Print this article   Email this to a friend

Rapport du Commission SMD

D'une économie à haute teneur en carbone vers une société à faible teneur en carbone

23 septembre 2009

 
 
 
ALa création de la Commission de l’Internationale socialiste pour une Société mondiale durable
 
1.
 
La Commission de l’Internationale socialiste pour une Société mondiale durable a été créée conformément aux décisions prises par le Conseil de l’Internationale socialiste à l'occasion de ses réunions à Santiago, au Chili les 6-7 novembre 2006 et à Genève les 29-30 juin 2007.
 
Lors de ces rencontres, le Conseil a souligné que, si, durant ces récentes décennies, des changements importants dans le monde ont accru les opportunités de faire avancer la cause de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme, par contre, les aménagements de l’architecture des institutions globales, nécessaires pour surmonter les conflits et redresser les divisions sociales et les inégalités, n’ont pas encore été faits.
 
Au même moment, alors que les conflits sont devenus plus intenses et que de nouvelles menaces pour la sécurité sont apparues, le monde manque d’institutions multilatérales pour maîtriser efficacement le réchauffement global et le changement climatique.
 
Le Conseil a instauré une Commission pour une Société mondiale durable en vue d'élaborer une vision social-démocrate commune et de réfléchir sur les nouveaux défis environnementaux, politiques et sociaux qu’affronte le monde d’aujourd’hui.
 
Le travail de la Commission se situe dans la longue tradition d’efforts de l’Internationale socialiste pour promouvoir et garantir l’égalité, l’opportunité économique, la justice sociale, et le développement durable.
 
La conviction de l’Internationale de l'interdépendance du monde et d'une humanité commune, ainsi que sa présence dans chacun des continents, en fait une plateforme politique unique et un acteur global, capable de concevoir et de mener à bien une stratégie mondiale pour la paix et la préservation globale.
 
Le travail de la Commission a été concentré sur trois priorités : a) évaluer les menaces du réchauffement global et du changement climatique et élaborer de nouvelles politiques énergétiques globales, fondamentales pour toute réponse à cette menace ; b) envisager les possibilités de redresser les déséquilibres sociaux et les inégalités économiques au travers de nouvelles formes de gouvernance ; et c) proposer des améliorations dans la gouvernance globale comme fondement de la construction d’une société mondiale durable.
 
 
2.
 
La Commission comprenait des membres des différentes régions du monde ayant de vastes expériences dans le domaine des services publics. Ceux qui ont participé aux travaux étaient les co-présidents de la Commission Ricardo Lagos, ancien Président de la République du Chili (2000-2006) et Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies sur le Changement climatique et Göran Persson, ancien Premier ministre de la Suède (1996-2006) reconnu pour son action politique et ses compétences dans le domaine de la politique climatique ; Hilary Benn, secrétaire d’Etat à l’Environnement, l’Alimentation et les Affaires rurales, Royaume-Uni ; Elio Di Rupo, Président du Parti socialiste, PS, Belgique, ministre d’Etat et maire de la Ville de Mons ; Mohamed El Yazghi, ministre d’Etat, ancien ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Eau et de l’Environnement, Maroc ; Sigmar Gabriel, ministre fédéral pour l’Environnement, la Conservation de la Nature et la Sûreté nucléaire, Allemagne ; Aleksandr Kwasniewski, ancien Président de la République de Pologne (1995-2005) ; Sergei Mironov, Président du Conseil de la Fédération russe, Président du Parti Une Russie juste; Cristina Narbona, ancienne ministre de l’Environnement d’Espagne (2004-2008); Beatriz Paredes, Présidente du Parti révolutionnaire institutionnel, PRI, du Mexique ; Martin Torrijos, ancien Président de la République de Panama (2004-2009), leader du Parti révolutionnaire démocratique, PRD ; et Nkosazana Dlamini Zuma, ancienne ministre des Affaires étrangères (1999-2009), actuellement ministre de l’Intérieur, République d’Afrique du Sud.
 
 
3.
 
Lors de son Conseil à Genève, les 29-30 juin 2007, l’Internationale socialiste, dans l’optique de créer une Commission, a souligné qu’il y avait un nombre croissant de questions internationales qui ne pouvaient plus être résolues au niveau national, notamment le réchauffement global et le changement climatique, et a insisté sur le fait que ceci constituait « le plus grand défi de notre temps. La zone de danger n’est plus quelque chose qui concerne l'avenir. Nous y sommes dès maintenant».
 
Lors de sa première réunion à Londres, le 19 novembre 2007, accueillie par le Premier ministre Gordon Brown, Leader du Parti travailliste britannique, la Commission a déclaré, « La terre demande l’attention de tous les habitants de la planète et le moment est venu pour des actions décisives qui feront la différence. Le réchauffement du système climatique est un fait indiscutable. L’impact considérable de l’activité humaine sur l’état de détérioration de l’atmosphère terrestre est également indéniable ». La Commission a souligné que la maîtrise du changement climatique « est la priorité la plus cruciale à laquelle nous somme confrontée ».
 
Depuis lors, l’urgence d’y apporter une réponse s’est grandement accentuée avec les flux réguliers de rapports et études, préparés par des scientifiques éminents et des spécialistes du climat à travers le monde, qui démontrent que les effets négatifs du réchauffement global et du changement climatique interviennent de façon plus rapide et avec un impact bien plus grand qu’imaginé au départ.
 
Il n’y a plus le moindre doute que les émissions de gaz à effet de serre doivent être radicalement réduits si l’on veut éviter que le changement climatique actuel n'entraîne un bouleversement climatique catastrophique pour l’équilibre délicat qui rend possible la vie humaine sur cette planète.
 
Une autre priorité, non moins importante, est de concevoir et de mener à bien un programme global visant à prendre les mesures nécessaires d’adaptation aux conséquences déjà inévitables du changement climatique, particulièrement pour les peuples les plus pauvres et les plus vulnérables de ce monde. Ceux-ci, par ce qui peut être qualifié d’injustice climatique, souffrent, dès maintenant, le plus des changements accélérés de la biosphère de la Terre, y compris des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes, telles que la sécheresse, la désertification et l’augmentation du niveau des mers, alors qu'ils en sont les moins responsables.
 
 
4.
 
La nécessité de répondre au défi du changement climatique est devenue plus pressante encore par le bouleversement financier global, qui est rapidement devenu une crise socio-économique mondiale d'une ampleur que le monde n’avait plus connu depuis la Grande Dépression. Cette crise a eu des conséquences directes et graves sur la vie quotidienne des personnes partout dans le monde, et, là encore, a touché plus durement les parties les plus faibles et les plus vulnérables de la population mondiale.
 
A court terme, et dans la mesure où il y a eu des pressions pour édulcorer les politiques sur le changement climatique et pour revenir sur des engagements déjà pris, le ralentissement économique global a rendu plus difficile encore les décisions politiques à prendre. Pourtant, celles ci sont nécessaires si l'humanité veut effectivement contrer la menace du changement climatique.
 
C’est la recette du désastre ! Plus grave, cette approche ignore le fait que la crise économique actuelle constitue une opportunité énorme pour l’humanité de tracer le chemin continu vers le développement écologique durable, qui viserait non seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à mieux se prémunir contre les impacts du changement climatique, mais aussi à mettre en place une globalisation plus équitable et plus juste, dans laquelle les marchés servent les gens plutôt que l’inverse.
 
De façon encourageante, il y a déjà eu une réorientation vers des politiques énergétiques plus propres et plus écologiques de la part de l’Union européenne, de la Chine et plus récemment, et d’une façon très positive, de la part des Etats-Unis. Mais il ne s'agit là que des premiers pas sur le chemin qui doit aboutir au regroupement effectif, dans une coordination globale, des objectifs fondamentaux de la protection environnementale et de la reprise économique mondiale.
 
Accomplir ces tâches délicates demande non seulement une réelle détermination politique, mais aussi la restauration de la confiance des peuples dans la gouvernance aux niveaux local, national et international.
 
Concevoir des stratégies pour une préservation globale et créer les instruments gouvernementaux et institutionnels pour les mettre en œuvre, ne peut aboutir sans un engagement commun de nous tous, en tant que véritables citoyens du monde.
 
Eveiller le sens de la responsabilité des personnes partout dans le monde demande une attention accrue pour la jeunesse, l’éducation et la conscience collective, étant donné que ceci est la clé du changement des façons de penser et de vivre des peuples, car en fin du compte, un développement durable et solidaire de la planète demandera aussi "une pensée durable."
 
Dans la lutte des familles pour survivre dans l'actuelle crise économique globale, le rôle des femmes doit être reconnu et encouragé, à chaque niveau et dans chaque domaine, car elles contribuent aux efforts pour s’adapter aux changements climatiques avec un sens inné de la préservation de la collectivité et de l’environnement. Cet apport ne peut être quantifié sur aucune échelle scientifique mais est indispensable si l’humanité veut s'assurer un avenir pacifique, juste et sûr.
 
 
 
B. Réduire les émissions de gaz à effet de serre : établir des critères pour les réductions d’émissions de carbone par pays
 
 
5.
 
Les catégories des pays membres du CCNUCC – annexe I et non-annexe Idoivent être redéfinies et élargies, mais la question reste de savoir si, pour y parvenir, il est nécessaire ou non de progresser sur les questions principales.
 
Les deux grands blocs ayant droit de vote se sont révélés être des entités lourdes et peu efficaces, qui généralement échouent à prendre en compte les différents besoins et capacités des Etats membres. Ceci est particulièrement vrai parmi les pays de la non-annexe I – vu que de grands pays, tels que la Chine, l’Afrique du Sud et le Brésil, ont des profils différents des plus petits pays, tant en termes de niveaux d’émission, qu'en ce qui concerne leur capacité de mitigation   – et ceci est également le cas pour les pays de l’annexe I.
 
Afin de surmonter ces difficultés, le Plan d’Action de Bali s'est engagé, en principe, en faveur de responsabilités communes mais différenciées pour les pays en développement, statuant : « Des actions de réduction appropriées au niveau national pour les pays en développement, dans un contexte de développement durable, soutenues et rendues possibles par la technologie, le financement et la consolidation des aptitudes, de façon mesurable, traçable et vérifiable."
 
A cet égard, l’IS a soutenu le Plan d’Action de Bali, déclarant au Congrès de l’IS d’Athènes en juillet 2008 : «  Les engagements des nations individuelles devraient être basés sur les niveaux d'émissions passés, présents et futurs  et la capacité économique du pays à les réduire, conformément au principe des responsabilités communes mais différenciées et en fonction de leurs capacités respectives. Les nations les plus riches, ayant le plus grand volume d’émissions, devraient réduire leurs émissions en premier, et davantage que les autres».
 
L’IS a aussi affirmé lors de ce Congrès : « Une solidarité active entre le monde développé et en développement doit inclure un soutien technique et économique pour les pays les moins en mesure de réduire leurs émissions de gaz et de s’adapter aux impacts du changement climatique ». Mais ceci est resté l'obstacle majeur dans les négociations actuelles du CCNUCC, et les lignes de division persistent entre les pays industrialisés et les pays en développement sur les questions cruciales qui doivent être résolues afin d'arriver à un accord à Copenhague.
 
Il parait donc, qu’alors que les catégories ont besoin d’être redéfinies, des percées majeures sur les questions principales doivent d'abord être faites au travers d’une plus grand conscience collective mondiale et d’un vrai leadership de la part des plus grands émetteurs, à la fois parmi les pays industrialisés et parmi les pays en développement.
 
 
6.
 
Durant la plus grande partie de l'ère de la civilisation humaine, la quantité de dioxyde de carbone, le gaz le plus commun à effet de serre, dans l’atmosphère était d'environ 275 parts par millions. A la fin des années 1950, elle était déjà d'environ 315 ppm, et en 2008 elle a atteint les 385 ppm et a augmenté de plus de 2 ppm par année. Cela a entraîné une augmentation de la température globale d’environ 0.75 C au-dessus des niveaux préindustriels, et une hausse additionnelle de 0.6 C est considérée comme inévitable à cause du dioxyde de carbone déjà émis.
 
Une hausse de température d’environ 2 C au-dessus du niveau préindustriel est généralement considérée comme étant le maximum que la société humaine peut endurer. Il y a quelques années encore, on pensait que l'on pourrait empêcher la hausse de la température de monter au dessus de 2 C et que les risques des retombées les plus graves du changement climatique pourraient être réduits de façon significative, si les niveaux de carbone dans l’atmosphère étaient stabilisés entre 450 ppm et 550 ppm.
 
Aujourd'hui, les études scientifiques les plus réputées démontrent que la planète réagit plus rapidement que prévu aux hausses relativement faibles de la température globale déjà   enregistrées, et que si l’humanité veut éviter un changement climatique incontrôlé et maintenir la planète habitable pour la vie humaine, les niveaux de carbone devront vraiment baisser de l’actuel 385 ppm, à un niveau aussi bas que 350 ppm, si ce n’est encore plus bas. Cela veut dire qu'à l'approche de Copenhague, les nations doivent chercher les moyens de réduire les émissions de manière beaucoup plus significative qu’originellement discuté lors de la Conférence de Bali.
 
 
7.
 
Au Congrès d’Athènes en juillet 2008, l’IS s'est prononcé en faveur de l'objectif de 2 degrés Celsius comme pierre angulaire pour tout accord intégral à atteindre à Copenhague en 2009, et ceci dans les prochaines 10 à 15 années, les émissions globales de GES devant faire l'objet de transformations progressives en conformité avec l'objectif de 2 degrés Celsius.
 
Pour atteindre cet objectif, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a proposé que les pays industrialisés réduisent d'ici 2020 leurs émissions de 25-40 pour cent au-dessous des niveaux de 1990. Toutefois, les pourcentages actuellement discutés sont bien insuffisants par rapport aux propositions du GIEC. Ceci reste un point majeur du différend entre les pays industrialisés et les pays en développement, plusieurs de ces derniers faisant pression pour que les pays industrialisés s’engagent au-dessus de 40 pour cent de réduction, barre la plus haute du GIEC, alors que les nations les plus pauvres et les états des petites îles poussent jusqu'à 45 pour cent.
 
Au même moment, de nouvelles études continuent à être faites qui préconisent qu'une réduction comprise entre 25-40 pour cent ne serait pas suffisante pour atteindre l'objectif de 2 degrés Celsius. Ainsi, par exemple, en avril, le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américain a signalé que les émissions de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter en 2008 en dépit du déclin économique global. Toujours en avril, une étude de l’Institut de Potsdam sur la recherche de l’impact du climat en Allemagne a conclu que « moins d’un quart du combustible fossile en réserve peut être brûlé et être émis entre maintenant et 2050, si le réchauffement global doit être limité à 2 degrés Celsius. »
 
Les négociations du CCNUCC menées depuis Bali ont abouti à peu de progrès substantiels sur cette question clé et de sérieux doutes subsistent quant à la possibilité d'atteindre l'objectif de 2 degrés C, étant donné l'essor des émissions de carbone et les contraintes politiques. Une détermination maximale pour atteindre l'objectif des 2 degrés C est et doit rester le but principal, et des efforts doivent être maintenus en ce qui concerne la limitation des dommages et l’adaptation.
 
 
8.
 
Réduire les émissions de gaz à effet de serre est une responsabilité commune. En même temps, les engagements de chaque pays individuellement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre doivent être basés sur les niveaux passés, présents et futurs des émissions et sur la capacité économique du pays de les réduire conformément au principe des « responsabilités communes mais différenciées », tel que défini par le Protocole de Kyoto.
 
Par le protocole de Kyoto, les pays industrialisés s’engageaient à réduire leurs émissions à un certain pourcentage au-dessous de la quantité qu’ils émettaient en 1990, même si la base de 1990 avait peu ou pas de relation avec la science climatique. De plus, la méthode principale utilisée par les pays développés pour atteindre les objectifs de réduction – échanger des crédits de carbone sur les marchés de carbone internationaux – n’a résulté, jusqu'à ce jour, en aucune réduction substantielle des émissions.
 
En même temps, alors que les pays industrialisés ont essayé, avec un minimum de succès, de réduire les émissions comme prévu par le Protocole de Kyoto, les pays du monde en développement ont, en fait, augmenté les niveaux de leurs émissions.
 
A l'approche de Copenhague, il est clair que les pays riches industrialisés doivent s’accorder sur des objectifs nouveaux et plus significatifs de réduction des émissions, là où les pays en développement, particulièrement la Chine et l’Inde, doivent également s’engager à réduire leurs émissions, même si les objectifs sont numériquement plus bas.
 
Les récentes initiatives de la Chine et d’autres pays en développement, la nouvelle ligne politique des Etats-Unis en matière de changement climatique, et les volontés manifestes de ces deux pays - les deux plus grands pays du monde émetteurs de gaz à effet de serre - de discuter des possibilités d'une voie commune vers la réduction des émissions, sont des signes positifs.
 
 
9.
 
La répartition équitable entre toutes les nations du monde des objectifs en matière de réduction des émissions, sera la question clé à résoudre pour arriver à un accord sur le nouveau traité sur le changement climatique. Un pas en avant serait un système basé sur des émissions par habitant, avec des objectifs nationaux basés sur la population, ladite "contraction et convergence", formule créée par le Global Common Institute.
 
Une autre alternative et potentiellement la plus prometteuse est basée sur les «droits de l'effet de serre/développement » (les GDRs - Greenhouse development rights), élaboré par EcoEquity et l’Institut de l’Environnement de Stockholm, qui élargit l’agenda du changement climatique en intégrant la reconnaissance du droit au développement des pauvres du monde, aussi bien dans les pays du Sud que dans ceux du Nord. Les obligations nationales en matière climatique devraient être déterminées en fonction d'un « seuil de développement » basé sur les niveaux de pauvreté et les disparités des revenus à l’intérieur des pays et selon la quantité de gaz à effet de serre que les pays produisent.
 
Quelque soit la méthode adoptée, il est clair que négocier les détails et s’accorder sur les moyens d’action sera un exercice difficile et que la communauté internationale doit faire le meilleure usage du temps qui reste avant Copenhague afin de résoudre cette question fondamentale.
 
 
C. Réduire le recours à l'énergie productrice de gaz à effet de serre
 
 
10.
 
L’enjeu est aussi de mettre en place une politique énergétique mondiale commune qui prendrait en considération les niveaux variables de développement économique à l’échelle nationale. Aucun effort ne doit être ménagé pour promouvoir le recours aux énergies propres, plus efficaces et renouvelables, comme alternatives à la dépendance actuelle aux énergies fossiles, pratique qui n’est pas seulement destructrice pour l’environnement, mais aussi une cause première de tensions géopolitiques et de conflit.
 
Mettre un prix approprié sur les émissions de carbone, et garantir son payement, est fondamental pour promouvoir le passage d'une énergie à haute teneur en carbone à une énergie carbonique basse, tout en assurant la sécurité des ressources énergétiques de remplacement, nécessaires au développement économique durable.
 
Les marchés d’échange de carbone offrent certains avantages mais n’ont pas encore produits des réductions d’émissions substantielles, comme souligné précédemment, et il est clair que les seuls marchés, comme c'est le cas pour l’économie dans son ensemble, sont insuffisants et n'apporteront pas les aides financières et les ressources nécessaires pour réaliser la combinaison indispensable d'une réduction significative d'émissions, d'adaptation aux conditions climatiques déjà changeantes, de la sécurité énergétique et d'une croissance économique équitable et écologique.
 
D’autres instruments de régulation des émissions qui pourraient être mis en place à l’échelle mondiale doivent être pris en considération, y compris une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre, à la fois au niveau national et mondial. Toutefois, les taxes carbones devraient être envisagées avec circonspection afin d’éviter des lacunes et, particulièrement, d’empêcher les compagnies qui produisent ou brûlent des combustibles fossiles de transférer l’augmentation de leurs coûts vers les secteurs les plus pauvres de la population.
 
 
11.
 
Le marché du carbone est utilisé en Europe et fait partie de la législation actuellement proposée par les Démocrates au Congrès des Etats-Unis. Toutefois, des questions ont été soulevées quant à son efficacité, non seulement comme instrument national et régional, mais surtout par rapport à son fonctionnement global, notamment en ce qui concerne la réduction urgente des émissions dans le monde.
 
En principe, une taxe carbone imposée sur les émissions de GES basée sur une quantité émise, encouragerait les émetteurs à réduire leurs émissions et les entrepreneurs à créer des alternatives. Dans un premier temps, la taxe carbone affecterait les producteurs, mais étant donné que l‘augmentation du coût du carbone se répercute sur les économies, cette politique devrait promouvoir la transformation en technologies à faible teneur et l'utilisation efficace des énergies à tous les niveaux.
 
Un des objectifs des taxes carbone, est de permettre la prévision des prix de l’énergie et d'être un stimulant plus efficace pour amener les marchés à produire une technologie d’énergie propre ; elles pourraient être mises en œuvre plus rapidement que des systèmes de bourse compliqués ; elles sont transparentes et compréhensibles et donc plus susceptibles de gagner le soutien du public ; leur mise en œuvre laisse beaucoup moins de marge à la manipulation et à l’exploitation par des intérêts particuliers; les taxes carbone traitent les émissions des GES dans tous les secteurs et non seulement l’industrie de l’électricité comme c’est le cas pour certains systèmes de bourse ; les revenus des taxes carbone pourraient être reverser au public au travers de dividendes ou de taxes progressives - autrement dit, des sommes d'argent qui interviennent dans les marchés de carbone pourraient être mieux utilisées pour réduire des taxes régressives, protéger les foyers pauvres et aider les familles à utiliser moins d’énergie ; les pays auraient plus d’une raison de renforcer de telles taxes et ainsi la conformité serait un problème de régulation moins grave qu’avec un permis de carbone compliqué et volatile et des systèmes de compensation.
 
L’argument a aussi été avancé qu’une taxe carbone appliquée globalement pourrait offrir de meilleurs espoirs pour réduire l’actuelle division entre les pays développés et en développement. L’idée serait d’essayer de fixer un prix uniforme pour le carbone, partout et de la façon la plus directe possible. La taxe pourrait être ajustée annuellement par un organisme mondial, similaire en structure et en objectif à la Cour internationale climat/environnement, dont question dans ce rapport. Conformément au principe de responsabilités communes mais différenciées, les pays en développement qui optent pour la taxe pourraient recevoir un pourcentage des revenus de la taxe carbone des pays développés pour aider à financer les transferts de technologies, la préservation des forêts et l’adaptation aux changements climatiques déjà existants. Ainsi, afin d’encourager les petits pays en développement à y prendre part, ils pourraient être autorisés à participer, dans un premier temps, sur base d’une taxe moins importante ou minimale.
 
Concernant la mise en œuvre efficace, une taxe carbone globale, pourrait mieux fonctionner si elle était appliquée aux points clés où les flux de carbone sont les plus concentrés – par exemple, les raffineries de pétrole, les lignes de gaz, les charbonnages, les terminaux de gaz naturel liquides, et les aciéries, l’industrie de l’aluminium et chimique. Une taxe uniforme sur les émissions de GES appliquée à un nombre relativement restreint de grands sites permettrait une meilleure surveillance et pourrait être révisée lors de l'évaluation annuelle des politiques économiques et fiscales déjà mises en œuvre par le FMI.
 
Enfin, parce que la taxe carbone est le système potentiellement le plus transparent, le plus sûr et le plus équitable, elle peut mieux répondre à une approche globale du changement climatique basée sur la conscience collective internationale et la solidarité, sans lesquelles l’objectif de préservation ne pourra pas être atteint, peu importe comment les chiffres sont additionnés.
 
 
12.
 
Il faut également prendre en considération les approches sectorielles qui appliquent des normes similaires de contrôle d’émission dans les industries ayant des normes similaires de production, par exemple, l’aviation, l’acier et la navigation.
 
Le Plan d’Action de Bali réfère à « des approches sectorielles coopératives et à des actions spécifiques par secteur » comme élément potentiel du régime de mitigation des GES post 2012. Mais la question de l’approche sectorielle demeure complexe et la preuve a été donnée qu'elle provoque des divisions.
 
Plutôt que de traiter l’ensemble des économies et tous les types de GES sous un régime unifié, une approche sectorielle impliquerait la création d’une série d’accords internationaux pour traiter séparément les différents secteurs et les gaz. Les accords secteur-niveau seraient basés sur des critères standards globaux pour des secteurs spécifiques ou des catégories de sources de GES. Les pays en développement seraient inclus et pourraient bénéficier de certaines mesures incitatives pour les aider à les réaliser, alors des restrictions commerciales pourraient être imposées pour faire respecter les accords dans les secteurs de commerce sensible.
 
Certains estiment qu’un premier avantage de l’approche sectorielle, est qu’elle traiterait la question “de la fuite de carbone”, quand l'activité économique dans les industries à grande consommation d'énergie à l'échelle mondiale, tels que l’aluminium, le ciment et l'acier, se déplace d’une région avec des « pointes carboniques » et vers une autre qui n’en a pas. L’environnement bénéficierait du fait que les industries seraient amenées à agir selon les mêmes normes, partout dans le monde, a-t-on souligné. D’un autre côté, une approche sectorielle serait, selon quelques uns, économiquement moins efficace et plus compliquée à gérer qu’une approche économique large. De plus, beaucoup de pays en développement craignent qu’une approche sectorielle ne leur imposer des objectifs de réduction, sans garanties claires d’une assistance financière ou de transferts de technologies. Il y a aussi la question de savoir comment une série d’accords sectoriels séparés pourrait être coordonnée et mesurée afin d’assurer que les niveaux de réduction d’émissions nécessaires pour atteindre les 2 degrés Celsius soient satisfaits.
 
Il est possible d‘incorporer utilement certains éléments d‘une approche sectorielle dans un accord général sur le climat. Mais étant donné ses complexités inhérentes et les effets de polarisation constatés jusqu'ici ceci devrait être vu comme secondaire par rapport à la tâche fondamentale de se concentrer sur des terrains d’accord et de jeter les ponts nécessaires pour arriver à Copenhague à un accord global intégral basé sur des engagements larges et partagés.
 
 
13.
 
En même temps, des mesures incitatives doivent être prises pour rendre les productions d'énergies renouvelables et à faible teneur en carbone plus attractives, et en cela, le rôle des politiques, des gouvernements et du secteur public est crucial.
 
Les marchés sont une composante dynamique de l’économie mondiale, mais la crise financière globale a rendu évident que les marchés peuvent être surévalués et nuisibles, s’ils ne sont pas régulés de façon adéquate. Ainsi, le défi du changement climatique démontre clairement le besoin d’un nouvel équilibre entre les gouvernements, les marchés et la société.
 
L’énergie solaire, éolienne et la puissance géothermique sont parmi les ressources d’énergie renouvelables les plus prometteuses. Exploiter l’énorme puissance du soleil au travers de panneaux solaires et autres technologies est une source d’énergie propre sûre et sans limites. Augmenter l’investissement public dans ce domaine en prenant des mesures incitatives pour son utilisation et son développement dans le secteur privé, pourrait accroître de façon substantielle le pourcentage toujours faible que l’humanité retire actuellement de l’énergie solaire.
 
L’énergie éolienne est aussi une source d’énergie propre et renouvelable grandement sous-utilisée. L’Europe est à mi-chemin dans ce domaine, notamment grâce à l’exploitation du vent au large, et tend à générer un quart de son électricité au travers de turbines à vent au large dans un peu moins d’une décennie. Des politiques publiques, qui, comme dans ce cas, promeuvent l’utilisation de l’énergie éolienne et la participation des compagnies du secteur privé dans sa production contribuent à montrer la voie à suivre pour d’autres régions du monde dans leurs efforts pour bénéficier de l’énergie éolienne.
 
L’énergie géothermique est également un champ d’exploitation prometteur, compte tenu notamment des récentes découvertes d’énormes réserves d’énergie de chaleur dans l’écorce terrestre. Aujourd’hui, l’exploitation de l’énergie géothermique est encore peu opératoire dans le monde, mais les nouvelles réserves découvertes sont un potentiel énorme, si les politiques et mesures incitatives appropriées sont appliquées.
 
La création récente de l’Agence Internationale pour les Energies renouvelables (IRENA) avec une participation initiale de plus de 100 pays, est un développement positif. Le rôle de l’IRENA est d’assister à la fois les pays en développement et les pays développés dans la transformation en économies d’énergies renouvelables, grâce à des soutiens financiers et technologiques.
 
 
14.
 
Dans le contexte des problèmes climatiques, l’énergie nucléaire a fait l’objet d’un intérêt renouvelé car elle est une source d’énergie faible en carbone 24 heures sur 24. Selon l’Agence Internationale de l’Energie atomique (AIEA), l’énergie nucléaire procure actuellement 14 pour cent des réserves électriques globales.
 
Toutefois, une grande inquiétude persiste à propos de la puissance nucléaire, notamment en ce qui concerne les problèmes persistants en matière de sécurité et de possibilités de stockage des déchets ; les questions potentielles de sécurité et de risques environnementaux si les secteurs de la puissance nucléaire devraient accroître rapidement ; les coûts élevés des capitaux, qui s’intensifient encore, particulièrement durant la crise économique globale en cours, et qui ont généralement excédé le coût des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire ; dans certains pays les « encombrements » dans la production de composantes clé requièrent la construction de centrales ; le long délai de construction ; et l’utilisation à grande échelle de l’eau alors que nous connaissons des pénuries d’eau à cause du réchauffement global.
 
Ces inquiétudes sont à la base de l’argument selon lequel le monde devrait se concentrer tout particulièrement, maintenant et à l’avenir, sur le déploiement, à grande échelle, des technologies solaires, éoliennes et géothermiques, et sur la nécessité de réaliser les niveaux les plus élevés d’efficacité énergétique.
 
En même temps, les circonstances dans certains pays conduisent à recourir davantage au nucléaire, du moins actuellement. Dans ces pays, une utilisation constante et certaines expansions de la puissance nucléaire peuvent avoir du sens, mais seulement à court et moyen terme et à condition de prêter une plus grande attention à la sécurité et à l’impact environnemental, et d'aller de pair avec des efforts pour promouvoir au maximum l’utilisation et l’expansion des énergies renouvelables comme sources principales d’énergie dans un monde durable et à faibles émissions de carbone.
 
 
15.
 
La crise financière et économique mondiale ne doit pas être vue comme un obstacle, mais comme une opportunité de poser les fondations d’une économie globale durable, non nuisible pour l’environnement et plus équitable, et de promouvoir la transformation des économies à haute teneur en carbone vers des sociétés à faible teneur en carbone.
 
Le temps est maintenant venu de reconstruire le système financier global afin de soutenir un développement écologique solide et durable et d’ouvrir la voie à un avenir de croissance écologique. Renverser le réchauffement global et limiter le changement climatique, s’il est correctement financé et soutenu, peut être un moteur efficace de croissance et de réduction de la pauvreté.
 
Alors que les gouvernements tendent à revitaliser les économies nationales, ils devraient envisager de mettre en œuvre des politiques qui se concentrent sur des investissements et des marchés réorientés vers un développement plus durable, et stimuler particulièrement la compétition privée pour créer une industrie propre. Le potentiel économique des technologies écologiques est énorme et les partenariats publics-privés sont vitaux pour de nouveaux modèles de développements écologiques.
 
Il est prouvé que l’industrie des énergies renouvelables, y compris les programmes pour créer et instaurer les conversions des technologies nécessaires, est créatrice d’emploi à long terme, alors que des ensembles de stimulants, qui se limitent simplement à mettre de l’argent supplémentaire dans les poches des gens, sont des moyens à court terme qui résolvent peu et risquent d’encourager la consommation non durable et dommageable pour l’environnement.
 
 
 
D. Renverser la déforestation par la préservation et la reforestation
 
 
16.
 
La question de renverser la déforestation était exclue du Protocole de Kyoto. Pourtant, la bonne santé des terres forestières, particulièrement de la forêt tropicale, est cruciale à cause du rôle important des forêts dans l’éradication dans l’atmosphère des gaz qui contribuent au réchauffement global. La préservation et la reforestation doivent être intégrées dans tout régime sur le changement climatique adopté à Copenhague.
 
Les forêts sont les poumons de la planète, agissant comme un grand piège à carbone car elles absorbent les émissions que l’humanité envoie dans l'atmosphère. Elles aident aussi à rafraîchir l’atmosphère de la Terre, et génèrent la plupart des pluies dans le monde. Elles sont une immense source de diversité biologique. Perdre les forêts signifie perdre la bataille contre le changement climatique.
 
L’actuel taux de déforestation est extrême et son impact immense. Au début de 2009, entre un cinquième et un quart des émissions de gaz à effet de serre mondiale venait de l’abattage des arbres et des feux des forêts tropicales. La plus grave déforestation intervient d’abord dans les nations en développement qui luttent pour trouver un équilibre entre les nécessités économiques et le besoin de conservation.
 
 
17.
 
Quant à la question de savoir si les puits de carbones de la biomasse des forêts peuvent être utilisés pour répondre aux engagements de réductions de gaz à effet de serre, un nombre de questions problématiques doivent être pris en compte.
 
Premièrement, il y a un manque de mesures précises pour savoir combien de carbone est enfermé dans les arbres, ainsi que des difficultés pour vérifier les réductions des émissions grâce à la préservation des forêts. Ces préoccupations ont déjà été soulevées par le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier (REDD) qui est négociée dans le processus du CCNUCC.
 
Deuxièmement, il y a la question de l’équité, parce que les pays, étant différents en taille et en terres forestières, certains bénéficieraient plus que les autres en recevant un crédit pour préserver les puits de carbone de la biomasse. Une manière de prendre une initiative plus équitable consisterait à créer une structure par région. Ainsi, par exemple, tous les pays d’une région ou d’un continent qui contribueraient à la préservation, recevraient une sorte de crédit partagé, même si les plus grands pays seraient en mesure de préserver les plus grandes étendues de forêts.
 
Troisièmement, et peut-être le plus important, il y a l’inquiétude croissante que le changement climatique a déjà commencé à altérer significativement les capacités des forêts à absorber le dioxyde de carbone. Une étude multinationale récente, sponsorisée par l’université de Leeds (RU), a constaté que durant les périodes de sécheresses intenses en Amazonie, en 2005, le taux de mortalité des arbres a doublé et pendant un espace de temps la forêt tropicale est devenue un producteur net de gaz à effets de serre. A l’occasion de la publication de l’étude, en mars 2009, les chercheurs ont déclaré que ce type de sécheresse soudaine et intense arrivera certainement de façon accrue dans un monde qui se réchauffe globalement. Un autre avertissement est venu, en avril, d’une étude coordonnée par l’International Union of Forest Research Organisations (Vienne) ; les scientifiques impliqués dans cette étude ont déclaré qu’à cause des effets déjà en cours du réchauffement climatique, les forêts étaient menacées de passer d’un puits net de carbone à une source net de carbone. Cela soulève la question de savoir si quelque système de crédits de carbone que ce soit – au travers du REDD, qui semble être similaire à la problématique du MDP, ou par tout autre processus - donnerait une protection suffisante aux forêts et interviendrait assez tôt pour préserver la capacité des forêts du monde à agir comme des puits de carbone.
 
 
18.
 
Le nécessité absolue d’intégrer les efforts pour traiter le changement climatique et pour éradiquer la pauvreté est claire, et particulièrement au regard de la déforestation. Certains pays en développement ont élaboré des objectifs ambitieux pour préserver leurs terres forestières et ont instauré des programmes prometteurs. Mais des pressions croissantes de développement, des restrictions budgétaires plus fortes et la recherche effrénée de nouvelles terres par les populations rurales et urbaines marginalisées rend encore plus difficile la mise en œuvre et le renforcement des programmes de conservation.
 
La Conférence de Bali des Nations unies sur le changement climatique s’est accordée que l’initiative connue comme la Réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD) devrait être incluse dans le suivi du Protocole de Kyoto, d’autres propositions venant de différentes régions ont également été faites à ce propos.
 
Il y a aussi eu un accord général aux réunions des Nations Unies depuis Bali que les pays devraient être compensés pour réduire ou arrêter la déforestation et pour accroître leur couverture forestière. Toutefois, les négociations sur les moyens de fournir les fonds pour de tels efforts restent difficiles.
 
L’initiative de la REDD propose, entre autres choses, que le carbone stocké dans les forêts du monde soit ajouté aux marchés de carbone régulés globalement qui pourraient éventuellement donner des incitatifs financiers, un processus compliqué et difficile. D’autres recherches devraient être faites pour déterminer si reconnaître les droits sur la terres des peuples indigènes des forêts, ceux qui y vivent, subsistent par elle et protègent les forêts, ne coûterait pas moins cher et ne serait plus efficace pour la préservation des forêts.
 
 
19.
 
Les nations du Nord et du Sud doivent signifier la volonté politique et l’entendement mutuel pour concevoir un système global de mesures incitatives et de renforcement, qui rendra les forêts financièrement plus intéressantes pour les gouvernements, communautés et individus s’ils restent debout, plutôt que si on en coupe les arbres. Le renforcement des régulations nationales et internationales pour renverser la déforestation doit être lié à des récompenses financières qui rendront la conservation économiquement viable, aux niveaux national et local.
 
Les coûts, y compris les apports technologiques, seront élevés, vraisemblablement dans les 10 milliards de dollars. Mais compte tenu de l’enjeu et du fait que les forêts offrent la seule grande opportunité de réductions des émissions de carbone en rapport avec leur coût et avec effet immédiat – affirmation que nous tenons du le rapport Stern et le rapport McKinsey – l’engagement peut et doit être pris à l’approche de Copenhague.
 
 
 
E. Les transferts de technologie et le renforcement des capacités au regard de la mitigation et de l’adaptation
 
 
20.
 
Les transferts de technologies et le renforcement des capacités pour les pays en développement sont des éléments cruciaux pour réduire les écarts technologiques entre le Nord et le Sud et pour apporter une réponse globale efficace aux besoins de mitigation et d’adaptation au changement climatique et promouvoir un développement économique durable.
 
Ces dernières années, l’intensité et la vitesse du développement technologique écologique ont été des facteurs positifs, mais de nouvelles technologies doivent être affinées et rendues disponibles aux pays en développement, quand au même moment les pays en développement doivent augmenter rapidement leur capacité d’évaluer, d’adapter et de gérer des technologies environnementales solides.
 
 
21.
 
L’exploitation de la science et de la technologie et le transfert de technologies écologiques pour le climat est un domaine vaste et complexe, qui inclut des moyens nouveaux pour produire de l’énergie à partir de ressources renouvelables y compris le solaire, l’éolien et le thermique, pour faire des combustions de combustibles fossiles plus propres et pour renforcer les capacités des populations à s’adapter aux changements qui sont déjà intervenus dans le climat.
 
La vulnérabilité aux chocs relatifs au climat, telles que les sécheresses et les inondations, varie selon les pays et les régions à l’intérieur des pays. Une clé du processus est dès lors l’évaluation des besoins par nation du monde en développement, qui identifient et déterminent leurs priorités technologiques spécifiques en matière de mitigation et d'adaptation. Au regard des adaptations, celles-ci devraient inclure des moyens de renforcer les communautés, non seulement afin de mieux gérer le changement climatique, mais aussi afin de contribuer directement à imaginer des manières plus écologiques d’un développement économique qui pourrait les aider à surmonter la pauvreté.
 
L’effort devrait être davantage soutenu par la création d’une institution internationale dont le rôle serait d’aider dans l’accumulation, la distribution et le transfert des technologies vertes, dans l’optique de renforcer et de compléter les institutions globales et les différentes agences du système des Nations unies.
 
Un plus grand investissement public et privé dans les innovations technologiques est également nécessaire. Aujourd’hui plus que jamais le monde doit pouvoir s’appuyer sur les sciences les plus performantes et bénéficier des programmes de recherche et de développement les plus avancés. Une coopération internationale plus grande en ce qui concerne les normes de production est également nécessaire, ceci étant un moyen important pour favoriser l’efficacité énergétique.
 
 
22.
 
Par rapport aux perspectives de capture et de stockage du carbone(CCS), des questions demeurent quant à sa viabilité et sa sécurité, et si elles devraient être incluses dans les régimes sur la limitation du carbone dans l’atmosphère.
 
Premièrement, le charbon et les autres centrales électriques avec CCS sont coûteux, même si la construction de nouvelles centrales au charbon et d’autres centrales électriques est devenue en soi beaucoup plus coûteuse.
 
Deuxièmement, il y a la question du timing. Peu de centrales avec CCS ont été construites dans le monde, et compte tenu des énormes réductions&

Internationale Socialiste





iN Memoriam

 

 
Salifou Diallo
Président du MPP
Burkina Faso

1957 - 2017

Resolutions et Decisions du XXV Congres de l'IS


Rapport au XXV Congrès de l'IS


 

Presse

 

Revue de presse des dernières activités

 

      

     

 
 

Prochainement

 

 

Partis membres au gouvernement


Liste des partis membres de l'IS au gouvernement

 

Congrès des
partis membres

 

Ettakatol, Tunisie
Congrès
Tunis
8 - 10 septembre 2017

 

Frelimo, Mozambique
11 Congrès
Maputo
26 septembre - 1 octobre 2017

 

Parti Libéral Colombie, Colombie
VII Congrès
Bogotá
28 - 29 de septembre 2017

 

VENezUELA

 

Finances de l'Internationale

Budget et comptabilité

NIGERIA

Elections

 

Angola
Général
23 août 2017

 

Rapport du Secretaire General




Résolutions et décisions du XXIV Congres




journée internationale de la femme


Planète 50-50 d'ici 2030:
Franchissons le pas pour l'égalité des sexes

Ouganda

Soutenir la démocratie en Ouganda


22 FÉVRIER 2016


Ces dernières années, les peuples d’Afrique ont continué à progresser et à se rapprocher de la gouvernance démocratique dans un nombre important de pays de la région. Aujourd’hui, les habitants de ce continent sont de plus en plus nombreux à bénéficier de libertés et de droits, des conditions préalables au progrès, au développement et à la paix. Les membres de l’Internationale socialiste dans un grand nombre de pays d’Afrique ont été des protagonistes et des acteurs d’une période de changement qui a introduit de nouvelles opportunités et donné un nouveau visage à la vie politique du continent. Pourtant, l’autoritarisme, l'oppression et autres maux du passé s’attardent encore dans la vie politique de certains pays de la région...

Pakistan

Solidarité de l’IS avec le peuple du Pakistan


28 Mars 2016


L’Internationale socialiste exprime sa solidarité avec le peuple du Pakistan alors qu’il confronte le terrible attentat commis hier près de Lahore. Plus de 70 personnes ont trouvé la mort alors qu’elles passaient un dimanche après-midi au parc, dont de nombreuses femmes et enfants. Plus de 300 personnes ont également été blessées. Nous dénonçons avec force cet acte de violence, comme nous l’avons fait pour les autres attaques terroristes au Pakistan et ailleur. Nos pensées et condoléances vont aux familles et amis des victimes et notre compassion va à toutes les personnes blessées et traumatisées par cet attentat... 


venEZUELA

L'IS dénonce la déclaration d'inconstitutionnalité de la loi d'amnistie et réconciliation au Venezuela


12 avril 2016


L’Internationale Socialiste dénonce le grave mépris de la volonté souveraine du peuple vénézuélien et l’usurpation de pouvoir par la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême (TSJ) du pays suite à son annonce hier déclarant l’inconstitutionnalité de la loi pour l’amnistie et la réconciliation nationale qui avait été approuvée par une majorité à l’Assemblée nationale le 29 mars dernier. La victoire écrasante aux élections à l’Assemblée nationale début décembre 2015 se fondait sur une proposition claire aux citoyens...

La CEI, le Caucase et la Mer Noire

L’IS lance un appel à l’arrêt immédiat des affrontements entre les Azerbaidjanais et les Arméniens


04 AVRIL 2016


hostilités et affrontements qui se sont produits au cours des dernières 48 heures entre les Azerbaidjanais et les Arméniens, se soldant par la perte regrettable de nombreuses vies. Notre Internationale lance un appel pour un cessez-le-feu immédiat et un arrêt de ces hostilités, tout en rappelant la nécessité urgente de la reprise du dialogue dans le cadre du Groupe de Minsk, un organisme accepté par l’Arménie et l’Azerbaïdjan et reconnu par les organisations multilatérales, afin de résoudre par la négociation et conformément aux principes du droit international...

france

L’IS condamne l’attaque terroriste de Nice et est solidaire de la France


15 JUILLET 2015



L’Internationale Socialiste condamne vigoureusement l’infâme attaque terroriste de la nuit dernière pendant les festivités de la fête nationale française à Nice, qui a coûté la vie à au moins 84 hommes, femmes et enfants, et gravement blessé de nombreux autres. Cette attaque effroyable s’inscrit dans la droite ligne des actes de terrorisme successifs perpétrés contre des innocents en France et dans d’autres pays à travers le monde, les extrémistes cherchant à instaurer un climat de peur et à faire trembler la démocratie ainsi que les droits et les libertés pour lesquels les peuples du monde entier ont lutté.....