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Athènes
30 juin-02 juillet 2008

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Congrès

XXIII Congrès de l’Internationale Socialiste, Athènes
Solidarité mondiale : Le courage de faire la différence

30 juin-02 juillet 2008

 
RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL
LE COURAGE DE FAIRE LA DIFFERENCE
 
C’est un plaisir de présenter ce rapport au XXIII Congrès de l’Internationale Socialiste à Athènes. C’est la première fois que nous tenons notre Congrès dans cette ville qui est si riche d’histoire démocratique et de promesses d’entreprise humaine, et je voudrais remercier notre Président George Papandreou, leader du PASOK, et nos camarades et amis du PASOK dans leurs efforts pour accueillir ce rassemblement.
 
La période couverte par ce rapport a été une période active et productive pour notre Internationale et je voudrais que soit notée mon appréciation de notre Président, des leaders et des membres de notre famille politique qui ont été au premier plan dans la mise en forme de tout ce que nous avons accompli ensemble.
 
Nous menons nos travaux lors de ce Congrès, tout en sachant que le monde se trouve à un seuil. Les peuples de cette planète, notre seul habitat, vont soit prendre les décisions qui peuvent assurer que la planète reste habitable pour la vie humaine dans le futur, où devront de plus en plus endurer les conséquences de ne pas avoir fait assez à temps.
 
Ce que nous devons faire et quand nous devons le faire, en ce qui concerne le réchauffement de la planète et le changement climatique, est maintenant, de façon générale, connu et accepté. Comment l’accomplir parmi les défis de la mondialisation qui sont de plus en plus compliqués – en particulier en ce qui concerne la perpétuation des conflits, la volatilité financière, l’injustice économique et la vaste migration de personnes à la recherche de survie, de dignité et d’une vie décente pour leurs enfants – est la question.
 
La réponse viendra de nouvelles formes de politiques, que l’Internationale Socialiste est dans une position unique de concevoir, construire et mettre en œuvre. Elle germera de la réalisation que seule la social-démocratie – enracinée et connectée et ayant le plein respect de tous les citoyens du monde – peut inspirer la solidarité parmi les peuples au niveaux local, national et global, nécessaire pour faire la différence dans la lutte critique de l’humanité pour assurer la paix et la stabilité, non seulement entre nous mais entre nous et la planète sur laquelle nous vivons. Et elle ne sera couronnée de succès que si elle est accompagnée par le courage de poursuivre tout ce qui doit être fait.
 
AGIR MAINTENANT SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
 
Le changement climatique constitue le plus grand défis de nos temps, et s’y attaquer est la priorité la plus vitale à laquelle nous devons faire face, et il figure à juste titre au sommet de notre agenda lors de ce Congrès. Les faits scientifiques concernant le réchauffement de la planète et l’impacte de l’activité humaine sur le système climatique de la planète avec des conséquences désastreuses, sont indiscutables et signifient qu’une action politique décisive est maintenant nécessaire.
 
L’objectif de vivre dans une Société mondiale durable, qui offre un avenir sûr pour tous nos citoyens et pour les prochaines générations, requièrent nos meilleurs efforts. Pour cette raison, nous avons établi la Commission de l’Internationale Socialiste pour une Société mondiale durable pour examiner les questions cruciales du changement climatique, l’énergie et la gouvernance, et établir un modèle commun, mondial et progressiste sur ces thèmes fondamentaux. L’établissement de cet organe fait partie de l’engagement que nous avons pris depuis longtemps envers l’environnement et qui se trouve au sommet de nos priorités sur l’agenda politique, et car il constitue une progression naturelle de nos travaux sur le développement durable. Aborder les questions mondiales, telle que la protection de l’environnement, est fondamental à l’identité de notre mouvement.
 
Lors de la réunion du Conseil de l’Internationale Socialiste du 6 au 7 novembre 2006, qui a établi la commission, nous avons déclaré :
 
‘Pour opérer la correction de trajectoire nécessaire à la construction d’une société mondiale durable, une volonté politique immense est requise, de même que de nouvelles formes de gouvernance indispensables pour obtenir une action coordonnée à tous les niveaux, en particulier entre les nations et les organismes internationaux… Les principes et valeurs constantes de l’Internationale Socialiste, sa croyance en un monde interdépendant et sa présence sur tous les continents en font la seule organisation politique capable de promouvoir avec succès un tel effort.’
 
Le Conseil de Genève en juin 2007 a ensuite élu Ricardo Lagos, ancien président du Chili et envoyé spécial du Secrétaire-Général des Nations Unies sur le changement climatique et Goran Persson, ancien premier ministre de la Suède, en tant que co-présidents de la Commission. Attachant une grande importance à cette initiative, l’Internationale Socialiste a rassemblé des personnalités éminentes, parmi lesquelles des chefs de gouvernements et d’anciens ministres ou de ministres en fonction, en provenance de différents continents, au sein de cette commission composée de 15 membres, pour qu’ils offrent à cette tâche leur expérience, leur vision et leur capacité. Les membres de la Commission appartiennent à des partis membres de notre Internationale ou sont d’autres acteurs pertinents de la communauté internationale, provenant de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, de la Belgique, du Brésil, du Chili, de l’Espagne, des Etats-Unis, de la Fédération russe, de l’Inde, du Maroc, du Mexique, du Panama, de la Pologne, du Royaume Uni, et de la Suède, avec des invités spéciaux de la Chine. De cette manière, nous avons comme aspiration d’exploiter le potentiel pour articuler, à partir du monde de la politique progressiste, un modèle pour avancer et adresser les préoccupations environnementales mondiales, le changement climatique et les thèmes de la gouvernance requis pour traiter ces défis communs.
 
‘Etant donné que la mondialisation est maintenant permanente, il est nécessaire d’établir des directives progressistes pour qu’une société durable soit possible, non seulement au niveau national mais aussi au niveau mondial… Il existe un nombre croissant de questions internationales qui ne peuvent pas être résolues au niveau national. La migration, le commerce international et les flux financiers via Internet, le maintien de la paix mondiale, les pandémies qui ne connaissent pas de frontières, le terrorisme international, et le changement climatique, ne sont que quelques uns des exemples de la nécessité de résoudre ces problèmes’.
 
Réunion de Londres : l’urgence de la tâche.
 
La réunion inaugurale de la Commission pour une Société mondiale durable s’est tenue à 10 Downing Street le 19 novembre 2007, accueillie par le premier ministre Gordon Brown, leader du Parti Travailliste Britannique, juste quelques jours avant la présentation du Rapport de synthèse du GIEC de son quatrième rapport d’évaluation à Valence, en Espagne, qui a fourni la preuve scientifique que le réchauffement du climat de la planète était univoque, et établi pour les responsables politiques les cibles potentielles de réduction des émissions de Co2.
 
Faisant écho des sentiments des membres de la Commission, le premier ministre Brown a affirmé qu’allier la protection et la préservation de l’environnement avec la justice sociale et le progrès économique constituait un défi urgent auquel devaient partout faire face les sociaux-démocrates, un défi qui transformait le rôle du gouvernement. Le premier ministre, le co-président de la Commission Goran Persson, les membres de la Commission présents à la réunion, le président et le secrétaire général de l’Internationale Socialiste, ainsi que des ministres du gouvernement britannique, ont activement pris part aux discussions, durant lesquelles l’urgence de la tâche a été soulignée, de même que le rôle vital que notre Internationale et ses partenaires devaient jouer en développant un modèle où le développement économique, la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement étaient combinés avec la ferme conviction qu’une société mondiale durable sur le plan social et environnemental pourrait créer de nouvelles opportunités de croissance économique, d’emploi, de protection sociale et une société cohésive. L’impression était que le haut niveau de représentation en ce qui concerne la composition de la Commission était fondamental pour ce travail. Les participants ont également souligné la nécessité d’identifier des objectifs en vue d’actions pour s’attaquer au problème du changement climatique, établissant une direction pour des politiques à la fois immédiates et à long terme ; la responsabilité des nations développées vis-à-vis des pays en développement, avec un nouvel esprit de dialogue et d’actions Nord-Sud ; la nécessité de trouver un moyen d’assurer un développement durable alliant sécurité énergétique et préoccupations environnementales ; le rôle clé des citoyens pour s’attaquer au changement climatique ; et l’importance des institutions internationales en augmentant leur efficacité.
 
‘Aucun pays ne peut s’occuper seul de cette question, de même que la planète ne peut se permettre de laisser des pays derrière. Le changement climatique nécessite une réponse multilatérale commune, adéquate et efficace. Ceci n’est possible qu’en assurant la gouvernance nécessaire à tous les niveaux.’ Commission de l’Internationale Socialiste pour une Société mondiale durable, Londres, 19 novembre 2007
 
La Commission a décidé ses priorités de travail, défini et tracé les grandes lignes de ses tâches et activités, et a également abordé l’agenda environnemental qui était d’actualité avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Bali en décembre, et émis une déclaration reflétant ses discussions.
 
Réunion de Santiago : faire progresser une durabilité commune dans une société mondiale interdépendante
 
La Commission de l’Internationale Socialiste pour une Société mondiale durable s’est ensuite réunie le 24 mars de cette année à Santiago, au Chili, une semaine avant que les groupes de travail ad-hoc des Nations Unies se rassemblent à Bangkok pour leurs premières sessions, comme programmé par la feuille de route de Bali.
 
Au milieu d’un grand intérêt médiatique, la Commission s’est rassemblée avec la participation de S.E. Michelle Bachelet, présidente de la République du Chili, et présidée par Ricardo Lagos, ancien président du Chili et envoyé spécial du Secrétaire-Général des Nations Unies sur le changement climatique.
 
Introduisant les discussions, Ricardo Lagos a souligné que les questions étudiées par la Commission avaient pour la première fois une nature véritablement globale, et qu’elles ne pouvaient être résolues que globalement ; les problèmes pouvaient apparaître au niveau national mais leurs effets se répandaient rapidement au niveau mondial. La perspective que les forces progressistes pouvaient apporter à l’agenda international sur le changement climatique comprenait des initiatives pour tous, basées sur des principes de responsabilités communes mais différenciées.
 
Prenant la parole lors de l’ouverture, la présidente Bachelet a souligné le nouveau sentiment d’urgence que ressentait la communauté internationale lorsqu’il s’agissait de s’attaquer au changement climatique. Un nouveau consensus politique était en train d’émerger pour générer une action politique mondiale, pour laquelle le rôle des idées progressistes était fondamental. Le changement climatique n’était pas seulement un concept sophistiqué qui ne s’appliquait qu’aux pays développés, mais une réalité pour les plus vulnérables du monde qui requerrait une nouvelle capacité mondiale.
 
Les participants incluaient également S.E. Marti Torrijos, président de la République du Panama et leader du Parti Révolutionnaire Démocratique, PRD ; Mkosazana Dlamini Zuma, ministre des Affaires étrangères de la République d’Afrique du Sud ; Beatriz Paredes, présidente du Parti Révolutionnaire Démocratique, PRI, Mexique ; Sergei Mironov, président du Conseil de la Fédération russe ; Mohammed Elyazghi, ministre d’Etat du Maroc ; Elio Di Rupo, ministre d’Etat et leader du Parti Socialiste, PS, Belgique ; Aleksandr Kwasniewski, ancien président de la Pologne ; Mona Sahlin, présidente du Parti Social-Démocrate Suédois, SAP ; Maroc Aurélio Garcia, PT, Brésil ; Zhijuan Zhang, vice-ministre de la Chine et moi-même. La Commission s’est engagée dans un autre débat animé pour que les questions environnementales soient placées plus haut sur l’agenda politique et pour promouvoir une approche du changement climatique compréhensive et véritablement mondiale. Elle a considéré comment combiner les préoccupations écologiques avec les avancées technologiques, la croissance et la durabilité, ainsi que la coopération publique et privée. L’importance d’une solidarité sans précédent entre les nations développées et en développement a été soulignée, ainsi que la contribution vitale des politiques à l’agenda international sur le changement climatique. Une déclaration a été adoptée à l’unanimité, soulignant que la gouvernance mondiale n’était plus un concept mais une urgente nécessité, dans un monde plus que jamais interdépendant, où les crises avaient partout des effets. Bali avait fourni une fenêtre d’opportunité mais le système multilatéral nécessitait un leadership et une compréhension des implications et conséquences mondiales dans un monde en changement. La Commission a convenu que le développement devait aller de paire avec la durabilité, ne devait pas être déterminé par les marchés seuls, et qu’une éducation plus poussée était nécessaire.
 
Un appel de l’Antarctique
 
En connexion avec la réunion de la Commission au Chili, un groupe de participants a visité l’Antarctique et la Patagonie quelques jours avant les discussions à Santiago, du vendredi 21 mars au dimanche 23, pour obtenir directement une meilleure compréhension des effets du changement climatique dans cette partie du monde.
 
A la base chilienne Eduardo Frei, située dans l’un des ‘endroits chauds’ en matière de réchauffement de la planète, sur le continent blanc, dans la péninsule antarctique qui s’est réchauffée plus rapidement que nulle part ailleurs dans l’hémisphère sud, les responsables de la base – une des plus grandes de la région où une centaine de personnes sont stationnées en permanence - ont briefé les leaders politiques et un glaciologue éminent a fait une présentation sur les circonstances environnementales sur le continent, qui changent rapidement et d’une façon dramatiques, affectées par les activités humaines dans d’autres parties du globe, et ayant pour résultat l’effondrement des plateformes de glace et la diminution des glaces de mer dans des zones de l’Antarctique où l’air chaud et l’exposition aux vagues de l’océan provoquent la rupture de la glace.
 
De l’Antarctique, Ricardo Lagos, au nom des participants, a lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle choisisse une nouvelle voie pour préserver et sauvegarder l’environnement pour les générations présentes et futures.
 
Le travail continue
 
La Commission se réunira ensuite en Suède en septembre 2008, où elle considèrera plus en profondeur des idées et des propositions sur le financement, les transferts de technologie et les stratégies d’atténuation, avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Poznan, en Pologne, en décembre 2008. Le premier séminaire de la Commission se tiendra à St Petersburg après ce Congrès, les 14 et 15 juillet, avec une focalisation sur : s’attaquer au changement climatique avec une croissance économique basée sur l’équité, l’emploi et le respect de l’environnement ; évaluer des sources d’énergie alternatives ; et renforcer les régulations nationales et internationales pour protéger les eaux et forêts.
 
Le programme de travail continue avec des réunions de la Commission en Inde en mars 2009, culminant avec la dernière réunion, et la présentation du rapport final de la Commission, en connexion avec l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre 2009. En conjonction avec ces réunions, d’autres séminaires se tiendront avec des leaders politiques et sociaux ainsi que des experts, en Afrique du Sud en novembre de cette année, en 2009 à Washington D.C. en février, et en Chine à une date qui sera annoncée ultérieurement.
 

 
 
ŒUVRER POUR UN MONDE EN PAIX
 
L’engagement fondamental du mouvement social-démocrate pour réduire les conflits et les menaces à la paix dans le monde demeure aussi ferme et vital que jamais. Nous devons nous rappeler que notre sécurité est liée et coexiste avec des inégalités croissantes entre les pays riches et les pays pauvres ; avec des tensions migratoires dramatiques ; avec un environnement de plus en plus menacé ; avec la faim et les pandémies qui touchent toujours les plus faibles ; avec la pauvreté et la marginalisation de millions de personnes ; et l’exploitation sexuelle ou salariale de nombreuses femmes et d’enfants.
 
Nous, à l’Internationale, comprenons que les perspectives de progrès humain pour un monde gouverné avec plus de justice, sont plus nombreuses lorsque les gens peuvent vivre sans conflits ni peur. Et nous savons également que la tâche n’est jamais complète, que travailler pour obtenir et préserver la paix fait partie de la vie, virtuellement partout. La recherche de la paix – entre les nations, les peuples, au delà des frontières du langage, des cultures et des croyances – est fondamentale à l’identité que nous partageons et constitue une mission que nous embrasserons toujours.
 
Bâtir un monde plus sûr
 
Notre premier Conseil qui a suivi le dernier Congrès à Sao Paulo s’est tenu à Madrid du 7 au 8 février 2004, accueilli par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, PSOE. Les discussions se sont centrées sur le thème principal ‘Comment arriver à un monde plus sûr à partir de la vision sociale-démocrate ?’ avec la participation d’environ 400 délégués de nos partis membres sur tous les continents.
 
Trois panels spécifiques se sont tenus sous le thème principal. Le premier traitait des ''Perspectives de paix au Moyen-Orient''  avec des contributions de leaders et de membres des partis membres israéliens, palestiniens et jordaniens ainsi que d’autres partis de la région et au delà ; et le second panel ''Assurer à l’Iraq un avenir démocratique''  a compris la participation de leaders et de représentants de partis iraquiens et autres. Une Résolution sur le Moyen-Orient et une autre Résolution sur l’Iraq ont été adoptées par le Conseil. Un troisième panel s’est focalisé sur les '' Efforts régionaux pour plus de sécurité et de démocratie'' avec des contributions de délégués d’autres régions du monde.
 
‘En ce moment historique, où tant d’incertitudes pèsent, la responsabilité de l’IS et de ses partis acquiert une grande importance. C’est un moment chargé d’incertitudes et d’inquiétudes pour trouver une voie qui nous conduise à un ordre international doté de plus de sécurité, plus de paix, plus de dialogue et plus d’équilibre entre les pays pauvres et riches’. Déclaration de Madrid, Conseil de l’Internationale Socialiste, Madrid, 7-8 février 2004.
 
Surmonter les actes de terreur
 
Juste un mois après le Conseil de Madrid, le 11 mars 2004, d’horribles attentats étaient perpétrés contre la ville, provoquant la mort de nombreux innocents. L’Internationale Socialiste a immédiatement condamné dans les termes les plus fermes cette attaque terroriste meurtrière sans précédents en Europe, et nous avons présenté nos condoléances les plus sincères aux familles et amis des victimes.
 
Lors des élections le weekend suivant, le peuple espagnol a réaffirmé et a massivement démontré leur fois dans la démocratie et ses institutions, élisant le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, PSOE, le 14 mars, et un nouveau gouvernement dirigé par le secrétaire général du PSOE, José Luis Rodriguez Zapatero. Nous avons salué la victoire de nos camarades espagnols comme une réaffirmation et un clair message pour la paix et la sécurité dans un monde devant faire face à de nombreuses incertitudes, et saluant également leur victoire comme un message d’espoir et de confiance dans les valeurs et principes du mouvement social-démocrate pour un monde plus humain, plus en paix et plus juste. Le pays a à nouveau voté en mars de cette année, et a donné un endossement clair au programme du gouvernement, réélisant l’administration du PSOE pour un second terme.
 
Ce fut avec une immense tristesse que nous avons dû ensuite condamner d’autres actes de terreur indiscriminée lorsqu’ils furent perpétrés à Londres le 25 juillet 2005. Nous nous sommes tenus fermement aux côtés des habitants londoniens qui ont réagi calmement et courageusement face à de tels actes de barbarisme, démontrant que les valeurs de liberté, de tolérance et d’humanité partagés par les citoyens de Londres et de toutes les autres villes du monde, ne peuvent pas être détruites, contrairement au dessein des criminels derrière ces attaques. Nous avons exprimé nos plus profondes condoléances à tous ceux qui avaient été touchés par ces actes méprisables.
 
De tels moments de violence et de tragédie ne font que réaffirmer et renforcer la détermination de notre Internationale, et de tous nos partis membres collectivement dans chaque région du monde, pour éliminer partout le terrorisme et traduire en justice les responsables d’actes de terreur, renforcer la paix, approfondir la démocratie et garantir le respect des droits de la personne.
 
Le conflit israélo-palestinien
 
L’Internationale est étroitement impliquée dans la région du Moyen-Orient, où sa présence se fait ressentir depuis des années, au cours de ce conflit majeur qui touche profondément les Palestiniens et les Israéliens. Notre solidarité avec les peuples de ces pays et leurs rêves pour un futur plus prospère et en paix, a été inaltérable même dans les moments les plus difficiles. Nous avons poursuivi notre engagement en soutenant tous les efforts possibles dans la région pour obtenir la paix, assurer le respect des droits de la personne, fournir des opportunités économiques à tous les citoyens et renforcer la gouvernance démocratique sur la base des valeurs sociales-démocrates. Reconnaissant l’importance de la place du Moyen-Orient dans le monde, nous sommes fermement convaincus du rôle crucial que doit jouer la communauté internationale pour obtenir une paix durable dans la région et nous pensons qu’il n’y aura pas de solution ni de paix sans dialogue ou négociations.
 
Nos travaux au Moyen-Orient qui ont suivi le Congrès de Sao Paulo, ont inclus en décembre 2003, notre participation à la signature des Accords de Genève, une initiative de paix lancé par une large gamme de leaders civiques israéliens et palestiniens, initiée il y a à peu près trois ans par Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo après la fin des dernières discussions officielles entre Israël et les Palestiniens, avec l’intention que les leaders palestiniens et israéliens soient encouragés à retourner à la table des négociations, et nous avons partagé cet espoir.
 
Lors de la réunion du Conseil à Madrid en février 2004, nous avons exhorté les deux parties du conflit israélo-palestinien à s’abstenir d’utiliser la violence et de mettre en place un cessez-le-feu, réitérant la demande pour une reprise immédiate des négociations sur la base de la feuille de route, qui pourrait mener à la création d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, avec la possibilité d’échange de terres, Jérusalem comme la capitale des deux Etats et une solution juste au problème des réfugiés. Suite à la décision prise par le Conseil, le président de notre Comité Moyen-Orient, Thorbjorn Jagland, Massimo D’Alema, vice-président de l’IS et moi-même avons tenu des discussions à Bruxelles, Jérusalem, Ramallah et Tel Aviv du 22 au 25 mars 2004, sur la situation dans le Moyen-Orient qui s’était sérieusement détériorée. Les premières discussions, dans un programme de pourparlers intensif, se sont tenues à Bruxelles le 22 mars avec le secrétaire général de l’Union européenne et Haut représentant pour la politique extérieure et de sécurité commune, et avec le président de la Commission européenne Romano Prodi sur le rôle de l’Union européenne et sa contribution pour faire avancer la paix parmi les Israéliens et les Palestiniens. A Jérusalem, les 23 et 24 mars, nous avons rencontré le président du Parti Travailliste et leader de l’opposition, Shimon Peres, le premier ministre adjoint israélien, Ehud Almert, et Yossi Beilin, leader du Yachad. Nous nous sommes ensuite rendus à Ramallah, où nous avons rencontré le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, le premier ministre de l’AP, Ahmed Qurei, ainsi que d’autres membres du cabinet de l’AP et de la direction du Fatah. Le 25 mars, suite aux discussions antérieures avec les Israéliens et les Palestiniens, une réunion tripartite s’est déroulée avec la participation du leader de l’opposition israélienne, Shimon Peres, le ministre des négociations de l’Autorité palestinienne, Saeb Erekat, et nous même, durant laquelle la détérioration actuelle du conflit israélo-palestinien a été examinée et des initiatives pour faire avancer d’urgence le processus de paix discutées.
 
Le mois suivant, dans une déclaration, notre Internationale a considéré les propositions du premier ministre israélien pour un retrait de la bande de Gaza comme une étape bienvenue. Le retrait d’Israël de la Cisjordanie et de Gaza ainsi que l’établissement d’un Etat palestinien côte à côte avec Israël constituaient à notre avis un objectif clé pour une solution définitive du conflit israélo-palestinien.
 
Le 18 septembre, l’Internationale a lancé un appel pour la relance immédiate du Comité du Quartet et la mise en œuvre de la feuille de route, et pour que la communauté internationale aide l’Autorité palestinienne à reconstruire ses forces de sécurité, reprendre le contrôle des armes palestiniennes et restaurer l’Etat de droit. La nécessité pour les Palestiniens de tenir des élections présidentielles, législatives et locales a également été abordée.
 
En novembre, l’Internationale a tenu des discussions avec les leaders palestiniens et israéliens, à un moment critique pour les deux parties, alors que les institutions palestiniennes continuaient de fonctionner en l’absence de leur président, qui suivait un traitement dans un hôpital parisien, et que les Israéliens débattaient leur plan de désengagement pour Gaza. La veille d’une réunion de notre Comité Moyen-Orient spécialement préparé en raison des circonstances, Thorbjorn Jagland, président du SIMEC et moi-même avons tenu des discussions les 1 et 2 novembre à Ramallah avec Mahmoud Abbas, alors responsable de la direction politique de l’OLP et Ahmed Zurei, premier ministre de l’Autorité palestinienne. Plus tard, à Jéricho, l’après-midi du 2 novembre, dans la première partie d’une session de deux jours de notre Comité, nous avons tenu des discussions avec, entre autres, Nabil Shaath, ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Saeb Erekat, ministre des Négociations, et Abbas Zaki, responsable des relations internationales du Fatah. Le 3 novembre, les membres du Comité se sont réunis à Jérusalem pour la seconde session, qui se tenait cette fois au Knesset, le parlement israélien, avec la participation du leader du Parti Travailliste Israélien, Shimon Peres, Amir Peretz, président de Histadrut, ainsi que des membres de la direction du parti Yachad, y compris Abu Vilan. Avec le renforcement des tensions dans la région, les pertes croissantes de vies humaines, la spirale de violence continue et l’absence d’horizon politique pour la paix au Moyen-Orient – une des préoccupations majeures de l’Internationale Socialiste – ont formé la base des discussions qui ont cherché à définir, avant la réunion du Conseil à Johannesburg plus tard dans le mois, les façons les plus efficaces pour que l’Internationale continue de soutenir activement les efforts de paix.
 
C’est avec une grande tristesse que le 11 novembre 2004, le peuple palestinien a perdu son président Yasser Arafat et l’Internationale a honoré sa mémoire et son héritage en tant que symbole de l’unité palestinienne et des aspirations de ce peuple pour l’établissement de son propre Etat. Le Conseil lors de sa réunion à Johannesburg quatre jours plus tard a rendu hommage à Yasser Arafat et offert ses condoléances au peuple palestinien.
 
L’Internationale a envoyé une mission d’observation lors des élections présidentielles du 9 janvier 2005. A cette occasion, nous avons rencontré à Ramallah des représentants de l’Autorité palestinienne, des membres de la direction du Fatah, le candidat présidentiel Mahmoud Abbas et des responsables de la Commission centrale électorale palestinienne (CEC). Le jour de l’élection, les membres de la délégation ont suivi le processus de vote dans plusieurs districts électoraux, visitant des bureaux de vote à Jenin, Tulkarim, Nablus, Qalqilya, Ramallah, Jéricho, Bethlehem, Hébron, Gaza et Jérusalem Est. Après le vote, des discussions se sont à nouveau tenues avec des membres de la direction du Fatah et d’autres responsables, y compris le ministre des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Nabil Shaath. Suite à une évaluation collective par la délégation, une déclaration a été émise saluant l’élection claire de Mahmoud Abbas en tant que Président de l’Autorité palestinienne. Le 10 janvier, après les élections, la délégation a également tenu des discussions avec Shimon Peres et Yossi Beilin sur la formation du nouveau gouvernement en Israël ce jour là et sur les nouvelles opportunités se présentant dans la région pour retrouver un horizon de paix et mettre en œuvre la feuille de route.
 
Les 23 et 24 mai 2005, nous avons tenu notre Conseil en Israël et en Palestine pour la première fois, marquant une autre importante étape dans l’histoire de notre Internationale. En tant que plateforme pour la paix entre les deux peuples, et un pont pour la compréhension et le dialogue, il était naturel et adéquat que parmi les développements cruciaux et à un moment où l’espoir se renouvelait, l’Internationale s’y rassemble dans son entier.
 
Sous le thème principal 'Pour un Moyen-Orient en paix, avec la démocratie politique et économique: la vision sociale-démocrate', des leaders et représentants des partis membres et organisations ont participé en provenance du monde entier. Réaffirmant son engagement en faveur du soutien par tous les moyens possibles des efforts dans la région pour obtenir la paix, assurer le respect des droits de la personne, fournir des opportunités économiques pour tous les citoyens et renforcer la gouvernance démocratique sur la base des valeurs sociales-démocrates, le Conseil a donné un certain nombre d’indications pour aller de l’avant.
 
La paix, la démocratie et la coopération constituent les meilleurs moyens pour combattre le terrorisme, avons-nous affirmé, et la communauté internationale devait s’unir pour prendre une position claire contre toute activité terroriste. Des incitations claires en faveur de la paix devaient être établies et nous avons lancé un appel à toutes les régions pour qu’elles accroissent la coopération avec le Moyen-Orient. Nous avons souligné que le retrait planifié de la bande de Gaza devait être coordonné avec l’Autorité palestinienne, en tant que partie de la feuille de route, et suivi par des négociations sur les questions du statut final, et nous avons insisté pour que toutes les activités d’implantations et la construction du mur sur le territoire palestinien cessent. Nous avons étendu notre soutien en faveur de la poursuite du renforcement du processus de réforme en Palestine et à l’Autorité palestinienne dans ses efforts pour arrêter toute forme de violence, ainsi que pour le désarmement des groupes de milices.
 
Plus tard, au mois d’août, l’Internationale s’est réjouie du désengagement israélien de Gaza et de certaines implantations de Cisjordanie. Nous nous sommes joints aux peules palestiniens et israéliens dans la conviction que ce pas décisif démontrait que d’autres mesures nécessaires et supplémentaires pouvaient être prises pour la paix, au travers d’un processus de négociation, de compromis et de concessions de la part des deux parties.
 
L’Internationale est retournée en Palestine pour observer les élections législatives du 25 janvier 2006, et déclaré qu’elles avaient été justes et libres, louant l’Autorité palestinienne pour la manière pacifique et ordonnée dont les élections s’étaient déroulées. Nous avons exprimé notre appréciation de la façon dont le Fatah avait accepté le résultat des élections. La délégation a réaffirmé sa confiance dans les institutions de l’Autorité palestinienne et exprimé son soutien au président Mahmood Abbas.
 
La réunion de notre Conseil quelques jours plus tard à Athènes, les 30 et 31 janvier 2006, un événement qui a été marqué par l’élection du leader de notre parti grec, George Papandreou, en tant que nouveau président de l’Internationale, a souligné l’engagement du mouvement social-démocrate mondial pour le renforcement de la coopération internationale sur la base des valeurs et principes que nous partageons. Sous le thème principal ‘Paix, Démocratie, Solidarité – entre peuples et cultures’, le Moyen-Orient a été un point de focalisation particulier lors des discussions qui ont inclus Amir Peretz, alors leader élu du Parti Travailliste Israélien, Ilan Halevi du Fatah, et Roby Nathansan du Yachad.
 
‘L’Internationale réaffirme que le processus de paix commencé à Oslo, la Feuille de route et le retour à des négociations sérieuses pour obtenir une solution à deux Etats, basée sur la reconnaissance mutuelle, la justice et le respect des droits de la personne, ainsi que sur le droit international et les accords déjà signés, restent le seul moyen pour sortir de l’impasse, mettre un terme à la violence et obtenir une paix durable.’ Conseil de l’Internationale Socialiste, Athènes, Grèce, 30-31 janvier 2006
 
Profondément concerné par la continuation du conflit et des hostilités en spirale, le Présidium de l’Internationale Socialiste s’est réuni à Samos, en Grèce, le 15 juillet 2006 pour accorder une attention spéciale aux derniers sérieux développements touchant le Moyen-Orient, en particulier les situations aux frontières israélo-libanaises et à Gaza, et le développement de la crise en ce qui concerne l’utilisation de la technologie nucléaire en Iran. Avant la réunion, le président et moi-même avons visité certains des pays de la région concernés.
 
Le Présidium a lancé un appel pour la fin du cycle de violence et des actes indiscriminés contre les populations de civils en Israël, en Palestine et au Liban. Il a lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles respectent le droit international, les décisions du Conseil de Sécurité des Nations Unies et la volonté exprimée de la communauté internationale pour la fin des confrontations et des actions violentes.
 
Lors de la réunion de notre Conseil à Santiago, au Chili, en novembre 2006, des représentants de nos partis membres au Moyen-Orient ont informé les délégués des derniers développements et ont participé aux discussions sous le thème ‘Nouveaux horizons pour la paix : la promotion de solutions au conflit’.
 
Lors de notre réunion du Conseil à Genève les 29 et 30 juin 2007, nous avons été ravis que le Président de l’Autorité palestinienne, S.E. Mahmoud Abbas, se joigne à nous, et qu’il prononce un discours clé sur les perspectives de paix au Moyen-Orient et sur la situation israélo-palestinienne.
 
‘La base pour progresser vers une solution se situe dans le principe de partenariat, d’accords sur les termes légaux de référence et l’engagement vis à vis des accords signés, afin que nous puissions obtenir des solutions aux problèmes qui ont germé suite à des décennies de conflit sanglant et amer, un partenariat prenant en compte les préoccupations légitimes de l’autre partie, et pavant la voie à un avenir nouveau et différent pour les Israéliens et les Palestiniens.’ S.E. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, Conseil de l’Internationale Socialiste, Genève, 29-30 juin 2007
 
Le Conseil a reconnu le leadership et travaux du président Abbas à un moment si crucial. Nous avons lancé un appel pour la fin immédiate de la violence à Gaza et nous demeurons engagés à dédier nos efforts pour empêcher qu’un désastre humanitaire ne s’y développe. Nous avons considéré la promotion de l’Initiative arabe pour la Paix comme une opportunité de progresser vers un accord compréhensif dans la région, y compris des traités de paix entre Israël, la Palestine et la Syrie, et avons lancé un appel à nos partis membres pour qu’ils encouragent Israël et la Syrie, sur la base de leur déclaration de bonne volonté, d’entamer de sérieuses négociations pour trouver un accord pour une paix complète entre eux. L’Internationale a réitéré son appel au gouvernement israélien pour la reprise des négociations pour un accord permanent.
 
Durant le mois d’août, les co-présidents du Comité Moyen-Orient de l’IS, le ministre des Affaires étrangères Jonas Gahr Støre, du Parti Travailliste Norvégien, et Piero Fassino, des Démocrates de Gauche, DS, Italie, ont visité la région pour une série de discussions avec des leaders et représentants des partis membres de l’IS israéliens et palestiniens, ainsi que d’autres membres des gouvernements israéliens et palestiniens.
 
Avant la Conférence d’Annapolis, qui s’est tenue un mois plus tard, nous avons organisé une réunion les 29 et 30 octobre 2007 à Tel Aviv et Ramallah, avec des délégués des partis membres israéliens et palestiniens participants aux réunions dans les deux villes. Les discussions sur les perspectives de paix, qui ont compté sur la participation de notre président George Papandreou, la mienne et celles du co-président du Comité Moyen-Orient Piero Fassino, et du ministre adjoint des Affaires étrangères de la Norvège Raymond Johansen, co-président temporaire, se sont centrées sur le besoin urgent de faire avancer le processus de paix enlisé et saisir les nouvelles opportunités qui étaient apparues pour trouver un cadre sur lequel une paix durable pourrait être construite. Notre session à Tel Aviv s’est ouverte avec la perspective israélienne, avec des contributions d’Ehud Barak, le leader du Parti Travailliste et ministre de la Défense, et Yossi Beilin. Le jour suivant, à Ramallah, la perspective palestinienne a été introduite par le négociateur en chef palestinien Ahmed Qurei, ancien premier ministre palestinien.
 
Parmi les questions clé qui ont été abordées durant la réunion figuraient le besoin immédiat pour des changements tangibles et visibles sur le terrain, y compris un cessez-le-feu, la libération des prisonniers, la levée des blocages routiers, l’accès et la liberté de mouvement, la fin du trafic d’armes, des préparatifs militaires et des activités des milices, la fin des confiscations de terres et le gel des implantations. Egalement, la nécessité d’aborder la situation humanitaire et sécuritaire et la restauration des institutions légitimes de l’Autorité palestinienne à Gaza a été considérée comme fondamentale pour obtenir une paix compréhensive. L’urgence de s’attaquer aux questions au cœur du conflit – Jérusalem, les réfugiés, les frontières, la sécurité, les implantations, l’eau, le développement économique – a été soulignée, questions cruciales pour les Palestiniens et les Israéliens. Les participants ont convenu qu’instituer Jérusalem, par une solution mutuellement acceptée, comme capitale des deux nations, était essentiel pour une paix durable, et qu’une approche juste, créative et réaliste à la question des réfugiés, prenant en compte le caractère national de l’Etat israélien et les attentes du peuple palestinien, était nécessaire, accompagné par le soutien actif de la communauté internationale. La réunion a approuvé à l’unanimité une déclaration soulignant les points de vue communs.
 
La résolution du conflit israélo-palestinien continue d’être au premier plan des préoccupations de l’Internationale, et à notre avis, elle est cruciale pour la paix et la stabilité dans toute la région. Durant la période couverte par ce rapport, une paix durable basée sur une solution à deux Etats et avec des frontières sures, ainsi que le renforcement des institutions politiques légitimes de l’Autorité palestinienne, sont demeurées au centre de la position de l’Internationale.
 
Soutenir les forces démocratiques au Liban
 
Le Liban, un pays qui joue un rôle vital car faisant partie à la fois de la communauté méditerranéenne et de la communauté du Moyen-Orient, a subi des évènements critiques durant cette période et l’Internationale a offert son soutien et sa solidarité aux forces pour la démocratie, parmi lesquelles se trouve notre parti membre le Parti Socialiste Progressiste, PSP, et son leader Walid Jumblatt.
 
Le 4 avril 2005, suite à l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafik Harriri au mois de février, qui a provoqué des manifestations populaires en masse, nous avons tenu une réunion spéciale d’une journée de notre Comité Méditerranée à Beiteddine, au Liban. Des membres de l’opposition, y compris des représentants du Renouveau Démocratique, du Mouvement de la Gauche Démocratique, du Mustakba, du Kataeb, du Kornet Chehwan, des Forces libanaises, du Mouvement Patriotique Libre, du Bloc National, du Rassemblement Démocratique et des représentants des Indépendants, ont pris part aux discussions aux côtés du parti membre de l’IS, le PSP, avec à sa tête Walid Jumblatt. Les invités libanais ainsi que les nombreux partis membres de l’IS qui participaient à cette réunion se sont engagés dans des discussions détaillées qui ont couvert les principales questions affectant le Liban, qui ont été reflétées dans l’adoption d’une déclaration. Dans ce document, nous avons exprimé notre ferme condamnation de l’assassinat de l’ancien premier ministre, et souligné son leadership dans le processus de reconstruction nationale. Nous avons en outre déploré tous les actes de violence dans le pays et affirmé notre soutien pour le peuple libanais dans son appel à la vérité et à la justice en ce qui concerne le meurtre de Hariri et des autres actes de violence politique.
 
La réunion a exprimé sa pleine solidarité avec le peuple du Liban, le PSP, et toutes les forces dans le pays alors qu’ils réaffirmaient l’indépendance et la souveraineté du Liban, sa démocratie et son intégrité constitutionnelle, fondations pour la tenue d’élections nationales libres, justes et transparentes du 29 mai au 19 juin. L’Internationale demeure engagée à surveiller de près la situation dans le pays, en particulier en ce qui concerne le retrait des forces syriennes.
 
Nous somme retournés au Liban pour observer les élections de mai et de juin. L’Internationale a salué le résultat des élections et la nette majorité remportée par l’Alliance, qui comprend le Mouvement du Futur, le Parti Socialiste Progressiste membre de l’IS, et d’autres partis, comme un nouveau début pour le Liban. Les représentants de l’IS, qui ont suivi les différents tours des élections durant un mois à Beyrouth, au Mont Liban, dans la Valée de Beeka, et dans des villes du Nord, y compris Tripoli et Zgharta, ont été témoins d’une élection durant laquelle il n’y a pas eu d’incidents significatifs et caractérisée par la participation et l’enthousiasme des citoyens et des électeurs, dans une atmosphère de respect et de tolérance.
 
La situation au Liban s’est détériorée de façon alarmante durant 2006, et le Présidium, lorsqu’il s’est réuni à Samos en juillet, a reçu un rapport de Walid Jumblatt sur les développements dans le sud du pays. Deux semaines plus tard, nous avons lancé un appel pour la fin des hostilités et pour un cessez-le-feu urgent et immédiat dans le sud du Liban. Nous avons soutenu qu’une nouvelle dynamique de paix était nécessaire : l’agression indiscriminée du Hezbollah sur des civils israéliens et le bombardement israélien à Qana ont souligné dramatiquement combien la logique de guerre était une erreur, mais qui avait jusqu’à présent dirigé la politique et les évènements dans la région. Nous avons lancé un appel pour un cessez-le-feu soutenu par une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’accès immédiat de l’aide humanitaire de l’ONU pour les victimes, la libération de tous les prisonniers, le renforcement de l’autorité et de l’intégrité de l’Etat du Liban à travers la mise en œuvre des résolutions 1559 et 1680 du Conseil de Sécurité de l’ONU, avec le déploiement d’une force de paix multinationale sur la frontière israélo-libanaise, et la reprise le plus rapidement possible des négociations de paix entre les autorités d’Israël et de la Palestine.
 
Nous avons été choqués et profondément indignés par l’assassinat de Pierre Gemayel, le ministre de l’Industrie libanais et l’un des leaders du Mouvement du 14 mars, le 22 novembre 2006. Nous avons condamné avec fermeté cet acte de violence et réaffirmé notre solidarité avec le peuple libanais et son gouvernement démocratiquement élu. Survenant à un moment particulièrement crucial pour le Liban, et tandis que le cabinet libanais était dans le processus d’approuver l’établissement d’un tribunal international, soutenu par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour traduire en justice les responsables du meurtre du premier ministre Hariri et de vingt-deux autres personnes, l’assassinat politique de Gemayel cherchait clairement à saper la stabilité du pays et sa fragile démocratie. Nous avons lancé un appel pour l’unité nationale dans le pays et réitéré notre soutien ferme en faveur des forces démocratiques, rejetant toute forme d’interférence extérieure dans les affaires internes du pays, et la continuation du processus vital de reconstruction.
 
Dans ce contexte, nous avons tenu une réunion extraordinaire de l’Internationale à Beyrouth le 16 décembre 2006 pour y examiner la grave situation. La réunion a été accueillie par le Parti Socialiste Progressiste, PSP, et a compris la participation des leaders du Mouvement du 14 mars. La réunion a commencé avec une minute de silence en mémoire de tous les Libanais qui avaient récemment perdu leur vie. Lors de l’ouverture, des interventions ont été faites par le leader du Parti Kataeb, Amin Gemayel, père du ministre de l’Industrie récemment assassiné, Pierre Gemayel ; le leader du Parti Socialiste Progressiste et hôte de l’évènement, Walid Jumblatt ; le leader du Mouvement du Futur, Saad Hariri, fils du premier ministre assassiné, Rafik Hariri ; par moi-même ainsi que par le président de l’Internationale Socialiste, George Papandreou, qui a présidé la réunion.
 
Les conclusions de la réunion ont souligné le soutien et la solidarité de l’Internationale en faveur des efforts des membres du Mouvement du 14 mars et du gouvernement, pour maintenir la paix