle les efforts consacrés par l’Internationale pour répondre à la demande des peuples pour une alternative possible et plus juste au soi-disant modèle néo-libéral résonnent profondément dans cette partie du monde, et en particulier ici, au Brésil, dont les grandes ressources et l’énorme potentiel ne sont surpassés que par le courage et la détermination de son peuple pour parvenir à renforcer sa démocratie et construire un meilleur avenir pour les générations à venir. A cet égard, je voudrais souligner la longue solidarité de notre Internationale avec le peuple brésilien et tous ses leaders démocratiques, en particulier pendant les années de gouvernement militaire et de transition démocratique, avec notre parti membre, le Parti Démocratique Travailliste, PDT, dirigé par Lionel Brizola, ainsi qu’avec le PT depuis les années1980.

Au Pérou, après des années de travail en faveur de la démocratie et contre le régime autoritaire de Alberto Fujimori, notre Internationale s’est particulièrement réjouie de la transition démocratique qui s’est réalisée par la tenue d’élections libres et justes au printemps 2001. Pendant la crise en avril et en mai 2000, alors que l’Internationale avait émis des déclarations déplorant les tentatives de Fujimori de faire échouer le processus électoral, je suis allé au Pérou et j’ai rencontré le leader de l’opposition, Alejandro Toledo, qui allait être élu Président du pays, des membres du Parti Aprista Péruvien, membre de l’IS ainsi que des représentants d’autres forces démocratiques, afin de réaffirmer le soutien total de l’Internationale pour un changement démocratique pacifique dans le pays. Les 11 et 12 juin 2001, lors de la réunion du Comité de l’IS pour l’Amérique latine et la Caraïbe, SICLAC, à Buenos Aires, nous avons exprimé notre satisfaction quant à la tenue d’élections démocratiques, félicité Alan García pour sa participation et réitéré notre confiance dans le PAP.

Les Caraïbes, avec leurs variétés de nations, langues et cultures diverses, ont continué d’être le centre des activités de l’Internationale et, tout comme en Amérique latine, nous y sommes fortement présents. Ceci a été manifeste lorsque nous avons organisé une réunion du SICLAC à Kingston, en Jamaïque, les 1 et 2 septembre 2000, accueillie par le Parti National du Peuple, PNP, et son premier ministre P.J. Patterson. La réunion était présidée par l’ancien président de l’Argentine Raül Alfonsín, co-président du Comité et a compté sur la participation de délégations de toute l’Amérique latine et des Caraïbes, y compris des leaders et représentants de partis au gouvernement et membres de l’IS , dans les pays des Caraïbes: à Sainte Lucie, en Dominique, à Barbade et en République dominicaine, ainsi que de Ralph Gonsalves, leader du Parti Travailliste Unitaire, ULP, membre de l’IS, qui a été élu premier ministre de Saint Vincent et les Grenadines en mars 2001.

Lors de la réunion du SICLAC à Kingston, les délégués ont mis l’accent sur le fait que la mondialisation avait sévèrement limité la capacité de décision nationale en Amérique latine et dans les Caraïbes et mettait en danger les petits Etats caribéens, et qu’en réponse, un renforcement de la démocratie basé sur les valeurs sociales-démocrates était nécessaire. Le SICLAC a continué ses travaux sur ces thèmes ainsi que sur des questions mondiales connexes lors de réunions que nous avons organisées dans des villes de chaque sous-régions de l’Amérique latine : Buenos Aires les 11 et 12 juin, Managua les 20 et 21 octobre 2001, Caracas les 19 et 20 juillet 2002 et Mexico il y a quelques jours.

Les 26 et 27 novembre 2001, nous avons organisé à Saint-Domingue le premier Conseil de l’IS dans les Caraïbes, accueilli par le Parti Révolutionnaire Dominicain, PRD, qui avait été au premier plan de la lutte pour la démocratie en République dominicaine et dans toute la région, et était maintenant au pouvoir suite à la victoire du parti lors des élections en 2000. Notre Conseil, qui s’est déroulé peu de temps après les horribles évènements du 11 septembre, s’est centré sur la réponse à la terreur dans le cadre du thème ‘Travailler pour un monde plus sur et plus juste’. Le Conseil a également concentré son attention sur le renforcement de la démocratie en Amérique latine et dans les Caraïbes, en particulier au Venezuela et à Haïti.

En mai 2002, j’ai eu l’opportunité de voyager au Venezuela pour rencontrer le parti membre de l’IS, Action Démocratique, AD, ainsi que d’autres partis politiques et la société civile du Venezuela, et réitérer la position de l’Internationale selon laquelle le ‘déficit en matière de démocratie’ au Venezuela devrait être surmonté par l’intermédiaire d’un dialogue inclusif. Deux mois plus tard, nous avons organisé une réunion du SICLAC à Caracas, comme expression concrète du soutien de l’Internationale aux efforts pour une solution pacifique et démocratique à la crise continue. Le rassemblement a compté sur la participation de leaders et représentants de nombreuses organisations politiques et syndicales du Venezuela, qui toutes ont aidé à contribuer à une analyse détaillée de la situation difficile dans laquelle se trouve la démocratie de leur pays. En janvier 2003, notre Conseil à Rome a adopté une résolution soulignant que la démocratie au Venezuela était menacée et réitéré notre soutien total aux efforts de l’Organisation des Etats américains, OEA, pour la promotion d’un résultat démocratique.

Dans le travail de l’Internationale pour renforcer les institutions démocratiques en Amérique latine et aux Caraïbes, le principal centre d’attention était les partis politiques et le besoin d’assurer qu’ils soient au centre de la politique, fournissant un canal au travers duquel les citoyens peuvent exprimer leurs préoccupations et leur volonté politique. Au nom de l’Internationale, j’ai donc participé à une table ronde de l’OEA sur la gouvernance démocratique à Santiago en août 2002 et à un rassemblement hémisphérique de l’OEA à Vancouver en décembre 2002, et je peux rapporter qu’une coopération plus accrue avec l’OEA sur le renforcement des partis politiques est planifiée. J’ai également participé en juin 2002, avec des représentants de l’Internationale des Chrétiens démocrates et de l’Internationale libérale, à une réunion sur le développement des partis politiques, accueillie par l’Institut démocratique national, NDI, à Washington, avec lequel nous maintenons une relation étroite. En septembre de cette année là, j’ai eu l’opportunité d’être invité à la cérémonie annuelle W. Averell Harriman, à laquelle beaucoup de monde a assisté, et en mars, cette année, je suis allé à Washington avec le président Guterres pour participer à un programme organisé par le NDI, comprenant une série de réunions avec des personnalités dirigeantes du Parti démocratique.

Haïti continue de présenter des défis énormes et durant une période particulièrement difficile en août 2001, j’ai eu l’opportunité d’y rencontrer les partis de l’opposition — y compris le Parti du Congrès National pour les Mouvements Démocratiques, KONAKOM, le Parti Nationaliste Progressiste Révolutionnaire, PANPRA, et l’Organisation du Peuple en Lutte, OLP, membres de l’IS — ainsi que des représentants du gouvernement du président Jean-Bertrand Aristide, pour réaffirmer le soutien de l’Internationale en faveur de la démocratisation et du respect des droits de la personne du peuple haïtien. Au mois de décembre suivant, l’Internationale a condamné l’assaut armé sur le Palais national à Port-au-Prince et les attaques subséquentes par des supporters du gouvernement contre les partis de l’opposition, des journalistes et des membres de la direction de l’Alliance de la Convergence démocratique. Nous avons également continué de lancer un appel au gouvernement pour qu’il se joigne à la Convergence dans les négociations arbitrées par l’Organisation des Etats américains, OEA, afin que la crise puisse être résolue au moyen de la tenue d’élections complètement libres et justes.

L’Internationale a continué d’exprimer son soutien pour la décolonisation de Puerto Rico et, ayant maintenu notre solidarité avec la demande de la majorité portoricaine pour l’arrêt des exercices militaires sur l’île de Vieques, s’est réjouie lorsque la marine américaine s’est finalement retirée de Vieques au printemps cette année. Notre soutien en faveur des efforts produits en particulier par le Parti Indépendantiste portoricain, PIP, dirigé par Rub&